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 la lâcheté rend subtil. (joojoo)

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MessageSujet: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Mer 26 Avr - 10:19

Le cœur léger, le cœur en joie, le cœur en fête. C'est comme ça que je quitte le foyer après y avoir pris une douche, histoire d'être propre. Histoire de ne pas embaumer tout le monde sur mon passage, d'une odeur semblable à celle d'un putois crevé depuis trois semaines sur le bord de la route en plein soleil. Et j'exagère à peine. Je marche d'un rythme enjoué, un foutu sourire aussi béat que ridicule sur le visage, qui refuse de partir. Y a rien à faire, il est fermement accroché. Je souris aux gens et la ville me semble devenir plus belle que jamais. Plus colorée, plus ensoleillée. Teintée de mille nuances délicates. Le soleil qui filtre entre les feuilles des arbres et vient décorer les murs des bâtiments de centaines de petites tâches plus claires. Il y a bien longtemps que je n'ai pas marché de façon aussi insouciante dans cette ville maudite. Bien longtemps que je n'avais pas senti les rayons du soleil venir chauffer ma peau, et la brise légère caresser mes joues. Tout me semblait si hostile ces derniers mois. Comme une agression permanente, pour me rappeler que je n'étais pas à ma place, que je n'avais rien à foutre là et que je ne méritais plus d'être heureux et de profiter des trésors de cette ville. Mais aujourd'hui, en ce début d'après-midi, tout va bien. Ma route m'amène vers chez Penelope que je suis censé retrouver pour passer le reste de la journée. Et la simple idée de la voir me met du baume au cœur. M'imaginer glisser ma main dans la sienne en pleine rue, goûter à nouveau à la saveur de ses lèvres. Et voilà que je souris de plus belle, ayant l'air toujours plus idiot. Le coeur qui papillonne et les tripes qui se tortillent agréablement. En passant devant chez un fleuriste, je décide de m'y arrêter. Je fais le fond de mes poches et avec les quelques dollars récupéré, je lui prend un joli bouquet de lys. En espérant qu'elle ne trouvera pas ça trop cliché, trop ringard. Puis, je reprends ma route, persuadé que rien ne pourra venir entacher mon enthousiasme du jour. C'est là que je passe devant une librairie, avec quelques BDs en vitrine. Je m'arrête aussitôt, lorgnant sur les bouquins. Je sors les sous qu'il me reste. Ça me semble un peu juste. J'hésite, réfléchis et finis malgré tout par rentrer dans la boutique. On ne sait jamais. Je pourrais peut-être lui trouver un petit truc qui rentrerait dans mon budget. Ou alors, je pourrais peut-être essayer de la voler ? Micha m'a appris comment faire. Et même si je ne suis pas fan du principe, il y a parfois des cas de force majeur. Je pousse la porte et lance joyeusement.
- Bonjour !
Mais il n'y a personne au comptoir. Je regarde un peu autour de moi, et je ne vois qu'un seul client un peu plus loin, occupé à feuilleter un roman. Je remarque que la porte de la réserve plus loin est entrouverte. Probablement que la personne qui travaille ici est derrière pour l'instant. Sans sentir le piège qui se referme autour de moi, je m'aventure, confiant, entre les allées, à la recherche du cadeau parfait pour Penelope. Mon bouquet sous le bras, je commence à parcourir les bandes dessinées, avec la furieuse de toutes les acheter. Depuis que je suis à la rue, je n'ai pas eu l'occasion d'en retoucher une. Je n'y pensais même plus. Mais de me retrouver là, dans cet univers que j'affectionne tout particulièrement, je réalise à quel point ça me manque. A quel point tant de choses me manque finalement. La lecture, le piano, les chiffres, l'école, un toit et un lit chaud. Je perds un peu mon sourire et souffle discrètement. Je n'ai pas le droit de penser à tout ça. L'important, c'est Michael. L'important, c'est d'être ensemble. Qu'importe les conditions et les sacrifices. C'est lui le plus important. Fin de l'histoire. Je sursaute légèrement lorsqu'une voix dans mon dos m'interpelle doucement, me tirant de mes réflexions. Je pivote, retrouvant mon sourire.
- Oh bonjour, je regard... Boo ?!
Je me liquéfie sur place. Mes joues virent au rouge et mon cœur se serre aussitôt, devenant douloureux. Comme si subitement, il pesait une tonne et était pris en étau entre ma culpabilité et ma honte. Mon sourire s'est envolé, pour laisser place au désarroi. Je bafouille un peu, terriblement gêné, ne sachant plus quoi dire. Je me sens coupable et horrible subitement. La joie de revoir Penelope me semble subitement monstrueuse et inacceptable. Je déglutis, tiraillé par les regrets. Je regarde Boo mais c'est Bee que je vois à travers elle, c'est plus fort que moi. Et j'ai envie de lui demander pardon. J'ai envie de lui dire que je suis désolé, que je suis horrible, que je ne l'a méritait pas, que je vais aller voir Penelope pour lui dire que tout est fini, que ce n'était qu'une erreur. Lui promettre de revenir dans le droit chemin, lui assurer que je n'aime que elle et que je n'aimerais que elle. Comme le fait Micha. Mais, bien évidemment, je ne dis rien. Parce que j'ai peur, parce que je n'assume pas. Je n'assume rien. La panique me gagne, mes pensées s'emmêlent et s'embrouillent et j'agis sans réfléchir. Je tends subitement le bouquet vers elle, un peu pâle.
- Tiens, c'est pour toi.
J'ai parlé vite, de façon un peu sèche, sans réaliser vraiment ce que j'étais en train de faire. Et quand je comprends, il est déjà trop tard. Mes joues virent au rouge, mon cœur explose, et je n'ai qu'une envie : prendre mes jambes à mon cou et partir d'ici au plus vite, pour oublier que je viens d'offrir le bouquet de ma nouvelle copine à la sœur de mon ex morte par ma faute. Comment je fais pour toujours faire empirer une situation déjà catastrophique ? J'peux pas m'empêcher de mettre les deux pieds dans le plat, à chaque fois. Ça ne rate jamais.
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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Ven 28 Avr - 10:44

Les jours passent sans aucune nouvelle de ta soeur. Les jours passent et l’argent que tu as économisé s’amenuise. Tu comptais pas vraiment rester autant. Elle devait juste être là et vous seriez partie toutes les deux. Et même si tu réalises bien qu’elle n’est plus là, tu sais pas où aller. T’as pas vraiment de plan B. Alors le temps de trouver un indice sur l’endroit où elle est, tu dois te débrouiller ici. Et te débrouiller, ça veut dire gagner de l’argent. Trouver un boulot. T’as pensé d’abord à chercher quelque chose dans les jeux vidéos. A faire quelque chose de ton diplôme. Mais les grandes boites de développement de jeux vidéos, elles sont pas vraiment à Savannah. Y’a pas grand chose pour toi ici. T’as commencé à postuler à des trucs sur internet. Sans grands espoirs de réponses. Et puis un jour, tandis que tu posais de nouvelles affiches sur celles dégradées par les jeunes, tu as vu ce petit de morceau de papier dans la vitrine de cette vieille librairie. Cherche vendeur/vendeuse motivé(e). C’est pas vraiment le job idéal. Mais c’est franchement pas si mal. Il faudra parler à quelques inconnus. Mais les inconnus qui aiment sentir l’odeur du papier sont bien moins effrayants que les autres. Alors tu as poussé la porte. C’est un vieux monsieur qui t’a accueilli. De ceux qui tiennent debout par une quelconque force mystique. De ceux qui ont cet enthousiasme au creux du coeur qui émet comme émet le soleil. Il t’a sourit. Et il a rit face à tes quelques balbutiements gênés. Il t’a pas demandé ton expérience. Non. Il t’a simplement parlé de livres. De Shakespeare et de Baudelaire. De Orwell et de Fitzgerald. De Tolstoy et de Dickens. Il a sourit encore quand tu as su parlé de tel ou tel bouquins. Ou quand tu as avoué avec culpabilité ne jamais avoir lu celui là. Et d’un naturel touchant, il t’a simplement demandé quand tu serais prête à commencer. Et si ça te convenait qu’il ne te paye pas des milles et des cents parce qu’il arrivait déjà à peine à joindre les deux bouts. T’aurais pu refuser. Demander plus. Parce c’est vrai que tu n’iras pas bien loin avec ça. Mais tu as dit oui. Parce que tu te sentais déjà chez toi parmi cette odeur de papier vieilli.

Il n’y a pas grand monde qui pousse les portes de cette vieille librairie. Elle a quelque chose de beau pourtant. Cette âme qui émane de ses bouquins soigneusement rangés. Tu peux parfois passer des heures sans que la petite cloche à l’entrée résonne, signe qu’un client potentiel est entré. Des heures à te perdre dans des livres. A rêver à mieux. Et puis parfois, tu ranges un peu. Tu vas t’occuper des nouvelles livraisons pour les mettre en rayon. Comme maintenant. Des BD viennent d’être livrées. C’est ce qui marche le plus les BD. C’est ce que le petit vieux t’as dit. C’est pour ça qu’il y en a pas mal devant la librairie. Parce que les livres, ça attire plus tellement les jeunes. Mais les BD, c’est vintage. C’est à la mode. Alors c’est ce que vous commandez le plus. Ce que vous mettez le plus en avant. Toi, t’y connais pas grand chose aux BD. Alors t’essayes d’en lire. Pour pouvoir conseiller si jamais on vient te voir. Et puis, c’est rapide à lire. Et plutôt prenant. T’aimes bien ça. Même si tu ne comparerais pas vraiment ça aux livres. La sensation est différente. Tu observes le livreur repartir, soupirant légèrement en observant les deux cartons de BD à ranger. Tu restes un instant comme figée dans cette position avant de te donner du courage pour porter ces boites un peu trop lourdes pour toi jusqu’au rayon BD. D’un geste fluide, tu attaches tes cheveux dans un chignons mal fait, dégageant tes cheveux de ton visage. Chose que tu fais rarement. Peut-être parce que c’est plus simple de se cacher derrière tes longs cheveux blonds. Pour éviter de croiser trop de regards. Puis finalement, tu attrapes un des cartons, grognant doucement avant de retourner dans le magasin, le posant par terre à l’entrée du rayon. Tu esquisses un léger sourire en voyant quelqu’un déjà présent. « Bonjour » Y’a ce doux optimisme dans ta voix. Quelque chose de joli. Et tu ne retiens pas ton sourire lorsque le garçon sursaute au son de ta voix. Garçon que tu reconnais lorsqu’il se tourne vers toi. Enfin … que tu reconnais, c’est beaucoup dire. Tu sais que c’est un des jumeaux. C’est déjà pas mal. Brusquement, son sourire à lui disparait. Rapidement suivit pas le sien. Te voir devant lui ne semble pas lui faire grandement plaisir. Ton coeur se serre un peu à cette idée malgré toi. Puis ce dernier rate un battement lorsqu’il te tend le bouquin de fleurs qu’il gardait à la main. Tu rougis comme une idiote, l’attrapant pourtant. « Oh … Je … » Tu te mords doucement la lèvre. C’est idiot, mais tu ne sais même pas qui de Junior ou Michael te fait face. « Merci c’est gentil … » Tu viens sentir les fleurs qui t’enivres doucement. « … Fallait pas … » Tu te sens un peu gênée de ce geste. Et pourtant étrangement flattée. « Tu … Hum … Tu venais pour acheter une BD …? » Tu changes de sujet. Comme à la recherche d’un échappatoire. Tu te retournes pour désigner l’une des boites. « Hum… j’en ai des nouvelles si tu veux … Je reviens » Tu montres vaguement les fleurs, comme pour dire ce que tu vas faire, mais sans mots. Tu te recules pour retourner vers l’arrière boutique et trouver quelque chose pour mettre les fleurs. T’as la tête ailleurs. L’esprit paumé. Tu t’attendais pas à ça. Tu penses un instant que t’es même pas certaine de quel jumeau il s’agit. Même si il te parait assez évident qu’il s’agit de Junior. Pour son sourire. Et puis, Michael aurait surement parlé de son mensonge. Tu n’as pas vraiment eu le courage de le mettre au pied du mur ni quoi que ce soit. Tu lui as même pas parlé depuis plusieurs jours. Ni lui d’ailleurs. Tu soupires vaguement avant d’apercevoir un vase. Un vieux vase magnifique. Tu n’en attendais pas tant. Tu le remplis d’eau avant de mettre les fleurs à l’intérieur, allant ensuite le poser sur la petite table à l’entrée du magasin. Et enfin, tu reviens vers le rayon BD, espérant simplement que Junior n’ai pas fuit. Sans vraiment savoir pourquoi. A croire que tu t’améliores niveau contact.

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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Lun 8 Mai - 9:47

- Oh … Je …
Elle a l'air confuse et je la comprend. Je le suis tout autant. C'est tellement déplacé. Tellement, tellement, déplacé. On ne s'est vu qu'une fois et on ne peut pas dire que notre rencontre ait été de tout repos, ni des plus romantiques. Loin de là, même. Et aujourd'hui, je lui offre des fleurs ? Ça n'a aucun sens. Évidemment, que ça n'en a aucun crétin, elles n'étaient pas pour elle. Je ne sais même plus pour qui je suis gêné ou pour quoi je dois m'en vouloir. Offrir des fleurs à une quasi inconnue alors qu'elles étaient pour Pene ? Ou plutôt, faire croire à Boo que ces fleurs étaient pour elle alors que non ? A moins que ce soit d'offrir des fleurs à la sœur de mon ex morte par notre faute .. ? Bon sang. Je nage en plein brouillard. Tout ce dont je suis sûr, c'est qu'on est aussi gêné l'un que l'autre par ce geste inexpliqué.
- Merci c’est gentil …
J'essaye de lui sourire, mais je suis en train de mourir de honte et de culpabilité. En plus, si Micha apprend que j'ai offert des fleurs à Boo.. Il va terriblement mal le prendre. Et si je lui explique le pourquoi du comment, il va encore se foutre de ma gueule. Et je ne suis pas sûr de savoir ce que je préfère entre les deux possibilités. Dans tous les cas, j'en ressors grand perdant. Pour changer. Je la regarde humer l'odeur des fleurs, avec cette douceur qui la caractérise tant et je me décompose intérieurement, tiraillé entre mille pensées contradictoires. Quel merdier, mais quel merdier.
- Fallait pas.
- Oh de rien, tu sais, c'est.. c'est trois fois rien, enfin j'ai juste fait ça.. comme ça quoi, tu vois ?
Je gesticule dans tous les sens, nerveux.
- J'veux dire, j'suis passé devant, elles m'ont fait penser à toi et du coup, bon. Voilà.
Des claques, c'est tout ce que je mérite. J'ai horreur des mensonges. Je déteste ça. Et je me retrouve en plein cœur du pire mensonge possible. C'est Dieu. J'en suis sûr, c'est lui. Dieu ou le karma, j'en sais trop rien, un truc comme ça en tout cas. C'est la vie qui se fout de ma gueule en tout cas. La vie qui me met le nez dans ma merde, sans me laisser la moindre échappatoire. Je finis par hausser les épaules, un petit sourire gêné en coin de lèvres, cherchant à rendre mon cadeau anodin. Comme si ce n'était rien.
- Tu … Hum … Tu venais pour acheter une BD …?
Tellement perdu dans mes pensées, je peine à capter sa question et à me souvenir ce que je fous là.
- Hein ? Non, je.. Enfin, si ! Oui. Si, si, bien sûr. Une BD. Oui.
De pire en pire. Je toussote et me met à regarder autour de moi pour me soustraire à son regard et faire mine de me concentrer sur les BDs qui nous entourent. C'est horriblement gênant. J'enfonce mes mains dans les poches de mon blouson, avant de réaliser que ce n'est pas pratique du tout pour fouiller, je les ressors donc nerveusement, mais galère avec l'une d'entre elle et me met à secouer ma main et du coup mon blouson avec, jusqu'à l'en extirper. Je lance un nouveau sourire à Boo, affichant un faux air amusé. Mais ça se voit que je suis gêné. Je suis sûr que même un aveugle pourrait le voir.
- Hum… j’en ai des nouvelles si tu veux … Je reviens.
- Oh euh, oui, bien sûr, va vite.
Va vite mettre les fleurs destinées à ma copine dans un vase, oui. Quel con, mais quel con. Je la regarde s'éloigner et une fois seul dans le rayon, je me prends la tête entre les mains et soupire, dépité.
- Putain, j'y crois pas ! Junior, t'es trop con !
Y a des moments comme ça, où je me dis qu'il ne faudrait jamais que je sorte sans Michael. Histoire de m'éviter des moments gênants comme ça. Et en parlant de lui justement, je grimace à cause de la douleur sur mes mains égratignées. Par sa faute à lui. Lui et ses conneries. Son égocentrisme. Et cette façon qu'il a de considérer qu'entre nous, c'est acquis. Qu'il n'a pas besoin de me redire que je compte, que je suis important pour lui, que moi aussi je l'aide à tenir le coup. Alors que putain, j'ai terriblement besoin d'entendre tout ça. En ce moment plus que jamais. Je retire rapidement mes mains de mes cheveux pour venir les tendre sous mes yeux. J'ai pas vraiment pu les soigner, faut dire que dans la rue, on se trimballe pas franchement avec une mallette de secours. En plus, en m'étant accroché ma main dans la poche, j'ai rouvert une des petites plaies. Je rouspète et essuie le revers de ma main sur mon blouson.
- Aïeaïeaïe !
Bon, mauvaise idée, ça fait super mal. Je secoue la main en grimaçant. Saleté. Je finis par venir humidifier un doit de l'autre main avec ma salive pour venir tamponner la petite coupure qui s'est rouverte, la salive ayant des pouvoirs cicatrisants. Mais dès que je vois Boo réapparaitre, j'arrête tout et recommence à afficher mon sourire nerveux.
- Alors, c'est quoi les nouveautés ?
Je me rapproche d'elle, pour venir regarder ce qu'elle a me montrer. Mais cette proximité soudaine me perturbe. Et alors que j'attrape l'une des BDs qu'elle me montre, commençant à la feuilleter sans vraiment regarder, je me met à paniquer un peu et perds le contrôle de ce que je raconte.
- Tu sais.. J'ai beaucoup pensé à toi.
Merde.
- Euh, enfin. A toi, Bee, sa disparition, tes recherches.. Tu vois quoi ?
Bon. C'est pas si mal rattrapé pour une fois. Enfin, je crois. Sauf que, et maintenant ? J'ai pensé à tout ça et qu'elle est la conclusion donc ? Mon regard s'agite, mes doigts se crispe autour de la couverture de la BD et je déglutis.
- J'me dis qu'on devrait se faire une session de recherche à trois, avec Micha.
Oh. mon. dieu. Pire idée du monde. Je reste stoïque, mais je n'ai qu'une envie : aller m'exploser la tête contre un mur. Y a des moments où je me demande franchement à quoi ça me sert d'avoir un QI pareil s'il ne m'est même pas utile dans mes relations sociales. D'après le prêtre de l'église où on allait, c'était même l'inverse. Ça ne faisait que m'handicaper et exacerber mes émotions. Merci Dieu, vraiment. Trop sympa. Fallait pas.
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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Jeu 18 Mai - 16:46

Tu rougis comme un idiote, baissant les yeux, cherchant à dissimuler ton visage derrière tes cheveux comme tu as l’habitude de le faire. Mais cette fois, tes cheveux sont attachés. Heureusement, Junior semble distrait, pas très à l’aise. Il ne te regarde pas vraiment, et ca t’arrange bien finalement. C’est la première fois qu’un garçon fait ce genre de chose pour toi. La première fois que quelqu’un fait quelque chose d’aussi gentil. Tu te sens un peu idiote parce que tu n’as pas vraiment l’impression de le meriter. Tu n’a pas été particulièrement gentil avec Junior la dernière fois. Tu n’avais pas aimé son agressivité ni cette impression désagréable qu’il avait cessé de chercher Bee un peu trop rapidement a ton gout. Tu avais eu du mal a comprendre avant de réaliser qu’il était juste triste. Terriblement triste. Un peu comme son frère. Il le cachait seulement mieux. Tu cherches à changer le sujet, l’amenant vers les BD. Parce que ce sujet la, tu le maitrises mieux. Tu ris doucement lorsqu’il s’embrouille tout seul, se contredisant quelques fois sur le but de sa visite. Il sonne étrange ton rire. Comme jeté là en vrac. C’est comme s’il te surprenait. Même toi. Tu n’a pas rit de façon si spontanée et naturelle depuis trop longtemps. Tu te sens presque honteuse de le faire devant le petit ami de ta soeur. Ou son ex petit ami ? Peu importe. Tu sers tes doigts sur les tiges de fleurs, te détournant de Junior pour t'éloigner enfin vers l'arrière boutique.

Tu abandonnes ton carton dans un coin, attrapant l’une des BD en t’approchant timidement de lui pour la lui tendre. Tes yeux se posent sur ses mains parsemées de sang, majoritairement séché. Tu t'apprêtes à faire une remarque. Peut être même à lui attraper la main pour aller la soigner dans l'arrière salle. Mais il te prend de court. “Tu sais.. J'ai beaucoup pensé à toi.” Ton coeur rate un battement. Ca y est. Tu recommences. Tomber amoureuse du premier garçon que tu croises. Et tu sais ce qui arrive dans ces cas la. Tu te mets à ne plus être capable de sortir une seule phrase. Même un seul mot … Non. Mais c’est pas comme d’habitude cette fois hein ? De toute façon, il est à Bee ce garçon. C’est pas vraiment comme si tu pouvais faire le poid face a elle. Ou même face à son absence. Sois pas idiote Boo. “Euh, enfin. A toi, Bee, sa disparition, tes recherches.. Tu vois quoi ?” Bam. La réalité vient frapper à ta porte. Tu te contentes d’hocher doucement la tête. “J'me dis qu'on devrait se faire une session de recherche à trois, avec Micha.” A trois ? Comme si parler avec un garçon n'était pas assez compliqué. “Hum… Oui pourquoi pas…”

Tu t'égares un instant dans tes pensées. Tu te perds dans les mots de Bee. Ceux qui parlent d’eux. De son amour fou. Cet amour qu’elle leur portait à tous les deux comme s’ils n'étaient qu’une et unique personne. T’as un peu peur de les voir ensemble. Parce qu’ils faisaient battre ton coeur dans les récits de ta soeur. Ils te faisaient rêver à quelque chose de beau. De terriblement beau. T’as peur d'être déçue. De réaliser qu’il n’y avait pas grand chose de vrai. Ou pire encore. T’as peur de réaliser qu’ils sont comme dans ses mots. Peur de réaliser qu’ils créent des petits papillons à l'intérieur de ton ventre. Comme dans ton imagination. Ca serait pire ça. De tomber la ou ta soeur est déjà tombée. Tu sors de tes pensées lorsque ton regard se pose sur le sang qui vient maculer la nouvelle BD que Junior tient entre ses doigts blessés “Tu mets du sang partout !” Tu t’approches instinctivement de lui, capturant sa main ouverte entre tes doigts. “Attends, vient” Et sans vraiment lui demander son avis, tu l'entraines avec toi jusqu'à la salle annexe. Tu l'amènes vers le petit évier et tu te baisses pour attraper une trousse de premier secours. Le propriétaire l’avait mis là après s’est blessé à de nombreuses reprises. Vestige de l'âge qui gronde. Tes doigts sont étrangement habiles tandis que tu nettoies sa blessure, le faisant grimacer. Tu l’as fait trop de fois à Bee pour oublier. Lorsqu’elle sortait dehors et revenait avec des écorchures et des bleus. Puis tu te l’ai fait a toi même aussi. Lorsque tu étais d’humeur moins docile, ou lui plus sauvage. Il avait ce talent étonnant de ne marquer ta peau qu'à des endroit dissimulable. Oh grand jamais sur ta peau découverte.  “Que ce que tu t’es fait ?” Tu relèves la tête, chassant tes souvenirs en posant ton regard sur son visage. “Tu t’es battu ?”
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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Mer 24 Mai - 11:26

Hum… Oui pourquoi pas…
Elle n'a clairement pas l'air emballée et bon sang ce que je la comprends. Je ne le suis pas non plus. Pas du tout même. Ça va être atroce. Atrocement gênant. Ce mensonge que j'ai approuvé, encouragé en jouant le jeu. Ce mensonge qu'on va lui servir à deux, dans un horrible face à face à trois. J'ai honte. Je voudrais lui dire que je m'en veux, lui dire la vérité, m'excuser, la prier de me pardonner. De nous pardonner. De lui dire qu'on est juste deux idiots malheureux et que son arrivée à comme ramener un peu de soleil dans notre sombre périple. Je voudrais lui expliquer qu'on ne voulait pas lui faire de mal, mais qu'on a pris peur. Qu'on ne voulait pas qu'elle nous déteste, parce qu'on le fait déjà suffisamment bien tout seul. Lui dire qu'elle dégage les nuages de notre horizon, que certes elle réveille de profondes douleurs, que les plaies saignent à nouveau, mais qu'elle adoucie malgré tout l'insupportable torture avec laquelle on vit depuis la mort de Bee. Je voudrais lui dire tout ça. Mais les mots restent bloqués. Je me tais lâchement. La culpabilité qui vient me faire courber l'échine. J'essaye de lui sourire mais j'ai du mal. Mon cœur qui ne supporte pas cette odieuse tricherie à laquelle on se livre avec Micha. Je détourne le regard, n'insistant pas. C'est sûrement mieux comme ça. Je veux oublier ça, chasser les terribles souvenirs qui défilent en boucle sur ma rétine éclatée d'avoir vu trop de larmes passer. Les yeux brûlants, acides, la mémoire carbonisée. C'est trop dur tout ça. Mais faut que je tienne bon. Pour Michael. J'inspire un grand coup et me reprends tant bien que mal. Ça va aller Junior, ça va aller. Respire et fait comme d'habitude. Alors, je me concentre sur la BD qu'elle m'a tendue et je commence à la feuilleter sans vraiment faire attention à son contenu. Mes pensées qui s'échappent pour venir se réfugier auprès de Boo. Pour puiser un peu de sa chaleur et du réconfort qu'apporte son rire timide et cristallin. Y a tellement d'innocence qui émane d'elle. C'est apaisant. Et ça me saisit les tripes. Les boyaux qui se tordent doucement, dans une danse funeste. Et le palpitant qui s'emballe un peu trop vite, un peu trop fort. Et je n'arrive plus à savoir qui je vois quand je la regarde. Elle, ou Bee ? Y a tout qui se mélange.
Tu mets du sang partout !
Je sursaute, revenant à la réalité et contemple les dégâts.
Merde, pardon Boo ! Je, je vais la rembourser.
Je repose aussitôt la BD histoire de ne pas aggraver les choses et déjà, je sens la main de Boo qui attrape la mienne, avec une douceur prévisible. J'ai le cœur qui loupe un battement et le sang qui ne fait qu'un tour. Et je me mets à penser à Penelope et je me sens minable. Puis, je pense encore à Bee et ça empire. Je serre les dents pour lutter contre toutes mes émotions, ne pas les laisser me submerger.
Attends, vient.
Je me laisse faire, impuissant. Je lui emboite le pas et la laisse me guider jusqu'à l'arrière boutique. Elle me relâche et ça laisse comme un grand vide. Un frisson glacé qui me secoue la main et fait naître en moi un sentiment de frustration, de manque. Quelque chose comme ça. Je l'observe et lui donne à nouveau ma main lorsqu'elle la réclame, pour la soigner. Je la regarde faire et je ne peux pas m'empêcher de faire certaines comparaisons. J'ai l'impression de me retrouver en elle, d'une certaine façon. Bee c'était l'excentrique, la bavarde, la rigolote, la sauvage, l'aventurière, celle qui rayonne, celle qu'on voit. Comme Michael. Boo, c'est la douceur, la discrétion, le courage insoupçonné, l'empathie et la sensibilité. Comme moi. Et soudainement, je me sens terriblement proche d'elle. Je souris vaguement, un peu ému. Je crois.
Que ce que tu t’es fait ?
Retour à la réalité. Je cesse de sourire et me braque aussitôt, les mots se coinçant douloureusement dans ma gorge. Comment lui expliquer ? J'peux pas. Je baisse les yeux, silencieux.
Tu t’es battu ?
Et là, je ne peux pas m'empêcher de rire lentement. Si Michael entendait ça, il serait probablement pris d'un fou rire. Je fais la moue, les yeux toujours rivés sur ses mains graciles.
Me battre.. Non, pas mon genre.
Je hausse les épaules, comme si j'en avais honte. Honte d'être un lâche qui s'écrase constamment.
C'est rien, j'étais en colère et... C'était bête, j'aurais pas dû faire ça.
Je relève finalement la tête vers elle, cherchant son regard. Et je voudrais qu'elle n'arrête jamais de penser mes plaies. Le contact tendre de sa peau contre la mienne me réconforte et me fait vibrer doucement. Une chaleur diffuse qui se propage dans ma poitrine. Le palpitant qui bat un peu trop fort malgré mes efforts pour le mettre en sourdine. J'ai mille questions à lui poser et je ne sais pas par où commencer. Je toussote légèrement avant de réussir à me lancer.
Bee ne nous a jamais vraiment dit pourquoi elle avait fuguée de chez elle.
Et la question me taraude, parce que maintenant que ça sœur est là, ça me semble encore plus insensé. De toute évidence, elles étaient proches. De toute évidence, y avait quelqu'un qui l'aimait là-bas, alors quoi ? Et encore une fois, je ne peux pas m'empêcher de faire le parallèle entre elle et moi. Micha aussi m'a abandonné. Malgré tout. Malgré l'amour, malgré notre besoin viscérale de l'autre pour survivre. Mon regard se voile de tristesse. Et j'ajoute, d'une voix un peu faiblarde.
Qu'est-ce qu'il s'est passé... ?
Et j'ai l'horrible sensation d'avoir mis le doigt sur un truc que je ne veux pas savoir. Un truc qui me dépasse.
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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Jeu 1 Juin - 12:41

Tu gardes les yeux rivés sur ses mains abîmées, nettoyant avec soin ses blessures. Tu esquisses un léger sourire lorsqu’il avoue que se battre n’est pas vraiment de son genre, levant un instant les yeux vers lui. Et malgré la colère dont il a fait preuve la dernière fois, tu n’as pas de mal à le croire. Junior, il dégage quelque chose. Tu ne pourrais pas expliquer quoi exactement. Mais ce quelque chose suffit à te persuader qu’il dit la vérité. Qu’il est pas du genre a se battre. Et ca te plait ca. Qu’il se batte pas. Tu lances de nouveau un petit coup d’oeil vers son visage. Mais cette fois ci, ton regard croise le sien, te faisant rougir légèrement malgré toi. Tu baisses de nouveau les yeux, pas vraiment prête à affronter son regard. Et tu sens ton coeur battre comme un fou à l'intérieur. Comme s’il était sur le point d’exploser. T’es qu’une gamine un peu conne. Qui tombe amoureuse comme on tombe d’une chaise. Et qui se relève, l’air de rien, avec quelques bleus sur le corps.

“Bee ne nous a jamais vraiment dit pourquoi elle avait fuguée de chez elle. Qu'est-ce qu'il s'est passé... ?” Tes doigts se crispent sur sa main blessee. Ses mots forment une brèche dans le mur de protection que tu as construit autour de ton passé. Autour de votre passé. Tu restes silencieuse, n’osant plus lever les yeux vers lui. Tu te concentres sur sa main pour chasser les images et les souvenirs qui te heurtent avec violence. T’as ce goût amer dans la bouche. Celui des souvenirs degueulasses. La seule chose qui te rassure un peu, c’est qu’elle n’en ai pas parlé. Mais quelque part, tu le savais déjà. Parce qu’on parle pas de ca. On enfonce la douleur le plus loin possible pour essayer de l’oublier. On fait comme si rien ne s’était passé. Parce que c’est vrai hein ? Rien ne s’est passé. Pourtant, y’a comme des poignards qui s’enfoncent dans ton corps rien qu’avec ses mots. Tu finis de bander la main de Junior avant de te redresser. Tu peux sentir son regard sur toi. Tu peux sentir ses interrogations. Tu voudrais lui dire que c’est pas ses affaires. Que, de toute façon, il ne pourrait jamais comprendre. Que même toi, tu ne comprends pas bien. Que même à des milliers de kilomètres, il a encore tant d’influence sur toi. Sur ta façon de penser. Sur ta façon d’agir. Tu n’es qu’une poupée qu’il a façonné à son gré. Petite enfant sage. Il t’a murmuré de nombreuses fois à quel point c'était agréable d’avoir une petite fille obéissante à l’inverse de Bee. Et tu as pleuré de ne pas avoir sa force a elle.

Tu tire sur son tee-shirt. Comme pour cacher ton corps. Et tu lui tournes le dos. Pour cacher tes yeux brillants. Et ce poids dans ta poitrine. “Tu peux garder la BD si tu veux” Ta voix est vacillante et tu t'éloignes déjà. C’est fou ce qu’une simple petite question peut faire. Comme un petit tremblement de terre déclenche un tsunami destructeur. La bas, dans le fond du magasin, la petite cloche résonne, t’indiquant qu’un client vient d’entrer. Alors tu t’armes d’un sourire, dissimulant la douleur au fond. Tu esperes simplement que Junior ne cherchera pas à en savoir plus. Vraiment.

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MessageSujet: Re: la lâcheté rend subtil. (joojoo)   Dim 11 Juin - 12:19

Je la regarde faire et y a cette étrange envie de voir ce moment s'éterniser. Parce que j'aime le contact délicat de ses gestes sur ma main. Cette façon qu'elle a de panser les plaies, si consciencieuse. Comme si ma vie en dépendait, comme si c'était important. Et j'ai l'impression de me revoir moi en train de soigner Michael, toutes ces fois où il a été puni à ma place. Et je me demande s'il a ressentit ça lui aussi, en me voyant m'appliquer à le soigner. Et puis, j'échappe la question. La question de trop. Si j'avais su putain, je ne l'aurais pas posée. Je sens Boo qui se braque, son regard qui se fixe sur ce qu'elle est en train de faire et ses doigts qui deviennent plus dur sur moi, me faisant frémir doucement alors qu'elle appuie un peu trop fort l'espace de quelques secondes. Mais je n'ose rien dire, même pas réagir. Parce que je sens que j'ai dit une connerie. Que je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Que j'ai dépassé les bornes et je n'ose plus parler. Je baisse les yeux aussi, pour ne pas paraître trop oppressant et je me mords l'intérieur de la joue, m'insultant en silence d'avoir été aussi indélicat, aussi direct. Je me doute pourtant que ce doit être un secret terrible qu'elles gardent précieusement, et ça aurait dû me suffire à savoir que je n'avais pas le droit de demander. Si Bee ne nous a rien dit, pourquoi Boo le ferait ? Alors qu'elle nous connait à peine. Un lourd silence s'installe entre nous et je me sens affreusement mal à l'aise. Stupide. Je me déteste quand je fais ça, quand mes mots dépassent mes pensées, quand ma curiosité est plus forte que ma raison. Et je crève d'envie de venir serrer Boo dans mes bras, de lui demander pardon, de lui dire que ça va aller. Mais je n'ose pas. J'ai bien trop peur qu'elle se brise en mille morceaux. Ou bien qu'elle me rejette. Alors je demeure stoïque, attendant qu'elle termine, n'osant même plus regarder ce qu'elle fait, fixant bêtement le sol, les épaules basses à cause du poids de l'ambiance terriblement lourde qui nous écrase. Quel crétin, mais quel crétin. Elle finit par se détourner de moi et je la sens terriblement fébrile. Je ne serais pas étonné de la voir s'effondrer au sol d'une seconde à l'autre. Mais je prie pour que ça n'arrive pas.
Tu peux garder la BD si tu veux.
Je n'ai pas le temps de répondre que déjà elle s'éloigne, alertée par la petite cloche de l'entrée et je me retrouve seul dans l'arrière pièce. Je soupire longuement et passe une main sur mon visage. Je voudrais tellement me rattraper mais je ne sais pas comment faire. Je finis par sortir et je l'observe de loin, alors qu'elle échange quelques mots avec le nouveau client. J'attends que celui-ci s'éloigne seul pour m'approcher d'elle à petits pas, tout penaud. Ma main se pose délicatement sur son épaule, ne voulant surtout pas la brusquer. Et doucement, je l'incite à se tourner pour me faire face.
Pardon, je ne voulais pas.
Je ne voulais pas te faire de peine, je ne voulais pas réveiller de mauvais souvenirs. Égoïstement, je voulais juste savoir, juste comprendre. Et je regrette amèrement cet accès de curiosité. Après une seconde d'hésitation, je finis par poser une main derrière sa tête et l'attire contre moi, pour une brève étreinte. Mes lèvres qui déposent un baiser au sommet de son crâne, dans ses cheveux. C'est seulement la deuxième fois que je la vois mais déjà je me sens si proche d'elle, c'est tellement étrange et déstabilisant comme impression. Je la relâche, ne voulant surtout pas m'imposer. Je tente un petit sourire et sors de ma poche les quelques pièces qu'il me reste.
Y a pas le compte, mais promis je t'amènerais ce qu'il manque.
Je reste encore quelques secondes planté devant elle, n'ayant aucune envie de m'en aller et de la laisser en sachant qu'elle est bouleversée. Mais le client nous interrompt, venant réclamer poliment les conseils de Boo pour son choix. Je souris à l'homme et après un dernier regard je pivote et quitte le magasin, le cœur gros. Une fois dehors, je m'arrête sur le trottoir quelques secondes, l'observant à travers la baie vitrée. Lorsque nos regards se croisent, je la salue brièvement d'un signe de la main. Comme la promesse que nous allons très vite nous revoir.

RP TERMINÉ.
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