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 escape. (ivory)

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MessageSujet: escape. (ivory)   Jeu 27 Avr - 13:58

C'est avec cette nonchalance qui lui est propre qu'elle passe la porte de la petite épicerie. Pas un regard, pas un bonjour, ignorant les politesses que lui lance le caissier vers l'entrée. Elle ne l'entend même pas. Elle s'en fout en fait, comme toujours. Perdue dans sa bulle, hermétique au monde extérieur. Elle ne voit pas les gens, elle avance comme un zombie, on la remarque à peine. Apparition fugace, qui ne laisse aucune trace. Par moment, elle lance un regard par-dessus son épaule, juste pour s'assurer qu'elle n'a pas été suivi. Que l'équipe de tournage ne rôde pas quelque part non loin, à l'affût d'un nouveau dérapage de sa part. Surtout depuis qu'elle est revenue de Seattle, plus fragile que jamais. Plus en colère que jamais également. La rage au ventre, le désespoir au cœur. L'exécution de son frère a laissé de profondes marques qu'elle ne parvient pas à accepter, à encaisser. Le palpitant partit cendres et la douleur qui refuse de s'en aller. Qui la tient éveillée nuit et jour, sans répit, et la fatigue qui vient progressivement lui vriller le cerveau. Elle est épuisée, tant moralement que physiquement et pourtant, le sommeil refuse de la soulager, jouant les abonnés absents. Elle se sait à bout de nerfs, impatiente et agressive, tout en étant dans l'incapacité physique de s'énerve vraiment, tant son corps demeure léthargique. Il réclame repos et douceur, mais elle ne l'écoute pas, continuant de le malmener, de le plier à sa volonté. Elle traverse les allées du petit magasin, sans même se rappeler pourquoi elle est là. Elle tâte ses poches et réalise qu'elle est venue sans un sous, rien. Elle s'arrête en plein milieu, un peu perdue, comme sonnée. Elle regarde autour d'elle, sans savoir ce qu'elle fout là, ni même comment elle est venue jusqu'ici. Tellement perdue dans ses pensées, tellement déconnectée de la réalité. Elle regarde autour d'elle et, rapidement, la faim se fait ressentir. L'envie d'y céder également. Elle jette un coup d’œil à travers les rayons, puis autour d'elle : personne. Alors, sans hésiter et sans la moindre gêne, elle ouvre un paquet de chips et pioche un peu dedans. Puis elle s'éloigne, continue à flâner, à errer, sans le moindre but. Elle attrape un paquet de bonbon, l'ouvre, en grignote certains et le repose plus loin. Elle tourne un petit moment comme ça, à piocher ci et là, au gré de ses envies. Pour une fois qu'elle a faim, elle ne va pas se priver. Déjà à bout de forces, ce serait ridicule selon elle de se refuser un petit buffet à volonté. Gratuit de surcroît. Elle remonte la dernière allée, les mains vides, à la recherche d'un dernier petit plaisir, lorsque quelqu'un l'interpelle. Main puissante qui se pose sur son épaule, la coupant dans son élan et la forcer à pivoter. La force de la prise la fait sursauter, petite bête apeurée. Le contact l'électrifie, ne supportant pas qu'on viole son espace vital de la sorte. Elle se raidit, les yeux assassins et pourtant incapable de répliquer. - Hey, dis donc toi ! Tu te crois où à te servir comme ça ? Tu vas m'rembourser tout ça ! Le sang qui se glace, la menace qui pèse sur elle, étouffante, désagréable. Elle secoue son épaule pour se dégager de l'emprise du caissier et tente de reculer d'un pas ou deux pour lui échapper. Mais il avance, mécontent. - Quoi ? C'est tout ce qu'elle trouve à dire pour sa défense. Voix faiblarde et pourtant particulièrement agressive. - Te fiche pas d'moi, tu traînes depuis tout à l'heure, c'est toi qui a ouvert tous les paquets ! Elle fronce les sourcils, animal chétif, craintif, qui commence à comprendre que pour sa survie, il va falloir attaquer. - Non, lâchez-moi maintenant. Qu'elle proteste, toujours sur le même ton. - Si tu ne rembourses pas, j'appelle la police ! Son visage se décompose et la peur vient subitement illuminer ses prunelles éteintes. Non. Pas la police. Plus jamais la police. Avec son passif, avec son passage en prison, elle risquerait de reprendre une condamnation au moindre écart de conduite. - C'n'est pas moi ! Qu'elle s'écrie, furieuse, paniquée. Son regard dévie pour tomber sur un jeune homme qui lui semble être la cible parfaite à cet instant précis. - C'est lui. Qu'elle dit, en désignant l'inconnu, sans se soucier du tort qu'elle pourrait lui causer. Le gérant tourne la tête vers l'individu concerné, méfiant, suspect. - Hey, c'est toi qui vide la bouffe dans les rayons ? Qu'il demande sans trop y croire. Et Elliot continue de se débattre, cherchant à s'enfuir d'ici. Elle lance des regards affolés au garçon, sans trop savoir ce qu'elle attend de lui. Tout ce qu'elle veut, c'est partir. Fuir, comme elle fait toujours. Ne surtout pas affronter la réalité et ses problèmes. Le rythme cardiaque qui s'emballe et le teint qui devient livide, trahissant son angoisse.
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Lun 1 Mai - 14:53

Les bonbons roses ou les bonbons bleus ? Ivory soupèse chaque paquet, les colle contre son nez comme s’il pouvait sentir leur odeur à travers le plastique et finalement laisse tomber les deux dans son panier. Il a assez de fric, pour une fois, autant tout dépenser d’une traite pour de la bouffe sous vide qu’il entassera dans le coffre de sa jag. Ça lui semble être très raisonnable, tout autant que son régime alimentaire basé sur… des bonbons, des cookies et des chips. En même temps, il a pas de cuisine équipée dans sa bagnole, et il y vit un peu, donc bon. Il a pas trop la possibilité de se préparer de bons petits plats équilibrés, alors autant prendre ce qu’il aime. D’accord, il s’en fiche de manger des choses saines, la preuve, c’est que quand il va au resto, il va au McDo se gaver de nuggets de truc-qui-ressemble-vaguement-à-du-poulet et de McFlurry. Il a envie de gaufres, d’ailleurs. Il regarde autour de lui en se demandant où elles sont rangées, sa main passe dans son afro, mécaniquement, alors qu’il cherche des yeux. Il continue à parcourir le rayon, remarque à peine les emballages éventrés qui ponctuent sa marche et finit par abandonner. Autant aller poser la question directement au gérant, ça ira plus vite. Même s’il lui a jeté un sale œil quand il est rentré. Ivory met ça sur le compte de la mauvaise humeur, bien que ce soit plus probablement dû aux bas résilles sous son jeans troué et à son T-shirt rose pâle trop court qu’il a piqué à une meuf chez qui il a créché. Mais il s’en fiche de ce que les gens pensent de son look. Il se dirige vers la caisse lorsqu’il entend une dispute dans le magasin. Il dévie de sa trajectoire en fonction les voix parce qu’il est terriblement curieux, et, bonne nouvelle, il retrouve le gérant qui a déserté la caisse. Avec une fille qu’il tient responsable d’il-ne-sait-trop-quoi, il n’a pas tout suivi. Il a quand même envie d’applaudir le spectacle. Enfin. Du moins, jusqu’à ce que la meuf le pointe du doigt en l’accusant à sa place.

Le type le regarde un instant, fronce les sourcils en le reconnaissant, mais ne semble pas si convaincu que ça. « Hey, c'est toi qui vide la bouffe dans les rayons ? » lui lance-t-il, beaucoup moins agressif qu’avec la fille. Ivory hausse les épaules, examine son panier en biais, ne comprenant absolument pas ce qui est en train de se produire. « Ce n’est pas le principe ? On prend les articles dans les rayons puis on les amène jusqu’à la caisse pour payer ? » Il joue à l’abruti, sourit au mec qui n’a pas l’air du tout d’apprécier la plaisanterie. Ivory n’a pas spécialement envie de se faire embarquer par la police, pourtant. Pas aujourd’hui. Il a un passif rigolo avec le commissariat de Savannah, cela dit, et on essaye plus souvent de le foutre dehors et que de l’enfermer dans une cellule, juste pas aujourd’hui. Aujourd’hui, il veut seulement manger des bonbons en matant le coucher de soleil sur la plage, ce genre de conneries. « Joue pas au plus malin, p’tit con. » Il veut être menaçant, se rapproche en exposant bien sa carrure qui fait trois fois celle d’Ivory, mais celui-ci peut pas s’empêcher de réprimer un bâillement. Il n’a ni peur des flics, ni de se faire tabasser. Le gérant ne lâche toujours pas la fille, par contre, et c’est surtout ça qui l’emmerde. Elle paraît grave paniquée, et Ivory a un petit faible pour les gens en détresse, il se prend trop pour Robin des Bois, parfois. Il se voile pas la face, hein, il sait bien qu’elle est sans doute coupable, mais bon, si elle avait faim. Bah, c’est pas à lui de juger. Et il suppose qu’il n’aime pas trop ce gars, avec sa sale gueule et sa manière de le regarder comme s’il était une erreur de la nature. « Non, mais je vois bien ce que vous tentez de faire. Accusons le métis puisqu’il est là. » Il fait un pas en avant, innocemment. « Ou alors, c’est parce que j’suis roux ? » Deuxième pas. Il est tout proche, à présent. « Ah, nan, je sais. T’as peur de m’kiffer, parce que tu sais que les rouquins sont chauds comme la braise et t’aimerais trop ça en vrai, hein ? » Il libère la demoiselle pour lui balancer son poing dans la figure, Ivory esquive de justesse, hurle un « COURS ! » à la fille avant de repousser le type assez violemment pour qu’il se casse la gueule sur un rayon et détale à son tour après elle, lâche son panier au milieu de la route parce que ça l’encombre, non sans avoir récupéré les deux paquets de bonbons. Tant pis, il a failli se faire rétamer par un connard, il les mérite bien. Il finit par la rattraper, parce qu’il a l’habitude de se faire courser, Ivory, lui chope le bras et l’arrête quand ils sont à une distance raisonnable du magasin. « Hey. » Il fait la moue, comme s’il était fâché et qu’il s’apprêtait à l’engueuler. « Tu veux un bonbon ? »
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Mer 10 Mai - 13:35

- Ce n’est pas le principe ? On prend les articles dans les rayons puis on les amène jusqu’à la caisse pour payer ? Elliot dévisage la personne, d'abord sans vraiment réussir à définir son sexe. Tantôt elle la pense fille et la seconde d'après, homme. Au final, quelle importance. Elliot s'en fiche. Elle est trop préoccupée par son propre cas actuellement pour s'interroger sur quoi que ce soit d'autre. En revanche, elle ne parvient pas à déterminer si la question était sincère ou si le but était juste d'exaspérer un peu plus le patron du magasin. Une idée qui ne l'emballe que moyennement, parce que c'est son bras qu'il tient à cet instant. C'est son bras qu'il serre sous le coup de l'énervement. Et Elliot commence à paniquer. Y a son instinct qui lui hurle de s'enfuir, mais l'homme l'en empêche et elle sait que ça risque de mal finir. Qu'elle risque de péter un plomb et de se jeter sur lui pour l'obliger à la libérer. Tigresse enragée qui veut à tout prix quitter la cage dans laquelle on essaye de l'enfermer. Tout ce qu'elle veut, elle, c'est que le patron l'oublie pour se concentrer sur l'énergumène qu'Elliot a fait rentrer dans l'équation, sans lui demander son avis. Mais ça n'a pas l'air de le perturber plus que ça. Elle le voit bailler alors que le gérant est à bout de patience et se dresse devant lui, le surplombant largement. - Non, mais je vois bien ce que vous tentez de faire. Accusons le métis puisqu’il est là. Il, donc. C'est un homme. Elliot enregistre rapidement l'information, sans prendre le temps de s'interroger plus sur sa tenue probablement inadaptée. Au fond, elle n'y connait pas grand chose en matière de fringues et ça pourrait être la tendance de 2017 qu'elle n'en saurait rien. Le jeune homme continue de parler, sûr de lui, à l'aise. Et Elliot fulmine, s'agite. Elle plante ses ongles dans la main du gérant, furieuse. - Lâchez-moi ! Qu'elle répète, encore et encore, se tortillant comme une anguille. Tellement concentrée sur son envie de fuir, qu'elle en oublie quasiment la présence du roux, ne captant que des bribes de ses mots. Des bribes qu'elle n'analyse pas, incapable de faire plusieurs choses à la fois lorsque les émotions la dominent comme ça. Et subitement, la main de l'homme se retire de son bras et Elliot recule aussitôt d'un pas, avant de voir le poing voler mais ne pas atteindre sa cible. Le petit homme fonce alors sur le géant pour le repousser en arrière, le faisant s'étaler contre les rayons. - COURS ! Et les choses vont trop vite pour Elliot. Son cerveau n'a pas le temps de comprendre. Elle demeure muette mais la stupeur se lit sur son visage blême. Elle n'a strictement aucune idée de ce qu'il vient de se passer. Mon son corps n'étant désormais plus entravé, elle cède à ses pulsions et ne se fait pas prier pour prendre la fuite, sans se retourner, sans se soucier du jeune homme. Elle file hors du magasin, courant au hasard, sans savoir où elle va. Tout ce qu'elle veut, c'est s'isoler quelque part. Loin du bruit et de la foule. Mais à nouveau, elle se fait interrompre. C'est l'inconnu qui l'a rattrapé. Sa main qui entoure son bras, nouveau piège qui se referme sur elle. Ses prunelles s'assombrissent aussitôt, les sourcils qui se froncent, la mine contrariée. Elle s'arrête et pivote pour lui faire face. Elle secoue aussitôt son bras pour le forcer à retirer sa main. - Lâche-moi. Qu'elle souffle, autoritaire. Elle recule d'un pas, méfiante, sauvage, le regard peu accueillant. Et certainement pas reconnaissante. - Hey. Tu veux un bonbon ? Ses yeux se plissent, trahissant son étonnement face à cette proposition inattendue. Elle regarde autour d'elle, un peu perdue, l'air toujours aussi fâchée. - Non. Qu'elle répond dans un premier temps, commençant à malaxer le haut de son bras, qui a été légèrement meurtris par la poigne du gérant du magasin. Mais son ventre n'est pas de cet avis. Ses papilles non plus. Elle reste plantée là, à fixer le paquet, hésitante. Et, finalement, elle s'avance prudemment et attrape un bonbon à la volée, avant de s'éloigner pour maintenir une distance de sécurité entre eux. Elle croque le bonbon et, cachée derrière sa crinière noire, elle demande. - Pourquoi tu me suis ? C'est vrai après tout, il aurait pu partir de son côté. Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il veut ? Il s'imagine qu'elle se sent redevable peut-être ? Dans une attitude toujours aussi hostile, elle continue. - J'te dois rien et j'ai rien à t'offrir. Pourtant, elle pourrait s'excuser, pour l'avoir mêler à ça alors qu'il voulait juste faire ses courses. Et elle pourrait le remercier pour être intervenu en sa faveur. Mais non. Y a longtemps qu'Elliot ne croit plus à la gentillesse des gens. Elle en a trop bavé. Elle jette un coup d'oeil autour d'elle. - Écoute, fais ce que tu veux, mais moi je reste pas là. Il a sûrement dû appeler la police. Elle pivote et se remet à marcher, toujours sans savoir où elle va. A vrai dire, elle ne sait même pas où elle est. Elle ralentit, regarde autour d'elle, complètement paumée, même pas foutue de savoir qu'elle direction prendre pour regagner Tybee Island.
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Mer 10 Mai - 16:04


Le temps est capricieux ce soir, il se met à pleuvoir des cordes. Et bientôt, des éclairs illuminent le ciel, rapidement suivis par des grondements si sonores que l'on peut presque sentir le sol vibrer.

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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Jeu 18 Mai - 13:11

Ivory fait la moue la plus triste et déçue du monde lorsqu’elle lui répond un non catégorique. Il lui a peut-être fait mal en lui attrapant le bras, c’est pour ça qu’elle est autant de mauvaise humeur. Pourtant, il a veillé à être délicat. Il est toujours délicat. A aucun moment, il ne se dit que la situation a pu être stressante pour la demoiselle, surtout que lui, il s’est follement amusé. Il aime tellement les courses-poursuites, il pourrait faire ça toute la journée. Même si voler n’est pas dans ses habitudes, il n’a pas envie de décevoir sa mère, mais il suffit souvent d’un peu de provocation et il se fait courser en moins de deux. Il reste donc là, immobile, le bras tendu et son paquet de bonbons au bout, insistant dans son attitude même, un regard de chien battu et l’air boudeur d’un gosse de cinq ans. Quand elle finit par attraper un bonbon, un sourire fleurit sur son visage et il en prend un, lui aussi, qu’il mâchonne consciencieusement. Manger des bonbons avec des inconnus est aussi une de ses activités favorites. « Pourquoi tu me suis ? » Il fronce les sourcils, répond du tac au tac : « Je ne te suis pas », avec une assurance désarmante, parfaitement certain de lui. Il a seulement couru dans la même direction, c’est tout, puis il s’est dit que ce serait stupide de ne pas faire connaissance, une fois qu’il l’a rattrapée. Ivory déteste les occasions manquées, rencontrer des gens d’une manière marrante et les laisser filer après, ça ne lui arrive presque jamais. Et quand ça lui arrive, il ressasse un peu et tombe dans le cliché du et si. Et si c’était mon âme sœur ? Et si c’était un extra-terrestre ? Et si elle devenait une rockstar hyper célèbre l’année prochaine ? Il hait ça, du coup, il fait son maximum pour saisir toutes les chances de connaître quelqu’un que la vie lui donne. Il ne sera jamais satisfait tant qu’il n’aura pas rencontré le monde entier, au fond. Il glousse, doucement, quand elle lui dit qu’elle ne lui doit rien, comme si c’était son genre de réclamer une récompense. Il n’a pas pensé plus loin que de lui offrir un bonbon, il ne pense jamais très loin, Ivory, et il ne considère pas qu’aider quelqu’un signifie reconnaissance éternelle. Il ne se rappelle que des dettes d’argent que les autres ont envers lui, et encore, il les remet sur la table uniquement quand on lui demande du fric. Faut dire, il ne roule pas trop sur l’or non plus, alors s’il peut ne pas payer, il va pas cracher dessus. Puis là, c’est plutôt lui qui est redevable d’avoir rendu sa journée un peu plus intéressante.

« Je voulais seulement t’offrir un bonbon, j’pensais pas que ça pouvait faire flipper quelqu’un » qu’il lance en rigolant. Elle a l’air un brin paranoïaque, à jeter des coups d’œil autour d’elle en permanence. Lui, il s’en fout de la police, du gérant, il est à peu près sûr que ce sale type ne va pas appeler les poulets, par pure fierté. Par contre, il n’y retournera pas avant quelques temps, c’est sûr. Des gérants aussi irrespectueux de sa clientèle, non merci. « J’aime bien les flics, ils sont rigolos, tu trouves pas ? Toute façon, t’inquiète pas, ils m’aiment bien. » C’est une sorte d’euphémisme, ou il est persuadé qu’ils l’aiment bien, dans sa tête. C’est-à-dire qu’ils essayent généralement de le pousser hors du commissariat, qui doit être un des lieux préférés d’Ivory après sa bagnole. Puis il y en a toujours bien un pour céder et lui dire ok, tu peux dormir dans la cellule de dégrisement, mais seulement pour ce soir. Il la regarde s’éloigner en se collant cinq bonbons d’affilée dans la bouche avant de lui emboîter le pas et cette fois, oui, peut-être qu’il la suit un peu. Il la dépasse, se plante devant elle alors qu’elle ralentit. « Tu veux pas aller voir le coucher de soleil avec moi ? J’connais un endroit super sympa. J’vais pas te bouffer, promis. » Il sourit et lui retend le paquet de bonbons, comme si ça pouvait servir d’appât. « T’es perdue, non ? » Et puis, une goutte. Deux gouttes. Trois, quatre, cinq, des centaines, des milliers de gouttes , et Ivory ne se souvient pas d’avoir remarqué que le temps était couvert. C’est un peu pourri, pour aller voir un coucher de soleil. Il lève le visage vers le ciel, les yeux fermés, pour sentir l’eau contre sa peau. En fait, il aime bien ça aussi. Il entend le tonnerre et il se met à sautiller, rouvrant les yeux pour trouver les éclairs. « Je recommence, tu veux pas aller voir les éclairs avec moi ? Tu veux grave me voir avec les cheveux mouillés, en plus, j’ressemble à un caniche qu’on a jeté dans une piscine. »
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Mer 24 Mai - 11:28

Je ne te suis pas. Et c'est plus fort qu'elle, elle ne le croit pas. Elle le toise, méfiante, pas convaincue. Y a toutes ces années vécues dans le milieu de la rue qui remontent subitement et qui réveillent ses instincts les plus primaires. Les boyaux qui se tordent et qui lui hurlent de s'enfuir. De ne surtout pas rester sur place. De ne pas lui faire confiance. Pourquoi le croirait-elle ? Elle recule encore d'un pas, prête à prendre la fuite dès qu'il regardera ailleurs, dès que l'occasion se présentera. Mais il insiste et ça ne fait que lui confirmer ses craintes : c'est louche. Sa vieille amie la parano qui ressurgit alors qu'elle ne l'attendait plus. Ça faisait un moment qu'elle ne lui avait pas rendu visite et elle s'en sortait très bien comme ça. Mais là, elle revient en pleine puissance. Comme une gifle. Et y a la montée d'angoisse dans sa poitrine, le monde  qui se déforme autour d'elle pour devenir encore plus hostile que d'ordinaire. Et subitement, même le trottoir semble vouloir l'agresser, la trahir, la mener à sa perte. Sa gorge prise en étau par ses vieux démons, l'air a du mal à passer.  — Je voulais seulement t’offrir un bonbon, j’pensais pas que ça pouvait faire flipper quelqu’un. Elle le darde de ses prunelles d'acier, comme si elle cherchait à le sonder. A savoir ce qu'il veut vraiment et qu'elles sont ses intentions. Mais surtout, elle ne répond rien. Ne souhaitant pas s'engager dans cette voie. De peur qu'il parvienne à lui faire baisser sa garde pour mieux la piéger ensuite. Il n'a pourtant pas l'allure d'un voyou, ni grand gangster, mais Elliot se méfie de tout le monde et surtout des apparences. Par principe.  — J’aime bien les flics, ils sont rigolos, tu trouves pas ? Toute façon, t’inquiète pas, ils m’aiment bien. Elle fronce les sourcils et le dévisage un peu plus sérieusement, ne sachant plus trop ce qu'elle doit penser de lui. Elle se braque, se contracte, comme si elle cherchait à rétrécir pour devenir invisible.  — Ça m'étonnerais. Qu'elle grommèle, toujours aussi peu agréable. Faut dire qu'elle imagine mal l'énergumène devant elle faire l'unanimité dans un poste de police. Puis, elle soupire, se redresse un peu, continuant de zieuter nerveusement autour d'elle.  — Et je n'les trouve pas drôle, non. Faut dire que tous les contacts qu'elle a eu avec eux furent particulièrement négatifs. Entre l'arrestation de son frère et puis les siennes, ils lui ont laissé un goût amer. Décidant de couper court à cette entrevue stressante, elle finit par faire demi-tour sans l'inviter, désireuse de vite rentrer au foyer. Mais la tâche s'annonce plus ardue que prévu quand elle réalise qu'elle n'a pas la moindre idée d'où elle se trouve. Et le garçon en profite pour la rattraper. Il se plante devant elle, la coupant dans son élan et lui faisant esquisser un mouvement de recul. Les bras croisés, la tête à semi-baissée, elle le fusille de biais.  — Tu veux pas aller voir le coucher de soleil avec moi ? J’connais un endroit super sympa. J’vais pas te bouffer, promis. Et ça, elle ne s'y attendait pas. La bouche qui s'entrouvre légèrement, les sourcils qui se relèvent discrètement. Elle regarde à nouveau autour d'elle, mais plus pour les mêmes raisons. Comme pour s'assurer que c'est bien à elle qu'il s'adresse. Et la seule chose qui lui vient, c'est    — Pourquoi.. ? Pourquoi il s'accroche, pourquoi il lui propose ça, pourquoi il est encore là ? Elle ne comprend pas. Et elle ne sait plus si elle doit se méfier, être agacée, ou simplement accepter.  — T’es perdue, non ? Oui, complètement. Dans cette rue comme dans la vie. Y a ce terrible besoin que quelqu'un lui prenne la main et la guide pour l'aider à retrouver son chemin. Parce que toute seule, elle n'y arrivera pas. Elle hausse doucement les épaules, un peu penaude, mais n'a pas le temps de dire grand chose car en quelques secondes, c'est une pluie diluvienne qui s'abat sur eux. Elle se fige et se retrouve glacée en quelques secondes. Mais elle ne bouge pas. Ne sachant pas comment réagir, ni où aller pour se protéger de la pluie. Et y a son regard qui vient se perdre dans celui du garçon, comme pour s'y accrocher, comme pour y trouver une réponse. Désireuse de se calquer sur lui. Lui qui semble avancer avec confiance dans la vie. Et elle le voit sautiller, comme si cette pluie était un jeu. Comme si c'était une bonne chose. Et elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas où il trouve du bonheur là où il n'y en a pas. Alors, elle reste stoïque, un peu hébétée, à le regarder bêtement, à attendre. Elle aurait pu en profiter pour filer. Se tirer. Mais elle reste là, trempée.  — Je recommence, tu veux pas aller voir les éclairs avec moi ? Tu veux grave me voir avec les cheveux mouillés, en plus, j’ressemble à un caniche qu’on a jeté dans une piscine. Les yeux qui se plissent lentement alors qu'elle n'est pas certaine de comprendre la référence. Elle glisse son regard sur la tignasse rousse du garçon qui retombe progressivement, alourdie par le poids des gouttes. Elle déglutit, hésite, réfléchit, passe par différente phase de stress et de questionnements avant de se décider. Sa voix qui s'élève doucement, un peu fantomatique. — Depuis le phare, la vue est belle. Le phare de Tybee, un de ses refuges préférés. Elle s'approche du bord du trottoir, scrutant les voitures qui passent, jusqu'à repérer la petite enseigne lumineuse d'un taxi. Elle agite son bras pour attirer son attention et grimpe dedans sans un mot pour le garçon. — La plage de Tybee Island. Et la voiture se met en route. Frigorifiée, Elliot se recroqueville de son côté, les yeux rivés sur la buée de la vitre, un peu hermétique au monde qui l'entoure. Toujours pas décidée à communiquer pleinement avec sa rencontre du jour. Et lorsque le taxi arrive enfin à destination, elle se tourne vers le rouquin et murmure doucement pour que seul lui l'entende. — Je n'ai pas d'argent. Et y a comme une lueur sauvage qui vient crépiter l'espace d'une seconde dans son regard éteint, avant qu'elle n'ouvre la portière de la voiture et parte en courant en direction du phare. Qu'il paye ou qu'il court. Avec ce déluge, elle doute fortement que le taxi s'amuse à sortir pour les poursuivre.
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Jeu 8 Juin - 22:59

Elle a quelque chose de sauvage, cette fille. Elle agit un peu en animal prostré, acculé, et Ivory est déçu que son paquet de bonbons ne suffise pas à la rassurer. Pourtant, il ne se débarrasse pas de son sourire, il insiste, bêtement heureux qu’elle daigne au moins lui adresser quelques mots. Ivory se contente de peu, c’est le Baloo 2.0. S’il grimace, c’est seulement à l’intérieur, parce qu’il se demande si elle ne va pas prendre ses jambes à son cou et il sera un peu triste si ça se passe comme ça. Il aime bien rencontrer des gens nouveaux, Ivory. Il adore ça, même, surtout quand la rencontre est aussi impromptue et étrange que celle qu’ils ont pu avoir. Il s’est promis de ne jamais laisser filer quelqu’un. Plus jamais. Pas avant d’avoir décidé si oui ou non il veut cette personne dans sa vie. C’est trop stupide, toutes ces occasions manquées qu’on laisse passer comme de rien, alors qu’une rencontre, une seule, peut changer toute une existence, non ? Ce n’est pas ce qu’on dit ? Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups, le courant ne passe pas toujours, et peut-être qu’il ne devrait pas autant insister, vu qu’il a carrément décelé la méfiance qu’elle éprouve à son égard, peu importe qu’il fasse semblant de n’avoir rien remarqué. En plus, rencontrer Ivory une fois, ce n’est pas s’en faire un ami pour la vie, il sait bien comment il est, son inconsistance et sa manière d’être dissipée, il oublie parfois les gens, il volette de l’un à l’autre sans vraiment faire attention à l’amertume qu’il peut semer derrière lui. Ça dépend des gens, là encore, la seule constante, au fond, c’est qu’Ivory sourit toujours. Même sous la pluie. Il aime la pluie, il aime l’eau, il aime les vêtements qui collent à la peau et les gouttelettes glacées qui se glissent sous son col, et il se retient d’entamer une danse de la pluie, comme il sait si bien les inventer.

Il ne s’attend pas tellement à ce qu’elle lui dise oui. Surtout qu’elle semble hésiter. Il aime bien qu’elle n’ait pas essayé de se mettre à l’abri, bizarrement, il aime bien les gens qui restent sous la pluie, comme si ce n’était rien d’embêtant. Ça ne l’est pas pour lui, mais il sait que ce n’est pas le cas de tout le monde. Enfin, il ne sait pas si c’est parce qu’il l’a prise au dépourvu, qu’elle reste là, plutôt que parce qu’elle s’en fiche de la pluie. Mais elle tergiverse, et Ivory trépigne comme un enfant, un sourire éclatant qui tente de son mieux de lui faire dire oui. Et puis, elle dit le phare, et le sourire s’élargit encore, si tant est que cela soit possible. Il se gave de bonbons durant la promenade en taxi, la laisse délibérément tranquille en n’entamant pas de nouvelles conversations. Elle a l’air farouche, alors il attend la plage pour recommencer à poser ses questions. Lorsque la voiture s’arrête, Ivory hausse un sourcil parce que la fille lui souffle qu’elle n’a pas d’argent et s’enfuit en courant vers le sable. Il jette les billets prévus pour ses courses au taximan, c’est peut-être trop, peut-être trop peu, mais il n’a pas envie de traîner et de compter, il s’élance déjà à la poursuite de la jeune femme en hurlant. Il hurle de joie, parce que ça fait du bien d’hurler, sur une plage vide en plein orage, c’est libérateur et ça a un petit goût de paradis. Quand ils atteignent le phare, il la dépasse et grimpe les marches aussi vite que s’il les dévalait, son analgésie ne lui permettant jamais de savoir si son corps est à bout, il fait toutes sortes d’efforts inutiles juste pour le plaisir. « Hey, t’as pas fait demi-tour, dis ? Dépêche-toi, c’est tout beau ici. Et j’ai toujours des bonbons. » lance-t-il à l’escalier, avant de plaquer son visage contre la vitre. Y’a pas à dire, le spectacle vaut le coup, la pluie fait des ronds dans la mer et les vagues sont gigantesques, les éclairs zèbrent le ciel et il frémit rien qu’au son lourd du tonnerre. Il ne peut pas s’empêcher d’applaudir, même s’il n’y a personne pour recevoir son enthousiasme. Il a envie de courir et d’hurler encore, et à la seconde où elle apparaît au sommet du phare, il l’attire vers les carreaux avec beaucoup trop d’entrain. « Tu sens cette énergie ? C’est MAGIQUE. » Sans prévenir, il la prend dans ses bras, dans un câlin très furtif et parfaitement gratuit, il prend une goulée de son odeur avant de la libérer et de s’éloigner pour voir ce que la mer donne d’un autre angle. « Désolé, je suis content de partager ça avec quelqu’un. » Et non, il n’est pas du tout désolé.


Dernière édition par Ivory Rhodes le Jeu 22 Juin - 13:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Jeu 22 Juin - 10:34

Elle l'entend qui hurle derrière elle, et ça réveille diverses choses dans sa poitrine. Dans un premier temps, une sorte de soulagement. Il est toujours là, il la suit, il n'est pas resté dans la voiture, il n'est pas reparti avec le taxi. Il continue de s'accrocher et de chasser, ponctuellement, la solitude qui l'accompagne habituellement. Mais ensuite, y a comme une sensation de jalousie qui l'étreint. Elle aussi, elle voudrait hurler. Libérer les cris qui sont coincés dans ses poumons et dans sa gorge. Ces cris qui raisonnent à l'intérieur, qui font vibrer son squelette sans jamais pouvoir être extériorisés. Apprends-moi, qu'elle voudrait lui dire. Mais elle demeure silencieuse, se contentant de courir à en perdre haleine, le visage fouetté par la pluie coriace. En atteignant le phare, le garçon lui passe devant, et sa tignasse rousse a perdu de sa splendeur. Rattrapée par la gravité. Ça lui donne une drôle d'allure, celle d'un chien mouillé, il avait raison. Et finalement, ça lui plait comme ça aussi à Elliot. L'envie de glisser ses doigts dans ses boucles lourdes, et de serrer, pour faire tomber l'eau qui s'y trouve. Mais très vite, elle le perd de vue. Il cavale à toute allure dans les escaliers, la distançant aisément. Elliot ne mange pas assez, Elliot ne bouge pas assez, son corps est épuisé au moindre effort qui n'est pas fournit sous un excès de rage et de folie. Alors elle ralentit, elle souffle, et finit de monter en marchant. Faut dire que y en a des marches pour accéder au haut du phare. Escalier en colimaçon qui n'en finit jamais. Et les poumons d'Elliot qui peinent à suivre la cadence. — Hey, t’as pas fait demi-tour, dis ? Dépêche-toi, c’est tout beau ici. Et j’ai toujours des bonbons. Elliot ne répond rien, se contentant de continuer son interminable grimpe. De toute façon, même si elle avait voulu répondre, elle n'aurait probablement pas pu. Le souffle court, l'air lui manque, elle n'aurait certainement pas pu échapper le moindre son. Et il ne sait pas lui, mais elle est plus intéressée par sa simple présence que par ses bonbons. Elle finit par atteindre le sommet malgré tout, les genoux un peu douloureux, mais satisfaite de l'avoir fait. Satisfaite d'être ici. Et y a la pluie battante qui vient s'écraser sur les vitres à 360° et ce son a quelque chose d'exaltant et d'apaisant à la fois. Comme si ça la coupait du monde. Bulle protectrice, hors du temps, salvatrice. Et l'orage qui gronde et qui berce son palpitant. Et les éclairs qui zèbrent le ciel et ravissent ses pupilles. Si elle pouvait, elle passerait sa vie ici, sous un temps orageux. Mais son acolyte improvisé ne semble pas touché par le calme. Au contraire, il est comme pris d'une frénésie et accourt jusqu'à elle dès qu'il l’aperçoit, l'attrapant et la menant jusqu'aux vitres. Elliot se laisse faire, poupée de chiffons, elle tente juste de reprendre son souffle et calmer son rythme cardiaque. — Tu sens cette énergie ? C’est MAGIQUE. Mais elle n'a pas le temps de répondre, déjà elle sent des bras qui viennent l'entourer et l'étreindre pendant un bref instant. Elle se raidit, surprise, mais se laisse faire. Elliot est compliquée. Elle est autant l'animal sauvage qu'on ne peut pas approcher, pas toucher, que la tigresse féline qui vient séduire le premier venu pour un peu de chaleur. Et ce soir, elle se sent plus tigresse. Le corps gelé par la pluie, le coeur solitaire, et ce garçon qui s'apparente à un grand brasier qui a tant à offrir. Et Elliot elle ne donne pas, mais elle prend. Elle prend tout aux autres, véritable vampire. Et aujourd'hui, elle a besoin de combler le vide. Et il est là. Tant pis pour lui. Il s'éloigne et déjà, elle sent le froid qui vient glisser le long de son dos et le néant dans sa poitrine qui s'agrandit. — Désolé, je suis content de partager ça avec quelqu’un. Elle s'en fiche, elle n'est pas fâchée. C'est tout l'inverse même. Il lui tourne le dos désormais et Elliot sent la frustration qui la gagne. Elle rentre dans une phase où elle a besoin d'attirer l'attention. Besoin d'être regardée, aimée, touchée. Besoin vital, qui lui vrille les esprits et tords ses boyaux. Alors elle s'approche, comme un animal en embuscade qui attend le bon moment pour sauter sur sa proie. Elle rôde un peu autour, pendant quelques secondes, avant de se lancer. Toujours sans un mot, elle vient se glisser, s'imposer, entre lui et la vitre. Pour qu'il cesse de regarder le ciel. C'est elle l'orage désormais. C'est elle qui gronde, et ce sont ses prunelles qui lancent des éclairs. Y a de l'électricité dans l'air. Elle observe les traits de son visage et sa bouche pulpeuse, tandis que ses mains elles, viennent enfin trouver leur place dans les cheveux trempés du garçon. Ses doigts qui s'emmêlent dans les nœuds, l'eau qui ruissèlent le long de ses bras. Elliot qui se fait tentatrice, qui reste douce pour l'instant, lui cachant ses véritables penchants. Mais pour combien de temps ? Elle retire ses mains et vient attraper le paquet de bonbons, elle en attrape un, qu'elle porte à sa propre bouche, avant d'en saisir un second et de venir le glisser entre les lèvres du roux. Puis, elle lâche le paquet par terre, parce qu'il n'a plus d'intérêt à ses yeux et elle se penche en avant, pour venir donner un baiser sucré à l'inconnu. Et déjà, elle se sent soulagée, apaisée. Ses lèvres se détachent des siennes et elle murmure doucement. — Serre moi fort. Elliot qui prend les choses en main, Elliot directive, comme toujours. Et elle espère qu'il va jouer le jeu. Qu'il va bien vouloir et ne pas fuir. Parce qu'elle ne supporterait pas le rejet. Elle a besoin de se faire étouffer entre ses bras, besoin qu'il l'étreigne jusqu'à lui en brises les côtes. Et qu'il l'embrasse, toute entière, avec ses lèvres chaudes, pour la sauver de l’hypothermie de ses émotions. Elliot qu'est prête à mourir entre les bras du premier venu, pour ne plus ressentir cette foutue solitude.
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MessageSujet: Re: escape. (ivory)   Ven 7 Juil - 19:37

Y’a le ciel qui l’attire, les yeux rivés sur les nuages bas qui encombrent la vue, grondent et s’illuminent pour de brèves secondes sur la mer en furie. Ivory a toujours été fasciné par la nature, par tout ce qui pousse et se meut sans l’intervention humaine, par tout ce qui peut détruire tout en ramenant la vie, prouesse que seule la nature peut accomplir. Ça le fascine presque plus que toutes ses précieuses machines qu’il met tant de cœur à réparer, ça a quelque chose de plus pur, de plus violent, c’est plus beau, quand ce n’est pas fait par l’homme. Il en oublierait presque sa compagnie d’un soir, même s’il l’oublie un peu exprès, dos à elle, pour qu’elle ne se sente pas oppressée par sa présence parfois trop intense. Il l’a vue craintive, dans la rue, et il ne veut pas lui faire peur, il ne veut pas la faire fuir. Alors il fait semblant que le ciel l’attire au moins autant qu’elle, il fait comme s’il n’avait plus envie de la regarder, comme s’il pouvait se contenter de l’orage, de la tempête, des flots nerveux qui s’abattent sur la plage, plus bas. Il renifle, essaye de se rappeler son odeur qu’il a volée en la serrant dans ses bras et qui déjà disparaît. Il résiste, ne se retourne pas pour lui jeter un énième coup d’œil à la dérobée, même s’il a envie de voir et de toucher. Et puis elle est là, tout à coup, elle apparaît sous un autre jour, en travers de la vitre, à quelques centimètres à peine de lui. Elle est là, et elle l’appelle, silencieuse, les doigts qui s’emmêlent dans ses boucles, qui tirent un peu. Il la regarde, il plonge ses prunelles dans l’abîme des siennes et il a ce sourire, toujours, léger, petit creux à la commissure des lèvres, alors qu’elle lui glisse un bonbon sur la langue. Il la laisse l’embrasser, ses cheveux glacés qui se collent à ses joues et sa bouche, froide, elle aussi. Serre-moi fort, dit-elle, et il ramène ses longs cheveux mouillés derrière ses oreilles, ne la quitte pas des yeux, il l’observe, il l’étudie, maintenant qu’elle lui en a donné la permission.

Sans un mot, il appuie ses mains sur ses joues, dépose un baiser sur son front, sur son œil gauche, sur l’arête de son nez. Il laisse ses doigts courir le long de sa mâchoire, descendre dans son cou, s’y attarder – Serre-moi fort, a-t-elle dit, et il se demande si c’est ce qu’elle veut – avant de longer ses clavicules, ses épaules, ses bras jusqu’à ses phalanges, remonte sur ses hanches, sur ses flancs, trace le dessin de ses côtes du bout des ongles. Il passe ses bras autour de sa taille, l’étreinte est douce, d’abord, presque délicate, comme s’il tenait une poupée de porcelaine qu’il aurait peur de briser. Il cale son visage dans le creux de son cou, y souffle le chaud, y hume son odeur qui se mêle à celle de la pluie qui s’est figée sur sa peau. Il serre plus fort, une main dans le bas de son dos et l’autre au milieu, il serre plus fort encore, comme s’il pouvait essorer leurs vêtements par la pression de leurs deux corps humides et glacés. « Ça te fait mal ? » Et il a l’impression de retourner des années en arrière, quand il regardait les gamins qui pleuraient de douleur après s’être éraflé le genou par terre et qu’il les enviait, quand il les imitait sans succès et qu’il ne mesurait pas sa force, sa violence dans chaque contact avec les autres. C’est difficile de ne pas faire mal quand on ne sait pas ce que ça fait, d’avoir mal. Il ne sait pas pourquoi il demande, il ne sait pas pourquoi il fait ça, il veut seulement la serrer dans ses bras jusqu’à ce qu’elle n’ait plus l’air bousillée, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus l’air d’avoir un orage au fond du corps. « Dis-moi ce que ça fait d’avoir mal. » Et il redresse la tête pour l’embrasser à pleine bouche, beaucoup trop dur, beaucoup trop fort.
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