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 le théâtre de notre tragédie. (zax)

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MessageSujet: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Ven 21 Avr - 1:39

Il se fond entre les caravanes,
Ombre parmi les ombres,
Pas de velours, ne voulant surtout pas alerter de son retour.

Main puissante qui le coupe dans son élan, surgit de nulle part, encore plus discrète que lui. Son bras tout à coup prisonnier, il sursaute et pivote, prêt à riposter. Mais sa main retombe sagement le long de son corps lorsqu'il reconnait le visage de Mr Loyal. Il serre les dents, contrarié et son subconscient sait déjà comment les choses vont tourner. T'es foutu Jax. Docile, seulement à moitié, il se laisse entrainer tout en cherchant à dégager son bras. Il n'y met qu'une semi-volonté, la hiérarchie c'est important dans le cirque. Et Mr Loyal est tout en haut de la pyramide. Ce serait mal vu de le cogner, ce serait mal vu de jouer les bêtes enragées. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui manque. Le cri au fond de sa gorge le démange, la violence au bout de ses poings l'électrise. Lâche-moi. Lui hurle ses yeux, billes sombres qu'on ne distingue même pas dans la pénombre. Les pieds qui trainent la poussière sur son passage, il finit par se faire jeter sous le chapiteau à moitié remonté. Le chef de piste le bouscule et le jette en avant tout en relâchant son bras. Et Jax, enfant révolté, se redresse aussitôt et fait volte face pour l'affronter au milieu de l'obscurité. - Pour qui tu t'prends ? Qu'il aboie, son égo et sa virilité quelque peu piétinés. Le rire de l'adulte fend l'air, mauvais présage. Jax se tait, redevient sage. Il se tend. Il sait pourquoi il est là.

Son escapade n'est pas passée inaperçue.
Il s'aventure trop loin, trop longtemps, éveille les soupçons.
Ils vont finir par lui péter toutes les dents à l'avorton.

- Ça fait trois jours que t'as disparu. Trois jours, Jax. Il détourne la tête, renifle de façon désintéressée. Cause toujours. Il hausse les épaules et sur un ton insolent répond. - Et ? A nouveau ce rire angoissant, un peu plus amer que le précédent. T'es dans la merde Jax, et jusqu'au cou. L'homme s'approche, menaçant, autoritaire. Intransigeant. Il n'est pas là pour prendre des nouvelles, il n'est pas là pour lui faire la morale. Il est là pour régler ses comptes. Mettre les points sur les "i" jusqu'à ce que ça rentre. Et le brun sait très bien comment ça se passe quand une idée ne rentre pas suffisamment dans la tête de quelqu'un. - On m'a rapporté que tu t'étais fait des amis. Des.. sédentaires. Le mépris est palpable lorsqu'il prononce ce mot. Comme s'il s'agissait de la pire horreur de ce monde. Jax se braque.

Enfant mécontent, besoin insatiable d'aller trouver le bonheur ailleurs.
Gamin ingérable, il a vécu déjà tant d'aventures.
Gosse tiraillé, il voudrait juste pouvoir se poser.

- P't'être bien. Il n'est pas loquace, comme toujours. Toujours quand ça l'arrange. Et Mr Loyal ne plaisante pas, ne plaisante plus. Le rire qui craque à laissé place à un silence éloquent. Ta gueule Jax, ta gueule ou on te fera taire. Il déglutit, pas très à l'aise face à la proximité imposée. - Quelqu'un t'a vu hier avec eux. C'est à cause d'eux que tu disparais ? Que tu laisses ta véritable famille ? Il ne dit rien. Préférant se taire. Il se connait, il sait qu'il ne pourra pas se défendre calmement. Et le sang crépite déjà dans ses veines. Impulsivité animale qui le fait perdre patience, qui le fait s'emporter comme une tornade. Il serre les dents. - Tu veux nous quitter, Jax ? Son cœur brûle, son cœur s'indigne. - Non ! Qu'il hurle, trop vite et trop fort pour que ça ne cache pas quelque chose. Pourtant, l'idée de quitter le cirque le laisse nauséeux. Rien que de l'envisager, il se sent déjà seul et perdu. Il devient nerveux, ne tient plus en place. Et l'homme de 25 ans redevient un petit enfant face à un adulte trop grand, trop effrayant. Il baisse la tête, honteux. - On a besoin d'aide pour reconstruire le cirque et toi, tu préfères aller profiter de ta vie avec ces gens-là. Qu'est-ce qu'on doit penser nous, hein ? Ça commence à jaser sur toi Jax. Il triture ses mains, au bord de l'explosion. Il imagine très bien les rumeurs qui courent. Et les regards désapprobateurs lancés à ses parents, comme si c'était de leur faute. Et ça le met hors de lui. - J'arrête pas d'aider. J'bosse même en dehors du cirque pour ramener des sous e... - T'as pas à faire ça ! Qu'il s'écrie, le coupant dans son élan, fâché. - T'es pas censé bosser en dehors du cirque ! C'est ici ta vie, c'est ici ton boulot ! Orgueil blessé, estime ravagée. Il serre les poings, le défie du regard. - Ne m'parle pas comme ça. Qu'il siffle entre ses dents, le ton assassin. - Les chats n'font pas des chiens comme on dit, n'oublie pas qu't'es un bâtard Jax. Et la référence à son père est très claire. Il n'a jamais été totalement accepté ici. Le jeune devient fou, ne supportant pas qu'on s'attaque à sa famille. Il empoigne le col de Mr Loyal, prêt à en découdre avec lui. - Un mot d'plus sur mon père et tu l'regrettera. Mais les gens du cirque ne sont pas les badauds de la ville. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le point de l'homme s'abat sur le nez de Jax et la seconde d'après, il se retrouve au sol, le pied puissant du chef de piste sur sa gorge, le maintenant à terre, à mordre la poussière. - Ne lève jamais la main sur moi Jax, reste à ta place. Mais va falloir qu'tu fasses un choix. Eux, ou nous. Sinon, on fera le choix pour toi. Il sait ce que ça veut dire.

Choisit ou tu te feras bannir.
Choisit ou tu partiras en rampant.
Choisit bien, te plante pas, ou tu perdras tout.

Sa gorge est libérée et Jax enrage. - Va t'faire foutre ! Qu'il proteste. Mais l'homme s'éloigne déjà, le laissant seul au milieu de la piste. Il vient passer sa main sur son nez ensanglanté et il fulmine. - Putain. Qu'il lâche, avec la furieuse envie de péter un plomb. De craquer, de tout lâcher. Il se redresse péniblement et va s'installer dans les gradins. Là, il se prend la tête entre les mains, paumé, dépassé, déphasé. Il reste un instant comme ça, immobile. Et c'est là qu'il la sent. L'odeur. Cette foutue odeur qu'il pourrait reconnaître entre mille. Et son cœur se brise en mille morceaux, qui se dispersent au vent de son amertume. Il déglutit et soupire, fatigué. - T'es là depuis longtemps ? Sa voix est lasse, il parle lentement. Aucune intention de chercher la merde pour l'instant. Mais aucune réponse ne vient et il balance sa tête en arrière tout en fermant les yeux une seconde, sourcils froncés, front plissé. - Zyki, j'sais que t'es là, joue pas à ça. Et le simple fait de prononcer son prénom lui irrite la langue. Comme un mot nocif qui viendrait le brûler de l'intérieur. C'est quand la dernière fois qu'il lui a parlé ? Il ne sait même plus. Il a eu une brève interaction avec lui sur la plage, le soir où il a failli crever étouffé par le sable. Et cette sensation d'irritation insoutenable qu'il avait ressentit ce soir là, dans sa gorge. Il la ressent à nouveau, dans sa poitrine cette fois. - Si t'as rien à dire, casse-toi. Il n'a plus la force de lui courir après. Plus le courage de vouloir tout réparer. Bien trop d'années ce sont écoulées, son cœur a pris l'eau et ses espoirs se sont noyés. Zyki a tout gâché. Abandonné par son plus fidèle allié, pour une erreur d'ado. Il se souvient encore de ce jour où il lui a tourné le dos. Marqué au fer rouge dans ses chaires. Plaie qui refuse de cicatriser et qui se rouvre tout le temps. Il en a marre de saigner pour cet abrutis qui ne veut plus de lui. Plus jamais. Ses yeux s'éteignent, son âme se fissure depuis qu'il l'a laissé.

Il s'en est allé avec un p'tit bout de lui,
Et il fait comment maintenant lui,
Pour survivre alors qu'il n'est plus complet ?

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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Dim 23 Avr - 22:56

Sur le flanc. Sur le dos. Sur le ventre. Zyki tourne et vire, Zyki est pas foutu de s'endormir. Il a l'impression que ça fait des heures qu'il fait la crêpe, sous les grincements désapprobateurs de son lit. Son esprit veut pas se taire et ça tourne trop vite, à l'endroit, à l'envers – allez savoir, tout ce qu'il sait, c'est qu'y a rien à faire. Ça l'emmerde. Il a pas envie de rester dans sa caravane s'il dort pas, il voit pas l'intérêt. Y a tout un tas de choses qui l'attendent, là, dehors. Comme les soirées distillées quelque part dans Savannah, les gens qu'il pourrait impressionner avec des tours pourtant basiques, les filles qu'il pourrait faire glousser en quelques compliments bien placés, le chapiteau qu'il pourrait continuer de réparer. Le chapiteau – c'est ça la solution. Quitte à n'pas dormir, autant se rendre utile. Quitte à s'assurer une nuit blanche et des cernes qui continuent de se foncer chaque jour, autant faire un truc qui en vaut la peine. Un truc pour le cirque. Sa décision est prise avant même d'y réfléchir et déjà il se rhabille à la va-vite, sans réaliser qu'il a mis son t-shirt à l'envers et qu'il a même pas pris la peine de faire ses lacets. Trop tard. Tournevis enfoncé dans la poche, il s'éclipse. Il sait qu'une caisse à outils traîne déjà sur place et il aura qu'à piocher dedans pour continuer d'avancer les réparations tranquillement, seul dans la nuit. Mais faut croire qu'il est pas le seul à avoir eu cette idée. Plus il s'approche, plus il distingue une conversation étouffée, et même s'il comprend pas encore ce qui s'dit, la tension est suffisamment palpable pour qu'il la perçoive. Instinctivement, il ralentit le pas, prenant garde à se faire ombre parmi les ombres, ne laissant plus émaner aucun bruit. Il se cale derrière un pan du chapiteau, tendant l'oreille à défaut de regarder la scène pour l'instant, trop curieux de savoir ce qui s'trame. Les histoires vont et viennent dans le cirque, c'est pas nouveau, et il a jamais été foutu d'en rester totalement éloigné. P't'être que c'est dans les gènes, cette manie de venir foutre son grain de sel là où on lui a rien demandé. « Tu veux nous quitter, Jax ? » Son cœur manque un battement. La réponse indignée résonne à ses tympans mais il s'en fout, tout ce qu'il retient c'est Jax, Jax Jax Jax et le mot quitter dans la même phrase. Lui aussi il s'la pose, cette question. Il le voit traîner avec ces gens, ceux qui n'sont pas comme eux, ceux qui vont finir par l'entraîner loin, trop loin pour le rattraper. Lentement, Zyki passe par l'une des ouvertures, prenant garde à rester dans l'obscurité en se planquant derrière les gradins. Il voit Jax, il voit sa colère, il voit surtout qu'il fait pas le poids. Pas face à Mr Loyal et les accusations qu'il enchaîne, plus lourdes les unes que les autres. Zyki n'en loupe pas une miette et quelque part dans son cœur y a ce truc malsain, cette satisfaction de trouver Jax dans cette position. Parce qu'il estime qu'il le mérite, parce que tous ces reproches sont ceux qui lui brûlent les lèvres chaque fois qu'il l'aperçoit. Il assiste à son procès mais Jax n'a pas d'avocat, pas d'argumentation, pas d'alibi. Jax est coupable – tout l'jury s'est mis d'accord sans même écouter sa plaidoirie.

« Les chats n'font pas des chiens comme on dit, n'oublie pas qu't'es un bâtard Jax. » Quelque chose en lui s'insurge. Malgré la rancœur, la colère, l'amertume – ça lui tord un peu le cœur. Il se tend par réflexe mais il n'bouge pas, parce qu'il a aucune raison de défendre un type qui n'est plus son ami, qui a cessé de l'être depuis si longtemps qu'il essaie de se convaincre qu'il vaut plus rien. Mais il y croit pas. Il y a jamais cru. Il le voit réagir au quart de tour et il le blâme pas, il est même presque de son côté pour cette fois. Mais bien sûr l'autre n'met pas longtemps à retourner la situation et c'est Jax qui finit par terre, c'est Jax qui mord la poussière. Seul au milieu de la piste, dans la représentation la plus pathétique que Zyki a jamais vue. Le loser et ses erreurs, à croire qu'il peut pas cesser de les accumuler. Mais il se fige instantanément en le voyant s'approcher, jusqu'à s'installer dans les gradins. Il peut plus bouger, au risque de trahir sa présence. « T'es là depuis longtemps ? » Visiblement il s'est trahi quand même et il comprend pas vraiment pourquoi – il est persuadé d'être resté parfaitement immobile et silencieux. Il continue de l'être. « Zyki, j'sais que t'es là, joue pas à ça. » Son prénom résonne et ça fait mal, ça fait mal parce que ça vient de lui, parce que ça n'arrive plus depuis une éternité. Pourtant y a pas si longtemps, Zyki lui a adressé la parole. Il se souvient des Jax putain et des ça va ? balancés dans le vent alors qu'il le voyait cracher du sang, le sable dans ses cheveux et au fond d'sa gorge, Halina paralysée et le fiasco général de cette soirée. Pendant un instant, il a bien cru qu'il allait l'voir crever. Mais depuis, plus rien. « Si t'as rien à dire, casse-toi. » P't'être qu'il devrait le faire. Repartir de là où il est venu sans un regard, sans un mot. Rien d'autre que cette indifférence qu'il fait mine de lui offrir alors qu'il rumine en silence, parfois, souvent. P't'être qu'il devrait, mais il a pas envie. « Bah de nous deux, j'suis pas celui qui a envie d'se casser. » L'écho aux paroles de Mr Loyal est très clair, alors qu'il sort enfin de sa cachette. Il vient se placer bien en face de Jax, au pied des gradins. « Comment t'as su que j'étais là ? » Il croise les bras contre son torse, ancrant son regard au sien. En vérité ça l'étonne pas tant que ça, ils se connaissent tellement qu'il aurait dû s'douter qu'il pourrait pas le berner. Pas lui. Pourtant au fond d'ses yeux, y a une lueur de défi qui s'éveille. « Alors c'est vrai, hein ? Tu vas partir comme un lâche ? » Le reproche est palpable dans sa voix – le mépris aussi. C'est pas dur de savoir ce qu'il pense de ceux qui tournent le dos au cirque, y a qu'à voir sa réaction avec sa mère. Et il est là, à faire comme si cette petite scène venait confirmer des rumeurs qu'il aurait entendues, alors que c'est plus que ça. Il a pas besoin des rumeurs, il l'a vu. Il a aperçu chaque membre de la petite bande avec qui Jax traîne, et il a eu le temps de nourrir sa rancune envers lui. Parce qu'il le trahit. Il le trahit chaque fois qu'il traîne avec eux, avec ce gars, chaque fois qu'il préfère la compagnie des sédentaires. Parce que Zyki, il a jamais donné cette place à personne d'autre. Le siège de Jax a été déserté et il l'a condamné, à tout jamais. Il le donnera pas. Et il supporte pas de voir que lui, il semble l'avoir déjà remplacé. Il peut pas l'accepter, pas même après toutes ces années. « T'attends quoi ? Tu peux y aller tu sais, t'façon ton choix est déjà fait à voir comment tu traînes avec eux. Fais-le Jax, personne te retiendra. » Sûrement que c'est faux et il le sait – il l'espère, dans l'fond il a aucune envie de le voir partir, ni maintenant ni jamais, même s'il choisit de ne plus lui parler. Ça serait la goutte de trop, le point de non-retour. Il veut pas avoir à le rayer définitivement, il veut pas faire comme s'il avait jamais existé. Il y est encore trop attaché, même s'il refuse de l'avouer.
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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Jeu 27 Avr - 12:08

Zyki se fait désirer. Jax parle dans le vide, ses interrogations se perdent sous le chapiteau, sans trouver d'écho. Et ça le dépite. Il peut pas croire que même dans un moment pareil, il puisse préférer se taire et disparaitre. Encore. Toujours le silence. Toujours l'éviter. C'est comme une mauvaise danse que Zyki répète depuis bien trop d'années. Et Jax, spectateur impuissant, le regarde faire sans pouvoir intervenir. Sans pouvoir mettre fin à cette agonie. Et ça le fatigue. Tellement. Il voudrait que tout ça s'arrête. Que le cauchemar se termine, qu'il se réveille enfin. Et que tout redevienne comme avant. Quand tout était simple. Quand lui et Zyki étaient encore amis.

Foutus souvenirs.
Foutez le camp.

Il tire sur sa manche pour venir éponger son nez. Et c'est là que le cachotier fait sa grande entrée. - Bah de nous deux, j'suis pas celui qui a envie d'se casser. Probablement qu'il devrait mal le prendre. Après tout, l'attaque est claire. Gratuite. Du Zyki tout craché. Mais non. Jax ne se préoccupe pas de ça. Il se contente d'échapper un rire nerveux, un peu cassé. Désabusé. Il secoue lentement la tête, renifle, gêné par l'hémoglobine qui continue de couler. - Wah. La première phrase du grand Alojzy Kida depuis plus d'dix ans. J'en ai d'la chance ce soir, c'est trop d'honneur Zyki, arrête, j'vais rougir. Il hésite presque à applaudir. Et il ne sait pas si ça lui fait plaisir, ou si ça lui fait encore plus mal que d'habitude. Parce que les premiers mots de son ami après ces interminables années sont amers, pleins de reproches et d'accusations. Et Jax craint que ce ne soit la dernière fois aussi. Ou en tout cas, pour les prochaines dix années, encore. Il baisse la tête, un sourire figé sur les lèvres. Il a encore du mal à croire à tout ça. Cette situation insensée qui le fait souffrir tous les jours, sans que la douleur ne veuille s'atténuer. Encore moins disparaitre. Faut pas s'étonner qu'il veuille se tirer après. - Comment t'as su que j'étais là ? Il relève la tête vers lui, son sourire s'est envolé. Il n'a pas l'intention de lui dire qu'il a reconnu son parfum. Qu'après toutes ces années, il le connait toujours par cœur.

Comment oublier après l'avoir autant côtoyé ?
Comment oublier une odeur qui contribuait à un bonheur concret ?

- J'ai dû sentir l'odeur nocive des mâles Kida. Qu'il lâche froidement, avec un mépris évident. Les hommes Kida. Un fléau pour ce cirque. La seule chose de bien que Mr Kida ait faite, c'est sa fille. Bien qu'elle ne soit malgré tout pas synonyme de beaucoup de moments de joie. Cette famille éparpille la souffrance sur son passage, détruisant sans s'en soucier les gens trop proches d'eux. - Alors c'est vrai, hein ? Tu vas partir comme un lâche ? Son sang ne fait qu'un tour. Il se redresse aussitôt, piqué à vif. Prêt à bondir, prêt à sortir les crocs et les griffes. Il s'avance, venant faire face à Zyki, une lueur sauvage au fond des yeux. - Tu veux vraiment qu'on parle de lâcheté Zyki ? C'est vrai que le gosse est plutôt mal placé pour parler. Il lui a tourné le dos sans raison, juste parce qu'on le lui a dit. Il n'a même pas cherché à résister. Il l'a lâchement abandonné. Il l'a laissé tomber alors qu'il ne méritait pas une telle punition. Il s'est fait juger et exécuter par le tribunal Kida, sans avoir eu l'occasion de se défendre. Et ça, il n'oubliera pas. Jamais. - De toute façon, qu'est-ce que ça peut te foutre hein ? Et c'est con, mais Jax ne peut pas s'empêcher de penser que Zyki ne veut pas le voir partir. Après toutes ces années, il continue d'espérer. C'est pathétique et il s'en veut. Mais il ne contrôle pas. Y a longtemps qu'il ne contrôle plus rien. - T'attends quoi ? Tu peux y aller tu sais, t'façon ton choix est déjà fait à voir comment tu traînes avec eux. Fais-le Jax, personne te retiendra. C'était évident, pourtant, c'est bien la déception qui lui brûle le cœur à cet instant. Y a un rire sec qui s'échappe de sa gorge en feu, brûlée par les émotions. Il passe sa langue sur ses lèvres et se détourne de lui, désabusé, excédé. Il ne laisse transparaitre que la colère et l'agacement, pour ne pas que Zyki puisse voir à quel point ça le tue tout ça. A quel point ça l'atteint. Il fait quelques pas, tout en secouant la tête. - Quand tu dis personne, j'imagine que tu parles tout particulièrement de toi hein ? Il s'arrête, pivote pour regarder dans sa direction et écarte les bras avant de les laisser retomber le long de son corps. - Ça va Zyki, j'ai compris. Mon départ serait un véritable soulagement pour toi. Enfin débarrassé de c'foutu Jax ! Il n'arrive même plus à faire semblant de rire, tellement cette vérité lui retourne les tripes. Il revient vers lui, calme à l'extérieur, agité à l'intérieur. Comme toujours. Gestes pondérés, mesurés, contrôlés. Mais à l'intérieur, c'est la tempête. Et puis, ça fait tilt. Il le fixe, les sourcils froncés, les interrogations au fond des yeux. - A voir comment j'traîne avec eux ? J'peux savoir comment tu sais où et avec qui je traîne ? Il s'approche encore, le menton relevé, la rage qui boue sous sa peau et qui ne veut qu'une chose : sortir, exploser. - Tu sais rien de c'que j'veux, des décisions que j'ai prises ou que j'veux prendre ! Tu sais rien, parce que t'es plus là. Depuis 11, putain, d'années Zyki. Et sans prévenir, il pose ses deux mains sur ses épaules pour le repousser violemment en arrière, avant d'avancer pour rester près de lui. - Alors ta gueule Zyki. J'aime autant quand tu fermes ta putain d'grande gueule, plutôt que quand tu m'sors des conneries pareilles. Alors qu'il continue à faire comme il fait depuis tout ce temps. Se taire, le fuir, l'éviter, l'ignorer. Il est devenu incroyablement doué pour ça ces dernières années. Et Jax ne peut rien faire d'autre que le regarder lui tourner le dos, encore et encore. Morfler en silence, priant pour que ça finisse par s'arranger, tout en sachant que ça n'arrivera pas. Ça n'arrivera plus. C'est trop tard maintenant. Beaucoup trop tard.

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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Lun 1 Mai - 22:17

« Wah. La première phrase du grand Alojzy Kida depuis plus d'dix ans. J'en ai d'la chance ce soir, c'est trop d'honneur Zyki, arrête, j'vais rougir. » Le sarcasme vient saturer l'air et ça brûle – Zyki a le cœur qui se serre autant que ses poings. Pourtant il montre rien. Ou il essaie, mais son regard s'est assombri, ses traits ont perdu toute légèreté. Il est sérieux, trop sérieux, ça présage jamais rien de bon quand on le voit comme ça. « Non, la première c'était à la plage, tu t'rappelles pas ? Tu devrais, après tout t'as failli t'faire crever par Hali. » Et il a toujours pas compris ce qui s'était passé, ou peut-être que c'est juste plus simple de faire comme si, de tourner la tête de l'autre côté et de jouer à l'aveugle. T'façon il voit rien Zyki, jamais. Surtout quand ça peut lui faciliter la vie. Et parfois Jax voit trop, Jax a senti sa présence sans même avoir à le regarder. « J'ai dû sentir l'odeur nocive des mâles Kida. » Ses yeux se plissent, sa bouche se tord dans un angle mauvais – comme un fauve qui s'met à gronder avant de bondir. Pourtant il fait pas un bruit, il bouge pas, le fixant simplement comme un avertissement. Qu'il continue pas sur cette voie là, qu'il se mette pas à parler d'la famille. C'est pas une bonne idée et il le sait pertinemment. Pourtant c'est Zyki qui fout les pieds dans le plat – c'est Zyki qui touche la corde sensible. Jax se lève et s'approche brusquement, le regard orageux. Mais Zyki n'bouge pas. Il se contente de le jauger, ses prunelles s'attardant sur les traces de sang qui s'étalent encore sous son nez. « Tu veux vraiment qu'on parle de lâcheté Zyki ? » L'attaque le heurte de plein fouet. Il sent les reproches qui pèsent et ça l'met en colère. Le rythme de son myocarde part en vrille, sa respiration s'accélère. « Ferme-la. » C'est un avertissement encore une fois, la voix trop basse, rien qu'un grognement qui siffle entre ses dents. Il supporte pas d'être traité de lâche, surtout pas par Jax. Bien sûr qu'une part de lui regrette sa décision encore aujourd'hui, bien sûr qu'il est pas fier d'avoir tourné le dos à son ami. Mais il voyait pas quoi faire d'autre, devenant sourd sous les vociférations d'son père, paumé face au regard trop dur de son frère. Et la plaie dans la chair d'Hali, son corps meurtri. Il était censé faire quoi ? Il pouvait pas. Jax c'était son roc, Jax il faisait des conneries mais pas des erreurs impardonnables, Jax il l'aidait à ramasser son bordel, il était pas censé en semer un encore pire. Jax il est juste humain et peut-être que c'est l'problème, peut-être que Zyki a pas supporté de le voir autant merder. Avec n'importe qui ce serait passé, il l'aurait épaulé, mais pas avec Hali. S'il merde avec Hali il peut merder avec lui, s'il merde c'est qu'il est pas aussi inébranlable qu'il en a l'air et Zyki le sait, Zyki l'a toujours su, mais le voir c'est autre chose. Il se souvient du sang, de la panique, d'Hali qui bouge pas et de Jax qui devient aussi blême qu'un mort. La lame, les cris, le chaos, la peur qui prend aux tripes, ce truc qu'il veut plus jamais avoir à ressentir, ce truc que Jax lui a infligé parce qu'il a pas été foutu de faire comme il fallait. Les couteaux il les a lancés des milliers d'fois, il a jamais foiré. Pas une seule fois. Jamais jusqu'à Halina. Et ça, Zyki l'oubliera pas.

« De toute façon, qu'est-ce que ça peut te foutre hein ? » Pendant une seconde il s'demande comment il peut ne serait-ce qu'oser poser la question. Évidemment qu'il veut pas qu'il parte – à ses yeux c'est pire que s'il crevait, à ses yeux ça reviendrait à l'effacer. Entièrement, totalement, sans espoir de retour. Certes il passe son temps à l'ignorer, à le snober, à lui compliquer la vie quand il le peut, de loin, toujours de loin. Mais ça montre bien qu'il a pas réussi à s'en débarrasser, pas comme il veut le faire croire. Alors ça ? Ça, ce serait la fin de tout. Même s'il le dit pas. C'est plus facile d'en rajouter une couche, jusqu'à deviner la colère qui grimpe derrière les prunelles de Jax. Jusqu'à être sûr de l'avoir atteint, au moins un peu, même si ça s'voit pas. Pas vraiment, mais juste assez pour que Zyki en soit persuadé. « Quand tu dis personne, j'imagine que tu parles tout particulièrement de toi hein ? » Il répond pas, mais y a un rictus qui tire le coin d'ses lèvres. Rien à voir avec ses sourires habituels – emplis de lumière et de joie, communicatifs, brillants. Y a rien de tout ça ce soir, rien d'autre que l'amertume et la rancune. « Ça va Zyki, j'ai compris. Mon départ serait un véritable soulagement pour toi. Enfin débarrassé de c'foutu Jax ! » Au final il sait plus s'il doit être satisfait ou juste vexé. Il se savait pas si bon acteur, au point que Jax finisse par y croire. Y a au moins une personne qu'il a réussi à berner ; il aurait juste préféré que ça soit lui-même. « A voir comment j'traîne avec eux ? J'peux savoir comment tu sais où et avec qui je traîne ? » Merde. Il comprend qu'il s'est grillé tout seul et ça lui fait perdre un peu d'son assurance, alors qu'il décroise les bras, abandonnant enfin cet air désinvolte qui lui colle à la peau. Il voit bien le regard inquisiteur qui lui fait face, mais il ploie pas. Même s'il perd patience. « Putain mais tout le cirque sait. Tu pars t'éclater avec ta bande de losers là, on est tous au courant, c'est bon. » Malgré lui c'est acide, c'est corrosif, ça pue le reproche et la rancœur. Ça montre que ça l'atteint au final, parce qu'il est pas si doué pour faire semblant, pas quand ça bouillonne autant. Et Jax n'arrange rien, en continuant de s'approcher encore et encore, comme une attaque en bombe à retardement. « Tu sais rien de c'que j'veux, des décisions que j'ai prises ou que j'veux prendre ! Tu sais rien, parce que t'es plus là. Depuis 11, putain, d'années Zyki. » Il a pas besoin qu'on lui rappelle le nombre – il sait. Il sait et ça fait mal, c'est long, c'est plus qu'il aurait cru pouvoir supporter. Il est plus là mais il est pas totalement absent, parce qu'ils peuvent pas faire leur vie sans se croiser perpétuellement, sans côtoyer les mêmes gens. Ça a quelque chose de rassurant, parce que Zyki sait toujours plus ou moins où il est, ce qu'il fait, ce qui s'trame de son côté. Jax est dans le décor et c'est tout ce qui compte, parce que c'est un pilier et qu'il peut pas le perdre – pas encore un, il a déjà donné. Mais Jax veut s'barrer, Jax veut tous les abandonner, et même si sa légèreté habituelle aide à tout camoufler, ça le fait un peu paniquer. Il arrive pas à imaginer ce que ça donnerait sans lui, mais il est pas foutu d'le dire. Parce qu'il est trop fier, parce que Jax continue de tout faire empirer. Ses mains qui entrent en collision avec ses épaules, le geste violent qui lui fait faire plusieurs pas en arrière. « Alors ta gueule Zyki. J'aime autant quand tu fermes ta putain d'grande gueule, plutôt que quand tu m'sors des conneries pareilles. » La réaction est automatique. Il mime l'attaque physique de Jax, reproduisant exactement la même chose avec tout autant de hargne. Il le regarde reculer, il avance, et il réitère le geste une fois. « Toi ta gueule ! J'en ai rien à foutre de c'que tu veux, t'es plus rien pour moi. » Il ment. Il attrape son col pour l'attirer à lui, presque front contre front, son regard se plantant dans l'sien comme une lame chauffée à blanc. « Mais tu crois quoi ? Tu joues sur deux tableaux et t'espères qu'ça va être accepté ? T'as raison j'sais rien, j'te connais plus si c'est ça que t'es devenu. À traîner avec ces gens, là, ceux qui pensent qu'la vie c'est métro-boulot-dodo et toutes ces conneries. » Y a tellement de mépris dans sa voix que c'est palpable, presque douloureux à entendre. « C'est ça qu'tu veux Jax ? T'installer bien sagement et crever seul comme un con, parce que tu trouveras personne qui t'comprendra comme nous ? » Il le relâche brutalement, le repoussant en arrière une dernière fois. Mais il approche pas. Il reste à distance, comme s'il voulait plus avoir à être aussi proche, comme si un truc s'était rompu. « C'est nous ta vie mais apparemment t'as oublié, j'savais pas que c'était aussi facile d'me trahir. » Me pas nous et c'est pas ça qu'il voulait dire mais c'est ça qu'il pense, c'est ça qui fait le plus mal. Au point qu'il en devienne con, à lui faire la morale.
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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Mer 10 Mai - 14:40

- Non, la première c'était à la plage, tu t'rappelles pas ? Tu devrais, après tout t'as failli t'faire crever par Hali. Jax échappe un rire nerveux, crispé. Un rire qui dit que ce n'est pas drôle. Que Zyki n'est rien d'autre qu'un enfoiré de lui relancer ça au visage. La lèvre supérieure de Jax se déforme dans un spasme écœuré et il détourne son attention de lui une seconde, tout en secouant la tête nerveusement de gauche à droite. - Ouais, à croire qu'c'est de famille de vouloir tuer des gens. Il fait écho à la fois où le père Kida l'a choppé dans un coin du chapiteau avec Halina. Leur premier baiser. Rapidement avorté par son mastodonte de père, qui lui avait foutu la raclée de sa vie et qui l'aurait probablement achevé si tout le monde n'était pas intervenu pour le calmer. Il a bien cru qu'il ne s'en remettrait jamais, Jax. Il était si mal en point après tout ça. Sa mère a craint qu'il ne perde l'usage d'une de ses jambes. Mais il est plus résistant qu'il en a l'air Jax. Il peut encaisser, énormément, tant physiquement que moralement et continuer à avancer. Se relever, encore et toujours. C'est peut-être facile de le mettre à terre, mais c'est impossible de l'empêcher de se remettre sur ses deux pieds. Et Zyki continue de le provoquer. Avec sa tronche de tigre mal léché. Ça le fout en rogne, Jax. Plus d'une décennie qu'il doit vivre avec son silence et quand il se remet enfin à parler, c'est pour ça ? Ça fait trop mal et ça le met en colère. Alors il se lève et il attaque à son tour. On dirait deux fauves en cage prêt à se foutre en morceaux. - Ferme-la. Il se met à ricaner, amer. Et ça lui fait plaisir de voir que lui aussi est encore capable de titiller, de blesser. D'une certaine façon, ça veut dire que ça ne le laisse pas si indifférent que ça, Zyki. Que, peut-être, d'une façon ou d'une autre, il tient encore à lui. Au moins un peu. Et ça le rassure autant que ça l'écorche encore plus. Parce que ça voudrait dire que ce con préfère morfler dans son coin aussi, mais rester fidèle à ses aînés, plutôt que de rester libre comme l'a fait Halina. Ça voudrait dire qu'il a choisit sa famille de dégénérés plutôt que son allié de toujours, malgré l'attachement, les promesses et tout ce qu'ils ont traversé. Au fond, peut-être bien qu'il préfèrerait que Zyki le déteste vraiment et que leur amitié soit définitivement morte et enterrée. Ce serait plus facile à accepter. A encaisser.

Et Jax fulmine. Faut que ça sorte. Alors il se met à parler et plus rien ne peut l'arrêter. Zyki se contente de l'observer en silence, replié sur lui-même, hargneux. Autant sur le point d'exploser que son ancien comparse. Pas un pour rattraper l'autre. Autrefois, si. Autrefois Jax faisait contre-poids et calmait l'esprit de Zyki quand il s'échauffait un peu trop. Parce que Jax, c'est la force tranquille, le froid, l'assurance. Et il venait contrebalancer l'excitation et l'inconscience de son meilleur ami. Avant, il n'avait pas besoin de médoc, parce que c'était Jax qui endossait ce rôle-là. C'était lui qui gérait, qui temporisait. Et ça lui a fichu un coup quand il a finit par apprendre que Zyki prenait des pilules. Il a eu envie d'hurler, d'intervenir. De leur dire qu'ils pouvaient pas faire ça. Que refiler des médocs à Zyki, c'était admettre que y avait un problème avec son cerveau. Et ça le rendait fou. Parce que Jax, c'est comme ça qu'il l'a toujours aimé. Avec ce grain de folie et d'inconstance. A tel point, qu'il en devenait presque prévisible. Jax avait appris à faire avec, à anticiper, à gérer. Parce qu'il avait la patience et la bonne méthode. Et maintenant ? Maintenant ils lui flinguent les neurones à coup de gélules. Et il ne comprend pas que Zyki accepte. Mais, hey ? Qu'est-ce qu'il peut bien y faire lui maintenant ? Rien. Plus rien. On ne lui demande plus son avis. On ne lui demande plus rien. Et ça le tue.

- Putain mais tout le cirque sait. Tu pars t'éclater avec ta bande de losers là, on est tous au courant, c'est bon. Jax se crispe et grimace face à l'appellation losers. Il n'a jamais supporté qu'on dise du mal des gens qu'il apprécie. Des gens qui comptent pour lui. Alors ça le fait enrager un peu plus que Zyki se permette ça. Ouais, surtout Zyki. Parce que si y a bien un loser dans l'histoire, c'est lui. Pas Nicky, pas Izia, pas la bande. Non. Lui. Rien que lui. Mais Zyki refuse de le voir, de l'admettre. Et ça l'énerve tellement, qu'il décide de pousser les choses encore plus loin. Il hausse les épaules de façon nonchalante et le regard planté dans le sien, une lueur de défi au fond des yeux, comme un couteau qu'il chercherait à lui planter dans la poitrine, il lâche simplement. - Et alors ? J'suis bien avec eux. Avant, c'était avec Zyki qu'il était bien. Mais puisqu'on lui avait arraché cette amitié des mains, alors tant pis. Il avait suffisamment attendu. Suffisamment espéré. Au tour de Zyki d'en baver un peu. Le combat continue, jusqu'à ce que Jax passe lentement au niveau supérieur en le repoussant en arrière, établissant un contact physique brutal, lui hurlant dessus au passage. Parce qu'il n'en peut plus de contenir tout ça à l'intérieur. Il arrive à saturation, ça déborde. Faut que ça sorte. Et sans grande surprise, Zyki s'emballe à son tour. Il le pousse à son tour, avec la même force, la même rage. Et Jax laisse faire, se contentant de le fusiller du regard, les poings serrés. Prêt à riposter si ça part trop loin. - Toi ta gueule ! J'en ai rien à foutre de c'que tu veux, t'es plus rien pour moi. Il a visé droit au cœur, ce con. Jax déglutit, ému, peiné. Mais toujours plus en colère. Il crie à son tour, pour cacher la peine qui le ronge. - Alors pourquoi tu m'emmerdes ?! Pourquoi tu m'fais des reproches si tu t'en fous ? FOUS MOI LA PAIX ! Il l'a très bien fait pendant 11 ans, ça ne devrait pas être trop dur de continuer sur cette voie, non ? Zyki l'attrape par le col et ils se retrouvent collé l'un à l'autre, entouré par une bulle de rage et de rancœur. Les esprits échauffés, l'électricité palpable qui vient faire des étincelles. Jax pose ses mains sur les épaules de Zyki, plantant ses doigts dans sa peau au passage. Et on ne sait plus s'il s'accroche à lui ou s'il va le repousser en arrière d'une seconde à l'autre. - Mais tu crois quoi ? Tu joues sur deux tableaux et t’espère qu'ça va être accepté ? T'as raison j'sais rien, j'te connais plus si c'est ça que t'es devenu. À traîner avec ces gens, là, ceux qui pensent qu'la vie c'est métro-boulot-dodo et toutes ces conneries. Et Jax n'y comprend plus rien. Pourquoi ça le met dans un état pareil ? Il dit lui-même qu'il s'en fout. Ça fait onze ans qu'il l'ignore et l'évite, onze qu'il n'en a plus rien à cirer de son existence. Alors c'est quoi le problème ce soir, hein ? Pourquoi est-ce que subitement, il se souvient de sa présence ? - Qu'est-ce que t'en sais de leur vie, hein ? T'es tellement obnubilé par le cirque que t'es pas foutu de t'intéresser à autre chose ! Et merde, j'suis pas en prison ici, j'vois pas pourquoi je devrais faire un choix ! Il dit ça et pourtant, avant Savannah c'était le premier à se montrer hostile avec les sédentaires, à les mépriser, à ne pas les aimer. C'est Savannah qui a tout changé. Parce qu'ils sont là depuis trop longtemps et c'est la première fois. Il a eu le temps de tisser des liens, des vrais. Et ça a changé sa vision des choses. Il est lassé de voir toujours les mêmes têtes. Lassé de sa caravane et des embrouilles de familles. Il a besoin d'autre chose.

- C'est ça qu'tu veux Jax ? T'installer bien sagement et crever seul comme un con, parce que tu trouveras personne qui t'comprendra comme nous ? Il s'étrangle à moitié en entendant ça. - Tu déconnes là ?! Qu'il articule, en s'égosillant à moitié. Il s'fout de sa gueule, il voit que ça. Qui le comprend ici, hein ? QUI ? Plus de la moitié du cirque lui a tourné le dos après l'incident avec Halina, tout ça parce que le père Kida fait flipper tout le monde. Et depuis la dispute sur la plage, il a aussi perdu la plupart des amis qui lui restaient au sein du cirque. Même Halina le repousse. Finalement, y a plus que Nergüi qu'est toujours là. Qu'est là depuis le début. Et y a des fois, comme ça, où il voudrait l'emporter avec lui et se casser d'ici. Pour lui offrir une vie meilleure à elle aussi. Parce qu'il ne dit rien, mais il n'est pas aveugle. Il sait bien qu'elle n'est pas heureuse ici. Et il se dit souvent qu'ils seraient peut-être mieux s'ils se barraient tous les deux. Pour vivre autre chose. Loin de ces conneries de famille du cirque. Zyki le relâche finalement et Jax relâche la pression de ses doigts, reculant sans se faire prier, reprenant une grande bouffée d'air au passage alors qu'il était sur le point d'exploser. - C'est nous ta vie mais apparemment t'as oublié, j'savais pas que c'était aussi facile d'me trahir. Et là, Jax se fige. Il le dévisage, immobile, statue de cire. Il fait souvent ça Jax. Quand il étouffe toutes ses émotions, quand il verrouille tout à double tour pour ne pas perdre le contrôle. C'est pour ça que ça marchait si bien entre eux. Quand Zyki explosait, Jax demeurait inébranlable. Et l'histoire semble se répéter. Pendant de longues secondes en tout cas. Mais ça ne dure pas. Cette fois-ci, il n'y parvient pas. Y a trop de bordel dans sa poitrine pour qu'il puisse faire taire tout ça. Il s'approche, calmement, stoïque. Et d'un coup, y a son poing qui part et qui vient s'écraser sur le nez de Zyki. Et Jax explose. - TE TRAHIR ? TE TRAHIR ?! Il ne comprend plus rien. Il a l'impression qu'on est en train de lui faire une sale blague. Y a le sang qui pulse jusqu'à ses tempes et qui s'y écrase bruyamment. L'air qui lui manque et la douleur qui comprime tout sous son épiderme. Il voudrait hurler encore tellement de choses, mais y a tout qui reste coincé dans sa gorge. L'émotion est trop violente. Alors il se contente d'enchainer, profitant de l'effet de surprise pour le pousser violemment en arrière et le faire tomber au sol. Là, il vient s'installer à califourchon sur lui et lui attrape le col pour le forcer à se décoller un peu du sol. Et dans son regard, y a trop de choses qui passent. Il est clairement désorienté. Et fou de rage, ouais. Mais surtout, y a cette détresse qui fuite de partout. L'incompréhension et la rancœur qui se mélangent pour donner un regard brisé. - C'est toi qui m'a lâché ! J'ai commis une erreur, UNE SEULE ERREUR, que même Hali m'a pardonnée. Mais pas toi, tout ça parce que ton père te tient en laisse ! Tu m'as lâché au moment où j'avais le plus besoin de toi ! Quel genre d'ami fait ça, hein ? QUI FAIT ÇA ? Il a les mains qui tremblent de rage, la nervosité qui glisse sous sa peau brûlante. - Vous n'êtes pas ma vie. Tu, n'es pas ma vie Zyki. Tu l'es plus depuis l'jour où t'as lâchement décidé de me tourner l'dos. Et il s'en souvient comme si c'était hier de cet instant là. Quand il s'est pointé devant la caravane des Kida, pour s'excuser. Et que le père l'a jeté comme un malpropre, à deux doigts de lui faire manger le sol alors qu'il n'avait que 14 ans à l'époque. Il se souvient d'avoir lancé un regard désespéré à Zyki, qui se tenait derrière son père, pour l'appeler à l'aide. Et il se souvient de Zyki qui s'était contenter de détourner le regard pour disparaître dans la caravane, l'abandonnant, signant la fin de leur 14 années d'amitié. Alors comment est-ce qu'il peut oser parler de trahison après ça ? Il a choisi de mettre un terme à ce qui les reliait. A lui d'en assumer les conséquences aujourd'hui. Jamais Jax ne se serait mis à traîner hors du cirque s'il avait toujours eu Zyki à ses côtés.  

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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Lun 15 Mai - 20:59

« Ouais, à croire qu'c'est de famille de vouloir tuer des gens. » Et il remet ça sur le tapis Jax – à amener la famille dans la conversation alors que c'est pas une bonne idée et qu'il le sait pertinemment. Y a trop d'amertume et c'est palpable, ça sature l'air au point que même Zyki soit capable de l'sentir, même lui ça l'atteint et ça joue avec ses nerfs, ça le fait serrer les poings. « T'es pas mort que j'sache, arrête un peu de geindre là. Depuis quand tu t'fais passer pour une victime ? » Il est à deux doigts de lever les yeux au ciel et c'est trop désinvolte – sa voix, sa posture, la façon qu'il a d'agir comme si c'était pas important. Comme si c'était rien, de vaines querelles superficielles, des disputes comme il en éclate tous les jours au cirque. Pourtant il sait bien que c'est pas l'cas mais c'est plus facile de faire comme si, on regarde de l'autre côté et puis parfois même on oublie. D'abord le patriarche et puis Halina, à croire que Jax est né pour s'faire malmener par les Kida. Zyki compris même si c'est différent, lui c'est pas avec ses mains, juste avec son absence et c'est peut-être pire ; le plus lâche de tous. Pourtant il supporte pas d'entendre ce mot, surtout pas quand c'est Jax qui le prononce, Jax qui le pense. Ça fait mal et ça devrait pas, c'est stupide, ils sont même plus amis alors quoi ? Pourquoi ça l'énerve cette situation, pourquoi ça lui donne envie de hurler et peut-être même un peu de lui dire qu'il est désolé ? Pourquoi ça fait des nœuds dans ses tripes, pourquoi ça lui vrille la tête ? Putain c'que ça l'emmerde et il ressemble à un gosse, les lèvres pincées, bras croisés contre son torse. Son foutu t-shirt à l'envers, étiquette et coutures apparentes, ses lacets défaits, ses cheveux en vrac. Il est même pas crédible quand il le fusille du regard, quand il se grille tout seul. Bien sûr qu'il sait avec qui Jax traîne – il surveille, de loin mais quand même. Il voit tout, ou simplement l'essentiel, il en sait rien mais pour lui il a pas besoin de plus que ça, il est pas sûr qu'il pourrait le gérer. Ça l'emmerde déjà assez de s'dire que Jax se reconstruit, qu'il trouve d'autres gens, d'autres piliers faut croire puisque ça lui bouffe trop de temps. Et eux alors ? Et lui ? Hein Jax, et moi ? Ses prunelles qui cherchent les siennes, en quête du frère perdu, mais tout ce qu'il trouve c'est deux ronds d'acier qui le transpercent de part en part. Sûrement que ça ferait moins mal de recevoir l'un de ses poignards. « Et alors ? J'suis bien avec eux. » La sentence est tombée, ses bras suivent le mouvement, retombant contre ses flancs. Il le fixe un instant, silencieux, comme pour lui demander s'il est vraiment sérieux. Il voit bien qu'il capitulera pas. « Bah tant mieux pour toi. » C'est tellement amer que ça frôle le ridicule mais ça l'enrage d'entendre ça, il peut pas. Depuis quand Jax est bien avec des étrangers ? Depuis qu'il l'a lâché ? Il comprend pas c'qui s'est passé, à quel moment il a dérivé. Bien sûr qu'ils ont lié d'autres amitiés mais c'est dans le cirque alors ça compte pas, c'est normal – et encore, personne a jamais réussi à combler le vide laissé par Jax. Mais là, ça ? Zyki comprend pas. Il comprend pas comment il a pu se lier si étroitement avec des sédentaires, comment ils ont pu le laisser faire. Il a rien vu lui non plus et ça l'tue, parce que c'est le genre de choses qu'il savait avant, y a longtemps. Une éternité faut croire parce qu'en cette seconde Jax est comme eux, Jax est de l'autre côté. Jax l'étranger. Et on fait semblant d'pas être touché mais bien sûr que ça vise en plein dans le mille, bien sûr qu'il arrive pas à s'en foutre même s'il affiche le contraire. « Alors pourquoi tu m'emmerdes ?! Pourquoi tu m'fais des reproches si tu t'en fous ? FOUS MOI LA PAIX ! » Il a envie d'lui dire qu'il est con, qu'il comprend décidément rien et que s'il a rien oublié, il devrait savoir que c'est faux. Qu'il s'en fout pas. Putain quel abruti. « MAIS PARCE QUE TU FOUS LA MERDE ! Tu crois qu'il se dit quoi sur toi hein ? Sur ta famille ? Tout l'monde te voit faire Jax, t'es vraiment trop con ! » Ça devrait pas le foutre en colère pourtant, c'est plus son ami c'est plus son frère c'est plus rien, rien du tout. Pourtant il aime pas quand il en entend certains cracher sur lui, cracher sur son nom. Comme Mr Loyal l'a fait ce soir, la rage de Jax encore palpable et le sang sous son nez. Il aimerait s'en détacher Zyki, mais il peut pas – pas pour de vrai. Il a jamais été bon pour respecter l'espace des autres, surtout quand c'est des gens qui comptent. Ont compté, ne comptent plus, comptent encore, putain. Il sait plus.

Et l'espace qui finit par disparaître, leurs fronts collés et l'air saturé par leur colère. Une étincelle et tout explose. Y a les doigts de Jax qui s'enroulent autour de ses épaules et qui s'enfoncent dans la chair, assez pour que ça en devienne douloureux. Pourtant il bouge pas. Son regard dans le sien, et l'envie de le secouer qu'il contient tant bien que mal – pour l'instant. « Qu'est-ce que t'en sais de leur vie, hein ? T'es tellement obnubilé par le cirque que t'es pas foutu de t'intéresser à autre chose ! Et merde, j'suis pas en prison ici, j'vois pas pourquoi je devrais faire un choix ! » Il comprend pas. Il est perdu Zyki, il le reconnaît pas, il sait pas c'qui se passe et pourquoi c'est si différent, pourquoi il a l'impression de n'plus connaître l'homme qui lui fait face. Il le connaissait par cœur et maintenant ? Maintenant c'est un inconnu ? Il peut pas s'y résoudre, ils peuvent pas en être arrivés là. Y a un rire qui lui échappe mais sa voix est trop éraillée, ça sonne comme un train qui a déraillé. « Mais tu t'fous de moi ? Depuis quand ils t'intéressent ? » Il est à moitié incrédule, son incompréhension palpable sur ses traits, le regard aussi confus qu'les battements de son cœur qui s'emballe. « Personne a jamais dit que t'étais en prison, mais regarde-toi. T'es qu'un sale hypocrite, et après tu t'étonnes quand ça s'retourne contre toi ? » Il rigole encore et cette fois c'est plus fort, plus douloureux aussi. « MAIS PUTAIN T'ES QUI ? Il est où Jax Roses, hein ?! » Il le connaît pas. Ce type, là. Il sait pas qui c'est. Il a l'impression qu'un fossé les sépare, ou peut-être même un univers tout entier. Y a un vide immense et il a l'impression que rien n'pourra jamais le combler – qu'ils pourront plus jamais se tenir du même côté. Pourtant c'est eux sa famille, c'est avec eux qu'il a grandi, qu'il s'est construit. Il trouvera jamais rien de comparable et Zyki comprend pas comment il peut vouloir tourner le dos à tout ça. « Tu déconnes là ?! » Il aimerait. Il aimerait que tout ça n'soit qu'une vaste blague qui a duré onze longues années, que les rideaux tombent et que tout l'cirque vienne gueuler surprise en se marrant bien pour cette farce savamment ficelée. Tout oublier, tout recommencer, c'était juste pour jouer, juste pour rire. Mais y a plus personne qui rit, pas même Zyki. Y a sa langue qui dérape et il peut plus faire semblant, de toute façon il a jamais été doué pour ça, il sait même pas comment Jax a pu s'laisser avoir. C'est qu'il devait le vouloir, il avait envie d'y croire. Et Zyki se sent trahi – lui, pas les autres, pas le cirque, pas leurs proches ou leurs familles, juste lui. Lui et Jax, leur amitié avortée, abandonnée, bousillée. Il le voit qui se fige, et il sait. Il sait que ça va exploser. Quand le coup part, il bronche même pas. Le poing dans son nez et les os qui grincent, sa tête propulsée sur le côté, le sang qui s'met à couler comme un miroir ; la même trace rouge au-dessus d'la lèvre. « TE TRAHIR ? TE TRAHIR ?! » Il voudrait réagir mais il n'en a pas le temps, Jax est plus rapide, à le pousser si violemment qu'il titube en arrière, marche sur son lacet et trébuche jusqu'à s'étaler au sol. L'impact est violent et il grogne, cherchant à s'redresser pour mieux se faire coller à nouveau par terre. Jax à califourchon sur lui, les mains sur son col et automatiquement, ses doigts viennent agripper les poignets qui le tiennent en place. Il a le regard haineux, quand il le plonge dans celui de Jax. Mais ça dure pas parce qu'il se fait poignarder par tout ce qu'il y voit, tout ce qu'il perçoit malgré lui. La rage et la rancœur et la douleur, ça fait un étau autour de sa gorge et une déchirure dans son cœur. « C'est toi qui m'a lâché ! J'ai commis une erreur, UNE SEULE ERREUR, que même Hali m'a pardonnée. Mais pas toi, tout ça parce que ton père te tient en laisse ! Tu m'as lâché au moment où j'avais le plus besoin de toi ! Quel genre d'ami fait ça, hein ? QUI FAIT ÇA ? » Y a tous les mots qui arrivent trop vite, trop fort, il a du mal à les assimiler et ça cogne dans sa boîte crânienne, y a tout qui se mélange et il comprend plus rien. « LÂCHE-MOI ! » Désorienté, enragé, acculé comme un putain d'animal blessé, il le dévisage sans le voir, il a les mains qui s'agitent. À tirer sur les poignets de Jax puis sur ses bras, à attraper son t-shirt puis à trouver le sol, pour mieux recommencer. « Vous n'êtes pas ma vie. Tu, n'es pas ma vie Zyki. Tu l'es plus depuis l'jour où t'as lâchement décidé de me tourner l'dos. » Et ça recommence – ça s'emmêle putain ça fait un bruit monstrueux dans sa tête et le sang bat à ses tempes, le sang coule de son nez, le sang lui teinte les lèvres et lui encrasse la langue. Les mots tentent de s'agencer mais c'est juste des foutues des bribes, des ton père te tient en laisse et tourner l'dos et quel genre d'ami et tu n'es pas ma vie, les reproches se chevauchent jusqu'à perdre tout leur sens. Les neurones en surchauffe, le cerveau qui va exploser, il a les veines saillantes et le regard trop lointain, comme s'il était plus vraiment là. Y a tout qui s'éteint.

L'esprit en pause et son corps qui agit, il balance son poing sous le menton de Jax, profitant du déséquilibre causé pour recommencer entre les côtes, avant de le forcer à basculer sur le sol. Les positions inversées – Zyki qui se cale sur lui et ses mains qui attrapent fermement les bras de Jax, les tenant de chaque côté de sa tête pour l'empêcher de riposter pour l'instant. « TAIS TOI ! » Sa voix résonne dans tout le chapiteau et on dirait que ça le réveille, que ça le fait revenir un peu à lui. Son regard qui change, la détresse qui prend le pas sur la colère et son souffle erratique qui fend l'air trop bruyamment. « J't'ai lâché parce que t'as merdé ! Tu sais le bordel que t'as foutu ? Hein, tu sais ?! Tu les as pas entendus toi, tu sais pas c'que c'était alors ferme-la Jax ! FERME. LA. » Il se souvient des cris, du climat de rage, de la haine qui coulait entre les lèvres, dans les cœurs, dans les veines. Assez fort pour qu'il soit capable de le sentir, assez fort pour que ça le touche malgré son manque d'empathie. Et les regards sur lui, les avertissements, la menace dans la voix et les éclairs dans les yeux. Et Halina, le trou dans sa peau et sa main abîmée, foutue, impossible de réparer. Il a tout foutu en l'air Jax et bien sûr il a pas fait exprès, bien sûr il était qu'un gosse mais Zyki aussi et il pouvait pas gérer la pression, il a jamais eu les épaules pour ça. Il s'est dit on verra et au final quoi ? On oublie ? On joue à l'aveugle et on papillonne parce que c'est plus facile, parce qu'il croit que c'est comme ça que les choses fonctionnent dans la vie ? C'est ridicule mais pour lui ça marche ou presque – ça marche mais pas ce soir. « C'est quoi ta vie alors ? Explique-moi ! C'est quoi ? C'est pas l'cirque ? Tu vas m'faire croire que c'est le quotidien à chier des gens d'ici ? » Il a la voix qui se brise et le regard qui lance des appels à l'aide, un truc qui clignote comme des feux de détresse et une alarme dans la poitrine. « Tu sais très bien que c'est pas l'cas ! T'es pas comme eux et tu pourras faire c'que tu veux, tu le seras jamais. Jamais, tu piges ? » Il peut pas effacer qui il est, d'où il vient. Pourtant Zyki a l'impression que c'est ce qu'il veut faire – qu'il veut tous les oublier. Il peut pas l'accepter. « Mais t'es plus comme nous. J'sais pas qui t'es Jax. » Il sait plus. Il l'a perdu. « J'crois que même toi tu sais pas et regarde, maintenant t'es tout seul. T'as plus personne putain ! À quoi tu joues ? » Il s'demande s'il s'en rend compte, si quelqu'un lui a dit. Est-ce qu'on le met devant ses erreurs, devant les vérités qui font mal ? Est-ce qu'il est capable de le faire seul et est-ce que quelqu'un vient l'aider à l'faire ? Y a qui pour endosser ce rôle ? Y a qui, qui est assez proche de lui ? Y a qui, qui a pris la place de Zyki ? « MAIS DIS-MOI ! DIS-MOI QU'EST-C'QUE TU FOUS PARCE QUE MOI J'COMPRENDS PAS ! » Et il sait plus s'il veut l'insulter ou l'aider, le cogner ou l'attacher pour n'surtout pas le laisser s'envoler. Il le lâche enfin mais il reste là, appuyé sur lui, à le fixer de c'regard de môme paumé, d'enfant blessé. Le gosse qu'a jamais grandi, et qu'est pas foutu de se détacher de lui.
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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Dim 21 Mai - 13:50

   - T'es pas mort que j'sache, arrête un peu de geindre là. Depuis quand tu t'fais passer pour une victime ? Jax ne dit rien. Il le toise. Il se tait. Il refoule, il ravale la haine et les mots acerbes. Comme toujours. De toute façon, ça ne servirait à rien. Il refuse de se lancer dans une lutte vaine et douloureuse. Alors, il se contente de serrer les dents, de relever le menton et de dévier le regard, méprisant, excédé. Cause toujours, qu'il semble lui dire. Rien à faire de ce que Zyki peut bien penser. Rien à faire que Zyki dédramatise les choses comme ça. C'est ce qu'il fait toujours de toute façon. Pas foutu de se rendre comptes que ses actes ou ceux des autres ont des conséquences. Parfois désastreuses. Dévastatrices. Comme son absence. Parfois, Jax a l'impression que Zyki l'a enfermé dans une cage, s'est tiré et l'a oublié. Le laissant tourner en rond et crever à petit feu. Finalement, ce sont des sédentaires qui sont venu le sortir de là. Ils ont ouvert la cage, ils lui ont tendu la main. Et Jax ne s'est pas fait prier. Jax, c'est le solitaire qui ne supporte pas la solitude. Il a besoin d'être tranquille, mais au milieu de plein de monde. C'est un peu compliqué, sûrement paradoxal. Mais c'est pour ça qu'il était bien dans le cirque avant. Tout ce monde qui grouille de partout, jamais vraiment seul, mais jamais vraiment avec les gens. Y avait juste Zyki qui avait le droit de venir empiéter dans sa sphère privée. Mais ça fait un moment maintenant que Jax se sent terriblement seul. Et c'est trop lourd pour lui. C'est trop dur. Alors il se réfugie auprès de Nicky et de leur petite bande décousue. Des vieux, des jeunes, des sages et des insupportables. Ça lui va bien à lui. Et des fois, il voudrait pouvoir raconter tout ça à Zyki. Mais il ne peut pas. Il ne peut plus. Il voudrait lui dire qu'il sait qu'il déconne, qu'il va trop loin en ce moment, qu'il a peur de mettre un pied dans un engrenage et de ne plus pouvoir en sortir ensuite. Mais il ne dit rien. A personne. Comme d'habitude.

   Et puis, le couperet qui tombe, lorsque Jax avoue qu'il est bien avec les autres. Les épaules de Zyki qui s'affaissent, la déception évidente qui traverse ses yeux durant une seconde à peine. Jax ne bronche pas, mais ça le touche tout ça. Ça soulève des questions et des espoirs enterrés il y a des années. - Bah tant mieux pour toi. L'amertume sans pitié qui vient lacérer son cœur carbonisé, le faisant s'effriter encore un peu plus. Mais il ne dit toujours rien. Il le fixe. Sale manie. Jax, il fait partie de ces gens qui ont le silence éloquent. Qui disent tout sans ouvrir la bouche. La posture revêche, le regard accusateur. Il y a une petite partie de lui qui jubile de voir qu'il est encore capable d'atteindre Zyki. Qu'il n'est finalement pas aussi insensible à lui qu'il veut bien le faire croire. Pour autant, il ne le montre pas. Ni sourire, ni regard satisfait. Il demeure roc de pierre, contre lequel les états d'âmes de son vieil ami viennent se fracasser. Entaillant peut-être un peu la roche au passage. Jax qui se fendille lentement, au gré des mots de Zyki. De ses accusations, de ses reproches, de ses attaques. Jax qui n'est finalement pas si solide que ça.  - MAIS PARCE QUE TU FOUS LA MERDE ! Tu crois qu'il se dit quoi sur toi hein ? Sur ta famille ? Tout l'monde te voit faire Jax, t'es vraiment trop con ! Il se retient de hurler. Il serre les dents et les poings, de toutes ses forces. Pour contenir la rage qui palpite sous sa peau. Les narines dilatées pour laisser s'échapper l'oxygène chargé de colère qu'il expulse bruyamment. Il déglutit, pour ravaler les mots acides qui brûlent sa gorge. Et il se contente de rester dans son rôle d'homme contenu, calme. Alors que tout le monde sait pertinemment que c'est faux. - J'vois pas ce que ça peut te faire. Ça n'perturbe pas ta petite vie ce qu'il se dit sur moi ou mes parents. Alors quoi ? C'est vrai putain, qu'est-ce qu'il en a à faire Zyki de toutes les saloperies qui circulent dans le dos des Roses, hein ? Mais pour Jax, c'est très clair. Tant que Zyki ne dira pas franchement que ça le touche tout ça, il n'y croira pas. Il continuera de faire celui qui ne voit rien, qui ne comprend rien. Il refuse de prendre des risques inutiles. Il refuse de se faire encore plus de mal. Zyki en a déjà bien assez fait comme ça.

   Et la proximité soudaine, qui envenime les choses, qui met le feu au poudre. C'est plus qu'une question de temps avant que ça finisse par péter. Jax proteste et se justifie, les doigts plantés dans la chaire du traitre. Et ses mots font réagir Zyki au quart de tour. Il monte au créneau, s'emballe à son tour, les voix qui se déforment à cause des émotions trop violentes qu'ils traversent, qu'ils partagent. Tous deux persuadés d'être tout seul pour affronter ce calvaire, trop aveugles pour voir qu'ils sont exactement dans la même galère. - Mais tu t'fous de moi ? Depuis quand ils t'intéressent ? Depuis que j'ai compris que tu reviendrais jamais, qu'il voudrait lui répondre. Mais il se tait encore, refusant de passer aux aveux. Y a que son regard qui parle pour lui. Assassin, révolté. - Personne a jamais dit que t'étais en prison, mais regarde-toi. T'es qu'un sale hypocrite, et après tu t'étonnes quand ça s'retourne contre toi ? Encore les reproches, vicieux, qui visent juste. Jax qui tremble de colère et qui n'arrive plus à contenir cette dernière. Il se sait au bord de l'explosion alors il redouble d'effort pour ne pas en arriver là. Mais du coup, il ne répond pas. Laissant Zyki poursuivre. Laissant Zyki aller trop loin. - MAIS PUTAIN T'ES QUI ? Il est où Jax Roses, hein ?! Et ça le heurte de plein fouet. Comme s'il venait de se manger un mur après avoir roulé à toute allure. Le visage qui se déforme, emprunt d'une détresse évidente. Parce qu'il n'a pas de réponse à sa question. Il ne sait plus lui-même et ça lui fait peur parfois. Il sent qu'il se perd et il n'a aucune idée d'où il avance comme ça. Y a plus personne pour lui montrer la voie. Il déglutit et baisse les yeux, ébranlé par ses paroles. La pression de ses doigts qui se relâchent légèrement. Il ferme les yeux une seconde, pour tenter de faire disparaitre tout ça. - Tais toi Zyki, tais toi. Qu'il marmonne tout bas. C'est plus une menace qu'une supplique à vrai dire. Il se sent au bord de la rupture. Parce que y a tout ce qu'il contient depuis 11 ans qui est en train de s'agiter à l'intérieur et ça fout un sacré bordel. Un truc trop gros, même pour lui. Un truc qu'il ne peut pas maitriser.  

   Et puis voilà. La phrase de trop. Le mot de trop. Jax qui se fige. Avec lui, le calme avant la tempête prend tout son sens. Voix calme. Voix basse. Attitude stoïque. Et brusquement, c'est l'effusion, l'éruption. Il bondit sur Zyki, il le cogne, le fout par terre et se met à hurler lui aussi. A vider son sac, à parler, à tout libérer. Fallait bien que ça sorte à un moment donné. Y a Zyki qui s'agite, qui proteste. Ses mains qui vont et viennent un peu partout pour tenter de se débarrasser du poids de Jax. La rage presque maladive qui brûle au fond de ses yeux, alors qu'il se déchaine comme un animal pris au piège et qui voudrait échapper à sa sentence. - LÂCHE-MOI ! Il ne peut pas. Il a trop peur que tout s'arrête s'il le fait. Alors il l'ignore et continue de parler, de le marteler de mots tranchants, pour l'écorcher. Y a pas de raison qu'il soit le seul à saigner dans cette histoire. Et ça le libère, un peu, à peine, de dire tout ça. Parce qu'il se retient encore. C'est plus fort que lui. Même quand il explose, il est encore dans la mesure. Sûrement qu'il a peur d'avoir trop mal s'il libère tout. Et, brusquement, y a le poing de Zyki qui vient heurter le dessous de son menton, le désorientant, les dents qui claquent, la langue profondément mordue, remplissant sa bouche d'un goût ferrique. Il beugle, il grimace, parce que ça fait atrocement mal. Et l'autre qui en profite pour le cogner à nouveau, dans les côtes cette fois-ci, lui coupant le souffle et le rendant facile à déséquilibrer. Rapidement, les rôles s'inversent. Jax au sol,  et le sang qui s'écoule de sa bouche pour venir couler sur ses joues creuses. Zyki au-dessus et les yeux exorbités. Il maintient Jax mais ce dernier ne cherche même pas à se défaire de son emprise. Il se contente de le fusiller du regard. La douleur le calme et lui permet de se recentrer après cette très brève explosion. Tant mieux, parce qu'il déteste ça Jax. Perdre le contrôle de lui-même. Ça l'insupporte. - J't'ai lâché parce que t'as merdé ! Tu sais le bordel que t'as foutu ? Hein, tu sais ?! Tu les as pas entendus toi, tu sais pas c'que c'était alors ferme-la Jax ! FERME. LA. Et finalement, ça le dégoûte d'entendre ça. C'est tout ce qu'il a dire pour sa défense ? Pour justifier la pire des trahisons ? Jax est écœuré. Il le dévisage, ne cherchant même pas à camoufler sa déception. - Tu m'as laissé tomber. Y a rien d'autre à dire Zyki. Tes raisons d'merde qui valent que dalle, je veux pas les entendre. Parce que ça ne fait qu'aggraver les choses. Ça ne fait que creuser encore plus le vide dans sa poitrine, laissant ainsi encore plus de place à la douleur. Celle qui refuse de disparaitre malgré les années écoulées. Toujours vivace, comme au premier jour. Peut-être pire, finalement. - C'est quoi ta vie alors ? Explique-moi ! C'est quoi ? C'est pas l'cirque ? Tu vas m'faire croire que c'est le quotidien à chier des gens d'ici ? Et c'est dur tout ça. Le regard désemparé de Zyki. Il ne comprend rien lui non plus. Ils sont tous les deux là, à se regarder dans le blanc des yeux, avec mille questions chacun mais aucune réponse. Juste leurs peines qui se font écho, parce qu'elles sont en tout points similaires. Même s'ils sont trop fiers pour l'avouer, pour se le dire. Pour baisser les armes et oublier cette guerre minable. Ce combat qui n'aurait jamais dû exister. - Tu sais très bien que c'est pas l'cas ! T'es pas comme eux et tu pourras faire c'que tu veux, tu le seras jamais. Jamais, tu piges ? - Qu'est-ce que t'en sais ?! Qu'il demande, du tac au tac. C'est pas vraiment agressif. Plutôt désespéré. Comme s'il lui demandait de l'aide. Comme s'il lui demandait de lui rappeler pourquoi il ne sera jamais comme ça. Lui rappeler où est sa place, où on a besoin de lui. Et ça le touche de voir que Zyki n'en a pas rien à foutre. C'est rassurant. Mais ça n'aide pas, bien au contraire. Toutes ces années qu'il a passé à faire semblant. C'est comme une nouvelle trahison chaque jour. Un interminable mensonge. Et ça le fout en colère. Il a envie de lui dire que c'est un foutu connard d'avoir joué à ça pendant tout ce temps. De lui avoir laissé croire qu'il ne représentait plus rien à ses yeux alors que c'était faux. -  Mais t'es plus comme nous. J'sais pas qui t'es Jax.  J'crois que même toi tu sais pas et regarde, maintenant t'es tout seul. T'as plus personne putain ! À quoi tu joues ? Et ça le fatigue tout ça. Ça l'irrite profondément. Alors il recommence à s'agiter un peu, à parler malgré la douleur que ça cause chaque fois que sa langue touche son palais. - J'suis pas seul Zyki ! Je les ai eux. Et c'est vrai. Au milieu de toute cette tempête, eux ils sont là. Comme un phare pour le guider vers le rivage et l'empêcher de se noyer, de couler. Il sait que Zyki ne comprend pas et qu'il ne pourra pas comprendre. Mais tant pis, va falloir qu'il accepte cette réalité. - MAIS DIS-MOI ! DIS-MOI QU'EST-C'QUE TU FOUS PARCE QUE MOI J'COMPRENDS PAS ! Les sourcils qui se froncent alors qu'il se sent agressé par ses hurlements. - ET TOI ALORS QU'EST-CE QUE TU FOUS ZYKI ? TU CROIS QUE J'SUIS PAS AU COURANT POUR TES MÉDICAMENTS ? Ça le fout dans une rage folle cette histoire. Il remue pour le déséquilibrer et profite que la pression sur ses bras soit moins forte pour le repousser sur le côté et le foutre par terre, se libérant de son emprise. Aussitôt il se redresse pour s'asseoir à son tour, se détournant de lui, les yeux rivés sur le sol de la piste. Le souffle bruyant. Il crache un mélange de sang et de salive par terre, avant de venir essuyer son visage peinturluré. Il prend le temps de souffler, de respirer. Faut qu'il se calme. Son palpitant cogne trop vite et trop fort, ça l'entaille de l'intérieur. Il laisse de longues secondes s'écouler. Et quand il se sent prêt, il reprend. - T'as p't'être raison Zyki. J'suis plus moi-même en ce moment. Il avoue, il confesse. - Et p't'être que j'n'ai plus ma place ici. Sa voix est basse, chargée d'émotion et de peine. Ça fait un moment qu'il tourne ça en boucle dans sa tête. Et il le dit enfin à quelqu'un. Même si c'est sûrement pas à la bonne personne. - Je... Les mots ont du mal à sortir. - J'ai trouvé un boulot tu sais. Il ne dira pas lequel, parce qu'il a honte. Terriblement honte. Ces mecs castagnés pour récupérer du blé qui ne lui appartient même pas. Ses mains abimées, écorchées. Chaque fois qu'il les regarde il culpabilise de leur infliger ça. Ses mains habiles, ses mains précises. Celles qui faisaient vibrer d'effroi les spectateurs et qui aujourd'hui ne font plus vibrer que les os qu'il malmène avec Nicky. Il se redresse péniblement, pour se remettre debout. Il essuie ses fringues recouverts de terre, étalant un peu de sang dessus au passage. - Tu sais.. J'aime Halina. Tout le monde le sait déjà, mais il ne l'avait jamais avoué franchement. Surtout pas devant un Kida. - C'est un truc de dingue. La voix qui s'enroue, les mots qui peinent à sortir, la gorge douloureuse. - Mais ça a toujours été toi mon point d'repère ici. Les mots lui brûlent la bouche, c'est horrible. - Et en ce moment, c'est d'toi dont j'aurais besoin. Pas d'Halina, malgré l'intensité avec laquelle il l'aime. Et de toute façon, Halina est dans un pire état que lui, elle ne pourrait rien pour lui. - Mais t'es plus là. C'est murmuré faiblement, parce que c'est trop dur à dire. Il hausse les épaules, résigné. Il a accepté cette réalité. Lui et Zyki, c'est finit. C'est comme ça. Il souffle calmement, la rage s'en est allée. Ne reste plus que l'acceptation de l'échec de leur amitié.  

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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Dim 4 Juin - 14:49

« J'vois pas ce que ça peut te faire. Ça n'perturbe pas ta petite vie ce qu'il se dit sur moi ou mes parents. Alors quoi ? » Et chaque truc qu'il dit se retourne contre lui, dans la bouche de Jax ça devient des questions mais il veut pas passer aux aveux. Il pourrait, p't'être même qu'il devrait – lui dire qu'il a toujours cet élan d'indignation quand on crache sur lui, qu'il a envie d'intervenir parfois, de rétablir la vérité souvent, mais il le fait pas il le fait plus depuis onze ans. « Alors rien. Si ça t'fait plaisir de mettre tes parents dans cette situation juste parce que t'as envie d'jouer au con, c'pas mon problème t'as raison. » Il hausse les épaules mais ses lèvres brûlent, brûlent de dire la vérité, brûlent d'arrêter cette comédie ridicule. « C'est encore un truc que les sédentaires t'ont appris ? Être aussi égoïste ? » Ça pue la mauvaise foi putain il est le plus égoïste des deux, l'a toujours été, ça changera probablement jamais. Il lui jette la pierre alors qu'il est pas mieux et sûrement qu'il le sait, mais c'est pas le même terrain pas les mêmes sujets, au niveau d'la famille et du cirque il estime ne rien avoir à se reprocher. Sauf peut-être l'avoir abandonné. Son meilleur ami son frère son pilier, celui sur qui il s'appuyait jusqu'à se sentir bancal depuis qu'il est plus là. Pourtant quand il le regarde c'est pas le même, c'est pas Jax, c'est pas celui qu'il a connu, qu'il a aimé, à qui il s'est accroché. Il le reconnaît pas et ça fait mal, il voit pas à quel endroit ça a merdé, à quel moment ils se sont laissés emporter. Zyki dans son tourbillon intérieur dans sa tête-tempête, Jax dans la liberté qu'il semble chercher sans la trouver. Ils se sont perdus et y a plus personne pour leur montrer le chemin, maintenant ils sont là comme deux idiots à s'déchirer, comme la voix de Zyki quand il hausse le ton, quand il a envie de le secouer. « Tais toi Zyki, tais toi. » Il peut pas. Il parle trop, toujours trop, sa voix qui sature l'air jusqu'à bouffer tout l'oxygène – c'est comme ça depuis toujours. Mais ce soir c'est meurtrier, ce soir il a des mots couteaux et il a beau n'pas les lancer aussi précisément que Jax, il sait qu'il le touche, il sait qu'il fait mal. Jax s'embrase et il sait qu'il a visé juste sans même le faire exprès, parce qu'il fait que parler sans réfléchir, à lâcher ce qui lui vient sans y penser. Il est pas surpris quand il se prend un coup de poing, quand il se fait pousser, quand il finit par s'écraser. Il est pas surpris quand Jax s'installe sur lui et l'attrape par le col, il est pas surpris quand sa voix vibre de rage, il est pas surpris quand les mots sont plus violents que n'importe quel geste. Il est pas surpris parce qu'il le connaît parce qu'il sait l'orage planqué derrière ses yeux parce qu'il sait la tornade prête à tout emporter. Il sait mais il est pas immunisé, et y a tout qui l'agresse en même temps, trop vite, trop fort. La poigne de Jax sur lui et ses paroles qui s'écrasent sur lui tellement fort que tout se mélange et son cerveau n'arrive plus à faire le tri, y a trop de stimulations, trop de bruit. Il arrive pas à encaisser et il voit plus rien, son corps qui réagit avant son esprit. Les rôles s'inversent et c'est Jax qui subit ses assauts, Jax qui finit étalé par terre et lui perché au-dessus. C'est son tour de crier, le souffle court et la voix éraillée. Il s'fait fusiller du regard mais le sien est vide de haine, c'est la détresse qui a pris le pas sur la colère, c'est la rancœur qui s'fait avaler par le désespoir. Il cherche à se défendre mais c'est bancal, au moins autant que lui. « Tu m'as laissé tomber. Y a rien d'autre à dire Zyki. Tes raisons d'merde qui valent que dalle, je veux pas les entendre. » Dans ses yeux y a rien – la seule chose que Zyki voit c'est la déception et il a envie de hurler, de recommencer à cogner, tout pourvu que ça efface la douleur qui lui tord les entrailles. « SI TU VEUX PAS LES ENTENDRE VIENS PAS LES DEMANDER PUTAIN ! » Il perd le contrôle de sa voix et ses doigts serrent un peu plus fort sur les bras qu'il continue de maintenir alors que Jax ne se débat même pas. Il serre il serre il serre et au final il sait même plus si c'est parce qu'il a envie de lui faire mal, ou parce qu'il a trop peur de le voir s'envoler.

Il lui échappe Jax, il lui échappe et il sait pas comment l'retenir. Il comprend pas ce qu'il fout, à quoi il joue – il sera jamais comme eux jamais jamais jamais. « Qu'est-ce que t'en sais ?! » Entre les lignes il devine la souffrance qui fait écho à la sienne et il sait pas quoi répondre, il sait pas par où commencer. Il voudrait lui dire qu'il est trop malin pour ça, trop passionné aussi, qu'il trouvera jamais satisfaction dans une vie de sédentaire, une vie à n'pas bouger, une vie à finir par stagner jusqu'à s'enraciner et faner. Lui dire qu'il a besoin du monde même s'il est dans une bulle au milieu d'la foule, l'agitation autour de lui mais son espace respecté et il trouvera pas ça dans un quotidien où on a le choix entre se piétiner et s'ignorer. Lui dire que personne n'le comprendra comme eux le comprennent, la tempête qu'il planque derrière sa façade d'acier, ses sourires trop rares, son allure sauvage qui l'rend difficile à apprivoiser. Lui dire que c'est ici qu'il est utile et même indispensable, ici qu'on a besoin d'ses talents d'orateur, son sang froid et même ses coups d'éclats. C'est ici qu'est sa place – avec ses parents, avec sa mère qui supporterait mal son absence, avec Halina ou même Nergüi, et puis avec lui. Parce qu'il fait partie du décor Jax, même si c'est pas le plus bruyant ou le plus étincelant, même s'il est souvent trop sombre il est là et Zyki peut pas imaginer le cirque sans lui, y aurait trop de vide, un truc qui manque à sa vie. Il voudrait lui dire qu'il a besoin de lui même si c'est à distance comme depuis onze ans, même si c'est sans se parler, sans se côtoyer, même si c'est à se déchirer. Le silence c'est toujours mieux que l'absence – s'il part c'est comme la mort, c'est même pire, c'est comme s'il avait jamais existé. Zyki veut pas, il peut pas, et pourtant les mots n'viennent pas, ça s'embrouille, ça fait des nœuds dans sa gorge et ça trébuche sur sa langue. « MAIS J'LE SAIS C'EST TOUT ! J'te connais Jax ta place c'est ici, c'est pas dehors. » Il voudrait le convaincre mais il y arrive pas, sa voix se brise et les phrases n'se font pas comme il le voudrait, y a trop de choses dans sa boîte crânienne et c'est le chaos, il gère pas il gère plus il s'est perdu. « J'suis pas seul Zyki ! Je les ai eux. » Et il en crève parce qu'avant il l'avait lui, et maintenant plus rien ? Comment ça peut se terminer comme ça ? Se terminer tout court ? Il sait pas Zyki il comprend plus rien, rien d'autre que la douleur encore encore encore. « Alors tu t'en fous d'te mettre tout l'monde à dos parce que tu les as eux ? Tu nous remplaces ? » C'est le sentiment que ça donne et il peut pas l'accepter. Parce qu'il voit bien que Jax s'isole, Jax crée une barrière avec tout le cirque et il sait pas si c'est volontaire ou non mais c'est là – ses réactions, ses agissements, personne comprend et ils sont de moins en moins nombreux à lui parler. Tellement que Zyki en est sorti de son silence. Il comprend pas il voudrait le secouer il voudrait le ramener, parce qu'il a l'impression qu'il est plus vraiment là, qu'il est déjà parti, déjà disparu. Et ça lui fait peur même s'il veut pas l'avouer, parce qu'il continue à se raccrocher à lui malgré la fracture entre eux.

« ET TOI ALORS QU'EST-CE QUE TU FOUS ZYKI ? TU CROIS QUE J'SUIS PAS AU COURANT POUR TES MÉDICAMENTS ? » Sa voix le glace. Il se fige, desserre sa prise sur lui. Il s'attendait pas à l'entendre beugler à son tour et surtout pas avec ce sujet là. Bien sûr qu'il est au courant, tout le monde ou presque sait qu'il prend un traitement même si personne n'y croit et tout le monde s'en fout. Mais venant de Jax c'est différent, parce qu'une part de lui a parfaitement conscience qu'il déconne mais elle fait pas le poids face au reste, face à son insouciance et son besoin viscéral de stopper les turbines sans jamais y arriver pour de vrai. « Ça t'regarde pas. Retourne pas le truc putain c'est pas ça le problème, moi je gêne personne ! » Jax profite de la presque accalmie pour se libérer, Zyki déséquilibré qui s'étale par terre encore une fois. Il s'assoit, aperçoit ses lacets défaits et entreprend d'y remédier, se concentrant sur l'une de ses chaussures parce que c'est plus facile que d'observer la silhouette de Jax à ses côtés. « T'as p't'être raison Zyki. J'suis plus moi-même en ce moment. Et p't'être que j'n'ai plus ma place ici. » Il n'a noué qu'une seule de ses baskets mais il arrête tout, sans prêter attention à la deuxième, se concentrant à nouveau sur Jax. Ça l'prend à la gorge et ça lui noue les tripes – il peut pas dire ça alors qu'il s'évertue à lui faire comprendre le contraire, sa place c'est ici ça sera jamais ailleurs ça peut pas, il doit rester là. « Je... J'ai trouvé un boulot tu sais. » Ça le heurte de plein fouet. « Ton boulot c'est d'lancer des couteaux. » C'est sec et autoritaire, ça lui ressemble pas mais ça camoufle juste la panique, parce que Jax est encore plus loin qu'il le pensait, tellement loin qu'il a peur de ne jamais le rattraper. Son boulot c'est de cracher du feu, d'être là aux répétitions, d'aider à préparer les représentations, à réparer tout c'que l'ouragan a cassé, engueuler les p'tits quand ils escaladent les caravanes et donner du fromage à Panini. Son boulot c'est eux, c'est leur vie. Faut croire qu'il a tout oublié. « Tu sais.. J'aime Halina. C'est un truc de dingue. » Bien sûr qu'il sait, une part de lui le sait depuis longtemps déjà même s'il a toujours préféré faire la sourde oreille, celui qui n'voit pas. Il sait et pendant une seconde il a envie de donner sa bénédiction à la place de son père, tout pourvu que ça le retienne. « Pourtant t'es prêt à l'abandonner comme un lâche. » Parce que s'il s'en va, Halina ne le suivra pas. Zyki y veillera. « Mais ça a toujours été toi mon point d'repère ici. Et en ce moment, c'est d'toi dont j'aurais besoin. » Y a un truc qui s'fissure en lui et il est presque sûr que c'est son cœur, ça remonte le long d'sa trachée et quand il le regarde il a l'impression de flamber. « Mais t'es plus là. » C'est qu'un murmure mais dans sa tête ça résonne comme un foutu cri, parce que ça lui vrille les tympans, parce que ça fait un mal de chien. Il secoue la tête et il frotte son visage, là où le sang a coulé. « T'as rien pigé. » Lui non plus. « J'suis là et j'serai jamais ailleurs. C'est toi qu'es pas là. C'est toi qui veux t'barrer. » Même si c'est pas comme avant, même si y a trop de rancœur accumulée, il est là. Il veille, surveille, il reste quoi qu'il arrive, il garde un œil sur lui parce qu'il arrive pas à le rayer de sa vie. « Moi j'suis là Jax, j'ai jamais bougé. » Même quand il l'a lâché, même quand ils se sont crashés. Ça changera jamais. « Toi t'es déjà plus là. » Il le regarde mais il voit un fantôme et ça fait mal mal mal à en crever, tellement mal qu'il est obligé de se relever, debout sur ses pieds, en essayant de mieux respirer. Son dos le lance et il a l'impression que son nez a doublé de volume, il est presque sûr qu'il verra des hématomes fleurir dès demain mais c'est pas important tout ça. Il a les prunelles vrillées sur Jax, un air presque résigné venant assombrir ses traits de sale gosse. « Tu sais comment ça va s'passer si tu t'en vas. » Là-dessus il est implacable Zyki – il l'a été avec sa propre mère. Y a pas de seconde chance. « Si tu pars, t'es mort pour moi. » On dirait un reproche mais dans ses yeux ça crie reste, dans ses yeux c'est le môme qui veut pas perdre sa boussole, le grand gamin qui a trop peur de se perdre seul dans le noir. C'est une dernière main tendue, le premier pas qu'il fait après toutes ces années. Si Jax part tout est foutu.
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MessageSujet: Re: le théâtre de notre tragédie. (zax)   Jeu 15 Juin - 10:05

Alors rien. Si ça t'fait plaisir de mettre tes parents dans cette situation juste parce que t'as envie d'jouer au con, c'pas mon problème t'as raison. Et il se marre Jax, parce que putain, c'est d'une ironie. Sa tête qui se balance de gauche à droite dans un signe d'exaspération. Quelle putain d'blague. Il lui dirait bien que lui, il n'a pas besoin de faire quoi que ce soit pour foutre son père dans cette situation. Parce que Mr Kida parvient déjà tout seul à se faire détester de certains, à alimenter les ragots et soulever l'indignation dans le cœur de quelques uns. Mais Jax ne dit rien. Il ravale sa rage, comme toujours. Bouche scellée qui refuse de parler. Qui refuse de se lancer là-dedans. Dans cette joute verbale, parce qu'il a peur de perdre. Peur d'être celui qui prendra le coup de poignard final, droit dans le cœur ; mort immédiate. — C'est encore un truc que les sédentaires t'ont appris ? Être aussi égoïste ? Et ses mots viennent brûler son égo. Il se redresse, torse bombé. On dirait deux mâles prêts à se battre pour un territoire. C'est pathétique à regarder. Mais Jax ne réalise même pas, bien trop en proie à ses émotions dévastatrices. Il le toise froidement, la voix qui claque, sèche, intransigeante. — C'est toujours mieux que d'être lâche. Le message est clair, limpide. Directement destiné à son interlocuteur. Il pourrait surenchérir, lui dire qu'il n'est pas égoïste. Qu'il fait bien comme il peut et que s'il n'est pas foutu de comprendre à quel point il est perdu, tant pis pour lui. Mais encore une fois, il se tait. Parce qu'il sait déjà que Zyki trouvera le moyen de retourner ça contre lui, quoi qu'il arrive. Obstiné, aveuglé. Et Zyki continue de parler, de provoquer. Jusqu'à ce que ça craque dans la tête de Jax. Jusqu'à ce que les pulsions animales soient libérées et qu'il explose. Y a comme une rupture qui s'opère et y a plus de lien entre son cerveau et son corps. La rage qui prend le contrôle, les coups qui partent, la tornade qui roule au sol et soulève la terre de la piste. Jusqu'à ce que Jax se retrouve perdant, encore une fois. Zyki qui le maintient fermement, peut-être un peu trop. Ses doigts qui s'enfoncent douloureusement dans sa peau, pour sûr que ça va laisser des traces, des bleus. Mais c'est rien comparé à ceux de son cœur. Ceux qui partent pas malgré les années qui passent. La colère de Jax qui est retournée se tapir dans l'obscurité de son esprit. Dans la partie immergée de sa personnalité, qu'il camoufle et dompte autant que possible au quotidien. Et il ne reste plus que la dureté de son regard, la déception qui brille salement, la douleur émotionnelle qui tâche l'éclat de son regard. La voix calme, blasée, distante. Comme un abandon. Comme un ras-le-bol. C'est trop pour lui tout ça. Il ne veut plus enrager à chaque fois qu'il le croise, qu'il le voit. C'est pas une vie. Ça l'épuise, ça le ronge. Il voudrait juste que tout ça cesse. Que ça s'arrête, que la souffrance s'envole et le libère de cette prison étouffante. Mais il n'a pas trop d'espoir Jax. Il est condamné à perpétuité. Et la sentence est sans appel. — SI TU VEUX PAS LES ENTENDRE VIENS PAS LES DEMANDER PUTAIN ! Il hurle Zyki, comme pour couvrir le son de son lui intérieur qui se brise. Il est pas dupe Jax. Il le connait suffisamment. Mais ça ne l'émeut même pas. Il est vidé. Il reste stoïque, à le fixer, et sa voix qui reste inébranlable, cassante. Intransigeante. — J'voulais juste entendre la vérité, pour une fois. Que t'assumes ce que t'es et ce que t'as fait. Mais même ça t'en est pas capable. La lèvre qui se retrousse légèrement dans une moue méprisante. Mouvement léger de dégoût évident. Il assumera jamais Zyki. Jax a bien compris, il laisse tomber. Tant pis. Il veut plus se battre dans le vide. Mais Zyki lui, il continue de s'époumoner. Parce que c'est tout ce qu'il sait faire quand il perd pieds. Hurler pour combler les vides, la peur et effacer les douleurs. Hurler pour être sûr qu'on l'entende. Mais ses mots sont vides de sens. Il fait du bruit, mais ça ne veut rien dire. Il s'agite et s'épuise en vain contre les remparts de Jax. — MAIS J'LE SAIS C'EST TOUT ! J'te connais Jax ta place c'est ici, c'est pas dehors. Il ne réagit même pas. Comme inatteignable désormais. Comme si ses mots roulaient sur lui sans parvenir à se faufiler dans la moindre fissure. Il ne dit rien, mais son regard parle pour lui. Il ne sait rien Zyki, il ne sait plus rien. Il a raté trop de choses. Il lui manque trop de données pour l'analyser. Jax se contente de souffler, comme si cette conversation l'irritait finalement. Comme s'il perdait son temps. Et une partie de lui voudrait le croire. Croire que sa place est vraiment ici. Mais il n'y arrive pas. Le doute est bien trop grand, bien trop présent. — Alors tu t'en fous d'te mettre tout l'monde à dos parce que tu les as eux ? Tu nous remplaces ? Et là, c'est plus fort que lui. Jax se marre. Un truc nerveux. Le sourire cassé et les yeux qui se ferment une seconde. — Et j'remplace qui au juste, hein ? Y a plus personne dans son sillage. Plus que ses parents et Nergüi et il est convaincu de ne pas être une grosse perte. Qu'ils s'en remettront, que ça ira. Que son père, ancien sédentaire, comprendra. Mais en dehors d'eux, y a plus personne. Tout ce qu'il voit ce sont des dos tournés et des regards pleins de jugement. Et il a la sale impression qu'Halina ne voudra plus jamais de lui. Que tout est foutu maintenant. Parce que y a un truc qui s'est brisé en elle et il a l'impression de raviver cette douleur à chaque fois qu'il l'approche et ça le tue. Il veut pas lui faire mal. Et si sa simple présence suffit à la blesser, alors à quoi bon persister ? Il voudrait lui dire à Zyki. Pour qu'il voit qu'il n'est pas si égoïste que ça finalement. Mais il ne dit rien. Évidemment. Et finalement, il se met à crier lui aussi. Parce qu'il en a marre d'être la cible ce soir. Marre d'entendre Zyki lui énumérer tout ce qu'il lui reproche alors qu'il est loin d'être irréprochable lui aussi. Alors il se met à gueuler bêtement. Sûrement pour donner l'illusion qu'il est énervé alors que cette vérité le démoli complètement. Mais il ne veut pas que Zyki sache à quel point ça le touche et ça l'atteint. Et il voit Zyki qui se glace, pris par surprise. Sa poigne qui se desserre et ses yeux qui s'arrondissent. Jusqu'à ce qu'il se braque à nouveau. — Ça t'regarde pas. Retourne pas le truc putain c'est pas ça le problème, moi je gêne personne ! T'es sûr de ça, qu'il voudrait lui dire. Mais ce serait reconnaître que ça l'inquiète et que ça le révolte. Parce qu'il l'aime encore bien trop pour le laisser flinguer son cerveau. Alors Jax s'énerve, se froisse. Il le fait retomber et s'éloigne de lui autant que possible, les dents serrées, contrarié. Il n'ose même pas dire un mot, de peur de se faire griller. Pourtant y en a des choses qu'il aimerait lui dire. Mais il ne peut pas. Ça refuse de sortir, ça reste coincé dans le fond de sa gorge. Alors, il se recroqueville sur lui-même, comme terrassé par un poids trop lourd pour lui. Et doucement, y a la vérité qui sort. Le calme après la tempête. Les voix basses, les voix lasses. Loin de la colère. C'est juste amer. C'est sérieux et pesant. Et il passe aux aveux. Il a trouvé un boulot, ouais. Et il n'en est pas fier putain. — Ton boulot c'est d'lancer des couteaux. Ça fuse et Jax tourne la tête vers lui, comme étonné. Pourtant, il finit par baisser les yeux sans rien répondre. Non, ça l'est plus. Des semaines qu'il n'a pas touché à une lame. De toute façon, il est convaincu qu'Halina ne remontra jamais sur scène avec lui. Parce qu'elle ne voudra pas. Parce que le père Kida fera en sorte que ça n'arrivera plus. Plus jamais. Et s'il a plus ce numéro avec elle, il n'en veut plus. S'il n'a plus Halina, il ne veut plus rien en vérité. Son cœur qui se serre et ses yeux qui s'assombrissent. La tristesse violente qui émane de lui. Celle qui serre le cœur et qui ne se tait jamais. — Pourtant t'es prêt à l'abandonner comme un lâche. Et Jax ferme les yeux en soufflant. Il ne sait pas Zyki. Il ne sait pas dans quel état il l'a retrouvée à Halloween. Ce qu'il a vu ce soir-là. Il ne sait pas qu'il a l'impression de la faire souffrir à chaque fois qu'il essaye de l'aider. Il ne sait pas à quel point c'est invivable. Mais Jax ignore sa remarque et continue de parler. Il se battra plus ce soir. Alors Zyki peut y aller. Il peut provoquer, blesser, chercher. Jax ne joue plus. Et Zyki s'en donne à cœur joie. Il se met à parler et ses mots sonnent faux aux oreilles de Jax. Il a l'impression de l'entendre lui servir un odieux mensonge. Alors il ne réagit pas. Impassible. Il écoute d'une oreille, simplement écœuré. La déception qui s'accroit à chaque nouveau mot qu'il prononce. Et Jax déglutit tout en secouant mollement la tête. — C'est toi qui comprend rien Zyki. C'est soufflé à voix basse, avec une lassitude évidente. Il se relève à son tour, s'essuyant brièvement pour faire partir la terre sur ses vêtements. — Tu sais comment ça va s'passer si tu t'en vas. Si tu pars, t'es mort pour moi. Jax se fige et soupire mollement. Il pivote pour lui faire face et le dévisage, dépité. Haussement d'épaules, il écarte ses bras avant de les laisser retomber le long de son corps, ses mains claquant doucement ses cuisses. — Et ça changera quoi ? Jax a déjà l'impression d'être mort pour lui depuis onze ans. Il voit pas la différence que ça ferait. — Tu t'plantes si tu crois que le fait de se voir tous les jours ici change quoi que ce soit. Pour moi t'es plus là depuis onze ans Zyki. Alors si je m'en allais, ça changerait rien pour moi. En fait, ce serait peut-être même un soulagement. Parce que c'est atroce de le voir sans cesse sans pouvoir l'approcher, lui parler. De le croiser de partout et de sentir la colère et l'animosité qui émane de lui. Il a pas l'air de comprendre Zyki à quel point ça le tue tout ça. A quel point ça l'atteint. A quel point il se sent seul sans lui. — J'resterai pas ici pour te voir continuer à m'ignorer. Il marque une pause. — Je.. j'crois que c'est trop tard Zyki. Trop tard pour quoi ? Pour rattraper leur amitié perdue, abimée ? Pour le rattraper lui et le retenir ici ? Sûrement les deux. Mur de glace, il lui lance un dernier regard avant de se tirer. Il veut juste être seul, loin du cirque, loin de Zyki. Loin de toute cette merde qui lui encrasse les veines et qui rend chaque palpitation terriblement douloureuse. Et s'il partait maintenant, cette nuit ? Et si c'était le bon moment ? Sans un mot, sans un au revoir. Départ silencieux.

RP TERMINÉ.
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