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 couchsurfing - nicky & boo

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MessageSujet: couchsurfing - nicky & boo   Mer 12 Avr - 15:50

Tu te lances dans l’inconnu avec la boule au ventre. Le paysage californien défile sous tes yeux tandis que tu sers la lettre de ta soeur entre tes doigts. Tu viens tout juste de la relire. Comme pour te persuader que tu fais le bon choix. Partir. Enfin. T’enfuir comme elle l’a fait il y a des années. Mais toi, t’as toujours tout fait plus sagement. Alors t’as attendu d’avoir fini tes études avant de prendre la décision de partir. Tu esquisses un léger sourire, glissant ta main a travers la fenêtre pour sentir le vent la faire bouger comme un oiseau. Le voyage durera plusieurs jours. Tu as préféré ne pas prendre l’avion pour que tes parents ne te retrouvent pas. Tu les aimes pourtant tes parents. Mais ça serait le risque qu’il te retrouve. Alors tu fais du covoiturage. T’as prévu tout ton parcours sur un site. Plusieurs conducteurs. C’est tellement étrange. L'idée de te retrouver face à tant d’inconnus. Heureusement, tu les as prévenu sur le site que tu n’es pas vraiment du genre à faire la conversation. Cette fille là semble avoir compris. Elle a simplement mis de la musique et parle de temps en temps avec les autres. Toi, ça te va bien. Tu écoutes silencieusement. Ou parfois tu dors un peu.

T’es enfin arrivée. Épuisée. Tu trimballes ton énorme valise, reste de tes quatre années universitaires. T’as pas voulu rentrer. T’es parti directement après avoir vidé ta chambre. Pour ne pas perdre cette motivation qui faisait cramer ton ventre. Pour ne pas t'égarer dans la noirceur de l'idée de rentrer. De revivre tout ca. Tu passes la main sur ton visage, frottant légèrement tes yeux qui se ferment tous seuls. Il est déjà tard et ca fait plusieurs jours que tu passes en voiture. A peu et mal dormir. Alors pour l’instant, tu ne rêves que de t’allonger sur le canapé qu’on t’a proposé sur un site de couchsurfing et y dormir profondément. Tu rentres l’adresse de l’endroit sur ton téléphone, commençant a suivre le GPS. T’aurais aimé dormir seule. Mais t’as pas vraiment assez d’argent pour dormir dans un hotel le temps de trouver Bee. T’as jamais bossé autrement que pendant les vacances. Et t’as plus l’argent de tes parents. Non. Maintenant, il n’y a plus que toi. Toi et tes quelques économies. Heureusement, tu n’as jamais été très dépensière. Alors tu as pu retirer assez d’argent pour t’en sortir pendant quelques temps. Mais pas assez pour jeter de l’argent dans une chambre d'hôtel. Tu finis par trouver, sonnant, le coeur battant.

Tu sais pas bien comment ca a tourné comme ça. Le mari était venu t’aider à préparer le canapé. T’etais concentrée sur ta mission lorsque ca a commencé à gueuler. T’as pas compris tout de suite que c'était à propos de toi. A vrai dire, t’as pas compris grand chose. Juste que t’as fini sur le pallier avec ta grosse valise a presque vingt trois heures. Comme une conne. T’as les larmes aux yeux de realiser que tu n’as aucune idée d'où aller. “Ca va aller … Ca va aller …” Tu tentes de te convaincre désespérément, restant pourtant plantée la. Changeant le courage de te lancer dans la nuit pour trouver un endroit ou dormir.



Dernière édition par Boo Miles le Dim 21 Mai - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Sam 22 Avr - 19:07

course poursuite dans les rues. oh oh, t’es dans la merde, nicky. comment t’as fait, pour en arriver là ? tu sais pas. tu sais plus. tu fais tellement de trucs abrutis que tu sais jamais ce qui prend la sauce et ce qui retombe platement, tombe aux oubliettes. cette fois c’est sérieux. un paquet de fric que tu dois à des mecs pas très fréquentables. tu crois même qu’ils font partie de la mafia, ça se voit à leurs moustaches et à leurs costards bien taillés. tout droit sortis du parrain. s’ils t’attrappent, t’es un mec mort, nicky. un mec bien mort, pas de retour en arrière, pas d’erreur de diagnostic. alors t’as fui, comme un lâche. un poltron minet. mais tu t’en fous, tu fais ce qu’il faut pour survivre. quitte à te mettre à la réputation de sans couille qui te colle parfois à la peau. t’as couru jusqu’à les semer, reprenant ton souffle dans un coin de ruelle noire que t’aurais préféré ne jamais croiser. t’es encore un peu haletant quand tu grimpes les escaliers de l’immeuble, l’ampoule vacillante, à moitié dans la pénombre. c’est terminé, que tu te dis. tu vas pouvoir te poser devant la télé comme un porc jusqu’à t’endormir. bon plan. bon plan, ouais, si ce n’était pour cette fille que tu trouves devant ton palier. perdue entre ta porte et celle du connard de voisin. sa grosse valise à la main. elle a l’air perdue, la gamine. tu pourrais presque dire qu’elle est canon vue comme ça, bien qu’un peu frêle à ton goût. mais bon, t’es pas vraiment difficile nicky. t’es perdue ? un coup d’oeil aux alentours, de quoi réaliser qu’elle est sûrement perdue au mauvais endroit. et que quoi qu’elle cherche, c’est sûrement pas ici qu’elle le trouvera. mais elle bouge pas trop la gamine. elle dit pas grand chose non plus. elle a pas l’air bavarde. t’en sais rien, t’avances jusqu’à ta porte, glisse la clé dans la serrure. tu devrais peut-être pas rester ici, l’immeuble est pas très fréquentable à cette heure-ci. soupir concerné, comme si ça t’intéressait d’habitude. mais t’es un mec sympa nicky, et tu laisses pas les demoiselles en détresse. presque jamais, en tout cas. tu pourrais rentrer dans ton appartement et la laisser comme ça, après tout c’est pas ton problème. ou bien tu pourrais l’inviter à dormir dans ton lit, p’tètre que tu pourrais lui indiquer la bonne route. mais tu l’entends renifler et il suffit d’un coup d’oeil derrière ton épaule, malgré la pénombre, pour comprendre ce qu’il se trame. de quoi glacer tes entrailles. tout mais pas ça. tu pleures ? oh non. merde merde. t’es pas prêt à gérer les filles qui pleurent. elles en font toute une montagne et après il faut les réconforter pendant des jours et des jours jusqu’à ce qu’elles pensent que t’es devenu leur meilleur ami. le cauchemar. mais elle pleure pas vraiment, non ? voilà, non, elle pleure pas. t’as mal entendu. peut-être qu’elle est malade ? oui, voilà. un rhume, rien d’autre.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Mer 26 Avr - 9:56

T’as cette impression d’être bloquée. Incapable d’avancer. Incapable de reculer. Non. Juste bloquée dans cet entre deux, à pas savoir quoi faire. La gorge serrée, tu entends encore le couple se disputer derrière la porte que tu viens de passer. Tu finis par sortir ton téléphone, cherchant un hôtel près d’ici. Mais l’été approche et tout est déjà pris. Ou à des prix totalement inabordable. Tu le savais déjà … C’est bien pour ça que tu étais passée par un site de couchsurfing. Parce que t’avais pas tellement le choix. Mais ce soir, tes choix semblent se réduire encore et encore. Tu sers ton téléphone entre tes doigts lorsque tu entends des bruits de pas dans les escaliers. Rapides. Tu espères fortement qu’ils ne s’arrêteront pas à ton étage. T’as pas le courage de parler à qui que ce soit. Même pour de simples paroles de politesse. T’as juste envie de t’écrouler dans un lit pour dormir. Et qu’on te foute la paix. Tu veux juste être capable de retrouver Bee rapidement et te barrer ailleurs avec elle. Ne plus être seule. Mais forcément, tes espoirs ne se réalisent pas. Et c’est à ton étage qu’il s’arrête, avançant vers toi d’un pas décidé. « t’es perdue ? » Tu le regardes. Tout essoufflé. Tu penses un instant que si tu ne réponds pas, il se contenteras de partir. T’as pas envie. Pitié, qu’il te laisse juste tranquille. « tu devrais peut-être pas rester ici, l’immeuble est pas très fréquentable à cette heure-ci. » Ou ce qu’il ne fallait pas dire. La peur vient t’emprisonner le coeur. Et dire que tu pensais être capable de faire ça. De partir toute vers vers l’inconnu. Mais tu t’sens tellement paumée. Comme un animal pris au piège. Et les loups rodent. Tu voudrais ouvrir la bouche mais tu restes figée comme d’habitude. La peur au creux du ventre. La peur de cet homme inconnu. La peur de dormir dehors. La peur de ce monde qui te fait face mais dont tu ne connais rien. Elle vient t’envahir pour ne laisser rien d’autre que cette impression de vide. Et malgré toi, un petit sanglot vient s’échapper de tes lèvres. Un sanglot qui veut dire à la fois ‘aide moi’ et ‘laisse moi tranquille’. Pourquoi est-ce c’est si difficile hein ? Il a entendu ton sanglot. Et pour la première fois, ta voix s’élève, un peu tremblante « Nan … ».

Tu sursautes lorsque la porte s’ouvre à la volée, laissant sortir l’homme chez qui tu étais censée dormir. « TU M’EMMERDES ! » Il s’apprêtait à aller vers l’escalier avec énervement, manquant de te rentrer dedans. « Oh. T’es encore là … » Il s’approche. Tu réalises maintenant qu’il sent l’alcool. Il avait laissé sa femme t’aider à t’installer, observant d’un peu plus loin. T’as un petit mouvement de recule lorsqu’il s’approche un peu trop près. « J’ai un pote qui m’fait sa chambre d’hôtel pas cher s’tu veux » Sa façon de le dire ne te plait pas du tout. Pas du tout du tout. Il ne fait même pas attention au garçon près de la porte, trop préoccupé par ton visage de poupée. Et le corps qui va avec. « Hey, faut pas pleurer comme ça, on peut s’arranger. Ca lui apprendra à l’autre sorcière. » Tu dégages sa main qu’il passe sur ton visage pour essuyer ta joue. Tu recules une nouvelle fois. Ta voix est comme prisonnière de ta gorge. Comme à chaque fois. T’as l’impression d’être de nouveau au lycée, victime de leurs moqueries. Mais cette fois ci, t’as grandi. T’as plus seize ans hein. Tu déglutis, cherchant le courage égaré quelque part en toi. « N…non ça va. » Ta voix est bien plus tremblante que ce que tu n’aurais voulu. Et les paroles pas aussi tranchantes que celles qui tournent en boucle dans ta tête. Est-ce qu’il y a quelque chose en toi qui attire tous les gens aux idées tordues ?
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Ven 28 Avr - 6:36

c’est pas très convaincant comme réponse. non, elle pleure pas ? ou non, elle veut pas pleurer ? elle se retient de pleurer? tu sais pas. tu sais pas y faire, avec tout ça. t’aurais sûrement évité de lui parler si t’avais vu qu’elle était en train de chialer. pourquoi ça tombe toujours sur toi, nicky ? t’es le roi pour ces choses-là. l’univers devrait savoir que t’as pas envie de t’y coller, que tu saurais même pas comment t’y prendre. mais elle dit qu’elle pleure pas, et même si tu la crois pas une seconde, t’insisteras pas. il manquerait plus qu’elle s’effondre en sanglots et que tu doives passer la soirée à la réconforter. alors t’ouvres la porte, incertain. est-ce que tu fais bien de la laisser ici ? elle est assez grande, après tout. et plutôt mignonne pour une endroit comme celui-ci. t’as plutôt à faire aux junkies ravagées et aux folles dingues accros à leur mec, ici. celles qui frappent et qui cassent tout. le genre que tu pourrais apprécier si la colère ne les dévisageaient pas autant. et d’ailleurs, les voilà qui sortent. enfin pas elle, lui. ce connard que t’as jamais vraiment croisé mais à qui t’aimerais bien régler son compte pour tout le bruit qu’il fait tout le temps au milieu de la nuit, à s’engueuler avec sa meuf. il sort, et il semble connaître la petite, encore coincée au milieu du palier. tu restes témoin de la scène, sans rien dire. t’es pas encore rentré dans ton appartement, pour une raison qui t’échappe encore. mais quelque chose te paraît pas net dans l façon dont il lui parle. dont il s’approche. dont il lui souffle à la gueule qu’ils pourraient peut-être s’arranger pour avoir un endroit où dormir, si elle faisait un effort. ce mec était déjà pas dans la liste de tes personnes préférées mais là, il est vraiment pas net. et si d’un côté, t’aurais envie de rentrer chez toi et de laisser la fatigue s’emparer de tes membres, t’es pas très serein à l’idée de la laisser toute seule avec ce mec. ça ne s’arrange pas, dans l’obscurité. une main sur sa joue. un nouveau pas de recul. assez pour te décider. ça suffit. que tu lances sèchement, attrapant le poignet de la petite blonde pour la tirer vers toi. pourquoi elle est pas capable de se défendre toute seule, bordel ? et toi, à t’occuper des cas désespérés. un vrai prince charmant, nicky. si tu la cherches, elle est chez moi connard. et tu l’entraines, elle et sa valise, à la volée dans ton appartement avant de refermer la porte derrière. tu la distingues un peu plus, à la lumière. les yeux rougis. une toute petite chose. t’aurais peut-être pu n’en faire qu’une bouchée dans d’autres circonstances. mais ce soir, tu te contentes de la dévisager, incertain. qu’est-ce que tu faisais là ? et c’est qui ce mec ? pas que tu t’y intéresses. t’as pas d’endroit où dormir à part chez lui ? y a l'air sévère sur ta gueule d'enfoiré. sévère, et fatigué. et enfin, la petite lumière qui semble s’allumer dans ton cerveau bien vide. enfin, tu sembles comprendre quelque chose. il était temps, nicky. t’inquiète, c’est toi le champion.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Ven 28 Avr - 23:14

Ses doigts se referment sur ton poignet et t’attirent vers lui. Toi, tu te retiens de respirer, te laissant simplement entrainé près de lui. Ton cerveau s’est gelé. Impossible de réfléchir. Incapable d’agir. T’es juste une petite poupée qu’on peut diriger sans peine. Alors tu ne dis rien lorsque l’inconnu t’attire chez lui, fermant la porte dernière fois. Tu te rappelles même de respirer au claquement sonore de la porte. T’as du mal à comprendre ce qui vient de se passer. Tout est allé trop vite. « qu’est-ce que tu faisais là ? et c’est qui ce mec ? t’as pas d’endroit où dormir à part chez lui ? » Les questions t’assaillent. Tu recules d’un pas. T’aimes pas ça. Toutes ces questions. T’as l’impression qu’il t’agresse avec les mots. Tu l’observes. Lui et son visage agacé. Tu le vois que ça lui fait pas plaisir. Tout ça. Te sortir de cette emmerde. Tu le vois qu’il t’aime pas beaucoup. Dans son regard et sa façon de poser ses yeux sur toi. Tu l’as tant vu. Ce regard agacé. Ce sorte de … putain mais pourquoi t’existes ? Alors t’as l’impression de te retrouver une nouvelle fois au lycée. Ou à l’université. Petite gamine incapable de réagir. Donc comme avant, les mots ne semblent pas pouvoir franchir tes lèvres. T’aimes pas. T’aimes pas ça. Si tu dis rien, il va te foutre dehors. Il va te remettre dans la cage du lion. T’as la poitrine serrée. A essayer de combattre ce réflexe de survie qui consiste à te renfermée comme une huitre pour ne plus dire un mot. Tu voudrais bien mettre ta tête dans le sable tient. Et faire comme si ça te faisait disparaitre. Mais non. T’es toujours là. Et il te fixe toujours. Alors tu te forces. Tu fermes un instant les yeux pour imaginer que t’es seule. Que c’est pas un garçon en face de toi. Que c’est pas si dur. « …J…je viens d…d’arriver » Les mots sont sorties. C’est comme une victoire. Un geste si anodin pour certain mais qui pour toi, veut dire beaucoup. T’as pas l’impression d’être capable d’aller plus loin. Et puis, t’es épuisée. Littéralement. T’as pas dormi depuis près de vingt quatre heures à cause de ton voyage. Et les fois précédentes étaient dans des conditions misérables, assise dans une voiture étrangère. D’ailleurs, tu essayes de réprimer un bâillement avec difficulté. Et puis, de toute façon, ça doit se lire sur ton visage. Dans tes yeux qui se ferment presque tout seul. Tu te mords un instant la lèvre avant de prendre ton téléphone. « …Je… Merci … Tu… mh… connais un hôtel…? …pas trop cher » Tu t’efforces de nouveau à parler. Parce qu’au fond, t’as pas tellement le choix. C’est ça ou risquer de chercher toute la nuit.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Ven 5 Mai - 6:01

dans l’entrée sombre, tu la fixes. tes yeux portés sur elle, en attente d’une réponse qui ne vient pas. elle est conne ou quoi ? ou bien un peu retardée, tu sais pas. elle comprend ce que tu dis, au moins ? c’est pas si compliqué. t’as pas vraiment le langage de shakespeare. alors tu passes une longue minute à te demander ce qui ne va pas chez elle. peut-être que tu lui as fait peur, tiens. mais ce serait carrément con, c’est pas vraiment de toi qu’elle devrait avoir peur, mais plutôt de ce mec, qui d’après ce que t’as pu en voir, l’aurait certainement pas laissée partir comme ça. qu’est-ce que t’en sais, c’est pas tes affaires finalement. peut-être que t’aurais dû la laisser là-bas, peut-être que tu te serais pas autant fait chier à attendre un quelconque signe de vie de sa part. mais non, tu bouges pas. t’attends comme un con toi aussi, sans remarquer que depuis ce temps, t’avais pas lâché son poignet. tu la vois faire un pas en arrière, se détacher un peu de ton emprise. au moins, elle est encore vivante là-dessus. et puis tu l’entends parler, doucement, difficilement. ça t’aide pas beaucoup tout ça. cette petite t’agace déjà à peine viens-tu de la rencontrer et tu sais pas vraiment pourquoi tu la mets pas à la porte. mais elle prévoit de s’en aller d’elle-même, bientôt. dans un hôtel. ouf, t’auras pas à culpabiliser de pas savoir t’occuper de ses pleurs. tu pourrais lui tendre une boîte de mouchoirs, à la limite. ça, c’est seulement si tu l’aides. alors tu cherches, t’as jamais cogité aussi vite de toute ta vie dans ta petite caboche d’abruti notoire. hôtel ? ça me dit rien. putain, t’y étais presque. ça tenait qu’à toi pour qu’elle parte, et t’es même pas foutu de pouvoir répondre à sa question. mais tu connais pas vraiment d’hôtel, toi. y en a pas des masses dans les parages, et s’il y en a, t’es bien certain de savoir pourquoi ils sont tous occupés. c’est pas sûr qu’on te file une chambre à cette heure-là. les putes les occupent toutes de toute façon. tu poses un nouveau regard sur elle, curieux. tu réfléchis, encore. c’est trop pour ta petite tête, nicky, tu risquerais de pas supporter. et là, t’as bien une idée. mais tu vas pas faire ça quand même, si ? tu cogites un instant de plus, t’enfonçant dans l’appart bordélique. ça sent le passage de ta tornade de soeur. si y a que ça tu peux dormir sur le canapé. ce soir. et dès demain matin tu vas te chercher une autre piaule. soupir. t’abdiques. t’es vraiment trop con. ça finira par te perdre, un jour. ou bien peut-être pas.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Jeu 18 Mai - 22:59

T’aurais peut être mieux fait de rester chez toi. La pensée te traverse un instant l’esprit avant que tu ne la rattrapes. Non. Tout est mieux que chez toi. Tout. Même te retrouver là. Dans une ville dont tu ne connais rien. Foutu dehors et recueilli par un garçon à l’allure de gars sorti de prison. Même avec les putes qui occupent déjà toutes les chambres d’hôtel. « si y a que ça tu peux dormir sur le canapé. ce soir. et dès demain matin tu vas te chercher une autre piaule. » T’es en plein doute intérieur. T’es pas tellement certain que t’endormir sur le canapé d’un inconnu soit la meilleure idée du monde. D’un autre coté, c’était ce que tu t’apprêtais à faire avec ce couple trouvé sur internet. Et ce gars là, c’est celui qui t’a sorti d’une situation problématique. Et puis, t’es tellement fatiguée que tu sais pas bien ce que tu ferais. Dehors. Dans une ville inconnue. Avec ta grosse valise. « Je veux pas déranger … » Il se renfrogne. Ta façon d’être n’a pas l’air de beaucoup lui plaire. Alors avant qu’il ne se contente de te jeter à la porte, tu rajoutes doucement « C’est gentil … Je ferais pas de bruit … » Tu lui esquisses un vague sourire entre tes yeux humides.

Il ronchonne un peu en s’éloignant, allant chercher quelque chose tandis que tu restes plantée là, ne sachant pas vient quoi faire. Mais il revient rapidement, te jetant un coussin et un drap dans les bras, s’éloignant déjà pour retourner dans sa chambre. « Hum… Ok… » Y’a plus sympathique … Sans rien ajouter, tu te contentes d’installer ton lit de fortune avant de t’effondrer dessus encore toute habillée. Et tu dors pendant des heures. Des heures et des heures. Rattrapant comme tu peux le sommeil que tu as raté ces derniers jours. Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque tu finis par ouvrir les yeux, réveillé par un bruit désagréable.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Sam 27 Mai - 22:08

tu tournes en rond. une fois, deux fois. tu tournes toute la sainte journée autour du canapé, espérer un mouvement. rien qu’un tout petit mouvement, ce serait trop demander ? apparemment oui. la gamine qui dort dans ton canapé depuis pas très loins de seize heures a pas bougé d’un poil depuis que tu t’es levé, bien avant elle. alors t’as vu le temps défiler, et tu t’es posé des questions. est-ce qu’elle est bien vivante, là-dessous ? t’as pas vraiment envie d’aller vérifier par toi-même, d’aller soulever ses couvertures, t’as l’impression que c’est ce qu’un psychopathe ferait. alors tu te contentes d’attendre, de tourner dans tous les sens, de t’énerver parce que tu peux pas boire ta bière devant la télé ou les jeux vidéos et donc du coup tu te fais chier. t’en viens à t’approcher à nouveau, te penchant par-dessus les couvertures pour murmurer un t’es morte ? au cas-où ça finisse par la réveiller et que tu puisses profiter de ton appart comme bon te semble. mais non, elle bouge pas, et tu commences vraiment à te dire qu’elle est morte. peut-être que tu devrais faire quelque chose. appeler quelqu’un, une ambulance, qu’on t’en débarrasse et qu’on laisse pas son corps moisir sur le canapé. tu sais pas, un truc, n’importe quoi. et puis soudain, quand t’as fini d’attendre, ça bouge. ça remue, là-dessous, comme une petite souris. en même temps, la gamine, elle est pas beaucoup plus grande que ça. tu la regardes d’un oeil curieux, en coin, parce qu’elle vient de se taper un sacré coma quand même, et tu te demandes ce qui a bien pu causer ça. même toi, tu dors pas autant. tu serais pas capable de rester couché aussi longtemps, tu deviendrais fou, t’en es bien sûr. alors t’attends qu’elle émerge un peu, histoire de pas lui sauter dessus. tu fais semblant de pas la remarquer, de remarquer à peine qu’elle se lève - pas comme si tu l’avais attendue toute la journée. j’ai failli appeler les flics. tu le dis, un peu en plaisantant, mais pas vraiment non plus. il aurait plus manqué que les flics débarquent chez toi, tout ce dont t’as besoin. au moins, vous avez évité le pire, c’est le principal. tu dors tout le temps comme ça ? et voilà que tu recommences à tourner autour d’elle, impatient. t’as l’impression de rien avoir foutu de la journée t’as besoin de te dégourdir, de faire un truc, n’importe quoi. t’es bien sorti tout à l’heure taper dans un sac de sable une heure ou deux, mais voilà déjà les muscles atrophiés qui reviennent, lassés déjà de n’avoir rien à faire. foutu hyperactif. tu tapes un peu du genou, contre la table, tu fais genre de lire le journal. alors que bon, c’est tout juste si tu sais lire, déjà. mais tu sais pas pourquoi, t’as ce besoin d’impression tout le monde et en particulier les filles, même si elles t’intéressent pas. y a du café… mais il est froid maintenant. et de la pizza, si tu veux. elle est froide aussi. toi tu t’en fous, de la pizza froide, c’est même presque meilleur. mais tu sais pas trop si ça lui ira. t’es même pas sûre qu’elle mange quoi que ce soit dans sa vie tellement elle a la peau sur les os. pas que ça te dérange habituellement.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Lun 5 Juin - 19:55

T’as l’impression de t’être faite écraser par un camion. Ou d’être tomber d’un pont. Ou n’importe quoi qui aurait mis ton corps en pièces. Tu ouvres doucement les yeux doucement, t’habituant difficilement à la lumière ambiante. Tu ne reconnais pas les murs de ta petite chambre étudiante. Ni de celle de votre maison familiale, dans la banlieue de San Francisco. Tu reconnais rien et il te faut un temps infini pour remettre les morceaux dans l’ordre. Pour te souvenir de ton périple à travers l’Amérique. De ton arrivé à Savannah et de cet accueil désastreux. De ce garçon un peu bourru qui t’a aidé et hébergé. Tu t’étires doucement, comme un chat qui aurait dormi une journée entière. Tu resterais bien là encore un peu. Sous cette couette de fortune qui, pourtant, te protège de l’extérieur. Ce canapé, il est même pas si inconfortable. Il a pris la forme de ton corps après tant d’heures à passer sans bouger. Pourtant, tu finis par te redresser doucement, baillant bruyamment. Et enfin, tu regardes autours de toi. Pour poser ton regard sur le garçon. Tu te redresses, jetant un dernier coup d’oeil autours de toi. C’est le bazar. Tu remets tes vêtements correctement, reposant ton regard sur lui. « j’ai failli appeler les flics. tu dors tout le temps comme ça ? » Petite montée d’adrénaline. Non ! Ils peuvent pas te ramener chez toi. Puis tu réalises qu’il a dit failli. Donc qu’il ne l’a pas fait. La pression redescend doucement. « … J’ai dormi longtemps ? » Ta bouche est pâteuse. C’est désagréable. T’as surement dormi pendant trop longtemps, restant complètement immobile. Une capacité étonnante selon ta colocataire de l’université. Ta façon de dormir sans bouger d’un poil pendant des heures. Comme un corps sans vie. Il parait que c’est étrange. Toi, tu sais pas. Ca a juste toujours été comme ça. Peut-être un souvenir de tes nuits passées avec Bee. A ne pas vouloir la déranger. A lui laisser l’espace de gigoter en te calant dans un petit coin du lit sans bouger. « y a du café… mais il est froid maintenant. et de la pizza, si tu veux. elle est froide aussi. » Tu réalises presque brutalement que tu meurs de faim. Et comme pour répondre à sa phrase, ton ventre se mets à grogner. Tu hésites un temps avant de t’approcher timidement. Tu sais pas vraiment pourquoi, mais il t’intimide. C’est ses yeux. T’as l’impression que son regard te transperce pour te crier que tu n’es pas la bienvenue. Ou bien ses mains. Elles sont drôlement grandes ses mains. Et tatouées. Tu le regardes un instant avant d’attraper une part de pizza et y planter tes dents. Tu t’assois du bout des fesses sur une chaise à coté de lui, dévorant ta pizza en silence. Tu te fous bien qu’elle soit froide. T’en as tant mangé. Là, dans ta chambre étudiante. A bouffer des pizza au milieu de la nuit parce que t’avais pas envie d’aller cuisiner au milieu des autres. Une fois terminé, tu en attrapes une autre. Puis une autre. Jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une. Tu sens son regard sur toi. Son regard médusé. Tu portes ta main vers la pizza avant de poser ton regard sur lui « mh … je peux ? »

Finalement, une fois terminé, tu te relèves pour aller fouiller dans ton sac et y sortir une liasse de billet. Plus beaucoup. Voyager jusqu’ici t’a couté une fortune. Alors tu te contentes de garder quelques dollars, prenant le reste pour le lui tendre. C’est moins que ce que t’aurais couté une chambre d’hôtel. Mais c’est tout ce que tu peux te permettre de lui offrir. « C’est tout ce que j’ai … Ca ira … ? » Tu espères sincèrement qu’il s’en contentera. Parce que tu sais vraiment pas quoi lui offrir d’autre. T’as pas grand chose de précieux sur toi excepté ton téléphone et ton ordinateur. Mais ça, tu crèveras avant de le donner à quelqu’un. Y’a bien aussi ton collier qui vaut surement une petite somme, mais même combat. Tu crèveras avant de le donner à quelqu’un. « merci de m’avoir aider … » Tu lui souris doucement, hésitant un instant avant d’ajouter « Je m’appelle Boo ». Tu gardes le surnom, enfouissant ton prénom à l’intérieur. Le plus loin possible.
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MessageSujet: Re: couchsurfing - nicky & boo   Mer 14 Juin - 6:33

ouf. elle est réveillée. un fardeau en moins à porter. manquerait plus que y ait le cadavre d’une inconnue sur ton canapé. ça ferait une sacrée histoire à raconter aux flics, eux qui t’aiment déjà pas beaucoup. tu saurais même pas leur expliquer comment elle a atterri là, ils te croiraient sûrement pas. et t’as certainement pas besoin des flics à fouiner partout dans tes histoires. t’es suffisamment dans la merde pour qu’ils viennent s’en mêler en plus de ça. alors tu caches pas le soupir de soulagement quand tu la vois se réveiller, débraillée. tu sais pas vraiment ce que t’aurais fait si elle aurait continué comme ça toute la vie, t’es même content de plus avoir à y penser. toute la journée. ça t’étonne qu’elle s’en rende pas compte d’elle-même, mais en même temps à passer la journée à pioncer t’imagine qu’elle doit paumer la notion du temps. tant pis, c’est pas grave. au moins t’es sauvé. et elle aussi. c’est tout ce que tu dois retenir, pas le désastre que ça aurait pu être si elle s’était pas réveillée. il aurait sans doute fallu que tu te tires, que tu reviennes plus jamais. abandonner l’appart, ta soeur, tout le monde. un beau putain de bordel. tu lui laisses le reste de la pizza volontiers, faudrait que t’arrêtes de bouffer. c’est pas bon pour ta forme et t’as même normalement pas le droit de toucher à ces merdes là. mais hé, nicky, depuis quand tu respectes les règles ? tu gagnes quand même. tu remportes les combats, les compétitions, les masses de fric. pizza ou pas pizza. smoothie dégueulasse ou bien non. tu la jauges un peu, de l’autre côté de la table, parce qu’elle t’apparait comme une créature étrange. un phénomène que tu pensais pas existant. les filles, tu les as jamais connues comme elles. timides. effarouchées. pourquoi elle veut pas parler, hein ? tu vas pas la bouffer. ça réveille ta curiosité, t’aurais envie de lui poser plein de questions tout en sachant qu’elle y répondrait jamais. alors t’es quand même un peu surpris de la voir te tendre une petite liasse de billets. te remercier pour l’avoir laissée squatter ton canapé défoncé. garde ton fric, j’en ai pas besoin. et puis tu pourras t’en servir pour te payer une chambre, comme ça. t’y touches même pas, à ces billets, tu refuses d’y jeter un autre regard. qu’elle les garde, elle a l’air d’en avoir plus besoin que toi. toi, t’as les combats. t’as les magouilles, l’argent facile, pas toujours mérité. casser des gueules contre quelques liasses. voler des voitures. décarcasser, vendre les pièces détachées. y a tout un tas de trucs que tu fais déjà, qui te rapporte sans trop de rapporter. et si t’es jamais contre un peu de thunes en plus, à dépenser dans la bière au bar avec les autres, t’es pas vraiment à l’aise pour prendre son fric à elle, qui t’a rien demandé, à qui t’as rien demandé non plus. tu te contentes de lui balancer ton nom en retour, un nicky. lancé en la dévisageant presque, parce que tu la trouves vraiment étrange, sans trop comprendre pourquoi. peut-être parce que toutes les meufs que t’as connu auparavant ont toujours essayé de t’arnaquer, sont jamais reparties à moins de t’avoir mis à sec, de t’avoir fait tourner la tête pour mieux se servir de toi. c’est ce qui arrive, quand on a les yeux plus gros que le ventre, t’imagines. quand l’appétit insatiable s’arrête sur une paire de fesses ou un joli décolleté, oubliant tout le reste. dommage, y a pas grand chose à regarder sur la gamine. boo. c’est même un drôle de nom, ça. en même temps, t’es pas le mieux placé pour parler, avec tes airs de baroudeurs des années soixante. foutue maman, pas capable de vous garder dans la normale. j’dois bientôt bouger, je comptais te réveiller. tu peux venir si tu veux, mais je crois pas que ce soit vraiment ton genre d’endroit. tu sais pas trop quel est son genre d’endroit. les poney clubs ou bien la bibliothèque. mais t’es bien certain que le ring, l’adrénaline, les poings qui dérapent sur les gueules suantes, c’est pas tellement son truc. et ce sera jamais son truc.
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couchsurfing - nicky & boo

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