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 [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)

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MessageSujet: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Dim 14 Mai - 14:19


Pour arriver au village, il faut monter, monter, monter dans la brume, toujours un peu plus haut dans les montagnes. Jusqu’à ce que ça se dégage et qu’une autre scène se déroule. Mais jusque-là, on a souvent l’impression de perdre une vie à chaque tournant. Les chauffeurs de bus sont fous. À klaxonner tout au long du trajet. Cherchant probablement à battre le record de voitures doublées dans les virages ou du nombre de ravins qu’ils doivent frôler avec succès. Le tout avec une sorte d’opéra burlesque chinois déchirant les tympans. Ça plante le décor pour un temps. Puis ça contraste avec le calme des plateaux du Tibet. Ces plaines où l’herbe oscille entre des teintes de vert et de jaune. Des drapeaux de prières tibétains la colorent, flirtant avec les toits, les reliefs des collines jusque sur les flancs des montagnes -bordant toujours les alentours. Et des mini-temples et des stūpa ici et là pointent, espérant toucher un peu plus le ciel. Serena savait en commençant ce trekk qu’il serait difficile de trouver des nomades. Ils sont de plus en plus rares à cause de l’urbanisation, rêvent de scolariser leurs enfants, descendent en ville pendant l’hiver. C’est pour ça qu’elle a choisi d’y aller pendant l’été. Même si à 4000 mètres d’altitude tout est relatif. Les yaks et les chevaux évoluent en liberté autour d’eux. Impossible de compter le nombre de montagnes sacrées dans la région. Les montagnes bienveillantes sont omniprésentes, et sont vénérées par les peuples vivants à leurs côtés ou à leurs pieds. Et toutes les couleurs de la vie ici se jouent entre le terre et le ciel. C’est minéral, vif. Parfait pour se retrouver.

Ça fait quelques semaines qu’elle a trouvé sa place dans un des villages en montagne. Et elle se sent déjà comme chez elle. La barrière de la langue est parfois compliquée à gérer, mais Serena a toujours appris vite. Elle baragouine, se trompe, fait rire lorsqu’il y a malentendus. Ça se passe bien. Elle se joint aux moines le matin pour prier et assister aux rituels. Puis elle rejoint évidemment souvent les femmes pour préparer à manger, tisser des vêtements ou modeler bols et jares qu’ils vendront sur les marchés en ville. Honnêtement, c’est bien sûr là où Serena peut aider le plus. Les doigts agiles entre les fils. Les mains dans l’argile. C’est son truc. Porter des sacs de riz sur une seule épaule ou traire un yak… disons que ça les fait encore rire quand elle s’y essaye. Mais contre gîte et couverts, il faut bien aider. Elle ne peut décemment pas uniquement partir en balade, méditer ou fumer ces horribles mini-cigares avec les vieux du village -son médecin la truciderait probablement si il la voyait faire. Mais il y a ceux qui acceptent facilement le coup de main de l’étrangère qui sait leur rendre leur putain de sourire. Et puis il y a ceux qui refusent. Ce peuple est fier. Alors elle n’insiste pas et se laisse porter par leur rythme, leurs besoins. Et ça fait du bien.

À l’abri de toute urbanisation, entouré par une dizaine de montagnes, le village se compose de deux parties. Une haute et une basse. Presque deux kilomètres les séparent, mais au vu du dénivelé, une bonne demi-heure de marche est toujours à prévoir, mais les gens vont et viennent comme si c’était naturel. Serena a mis une bonne semaine à s’y faire -et ce n’était certainement pas en crapahutant partout qu’elle allait gagner du poids. Mais quel est l’intérêt de voyager si c’est pour ne pas vivre pleinement comme les autochtones ? Elle préfère ça que de se préoccuper de tout le reste. Elle est dans sa bulle ici. Elle se laisse bercer par les chants religieux, les roues de prières tintant au vent, les cloches des bêtes dans les vallées, les ruisseaux puissants provenant des glaciers d’à côté et les rires des gamins dévalant chaque pente qu’ils peuvent trouver. Et puis il y a tous les autres bruits. La canne de la femme du village qui impose le calme dès qu’elle passe. Le crépitement des feux pour chaque concoction qui boue. L'odeur d'encens et d'herbe fraîche. Le froissement des toges des moines si colorées. C’qu’elle aimerait pouvoir tout enregistrer, tout photographier. Mieux que les petits audios qu’elle capture avec son téléphone. Mieux que les photos de son polaroïd qui fait fureur auprès des enfants. Mais finalement, elle a pas le temps de s’attarder sur la façon de garder des souvenirs, Serena, elle préfère vivre le moment présent, maintenant. Comme cet instant entre femmes. Les mains dans la terre, Chimsa lui montre une nouvelle forme de bol à réaliser, alors que sa fille Lasya tente de relever ses cheveux blonds qui la fascinent avec un de leur tissu écarlate. Et au milieu de tout ça, ça distille quelques secrets, que Serena ne comprend parfois qu’à moitié. Et elles oublient le temps qui passe et le monde extérieur pendant ces heures-là. Elles ont même complètement oublié qu’une équipe de tournage est censée arriver aujourd’hui. Ou bien n’est-ce qu’une seule personne ? Vu que ça ne la concerne pas, l’italienne n’a pas retenu les détails. Le chef a simplement autorisé cette venue, probablement aussi parce qu’en ce moment, il n’y a pas de tensions avec les Chinois, sinon elle-même n’aurait pas passé les postes-frontière. Tout le monde semble avoir oublié en tout cas, trop absorbé par leur quotidien de fourmis. Et quand Jungney déboule dans la cahute avec le téléphone de Serena rechargé par la batterie solaire, il ne veut qu’une chose : de la musique. Elle n’aurait pas pu leur faire découvrir des classiques italiens si sa mère ne lui en avait pas mis une tonne avant son départ. Donc après Ti amo, Felicita et Vivo per lei, faut essayer un dernier tube, d’une autre époque toujours, sinon c’est moins drôle. La terre est rapidement essuyée contre ses vêtements, même si elle arrive toujours à s’en mettre sur le visage, puis elle fait défiler les musiques avant de choisir un titre de Zucchero. Mais cette fois, pas question de se défiler. Si ils ont essayé de lui apprendre quelques danses traditionnelles, à eux d’se bouger les fesses cette fois-ci. Le temps que ça démarre, elle les entraîne et Jung se prend au jeu de la batterie. Et ça s’lâche enfin au deuxième refrain. Sur les Baila, Baila Morena et l’air guitar. Les bras levés et les dos souples, ça se déhanche de temps à autre, ça sautille plus souvent. Il y a celles qui regardent en rigolant. C’est vrai que ça ressemble plus à une danse pour faire tomber la pluie vu combien personne ne bouge sur le même tempo. Lasya imite Serena. Sa mère se balance de gauche à droite. Et puis le rire méditérranéen vient presque couvrir la musique quand l’apprenti guitariste se jette au milieu pour faire un solo. Il sera le prochain Zucchero qu’il dit. C’qui fait partir un peu plus la voix chantante de Serena dans un fou rire contagieux.

Malheureusement, c’est l’une des premières images qu’ils offriront au caméraman quand le chef voulut lui présenter sa communauté. Pas très traditionnel et typique tout ça. Pardon. Ça sera mieux plus tard.
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Ven 9 Juin - 8:51

Cela faisait plusieurs semaines qu’ils parcouraient l’Asie. Le Nepal, l’Inde, le Sri Lanka et la Chine, à la rencontre de ces peuples autochtones et de leurs méthodes de guérison traditionnelle. On y avait rencontré des vaidya qui leur avaient enseigné les fondements de l’Ayurveda, on avait apprit les principes ancestraux des différentes médecines Chinoises, remonté jusqu’à l’antiquité pour tester des méthodes oubliées, parfois non reconnue par les organisations occidentales, et pourtant terriblement ancrées dans la culture de chaque pays. On s’était perdu dans les marchés de Bombay, dans les rues de Beijing pour ensuite aller de villages en villages, vers ceux qui ne connaissaient rien à la mondialisation et aux pratiques modernes de la médecine. On était une petite équipe, restreinte, pour se fondre dans le décor. Un journaliste, le réalisateur et un caméraman, c’est tout. Les images étaient envoyées le soir au siège de la chaîne, à Atlanta, pour que l’équipe de montage les dérush et les monte. Leur périple devait s’achever il y a une semaine. Après plus d’un mois et demi d’adaptation dans des cultures parallèle à la leur, l’équipe de tournage devait prendre l’avion pour rentrer. Leo avait même prit le temps de prévenir sa grand-mère, oubliant totalement le décalage horaire, il l’avait appelé à 3 heures du matin, heure de Savannah, pour lui dire qu’il serait là dans trois jours, pour fêter son anniversaire, chose qui n’était pas arrivé depuis des années. Imaginez un peu sa déception, à Mamie River, quand il avait rappelé, le lendemain pour annoncer, la voix tremblante de joie, qu’ils avaient réussi à obtenir un visa pour le Tibet, à la rencontre des devins et lamas et de leur médecine bouddhique, sur les traces des Quatre Tantras Médicaux. Paraîtrait même qu’on aurait l’occasion de rencontrer le Dalaï-Lama sur sa Terre. Un rêve pour le jeune humaniste de vingt-trois ans, à peine. Le tournage était donc allongé de deux à trois semaines, le temps d’arriver dans ce village reculé, perdu au milieu de l’Himalaya. Il y eu d’abord une escale à Lhassa, pour capter quelques images, prendre un day-off le temps de s'imprégner des lieux. Ensuite il a fallu prendre un de bus tape-cul, ces bus que Leo aimait tant, pour les avoir souvent emprunté. Ils n’avaient jamais peur ces bus, de s’engouffrer sur des routes montagneuses, les seules qui reliaient un village à un autre. On avait toujours peur de tomber dans le ravin quand on prenait un virage serré, on évitait les yaks timidement, on entendait des gamins crier deux sièges plus loin. Un petit condensé de vie et de culture dans un vieux tas de taule brinquebalant.

Les six heures qui séparaient Lhassa de leur village d’arrivée semblèrent s’éclipser en un rien de temps. Pas seulement à cause du sommeil que les trois reporters avaient fini par trouver malgré le mieux, aussi parce que tout passait toujours trop vite. La relation au temps qu’avec Leo, à cette période, était complètement biaisée. Tout s’enchainait à une vitesse folle. Et il n’y avait que des flashs, des pauses, des moments suspendus, des moments où il avait le souffle coupé. Dans un genre de bordel magnifique dans le fond de son crâne se superposaient tout ce qu’il avait déjà vu, tout ce qui lui restait à voir. Vraiment voir. Une heure avant d’arriver, il se réveilla donc de sa sieste, fit sa mise au point, sa caméra portative calée sur l’épaule et filma ses acolytes. Pas forcément pour le reportage, juste pour garder une trace de tout ce qu’il vivait, pour être sûr que ce n’était pas un rêve.

Les voilà tous les trois, leurs sacs aux pieds et le matériel sur les épaules à quelques mètres de l’entrée du village. Perdu dans des montagnes, l’air frais de l’altitude rafraîchit leur corps humide de sueur. Leo avait noué ses cheveux, plus long à cette époque, avec un élastique et respira un grand coup cet air si frais, ce vent libre de toute pollution. Il n’avait jamais foulé cette terre auparavant, encore un autre endroit à ajouter à sa liste interminable des choses à faire. Le journaliste partie devant, le chef du village les attendait.

Les présentations furent chaleureuses, comme à chaque fois. Parce qu’ils venaient ici que pour apprendre, partager, créer un truc spécial. Y avait ni mauvaises pensées, ni comparaison, ni rien. Juste un échange, et ça se voyait. Rapidement il leur proposa de faire le tour du village jusqu’à la tente qu’on leur laissait avec générosité. À peine quelques pas de fait, que résonnait déjà les accords trop connus de Zucchero. Le réal’ et Leo échangèrent un regard, ils devaient rester silencieux, c’était la règle d’or, pour ne pas faire prendre du temps à l’équipe technique à qui ils envoyaient les images et qui trimait déjà assez pour isoler un son correct à chaque fois. Un sourire s’étira sur les lèvres du blond qui tapota sur le côté de sa caméra en rythme par réflexe. Quand ils arrivèrent à la source de cette musique, c’était le refrain et quasi tout le village était réuni autour d’une blonde qui se déhanchait sur la voix suave. Le journaliste, Thomas, se présenta en premier en demandant ce qui se passait d’un air léger, Leo captura une quinzaine de secondes d’images improbable avant de retirer la caméra de son épaule douloureuse pour la poser par terre et aller se présenter, prendre une bonne dose de d’humanité.

Le regard de Leo fut capté par la blonde. Elle dénotait parmi les locaux, elle n’avait rien à faire là et pourtant ça semblait incroyablement cohérent. Les gens se précipitaient autour d’eux trois. Des accords de guitare dansaient dans les ondes. Des gamins s’agglutinèrent autour de la caméra posée par terre et Leo s’accroupi pour leur expliquer, dans ce langage international, celui des gestes, des regards, des sourires, ce langage qu’il parlait couramment, comment ça marchait. Il les laissa sans crainte appuyer sur quelques boutons et se redressa. Devant lui la blonde. Salut, Leo. se présenta-t-il simplement, passant une main autour de ses épaules dénudées pour embrasser ses joues. Zucchero, hein ? il savait d’avance que c’est la chose qu’il retiendrait d’elle. La musique grésillante de son téléphone portable et son corps ondulant en cadence. Pas le temps d’aller plus loin dans la discussion, le réal s’approcha de Leo. ok, le mieux c’est d’aller s’installer rapidement dans la tente. J’vais appeler les techs. Le médecin du village arrive ce soir, apparamment il veut nous faire tester un truc qui se fume. Leo esquissa un sourire. Si ça se fume je suis partant. plaisanta-t-il. Le réalisateur leva les yeux au ciel, il s’attendait manifestement à cette réponse. Il prévint d’un air sérieux. Ouais enfin j’espere que ça ira, parce qu’onpart en trekk avec lui demain pendant.. deux ou trois jours. Après on filmera ici, il a des patients venus de très loin pour le voir et il accepte qu’on filme ses consult’. Ca te va ? avec une petite moue, Leo acquiesça vivement. Avant de rejoindre son équipe, il se tourna rapidement vers la blonde, Tu viendras ? Ce soir ? il la regarda dans les yeux, vraiment dans les yeux. Et Thomas, le journaliste, l’attrapa par le poignet pour l’emmener avec lui d’un pas sautillant
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Mar 18 Juil - 18:02


Incursion du réel dans sa petite bulle hors du temps, hors de tout. Le chef du village a fait son entrée, accompagné de trois autres personnes. Certaines de ses complices de danse se sont tout de suite calmées et d’autres n’ont pas tout de suite capté l’arrivée des inconnus. C’est que le rythme signé Zucchero a quelque chose d’entraînant. Plus personne ne peut le nier. Mais Serena coupe tout de même le son, se mordant les lèvres pour ne plus rire devant l’absurdité de la situation. Elle explique rapidement au journaliste qui s’est présenté que c’était juste une pause musicale au milieu du travail de poterie. Juste pour leur faire connaître, s’amuse-t-elle même à justifier. Mais elle se souvient maintenant. C’est l’équipe de tournage autorisé à passer quelques temps dans le village. Et tout de suite, ils attirent toutes les attentions, même la sienne. Se plaçant derrière les plus jeunes pour regarder distraitement le matériel posé au sol, écoutant d’une oreille ce Thomas en dire plus, Serena reste silencieuse, se préparant à s’éclipser pour leur laisser toute la place dont ils ont besoin. Mais il y a l’aura du blond accroupi. Son sourire et le naturel de ses gestes. La générosité colorant ses yeux. Et quand il se redresse pour lui faire face et se présenter, c’est simple comme connexion, évident. Toi, je sais déjà que ça va coller.Salut, Serena.” Réactions miroir. Elle rit à la mention du chanteur. “Qui d’autre franchement ?” Mais pas le temps de parler plus. Le troisième homme vient distiller ses instructions, évoquant l’arrivée du médecin ce soir et de l’expérience à venir. Y a une malice similaire au fond des yeux de Serena quand Leo avoue être partant pour tout ce qui se fume. L’échange entre eux semble calé comme du papier à musique. L’impression qu’ils se connaissent depuis longtemps. L’idée qu’ils voyagent ensemble dans des contrées éloignées l’amène à penser que forcément, ça rapproche. Mais le peu qu’elle perçoit du cameraman lui fait dire qu’il y a peut-être plus. La facilité avec laquelle il s’est ouvert et a partagé en quelques secondes avec les villageois veut tout dire. On s’accroche naturellement à ce genre de personnalité. “Tu viendras ? Ce soir ?” La douceur qui grignote le fond de ses yeux rieurs. “C’était prévu.” Tout simplement.

L’équipe de tournage a disparu dans sa tente et tout le monde a repris ses petites activités sans plus s’en soucier. Surtout pas Serena qui avait bien l’intention d’aider à préparer la prochaine descente en ville pour aider à vendre drapés recouverts de mandalas et poteries soigneusement teintées par les pigments minéraux. Puis, elle avait ses petits rites en fin de journée. Refaire un tour près des roues à prières les plus proches après avoir traversé la rivière. S’essayer ensuite à la pratique des cinq tibétains pour activer -apparemment- les sept principaux chakras en cherchant à accélérer la vitesse de tourbilllonnement de ces centres d’énergie, en stimulant la circulation de la force vitale. Elle en a bien besoin après avoir laissé tous ces produits chimiques lui ronger le corps, certes pour éliminer autant de tumeurs que possibles, but still, it feels wrong. Elle a pris sur elle en acceptant pendant plus d’un an et demi à rester cloîtrée à l’hôpital pour suivre ces protocoles. Mais dans son for intérieur, ça la dégoute un peu toujours. C’était contrer le naturel. Enfin, c’est passé. Aujourd’hui, Serena n’aspire qu’à purifier tout ça, respirer un autre air, vivre autrement, plus ouvertement, plus intensément, plus consciente de l’instant. Et le médecin qu’ils verront tous ce soir leur rappellera de nombreuses fois combien leur corps est un temple. Lui qui suit la tradition spirituelle originale du Bön, il va avoir de quoi faire. En attendant que tout se mette en place dans le village, l’italienne s’est finalement posée à l’écart, carnet de croquis sur ses cuisses, pour des esquisses du village (encore), des mandalas qu’elle revisitent (peut-être pour un futur tatouage ?) et un mantra qu’elle s’applique à encrer avec minutie.
Om mani padme hum est un délice pour la calligraphie. Même si elle est bien incapable de comprendre cette écriture, elle reconnaîtra cette formule sacrée entre mille. Et de ce qu’on lui a expliqué du tibétain, elle aime ce principe d’accrocher les voyelles aux consonnes comme un puzzle pour en modifier le sens et le son, que chaque syllabe peut être à la fois un nom, un verbe ou un adjectif. Une signification plurielle, simple mais sans limite. C’était fascinant. Tout était captivant ici. Un rien peut sembler à la fois mystérieux et totalement limpide, c’est délicieusement surprenant.

Surprenant comme cette espèce de yourte qui s’est installée un peu plus haut à l’extérieur du village à la tombée de la nuit. Parées de lourds tissus et quelques peaux de bêtes, y a des petits airs de Mongolie par ici. Ou du moins, c’est comme ça qu’elle se l’imagine. Il y a déjà quelques personnes et Serena rejoint vite Jungney qui traduira les bons mots du médecin pour la soirée. Il valide le sarouel, le débardeur et la veste simple, même si il précise qu’elle ne la gardera pas longtemps là-dedans, puis il lui conseille de détacher ses cheveux avant d’entrer, toujours en prenant soin de laisser ses boots à l’entrée. Son bras sert de béquille à une des personnes âgées du village qu’elle aidera à s’installer une fois à l’intérieur. Le changement de température est brutal. Une bouffée de chaleur s’colle tout de suite à sa peau. Humide, à cause de la vapeur d’eau émanant des pierres sur la braise au centre de la tente. Et dans les narines, l’odeur surannée des encens qui brûlent à côté du médecin qu’on lui présente et qu’elle salue timidement pour l’instant, sachant déjà pertinemment qu’il s’arrêtera sur chaque personne un peu plus tard. Les reporters sont déjà là, d’autres patients aussi ainsi que le chef du village. Tout semble en place et elle repère rapidement Leo. “J’peux rester près de toi pour pas que vous ayez une étrangère dans l’champ ?” Elle demande mais elle s’assoit aussi illico tout en retirant sa veste, son sourire étalé sur les lèvres. Puis son attention retourne vite sur le médecin, ses mouvements, son visage et son regard. “Il a la bonhommie d’un bisounours haha. Un peu fripé mais bon.” Son rire généreux et tendre éclate naturellement mais elle s’interrompt tout aussi vite en s’excusant à voix basse. Déjà trop à l’aise et ayant oublié qu’il pouvait très certainement enregistrer sa voix. Faudrait peut-être qu’elle se décale… Fil de pensées coupé. La “séance” commence lorsque les murmures s’effacent subitement et que tout le monde doit passer ses mains sous l’eau. Le médecin prend tout de suite la parole. Son dialecte est si fort que Serena sait d’avance qu’il serait vain d’essayer de le comprendre. Mais sa voix est grasse, enrouée, un peu lourde comme si ça pouvait résonner dans votre ventre. Le rythme de cette langue qui ressemble à chaque fois à un chant grave, détend instinctivement les muscles dans son dos. Elle n’avait même pas remarqué qu’elle était devenue nerveuse. Sa voix se fait plus monotone et ça ressemble vraiment de plus en plus à un psaume qui impose à tout le monde de s’incliner, front vers le sol, juste une fois. Serena ne pensait pas à passer la première entre ses mains, mais sa présence ferait office de test pour les cadrages de l’équipe de tournage en leur permettant de voir comment ça allait se dérouler. Invitée à prendre la place du médecin, Jun lui conseille de ne rien dire, le médecin saura bien assez rapidement. Il s’accroupit d’ailleurs assez vite en face d’elle. Son regard est abyssal mais surtout transperçant, entraînant doucement dans une lente descente, un brin flottante où le temps semble s’éterniser. Le cliquetis de ses bracelets en bois et en métal appelle les yeux clairs de Serena à suivre ses gestes. Ils ont toujours ce rapport aux éléments. De la terre jusqu’au ciel, tout y est sublime pour ces croyants. Ses mains sont larges et rugueuses, elle le sent bien même si il les a badigeonnées d’huile avant de les passer sur ses épaules et clavicules. Serena a l’impression que ça lui chauffe la peau. Il monte dans son cou jusqu’à ses oreilles, se stoppe un instant comme pour prendre son pouls, puis redescend jusqu’à sa poitrine où il se stoppe à nouveau. Il marmonne quelques mots graves dont elle ne connaîtra pas la signification. Elle sent juste quelqu’un remuer dans son dos en conséquence. Il tâtonne à nouveau ses bracelets comme pour s’en imprégner, puis revient sur elle en souriant doucement avant de lui voiler les yeux d’une main posée à moitié sur son front. Ça chauffe encore comme si il lui donnait volontairement une fièvre, et l’odeur qu’elle détecte sur sa peau est indescriptible. Il répète les mêmes mouvements sur ses épaules, puis longe ses bras dans un mouvement las avant d’attraper ses mains et les relever légèrement. Il parle un peu plus distinctement s’adressant clairement à elle, Serena n’a pas compris et personne n’ose interrompre, mais ça semblait si doux que l’italienne répond tout de suite d’un hochement positif de la tête, et en resserrant ses doigts autour de ses mains, lui offrant le même sourire. Sourire qui s’efface doucement à mesure que la pression dans ses paumes de main s’accentue, elle a comme un étourdissement, une coquille qui se fendille et s’ouvre quelque part dans son ventre. Il reste ainsi encore longtemps jusqu’à ce qu’il ne joigne ses mains, les cueille dans une seule et l’enlace subitement contre lui. Surprise, elle se laisse pourtant faire et comprend que son autre main semble se dérouler le long de sa colonne vertébrale. Elle comprend enfin ce qu’il fait. Les chakras y sont situés tout le long. Il y travaille et fait rouler la pulpe de ses doigts. Il reprend la parole après lui avoir tapoter l’arrière du crâne. Et il y a un autre timbre dans sa voix, ça provoque le rire tendre des autochtones présents. Mystère. Après cela d’autres instructions suivent, Jun lui précise qu’il faut qu’elle s’allonge sur le dos alors elle s’exécute. Le visage du médecin apparaît au-dessus de son visage. Ses pouces se posent soudainement au centre de son front et s’écartent vers ses tempes. Il lui parle et elle a l’impression de comprendre pour la première fois tellement elle se sent absorbée, happée, regard noyé dans le sien. Il lui parle encore puis disparaît de son champ de vision. Elle a juste eu le temps de reconnaître des tingtchaks et le vajra. Il se concentre enfin sur son ventre qu’il dénude. À nouveau, il y a cette huile étrange, mais le placement de ses mains est différent, il cherche aussi la cambrure de son dos comme pour être sûr de tout sentir. Il appuie mais pas seulement. Il fait forcément autre chose pour qu’elle se sente aussi faible subitement. Y a l’émotion qui grimpe au coin des cils qu’elle a fermés et la voix du médecin revient un peu plus autoritaire et Jun reprend sur le même ton de ne pas arrêter de respirer. Jamais. Les secondes s’égrennent un peu plus longuement et même si il n’a plus rien dit, le médecin a replacé, ancré Serena à chaque fois qu’il la sentait dériver. Comme un accord tacite. Son dernier acte fit résonner parfaitement un de ces bols chantants sur son ventre, le vajra aussi, puis il l’aida à se redresser, l’obligeant à s’agenouiller pour qu’il puisse diriger sur elle la fumée émanant du brûleur d’encens qui vacille au bout des mains d’un homme qu’elle n’avait pas remarqué jusqu’alors. C’est sur ce mélange d’odeurs que l’expérience se termine pour la blonde. Le médecin accompagne à nouveau son mouvement, précautionneux, s’attendant à ce qu’elle tangue. Ce qui arrive et qu’il amortit en bloquant à nouveau sa main sur son ventre. Il en profite pour murmurer quelques mots à son oreille, des choses rien que pour elle, provoquant le geste de Serena, peut-être déplacé, d’enlacer le bonhomme et déposer une bise sur sa joue pour masquer ce qui file sur sa joue. Il rit, peut-être aussi pour rassurer les spectateurs. Leur étreinte disparaît et l’italienne ne sent pas le regard du médecin sur son dos. Elle ne fait qu’entendre des mots un peu plus saccadés, peut-être d’autres instructions pour celui qui semble finalement être son assistant.

De retour à sa place, jambes croisées en tailleur, elle a besoin d’un peu de temps pour retrouver sa voix. Ses mains filent sur ses joues comme si elle cherchait à retrouver ses esprits. Pourtant son expression redevient déjà petit à petit plus sereine, recentrée et détendue. Quand l’assistant approche pour lui déposer une théière et un bol, Serena parvient à lui dire merci en tibétain, alors qu’il venait de lui ordonner de tout boire dans un anglais approximatif. ‘Drink all drink all.’ Autres mélanges d’odeurs et de saveurs. Elle remarquera plus tard que chaque personne que le médecin aura vu, aura eu droit à un thé différent à chaque fois. Peut-être que ça fait partie du rituel. Et de toute façon, ce moment dans cette tente n’est qu’une première action. Les quatre patients de la soirée le reverront encore tous dans quelques jours, au moins une fois. Mais pour l’instant, le reste de l’intervention du médecin captive ses yeux et ses sens, silencieuse jusqu’à ce que l’homme de la soirée claque dans ses mains et se relâche en s’asseyant à nouveau avec eux. Cette fois-ci, c’est le chef du village qui traduit le moment de partage à suivre, même si en réalité, tout le monde avait compris en voyant la pipe et le bol regorgeant d’herbes et poudres mélangées. Une recette qui restera secrète peu importe combien de fois on lui demandera les ingrédients. Serena ne peut pas s’empêcher de poser une oeillade complice sur le cameraman qui ne s’avouera peut-être pas vaincu. “C’est sûr. Les langues vont forcément se délier après ça.” Rire mordu entre les lèvres. “Mais à mon avis, ils ont plus l’habitude de ce genre de concoction que nous...
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Lun 7 Aoû - 16:27

Arrivé avant les autres, Leo avait cherché l’angle parfait pour y poser sa caméra, sur un trépied en équilibre sur les peaux de bêtes. À genoux devant l’objectif, il se tirait les cheveux en arrière pour éviter ses mèches rebelles de retomber devant ses yeux clairs, rougis par la fatigue des derniers jours, par la cocaïne ingéré un peu plus tôt, dans la tente prêtée à l’équipe de tournage, histoire de tenir le coup. Un chignon de travers siégeait sur l’arrière de son crâne, et ses yeux étaient captivés par la yourte qui se remplissait, un peu plus chaque minute, des membres de la communauté. Une odeur épicée chatouillait ses narines poudrées, il n’arrêtait pas de renifler. L’atmosphère était étouffante, mais pas oppressante, sa température corporelle avait grimpé en flèche, mais son sourire ne voulait pas quitter son visage. Il pourrait faire cinquante degré de plus, qu’il resterait là, pied nu, agenouillé devant sa caméra. Depuis les quelques années qu’il faisait ce métier, il avait appris à appréhender ce genre de moment. Ces instants qui se graveraient en lui, au fer chaud et marquerait son âme pour toujours. Y avait une sorte d’excitation tacite, dont personne ne parlait mais que tout le monde ressentait. Une impatience d’enfant qui crépitait sous la peau de l’équipe de tournage, de tout le monde. De ces locaux qui jetaient des regards en coin à Leo, du médecin et de sa prestance naturelle, son air calme qui camouflait sa hâte. Leo avait le coeur qui battait, pas seulement à cause de la poudre blanche partagée avec le réalisateur. Pas seulement à cause de la fatigue accumulée qu’il avait si soudainement balayé. Parce qu’il savait, il piaffait d’impatience. Ces images seraient superbes. Et la jolie blonde, qui pénétrait dans la tente au même moment, n’y était pas pour rien. Leo régla sa profondeur de champ en la suivant, elle avançait vers lui, excitée elle aussi. C’est fou ce qu’elle rendait bien à l’écran. J’peux rester près de toi pour pas que vous ayez une étrangère dans l’champ ? Leo releva la tête et la regarda par dessus sa caméra, un sourire en coin. Tiens, Zucchero. Elle n’attendit pas d’avoir sa réponse pour s’installer à côté de lui. Leo lui lança une œillade avant continuer sa mise au moins, sans oublier de répondre au passage, la voix ronde et amusée : C’est dommage, tu passes bien à l’écran. Il glissait ça, taquin, sans aucune arrière pensée. Il n’en avait jamais des arrières pensées. Ses désirs étaient clairement affichés sur sa peau, il ne ressentait jamais le besoin de les cacher derrière deux trois phrases bien choisies. Son envie d’en savoir plus sur le monde, sur cette communauté, et sur cette fille dégoulinait de tous ses pores. Il sentit le regard de la blonde sur lui, et ça réchauffait encore plus l’air qui circulait entre eux. Et ses murmures, à son oreille, ils lui filaient des frissons. Léger rire, rapidement couvert par l’éclat clair de celui de Serena, qui, sans retenu, n’hésitait pas à contaminer l’ambiance avec sa légèreté. Il me fait penser à Maître Yoda. Avoua-t-il en se reculant de sa caméra. Il capta le regard du réalisateur, à l’autre bout de la tenta et leva son pouce pour lui dire que la mise au point était faite. Un hochement de tête suffit pour que le rituel commence.

Elle passa la première entre les mains expertes du médecin. Tous les yeux étaient posés sur elle, et pourtant, sur l’écran de la caméra, on aurait dit qu’elle était seule. Y avait comme un grand vide qui s’était formé devant elle, et les paroles du shaman, avec sa voix caverneuse et transcendante, semblaient ouvrir le ciel au-dessus de leur tête et la plonger dans un autre univers. Serena crevait la stratosphère sans pourtant bouger d’un millimètre, elle s’était donnée corps et âme au médecin, et cette confiance aveugle avait quelque chose d’émouvant. C’était un moment de pure magie, Leo ne comprenait pas tellement ce qui se passait, ce qui se disait, bien content de se trouver à l’exact opposé du réalisateur, qui lui se tenait à côté de l'interprète qui lui soufflait à l’oreille ce qui se disait et se passait. Y avait un côté religieux dans la manœuvre. Et hormis le paroles suaves du médecin, un silence exaltant résonnait. Leo n’en loupa pas une miette. Du corps de Serena manipulé, de sa capacité à accorder une confiance aveugle en un type dont elle ne parlait même pas la même langue. C’était émouvant. C’était comme si on pouvait la sentir se fissurer, là, devant tout le monde, et laisser sortir ce qu’elle avait enfermé au plus profond d’elle. C’était beau, comme si on assistait à une naissance. Et Leo ne ratait rien, pas le moindre battement de cil, la moindre ondulation de fumée d'encens. Car c’était sa came préférée, ces instants d’humanité et de partage, ces instants abstraits, illogiques, supérieurs, emprunt d’une absolue beauté. Il ne la quittait pas des yeux, jetant même un œil par-dessus sa caméra, pour se souvenir de ce quelque chose que son appareil ne pourrait pas enregistrer.

Quand elle s’avança vers lui, troublée par l’expression trop forte, trop brute, de ces sentiments, de son “moi” intérieur, Leo la regarda avec un sourire fasciné sur les lèvres. Leo, il ressentait trop. Il aimait trop les gens, il était trop empathique. Il ressentait les ambiances, les atmosphères, les émotions des gens à dix kilomètres à la ronde. Et avec cette nana-là, qui marchait, un peu chancelante, vers sa place initiale, y avait quelque chose. Le feeling passait entre eux, comme s’ils étaient branchés sur la même longueur d’onde. Il voudrait lui parler, la prendre, dans ses bras, aspirer un peu de sa fragilité et de son bonheur, se connecter à elle. Mais il ne pouvait pas, déjà les autres consultations s’enchaînaient. Il se contenta d’un regard appuyé et d’un Comment tu te sens ? envoûté. Il voulait savoir, avide de détail. Ce qu’elle avait ressenti, vu. Tout ce qui s’était passé et qui n’était pas visible à la caméra. Mais elle n’avait plus de voix, elle était encore la tête dans les étoiles.

Chaque personne qui passait entre les mains expertes du médecin dégageait quelque chose de nouveau, une couleur différente, une aura d’un autre intensité. C’était un spectacle absolument édifiant dont Leo ne pouvait tout simplement pas se décoller. Parfois, il jetait des coups d’œil au réal’, qui lui faisait des sourires complices,, y a même le journaliste, jeune grand reporter qui ne retenait plus ses larmes, sans savoir si c’était l’émotion, la joie ou bien une réaction physique à ce moment trop intense. Y avait quelque chose de spécial, de sacré sous cette tente. Et la chaleur en faisait que de monter. Les esprits s’échauffaient et l’exaltation était à son comble, quand enfin on passait à un autre chapitre. Après un genre d’incantation, le médecin laissa traduire au chef du village la prochaine étape, celle qui mènerait tous les Hommes ici présents dans le même univers, dans une galaxie bien différente de celle de la Terre. Ce n’était rien d’autre qu’une pipe à crack artisanale, comme Leo en avait plein chez lui, mais personne n’en saurait plus sur son contenu. Et ce, même si Thomas, le journaliste, tenta d’en savoir plus, un peu blème de savoir qu’il serait le premier à prendre une grande bouffée de magie, juste après le médecin lui-même. Son sourire scellé ne le rassura pas. Leo riait doucement dans son coin, et la voix apaisée de Serena s’éleva à côté de lui. C’est sûr. Les langues vont forcément se délier après ça. Il se tourna vers elle et lui sourit, comme un enfant. Tant mieux ! Commenta-t-il. Y avait rien de plus beau, de plus vrai, qu’une personne qui se livre sans retenu, complètement désinhibé. Et c’était peut-être ce qui l’avait attiré, plus jeune, à consommer ces drogues dures, hallucinogènes, dont sa grand-mère vantait les mérites pendant sa périodes Woodstock. Rien ne rapprochait plus les gens que ce genre d’expérience, un peu excitantes. Sombrer dans l’inconnue, surtout ne pas se retenir, profiter de la chute. Surtout la chute. Mais à mon avis, ils ont plus l’habitude de ce genre de concoction que nous... Nouveau rire, et le regard de Leo vrilla instinctivement jusqu’à Thomas, qui venait de prendre une longue aspiration dans la pipe. Y a des chances ! Il zooma sur le visage empourpré du journaliste, qui s’étouffait désormais, provoquant le rire moqueur mais bienveillant des locaux. L’un d’eux proposa un thé, que Thomas englouti aussi sec, les larmes bordant ses yeux. Le médecin lui conseilla de rester assit. En tout cas, j’pense pas que c’est possible d’être moins habitué que Thomas. Entendant son prénom plus loin dans la foule, Thomas lança un regard lourd de sens à Leo, mais son visage entièrement détendu, et ses yeux un peu vague, ne pouvait envoyer que de l’amour. Leo recommença à rire.

La pipe tourna dans l’assemblé, comme un genre de calumet de la paix qu’on se passerait, une poignée de main en plus intime. Leo, en bout de chaîne, en avait profité, pour filmer les locaux un à un, zoomer sur leur visage, sur les mains qui se tendaient les unes vers les autres. Et enfin, ce fut son tour. Une ou deux aspirations, pas plus, on ralluma le foyer. Il approcha la pipe de son visage, respira les odeurs qu’il ne reconnaissait pas, il jeta un œil à Serena. Il n’avait pas peur, il n’avait jamais peur de ce genre d’expérience. Il était même impatient, comme un gosse. Enfin, il aspira un grand coup. La fumée descendit d’une traite dans sa gorge, il la garda en lui, comme pour qu’elle s’insinue dans chacun de ses vaisseaux. Il recracha la fumée, se noya dedans, pendant un moment, c’est comme un blackout, il ferma les yeux le temps de sentir l’effet se propager en lui, vitesse éclair. Il et il tourna vers Serena, toujours à ses côtés et lui tendit la pipe avec un sourire confiant. Pour le moment, il sentait quelque chose se préparer dans ses tripes, quelque chose de fort, quelque chose de jamais ressentit auparavant. Il suivit les gestes de Serena, et c’était comme si son image se dupliquait dans l’espace, comme si c’était en slow motion. Il cligna plusieurs fois des yeux, tandis que ses pupilles se dilataient entièrement. Il fut noyé dans son nuage de fumée, à elle. Elle était la dernière à devoir prendre une taffe.

Les enfants étaient dispensés de cette activité mais regardaient avec fascination le visage des plus vieux, empreint d’une joie incontrôlable et d’un regard profondément apaisé et subjugué. Chacun se regardait, et y avait une paix intérieure. Le médecin, et sa voix si grave, qui semblait désormais venir des entrailles de la Terre, demanda quelque chose, sans traduction. Mais ça semblait clair. Chacun se prit les mains. Leo attrape celle de Serena, emmêla leurs doigts, et de l’autre côté, attrapa celle d’un type dont il ne savait rien mais qui lui offrit un sourire si sincère qu’il crut qu’il allait en pleurer. De nouveaux chants résonnèrent, les enfants riaient devant les grimaces de certains adultes. Quelques tam tams en fond battaient, si fort. C’était comme s’ils cognaient contre ses côtes, sans que ça soit douloureux. C’était un acte de communion, ou les énergies de chacun se mélangeaient les unes au autres. Thomas végétait désormais dans son coin, tenant solidement la main d’une femme, de trois fois son âge, et il lui parlait. En anglais, mais il lui parlait, vraiment. Et la femme l’écoutait comme si elle comprenait. Et quand la musique pris fin, personne ne s’en rendit vraiment compte, car tout le monde avait commencé à échanger. Sur les visions psychédéliques qui s’ajoutaient à l’équation ou sur cet incroyable sentiment de bien-être. Leo ne se sentait plus solide en fait, il se sentait s’évaporer dans les airs. Et pour se raccrocher à la réalité, sans prévenir, il se tourna vers Serena, et la prit dans ses bras avec une extrême sincérité. Il la serra contre lui, sans rien dire, juste pour s’assurer qu’ils étaient encore là, tous les deux, des êtres de chair et de sang, mais aussi pour sentir leurs âmes se coller, se fusionner. C’était comme s’il voyait tout ça, hallucination collective ou non, il voyait les âmes se mélanger, s’enrouler les autres aux autres. La sienne à celle de Serena. Il était heureux. De l’avoir rencontré, d’avoir vécu ce moment, avec tout le monde. Cette connivence qui les accrochait tous les uns avec les autres le faisait déborder de joie. Il se recula enfin de la blonde, et la regarda un moment. Elle avait les mêmes pupilles dilatées, le même regard en paix.

Le temps ne passait plus, ou bien s’étira tellement que personne ne vit passer les heures. Et pourtant, ce furent bien des heures qui s’écoulèrent. Où chacun parlait avec son voisin. Leo ne restait pas sur place, il allait échangé avec son journaliste, son réal mais aussi ces gens avec qui il se surprit à tenir une conversation longue, qui faisait sens, même si ce n’était pas un sens compréhensible le lendemain. La caméra était éteinte maintenant et plus rien d’autre ne comptait que de se connaître, de profiter pleinement de cette nuit qui avançait, sans penser à faire de belles images. En tout cas, pas pour le reportage, juste pour la mémoire. Et puis, alors qu’il était debout, la démarche un peu chancelante et encore cette incroyable impression d’apesanteur. Il retomba sur Serena, ou du moins, ce qui ressemblait à cette blonde au milieu de ces gens colorés aux cheveux bruns. Il tendit la main, ils étaient en fait à plusieurs mètres l’un de l’autre, mais il tendit la main vers elle, espérant peut-être que son bras de grandisse jusqu’à elle pour l’attirer contre lui. Au final, elle s’approcha d’elle-même, dès qu’elle fut à portée de main, il attrapa sa main et la tira vers lui, tout en faisant marche arrière. Viens avec moi. Chuchota-t-il. Et il sortit de la tente.

Il s’arrêta trois pas plus loin, on entendait encore le brouhaha sous la tente, les tam tams et on sentait encore l’odeur épicée. Mais la fraicheur les enveloppa complètement. Il avait la chemise ouverte sur son torse nu, parce qu’il avait très chaud, vingt minutes plus tôt. Ses yeux vagues se levèrent vers le ciel, ces étoiles, qui semblaient à portée de main. D’ailleurs, il leva sa main libre, vers une étoile, tenta de l’attraper mais ses doigts rencontrèrent le vide. Il sourit. Tu sais ce que j’aime le plus quand je voyage ? Il quitta les étoiles du ciel, pour regarder celles dans les yeux de Serena. Le ciel, il est… il est jamais pareil. Les étoiles… elles sont… tu vois ? Il était incapable de faire une phrase construite et pourtant, ça semblait faire sens. Aucune lumière d’immeuble, de lampadaire, de la ville, rien pour gâcher ce spectacle merveilleux. Juste les étoiles, qui brillaient tellement fort au-dessus de leur tête. Il mit ses mains autour du visage de Serena, comme pour mieux la voir, pour la retenir elle et son âme volatile. J’te trouve…tellement… Il sourit, encore une fois, les mots ne venaient plus, et le fil de ses pensées était complètement incohérent. Un sourire ponctua sa phrase et remplaça le mot manquant. Elle n’avait qu’à choisir celui qui lui ferait le plus plaisir.
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Mer 9 Aoû - 7:33


Des maux en couleurs. Des libérations en textures. Son tour passé, elle pourrait encore toucher, sentir ce qui opère pour chaque patient passant entre les mains du médecin. C’était encore là, vif, près d’elle, à fleur de peau. Ce voile qu’il déchire doucement en nous pour atteindre ce qu’il faut, l’essentiel, le vital, et lui transmettre l’énergie qu’il faut, la chaleur nécessaire à ce que les mécanismes vibrants reprennent de plus belle. Il donne juste le temps qu’il faut pour s’inspirer à se compléter soi-même. Et de le voir se consacrer ainsi aux êtres refait naître une émotion pure dans les yeux de Serena. Subjuguée, ils ont vraiment basculé dans un autre monde. Les ressentis de tout le monde sous la tente étaient bouleversés et effervescents devant cet homme à l’oeuvre. C’était comme si il étirait un bout de son âme pour soutenir celle des autres le temps qu’il faut pour qu’elles puissent briller à nouveau par elles-mêmes. La sagesse et l’abnégation de chacun de ses gestes et de ses regards en perça plus d’un ici présent. Et les réactions épurées et incontrôlées des soignés exprimaient à elles seules ce souffle affranchi. Comme si le monde venait de soupirer, soulager d’avoir réussi à prendre soin des siens. Moment humain loin, très loin de tous faux-semblants ou petits jeux d’esprit. Des mises à nu peut-être trop réelle, mais terriblement belle.

Et sentir l’équipe de tournage être aussi réceptif que le reste des invités de la tente, c’était sacré. Ils étaient sincèrement tous connectés. Le regard gourmand du cameraman sur ces instants était tout aussi touchant. Il a tout sa place ici, en témoin du sensible et du beau. Il a l’âme complice, ça se sent. Prêt à tout accueillir avec une générosité brute, presque enfantine. Sa relation avec le reste de son équipe en est la preuve. La confiance qui se réverbère entre eux à travers leurs échanges fait sourire Serena. Ce sentiment d’unité, elle ne le connaît que trop peu, mais ça donne envie si ça provoque autant de rire. Celui de Leo se grave dans ses tympans, ses rétines et ses os. Dès qu’il s’arrête, elle voudrait déjà le revoir. Il est lumineux, et les gens comme lui savent apporter de la clarté autour d’eux, alors elle le laisse la contaminer, simplement. Quand la pipe tourna entre les doigts de l’assemblée, l’attention de Serena se porta d’ailleurs sur le blond et sa façon d’enregistrer ce moment. Qu’est-ce qu’il voyait à travers sa caméra et comme est-ce qu’il le voyait ? Avec quelle finesse et compassion allait-il consigner cet autre instant de partage ? Elle voulait savoir, elle lui demanderait probablement même. Et penchée près de lui comme si elle allait pouvoir happer les images qu’il tournait, Serena sentait sa passion pour les gens et à quel point il pouvait s’identifier et embrasser leurs émotions. Elle se demanda alors si elle-même était en mesure de répondre, donner et partager autant que lui. Peut-être était-ce le fruit de ses voyages ? À cet instant, elle sût qu’elle voudrait lui parler pendant des heures. Son regard suspendu à sa silhouette la trahissait peut-être, mais peu importait qu’il le sache. Ce qui doit arriver arrivera.

L’italienne s’empara de la pipe et imita Leo. Observant peut-être un peu plus la manufacture de l’objet, faisant couler ses doigts sur les bois taillé pour s’imprégner des reliefs. Les odeurs lui étaient encore une fois inconnues. Et la chaleur qui s’engouffra fit fondre doucement beaucoup de choses en Serena. Les sens qui éclatent comme les pétales d’une fleur s’ouvrant sous le poids du soleil, et les meilleures des sentiments qui jaillissent. La quiétude diffuse dans tout le sang. Elle voit pourtant trouble, tout se courbe, tout bouge de lui-même comme si il y avait un courant d’air ou n’est-ce que son corps qui cherche sa balance sans pour autant avoir peur de tomber ? Elle perçoit presque de la musique résonne, un cliqueti familier. Les mains qui s’accrochent et ne se quittent pas. Les sourires qui se peignent et ne disparaissent pas. Les voix en transe et des échos d’ailleurs aussi proches que lointains -du bout de la tente ou de sa poitrine ? La transe était commune. Une seule onde et ils étaient tous dessus. Irradiants. Serena se sentait si bien qu’elle avait l’impression de flotter dans l’air. Une plume qui glissait dès que le moindre petit souffle de vie la touchait. Ou du moins jusqu’à ce que Leo ne l’attrape pleinement. Mais elle se sentit s’abandonner entre ses bras, juste un instant, une dédication totale, un sursaut de complétude. À nouveau ce soupir de l’univers -ou juste de Serena- qui sait qu’il est bien, simplement contre lui, emmêlée à lui à le sentir le coeur battant, métronome géant, ou simplement en vie. Ce temps, c’était un peu comme une prière inattendue. Un de ces moments magiques que nous ne pouvons comprendre que lorsqu’ils ont pris fin. Elle était là tout entière, sans passé, sans avenir, vivant uniquement ce moment. Avec lui. Avec eux. Humains accordés. Et c’était d’autant plus vrai entre eux, même dans cet échange de regards unis qui se détachent.

Serena passa beaucoup de temps avec cette vieille dame qu’elle avait accompagnée un peu plus tôt en entrant dans la tente. Incapable de se retenir de la toucher, d’être en contact avec ses mains. Peut-être que l’italienne cherchait à reproduire les gestes du médecin ou qu’elle cherchait à lire cette personne autrement. Mais les deux avaient beaucoup communiqué par le toucher. Entre doux mots et gestes conforts. Puis elle avait retrouvé Jun et son énergie habituelle semblait déborder. Un manteau sans limites l’enveloppait, ou du moins c’est comme ça qu’elle le voyait. Il exultait, presque impérial. À ce moment-là, elle eut l’impression de comprendre beaucoup plus facilement les blagues qu’il tentait dans un anglais approximatif. Il incarnait le bonheur et ça faisait incroyablement de bien de n’être entourée que de ça. Un bonheur aussi désuet que fantaisiste, mais communicatif. L’envie d’aller constamment vers les autres s’imprégnait de plus en plus et Serena se laissait dériver ou gravitait d’être en être, de rencontre en rencontre. Il y avait ceux avec qui elle n’avait pas encore assez échanger et ceux qu’elle commençait à bien connaître -même si elle pouvait maintenant les voir sous une autre lumière. Et puis il y avait Leo. Son âme au bout des doigts provoque à nouveau l’apparition des dents du bonheur. C’est avec cette sensation de légèreté qu’elle l’a rejoint pour se laisser happer ailleurs.

À l’extérieur. Elle serra sa main à la sienne pour contrecarrer la différence de température qui la fit frissonner une seconde. Puis elle le laissa faire. Elle pourrait passer des heures à le contempler. Demain, elle croquera Leo c’est certain. L’italienne suivit machinalement son geste vers le ciel et sourit elle aussi, comme si elle n’était que son reflet. Et c’est peut-être un peu le cas, qui sait ? Mais les étoiles. Si loin et si près à la fois. Elle se sent toujours terriblement petite quand elle les regarde, mais elle aime cette sensation. Elle aime cet infini et ce sentiment de faire partie d’un tout bien plus grand. Elle n’y a jamais vu quelque chose de raisonnable ou de scientifique. Pourquoi chercher à décrypter ces mystères au risque d’en faire disparaître la magie ? À chaque fois qu’elle les observe, Serena croit en quelque chose de différent. Anges, enfants, étincelles trop pures, morts veillants sur les vivants. Elle se fichait de la réponse et de pouvoir les définir, surtout pas avec toutes les croyances des peuples du monde qui pouvaient encore s’y mêler. Elle sait juste qu’il y a de quoi adorer ces toiles poivrées, qui, oui elle aussi le sait, ne sont jamais les mêmes peu importe combien de fois elles s’étirent et comment. Peut-être qu’il n’y a que les esprits concentrés sur le moment présent qui peuvent avoir conscience de toutes ces nuances ? Belles. C’est probablement trop simpliste comme adjectif pour décrire les étoiles. Mais elle n’a rien d’autre en stock. Ses pensées sont aussi décousues que du fil d’ariane, ou trop obnubilées par des détails qui la captivent. Comme la façon dont les boucles blondes de Leo s’échappent pour caresser sa nuque. Ou le pétillement si honnête au fond de ses yeux. Et ses mains sur ses joues la réchauffèrent instantanément. Son rire revint au galop quand elle comprit qu’il n’était plus capable de trouver ses mots. C’était touchant, si bien qu’elle se contenta de déposer un baiser au creux d’une de ses mains avant d’aller capturer ses lèvres. Langoureuse, d’une douceur infinie, Serena sembla arrêter le temps par sa tendresse. J’arrive plus trop à … poser mes mots sur ce que je pense. Elle ne sait plus s’exprimer en lettres et son rire castagnette vient tout de suite taquiner son souffle. Viens. Qu’elle chuchote à son tour, en l’entraînant par le bras.

Ils ont peut-être fait des détours, distraits par tout et rien. C’est que c’est un art de vagabonder, plus encore quand on a fumé des herbes et poudres secrètes et qu’on évolue dans un village plus ou moins familier. Une bonne heure a même filée. Entre les bêtes, les pierres en monticule, les tissus de prière, les chemins escarpés et toutes les cabanes qui se ressemblent, ils ont crapahuté, tangué ici et là, les esprits d’enfants ayant pris l’dessus. Ils se sont même retrouvés à nouveau dans la tente où ils ont pu grignoter, re-papoter et ré-ingérer un peu de magie pour mieux partir en fumée. Mais finalement, ils ont réussi à atteindre la cahute où elle logeait. Juste une paillasse, quelques tentures et le reste des affaires de la jeune femme -essentiellement des carnets et des pages volantes noircies. Serena a toujours dessiné, gribouillé, depuis toujours. Vous mettez un papier devant elle, elle griffonnera dessus. Si il n’y a pas de papier, elle tracera des formes avec ses mains, des lettres sur la peau de ses bras ou ses cuisses ou faisant courir ses doigts sur n’importe quelle ligne qu’elle trouvera. Oui, elle a pris des cours d’art, décoratifs et design du vêtement. Elle pourrait tout confectionner à partir de ses croquis, elle pourrait même ouvrir une boutique pour vendre ce qu’elle crée. Mais le cancer a mis sur pause tous ses plans, si t’en es qu’elle en ai jamais eus. Alors quand elle demande à Leo de retirer sa chemise, quand elle le pousse à s’étendre sur ce qui lui sert de lit, elle veut poser le doigt sur l’idée qu’elle a en tête depuis trop longtemps -l’une de celles qui la brûle parmi ses envies dispersées.

Elle adore particulièrement comment elle peut utiliser les grains de beauté et toutes autres tâches ou cicatrices sur la peau comme une part de l’illustration. Et étalée sur le torse de Leo, feutre noir entre les doigts, elle aime tout autant la façon dont l’encre court et s’étire en toile sur sa peau. Petite, elle dessinait beaucoup sur elle-même ou sur sa mère, l’occasion de renouer avec ce petit plaisir était là. Et c’est tout ça qu’elle lui raconte tranquillement -les premiers graphismes et les souvenirs d’enfance légèrement floutés par la fumette toujours active dans ses veines- tout en traçant et traçant des formes énigmatiques. La respiration du blond est lente, impose un rythme confortable sur lequel elle s’est calée naturellement. Étrangement concentrée, sourire bloqué entre ses dents, Serena se sent bien dans ce cocon chaleureux. La mine du feutre suit aussi, naviguant lentement vers les côtes. Son attention se propageant sur les détails de sa chair qu’elle semble grignoter des yeux, des mains pour former une autre bulle. Quelque chose d’intime, une proximité toujours aussi sincère. Ce quelque chose qui l’inspire sans pouvoir être décrit correctement. Une drôle de galaxie explose sous la pointe noire. Et elle voudrait aussi écrire quelque chose qui compte, d’important, dans une belle calligraphie. Mais les mots ne viennent pas, s’embrouillent aisément.

Merde. J’ai aucune illumination pour une citation qui ait du sens. Ce qui est rare aux êtres rares ? Incertaine, elle se demanda si il ne préférerait pas le passage d’une chanson qu’il aime. Ah ! Je sais ! La blonde replonge illico se retenant difficilement de rire sur cette trouvaille dont l’influence zuccherienne est totale. Che devi avere un caos dentro di te. Elle souffle longuement sur tout ce qu’elle a esquissé, puis observe le résultat. Son rire aérien éclate, résonne jusque dans son ventre, fière d’elle. Et le mouvement où elle se tord l’incite à rouler sur le côté pour balancer le marqueur loin de toute vengeance éventuelle. Mais déjà, elle revient à sa place pour papillonner contre lui. Haha ! T’inquiètes je réécrirais quelque chose de plus sérieux quand tu reviendras de votre trekk. Et tu pourras faire pareil. Et elle l’empêche d’en dire plus en scellant leurs mots une nouvelle fois. À ce stade de toute façon, ce n’est plus vraiment nécessaire de s’exprimer aussi… classiquement. L'écho des corps suffit.
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Lun 21 Aoû - 17:14

Le temps s’écoulait d’une drôle de manière ce soir-là, d’une seconde à l’autre, ils étaient d’un côté du village, puis d’un autre, et enfin de retour à la case départ. Et puis, à d’autres moments, dix heures semblaient s’écouler sous le ciel étoilé, une cigarette ou autre chose qui se fument, dont on ne sait pas très bien la constitution, au bord des lèvres. Leo et Serena ne se quittaient plus à présent, ils avaient cédé à l’attirance inexplicable qui les poussait l’un vers l’autre depuis le premier regard, la première note de Zucchero qui s’était échappée du téléphone portable. Ils se touchaient parfois, effleuraient du bout des doigts, et leurs regards finissaient par se croiser, même s’ils étaient vagues et que des éclats psychédéliques venaient colorer leur paysage. C’était un brouillard apaisant, moelleux, dans lequel il était bon de se lover et de se laisser glisser. Rien d’alarmant, ni même d’angoissant, on partageait tous la même envie d’étirer les heures jusqu’à l’infini, car cette nuit était suspendu dans le vide. Elle n’appartenait ni à hier, ni à demain.

De fil en aiguille, Serena le mena jusqu’à sa tente et Leo n’avait aucune autre attente que celle d’en apprendre plus sur cette blonde qui vivait au Tibet, celle qui avait gravi la montagne pour se réfugier dans cette tribu oubliée du monde. Y avait une sorte de mystère fascinant qui l’entourait, en plus d’une aura profondément bienveillante. Rien de mauvais, rien de triste. Juste de la beauté, comme les étoiles, elle brillait par ses émotions positives qui dégoulinaient d’elle. Quand ils pénétrèrent dans la tente, Leo regarda partout autour de lui. Il ne se gêna pas, de toute façon, il sentait que Serena l’avait invité, non pas seulement à entrer dans sa tente, mais aussi dans son univers, dans son intimité. Il passait ses doigts sur tout ce qui tombait dessous : des feuilles de papier griffonnés jusqu’aux vêtements ou poteries qui s’entassaient. Un dessin, en particulier retint son attention, il s’en empara pour le regarder de plus près, avec le peu de discernement qui lui restait. Il resta silencieux, se contenta de regarder, de s’imprégner de son art, de sa perception des choses. Ces coups de crayons, hasardeux mais sûrs d’eux, ces ratures bien choisies, ces lignes. Il regarda tout ça, avec la plus grande attention du monde, si bien qu’il en oubliait tout le reste. Vu son état actuel, faut vous dire que c’était difficile de voir quelque chose dans le détail. Si bien qu’il n'entendit qu’à peine quand elle lui demanda de retirer sa chemise. Il leva donc les yeux, innocent avec l’air paisible du type qui est exactement là où il veut être. Elle réitéra sa demande, et il s'exécuta sans même poser de question, sans sourire pervers, sans arrière pensée. Il s’allongea à moitié sur le lit, se servant des coussins pour faire dossier. Elle était là, passionnée, juste au-dessus de lui, un feutre à la main. Et la pointe fraîche du feutre le fit frissonner quand elle le laissa glisser sur sa peau. Un petit sourire amusé s’étira sur le coin de ses lèvres.

C’était un instant érotique, sans qu’il ne puisse vraiment expliquer pourquoi. C’était peut-être la façon qu’elle avait de caresser sa peau, avec une sensualité naturelle, l’impression d’être enfermé dans un cocon douillet, protégé de tout, seuls au monde. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas décrocher ses yeux d’elle. Il ne regardait même pas ce qu’elle faisait, il regardait la petite ride qui se formait entre ses sourcils quand elle se concentrait, son petit rire clair quand elle laissait courir le feutre trop loin, ou bien les étoiles qui brillaient quand elle parcourait de nouvelles zones. Quand son visage s’approchait du sien, il se risquait à glisser ses doigts dans ses cheveux pour lui dégager le visage. De puis, de l’autre main, il caressait son bras, son épaule et sa nuque. Tout se faisait en douceur, dans la paix la plus absolue. Leo ne savait pas combien de temps s’écoula entre le premier point, et la dernière étoile, mais c’était tellement reposant que ça lui fit l’effet d’une longue nuit réparatrice. Il profitait de chaque instant, chaque courbe qu’elle couvrait de son art, chaque creux qu’elle remplissait d’attention, même ceux prononcés de ses côtes saillantes. Et enfin, la conclusion. Merde. J’ai aucune illumination pour une citation qui ait du sens. Il esquissa un sourire, les yeux à demis clos, comme drogué par l’atmosphère douillette du moment. Mets-en une qui n’en a pas alors. Il n’y avait pas besoin de logique. D’ailleurs, était-ce logique ce qui se passait ce soir ? Leo perdait le fil à chaque seconde qui passait. Il se sentait plonger tout entier dans un univers encore inconnu. Quand ça n’a pas de sens, c’est encore mieux non ? Mais soudain, l’illumination, comme une étoile filante dans son crâne et son sourire hilare ne laissait rien présager de bon. Cependant, Leo se laissa faire avec patience au bout du deuxième mot, il reconnu la citation de Zucchero s’allonger sur sa peau et fut secoué d’un petit rire. Quooi ? S’étrangla-t-il en riant. mais il ne réussit pas à se débattre assez fort pour l’empêcher de finir. D’ailleurs dès qu’elle eut fini, elle balança le marqueur aussi loin que possible alors que Leo bondissait pour s’en emparer. Tu vas voir toi… Marmonna-t-il elle l’entravant de ses bras.  Elle promit cependant de trouver quelque chose de plus exceptionnel à graver sur sa chaire. En soi, il il n’était même pas déçu, et n’avait pas la moindre envie de se venger. ... Et tu pourras faire pareil. Assura-t-elle. Et là, alors qu’elle était revenue à califourchon sur lui et qu’il était là, assis, tenant ses petits poignets frêles, il en avait envie plus que jamais. Parcourir sa peau, découvrir son corps, y laisser un petit bout d’art, aussi futile soit-il. Compte sur moi. Chuchota-t-il au creux de son oreille. Il caressa son bras, remonta doucement jusqu’à son épaule et fit tomber délicatement l’une de ses bretelles du débardeur qu’elle portait pour suivre sans entrave la ligne saillante de sa clavicule, jusqu’à son plexus, il fit pareil de l’autre côté. Il suivit des yeux son doigt, captivé par la douceur de sa peau blanche, très légèrement hâlée. Avec la même lenteur enivrante, il remonta une main jusqu’à son cou, plus son menton pour monter son visage vers le sien, et la regarder dans les yeux : directement dans les yeux, pour y percuter son âme pure. Sourire complice. Il caressa les quelques mèches de cheveux qui dégringolaient le long de son visage et les envoya en arrière pour mieux l’observer. Son autre main descendait maintenant le long de sa taille étroite pour glisser un ou deux doigts sous le débardeur coloré qu’elle portait. Sa main vint trouver ses reins pour la ramener contre lui, tout contre lui et la serrer dans ses bras. Merci pour le dessin. Susurra-t-il à son oreille. Et avec le plus grand naturel du monde, comme si c’était normal, comme si c’était habituel, il déposa un rapide baiser sur le coin de ses lèvres.

Quelque chose détona au fond de lui. Quelque chose de beau, d’éclatant. Dès que ses lèvres se posèrent sur les siennes, alors c’était comme s’il ne pouvait plus s’en passer. La température explosa soudainement. D’une main il attrapa son visage, la regarda une seconde et puis l’embrassa à nouveau, avec une passion nouvelle, sortie du tréfond de son âme. Et ça matchait complètement, c’était incroyablement cohérent. Et il était presque sûr que c’était incroyablement logique et harmonieux vu de l’extérieur. Lui, couvert d’élucubration nocturne, elle, aussi lumineuse qu’une étoile. Tous les deux, sans doute entièrement sous l’emprise de cette drogue fumée à plusieurs reprises dans la soirée, mais aussi tellement à l’écoute de leurs corps. Leo ne réfléchissait pas, tous ses gestes écoutaient son instinct. Et en plein milieu d’un baiser langoureux, ses mains vinrent chercher le bas de son débardeur pour le tirer vers le haut, et lui en débarasser. Il n’y avait pas de raison qu’elle soit la seul à admirer son corps. Lui aussi voulait goûter un peu de son intimité, caresser ses courbes. Alors qu’elle remettait en place ses cheveux ébouriffés il lécha des yeux son ventre, ses côtes et ses seins. Son corps était aussi beau que son âme, du moins, il supposait, lui qui n’avait jamais été foutu d'apprécier la beauté physique, uniquement celle du cœur. Après avoir parcouru des mains tout son torse, électrisé par cette nouvelle énergie qui émanait d’elle, il en laissa une remonter sa colonne vertébrale, se frayer un chemin entre ses omoplates et agripper sa nuque pour la retenir contre lui. Il était comme ça Leo, beaucoup trop tactile, et il lui semblait qu’elle était comme lui. Il voulait tout connaître d’elle et de son corps, s’amuser à courir le long de toutes ses courbes, se faufiler dans tous les recoins. Alors ses baisers quittèrent ses lèvres pour descendre de son cou jusqu’à ses seins. Il n’était ni pressé, ni impatient. Comme depuis le début de cette soirée magique, il voulait étirer les heures et rendre ce moment éternel.[/color]
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MessageSujet: Re: [flashback] do any human beings ever realize life while they live it ? (sereo)   Mar 31 Oct - 15:27


Elle se demande à quoi il pense quand il garde son silence et se contente de regarder les choses et les gens comme ça. Leo a cette espèce de bienveillance caractéristique des gens qui se sont beaucoup promenés. Son regard, sa voix, son rire… Ils en ont probablement beaucoup vu. Mais à cet instant, leur monde habituel s'est évanoui et un autre s’est créé. Avec pour seules frontières, le peau de Leo près d’elle, sa respiration en métronome dirigeant parfois la mine de son crayon et son odeur toute proche. Ce monde ne se réduit qu’à ça, qu’à lui, qu’à cet instant. Seul leur toucher les relie et les guide, comme un fleuve inonde et nourrit ses vallées, comme les aiguilles d’un métier à tisser. Et elle est fière d’elle. Que ça ait du sens ou non. Que ce soit beau ou non. Il y a eu des dérapages, des détours, des bavures mais c’est ce qui donne ce grain à tout art. Et elle sait que ça lui plaît vraiment aussi rien qu’à sa réaction souple, simple et généreuse. C’est pas grand chose mais ça veut dire beaucoup. Son rire crapahute hors de lui si facilement que le sien est obligé de suivre. Compte sur moi. Son murmure lui fila la chair de poule et un nouveau sourire ouvrit son visage. J’y compte bien effectivement... Et elle ferma les yeux en le laissant tracer le contour de sa chair. Concentrée, elle tentait d'en mémoriser la sensation avec ses sens. Au point de savoir quand rouvrir les yeux pour s’enlacer aux siens. Flamme jumelle. Le coeur en dehors. Au bord des peaux. Elle le laisse faire. Les gestes plume. Le toucher caresse. Comme si ça l’aidait à mieux comprendre qui elle était. Et elle comprend. Elle a ses mains sur son torse, cherchant l’écho vivant. Montre-moi comment tu palpites et je te dirais qui tu es ? Ou quelque chose comme ça ? Pour se défaire de toutes ses couleurs qu’elle voit, toutes ses textures qu’elle sent. Juste son rythme à lui. Et sa résonance à elle. Merci pour le dessin. Même de là où il est, il peut voir la façon dont ses cils effleurent sa joue haute et rebondie puisqu’elle sourit. Son menton s’avança jusqu’à ce que ses lèvres fassent à peine écho contre les siennes pour murmurer “de rien” et quand elle se lécha les lèvres, elle toucha presque les siennes. Son bras s’enroula dans son dos pour mieux se laisser aller contre lui. Lui se faisant une meilleure place entre ses cuisses. Elle reprenant soudainement son souffle lorsqu’il dépose enfin ses lèvres sur les siennes. C’est presque étrange combien familière est cette intimité avec Leo. Mais elle aime ça. Chaque part d’elle se sent extraordinairement… en vie. Surtout quand il l’embrasse encore et encore. Même l’inévitable séparation de sa peau contre la sienne ne l’ennuie pas tellement. Mais elle souhaite à cet instant étirer ce temps qui ne leur appartient pas, rester ainsi toute la nuit, au coeur du cercle de ses bras.

Leurs mains semblent faire la course -elle a plongé les siennes dans ses boucles pour l’attirer. Pourtant, y a rien de précipité dans leurs mouvements. Si lui n’a léché sa poitrine qu’avec les yeux, Serena ne se privera de partir butiner encore sa peau d’une autre façon, comme si ça n’avait pas été assez jusqu’à maintenant. De ses flancs à ses mains, de son cou à son nez, de sa mâchoire à ses joues -les mains qui modèlent son corps à croire qu’elle pourrait le graver dans l’argile. Et elle prend son temps, papillonne lentement, mordille doucement, rit souvent et respire à peine contre sa peau. Elle l’étudie avec attention, minutie, lui, rien que lui, un pays à lui seul. Qu’elle sillonne tout entier, le moindre creux, le moindre muscle tendu. Et elle s’approche tellement qu’elle le fait basculer en arrière. Oups. Ça perfore l’air avec clarté quand le rire galope derrière la surprise. Mais ça tombe bien..., qu’elle dit étourdie, les doigts déjà affairée à délier son pantalon tandis que son visage cherche le sien. Pour l’embrasser. Simplement. Une infinie délicatesse roule sur la pulpe de ses lèvres, sur le bout de sa langue. Une tendre émotion brûle, palpite dans ce baiser lascif qu’elle n’a pas pu retenir de lui donner. Une intensité à en faire frémir chaque sens, une langueur gourmande qui se répand dans chaque mouvement. Un signe avant-coureur de ce qui les attend quand ils vont chavirer. Et encore un instant, juste un, c’est chaud, ce souffle, ce corps, cette fièvre qui reste suspendue à ses lèvres comme le désir de revivre, l’affection qui déborde. Mais elle retrouve sa concentration, et ses mains fondent inlassablement sur sa peau, celle de son ventre, de ses cuisses, sous son caleçon, langue et lèvres dans leur sillage.
La pression et le rythme : fulgurants. Elle l’a pris entièrement en bouche, un regard incendiaire levé dans le sien alors que l’italienne s’applique. Sa langue s’allie minutieusement au délice comme un soudain aphrodisiaque quand elle lui dédie une nouvelle fois toute son attention. Et ça contraste avec la langueur de tout à l’heure. Plus elle accélère, plus elle sent son plaisir crépité sous elle. Alors elle attache ses mains aux siennes et le laisse céder si il le veut. Elle sait qu’il le fera comme elle le fera aussi. Y a aucune retenue entre eux. Ils l’ont probablement su dès qu’ils se sont vus. Aucune crainte. Que des chaleurs et des âmes prêtes à se confondre. Des tambours battants. Des sourires dévastateurs. Des regards clairs qui se confient toute leur passion, et des désirs qui s’enroulent à tout. Prêts à effleurer l’euphorie. En toute honnêteté. Rien à cacher. Juste s'abandonner et accueillir.
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