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 I feel a crash coming (Tinks)

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MessageSujet: I feel a crash coming (Tinks)   I feel a crash coming (Tinks) EmptyMar 11 Avr - 19:38

Slight contemple l’écran de son téléphone avec un goût amer dans la bouche. Il ne sait pas si c’est la blessure qu’il a dans la bouche qui s’est rouverte (il s’est mordu la joue une fois où Merle a décidé de le réveiller en lui hurlant à l’oreille). Il passe la langue contre distraitement, en se replongeant dans son bouquin. La bibliothèque est un des endroits qu’il préfère en ville. Bon, en fait, c’est son endroit préféré. Il s’y sent en sécurité, personne ne vient jamais l’embêter ici, personne ne se moque de lui, et la bibliothécaire le regarde toujours avec un air bienveillant qu’il aurait aimé voir sur Darja. Problème : il ne peut pas y camper toute l’éternité, il y a des horaires d’ouverture. En général, quand il y va, c’est pour y rester au moins une heure, sinon ça ne sert à rien. Il comptait faire la fermeture aujourd’hui. Oui, Lenny fait la fermeture des bibliothèques comme les vieux alcoolos font la fermeture des bars, et oui, il trouve ça parfaitement normal et sensé pour un garçon de son âge. Si on lui demande s’il n’a pas envie de s’amuser plutôt, il ne comprend pas. Parce qu’aller à la bibliothèque est clairement une des activités les plus amusantes de ses journées. C’est Lenny, quoi. Et là, son plan est compromis, il le sent. Tout ça pour un message de Tinks. Il a demandé si c’était urgent pour la forme, c’est toujours urgent, avec Tinks. Même quand ça l’est pas. Mais il est angoissé à l’idée de savoir pourquoi Tinks a besoin de lui. Il est à peu près sûr qu’il n’est pas en train de se remuer les neurones devant un casse-tête ou d’essayer de faire un exposé sur Nietzsche. Il en est encore plus sûr lorsqu’il reçoit la réponse, qui le somme de se ramener en vitesse au Royal Smoak. Joie, ô joie, un bar sordide dans lequel Lenny ne voudrait jamais, au grand jamais, mettre les pieds. Pas sciemment, en tout cas. Pas de son plein gré non plus. Mais il n’est jamais question de plein gré quand il se retrouve avec Tinks. Il ferait n’importe quoi pour lui. Dès qu’il est à côté, il ne réfléchit plus, son cerveau passe en mode off. C’est du oui Tinks, d’accord Tinks, et il boit ses paroles comme si c’était Gandhi en personne qui lui causait, et il le regarde avec des yeux de chiot émerveillé. Le seul souci, c’est que Lenny aurait évidemment pu aider Tinks à résoudre un casse-tête ou à pondre une dissertation sur Nietzsche, mais en dehors de ça, il ne sert pas à grand-chose, Slight. Une petite chose fragile qui pleure, c’est tout ce qu’il est, pas bien utile pour Peter, ni pour Tinks. C’est pour ça qu’il s’est mis à la compta, pour ça qu’il fait des études de droit, parce que ce sont deux choses utiles à Peter qu’il est capable d’accomplir sans sourciller. Parce que ce sont deux choses parfaitement et indubitablement légales, aussi, et c’est terriblement important pour Lenny, de rester sur le droit chemin.

Il ne tergiverse pas pour autant en recevant sa réponse, ses affaires se remballent comme par magie dans son sac à dos et il quitte la bibliothèque la tête baissée, en tapotant sur le clavier de son téléphone. Il n’a pas envie d’y aller. Enfin, il a envie de voir Tinks, bien sûr, il a même envie de se retrouver seul avec Tinks, il croit, mais pas dans ce quartier, pas au Royal Smoak, pas quand Tinks lui dit qu’il a besoin de lui pour un truc de manière aussi sèche, sans aucune explication. Un truc. Lenny déteste ce mot. C’est laid, truc, et ça ne veut rien dire, en plus. Il aurait aimé savoir s’il devait se préparer mentalement parce qu’ils allaient faire quelque chose d’illégal. De toute façon, il serait venu, même s’il ne veut rien faire d’illégal. Juste parce que c’est Tinks qui le demande. Par contre, il ne sait absolument pas comment il va réagir une fois qu’il sera sur place et que Tinks lui demandera de voler le portefeuille de quelqu’un ou de trimballer de la drogue. La poussière de fées. C’est un nom bien trop joli pour cette saleté. Il traverse le quartier en faisant profil bas. C’est ridicule, d’avoir peur de se faire agresser au point de longer les murs. Surtout qu’il est habitué à se faire taper dessus. C’était un peu son lot quotidien, à l’école. Il ne devait pas y avoir d’activités plus cools que de tabasser Lenny. La ruelle du Royal Smoak est la pire, vieux poivrots sur le trottoir alors qu’il n’est pas si tard et types qui traînent de manière aléatoire. Lenny est persuadé qu’ils ont tous des crans d’arrêt dans la poche. Il repère Tinks devant le bar tout pourri et se rapproche très vite vers lui, pas très à l’aise. Pas du tout à l’aise. « Hey. Je suis là. » Comme si Tinks ne pouvait pas le voir. Au fond, il s’excuse presque d’être en retard, même s’il ne lui a pas donné d’heure, même s’il est parti immédiatement après avoir reçu son message. « Tu avais besoin de moi ? » Et le tremblement dans sa voix est tout sauf imperceptible.
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