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 what's wrong with you ? (jebo)

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Bo(losse)

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MessageSujet: what's wrong with you ? (jebo)   Dim 2 Avr - 23:04

Des bruits de pas, la porte qui claque et une main qui me secoue sans pitié pour me réveiller. J'émerge lentement, un peu déphasé, les yeux tout engourdis et je râle, gémis de mécontentement, putain, quoi encore ? La voix d'Arthur me parvient difficilement, je ne saisis pas tout ses mots, le cerveau encore à moitié assoupit. Mais le ton de sa voix est sans équivoque et je sais ce qu'il veut dire. Peut-être que son haleine alcoolisée et le rire de la fille, inconnue, avec lui me mettent sur la piste aussi. C'est pas vrai. Je roule sur le dos et balance la couette sur mon visage en échappant un long soupir épuisé, exaspéré. Ça n'en finit jamais, ce défilé de poules en état d'ébriété. Pourquoi il n'est pas foutu de se contenter de Fanny ? Une seule, c'est déjà suffisamment pesant comme ça. J'le sens qui tire sur la couette, qui insiste, qui continue de me parler mais cette fois-ci, je l'ignore volontairement. Mes oreilles fermées à ses jérémiades, à ses supplications. Bien sûr que je vais céder, bien sûr que je vais me tirer. Pas pour lui faire plaisir, pas parce que j'ai envie de me sacrifier pour lui (j'suis pas Jésus, punaise). Mais parce que je sais que là ou pas là, Arthur s'en fout et il fera ce qu'il a à faire. Et que je refuse d'entendre ça. Que ce soit clair. A contre-cœur, je finis par m'extirper du lit, frissonnant face à la fraîcheur de l'appartement alors que j'étais si bien, lové dans la chaleur de mes couvertures. Ah, l'enfoiré. Sans un regard, sans un mot, laissant simplement échapper toute ma contrariété par tous les pores de ma peau, je récupère couette et oreiller pour migrer dans le salon. Le corps encore endormis, je ne prends même pas la peine de déplier le canapé, je n'en ai pas le courage. Je me laisse lourdement tomber dans ce dernier en espérant pouvoir retrouver rapidement le sommeil et oublier que je viens, encore, de me faire virer de ma propre chambre. Colocation de merde. Mais le supplice ne s'arrête pas là. Je les entends rire, je les entends remuer et ça me dégoûte autant que ça me perturbe. Je sens déjà une chaleur honteuse se diffuser dans le bas de mon ventre et voilà que je me retrouve les yeux grands ouverts, nerveux. Le sommeil s'est tiré loin d'ici, me laissant seul avec mes démons et ce fond sonore digne d'une intro de film porno. L'enfer. Je tiens encore cinq minutes comme ça mais bien vite, je craque. Ce n'est pas supportable, je n'ai pas signé pour ça, bon sang. Je me lève et retourne devant la porte de la chambre que je me mets à tambouriner comme un sauvage.
- JE VAIS ENTRER ALORS CACHEZ VOUS !
Les bruits cessent, mais j'attends malgré tout quelques secondes pour m'assurer qu'ils aient le temps de disparaitre sous la couette, ne voulant absolument pas voir quoi que ce soit.
- JE RENTRE.
Que j'lâche tout en ouvrant la porte, cachant mes yeux de ma main gauche pour limiter mon champ de vision. Juste par précaution. J'ignore les remarques déplacées d'Arthur qui tente de me charrier et j'attrape rapidement et au hasard de quoi m'habiller dans le placard, avant de repartir le plus vite possible, mal à l'aise. Je claque la porte derrière moi et laisse retomber mes bras, mes épaules, échappant un long soupir de soulagement. L'immersion en terres dangereuses s'est bien déroulée finalement. Je file à la salle-de-bain pour me changer puis fourre mon pyjama dans mon sac-à-dos, ainsi que mes affaires de toilette, puis une fois mes chaussures aux pieds et mon gros pull enfilé, je quitte l'appartement en vitesse. Sans crainte, je traverse rapidement les quelques rues qui me séparent de chez Jemima, l'esprit vide, ne pensant surtout à rien, cherchant simplement à me calmer et à faire disparaître toutes traces d'excitation. Lorsque j'arrive devant la porte de son appartement, je suis redevenu moi-même. Simplement encore un peu agacé de devoir me taper une marche nocturne pour pouvoir dormir en paix. Je frappe trois grands coups à sa porte, sachant qu'elle est réveillée car il y a de la lumière qui filtre sous la porte. J'entends ses pas qui approchent, la clé qui tourne dans la serrure et la porte qui s'ouvre sans la moindre hésitation. Punaise. A peine m'a-t-elle aperçu que je fronce les sourcils, fâché.
- Mais t'es complètement imprudente Mima ! T'ouvre souvent la porte en pleine nuit aux gens, sans savoir qui c'est ? J'aurais pu être un détraqué et te vouloir du mal.
Mon ton est à la fois dur et inquiet, comme le serait un père. Peut-être bien que je prends mon rôle de grand-frère un peu trop au sérieux, mais je n'y peux rien. Faut bien que quelqu'un veille sur elle. Quelqu'un qui sait la vérité. Je souffle et rentre chez elle sans avoir attendu son accord.
- Je suis désolé de te déranger à cette heure-ci, mais Arthur a encore ramené une fille et j'...
Je m'interrompt au beau milieu de ma phrase, alors que mon cerveau assimile lentement ce que mes yeux découvrent. Je me fige et observe l'espèce de laboratoire amateur qui se dévoile devant moi. Y en a de partout. Y en a beaucoup. Beaucoup trop. J'entrouvre lentement la bouche, stupéfait. Bon sang, c'est quoi tout ça ? Avec un peu de difficulté, je tourne la tête vers Jemima et la dévisage, perplexe et à moitié contrarié.
- Mais c'est quoi tout ça ?
Que je demande froidement, méfiant. Et la bataille commence. Y a mon coeur qui veut croire que ce n'est rien d'autre que des travaux pour ses cours. Mais ma tête et mon instinct me soufflent de ne pas me faire avoir aussi facilement, que c'est probablement aussi louche que ça en a l'air. Et quelque chose me dit que ça ne sent pas bon tout ça. Pas bon du tout.
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Mer 5 Avr - 19:59

Il fait nuit, la lumière de son salon n'a rien de celle d'un labo mais les éprouvettes alignées comme des dominos laissent planer le doute. Il fait nuit, sûrement qu'il commence à se faire tard, mais Jem ne dort pas. Jem est là, nageant dans sa blouse et ses gants, concentrée sur les solutions qui fleurissent de partout. L'une qui bouillonne, l'autre qui décante, celle pour laquelle elle patiente et celle qu'elle mélange régulièrement. Des petits tas de poudres et de cristaux sagement rangés dans leurs boîtes, des bâtons et des sachets qui attendent sagement d'être remplis. Jem s'active comme si elle était seule dans une fourmilière, réglée comme une horloge, enfermée dans sa bulle. Alors quand elle entend frapper à sa porte, elle se fige. Elle n'attend personne ; pas ce soir, aucune commande n'est prête. Mais peut-être que c'est pour en passer une nouvelle. Ou peut-être qu'on vient simplement la déranger gratuitement, alors que son travail est fait d'une précision redoutable – elle a pas le temps pour une distraction intempestive. Calmement, elle retire ses lunettes de protection et ses gants, ne conservant que sa blouse élimée, trouée ou cramée par endroits, victime de toutes ses expériences foireuses. Elle avance jusqu'à la porte à pas mesurés, et la déverrouille tranquillement. À peine le temps d'apercevoir la tignasse de son frère que déjà, elle se sent agressée par ses sourcils froncés et son ton accusateur. « Mais t'es complètement imprudente Mima ! T'ouvres souvent la porte en pleine nuit aux gens, sans savoir qui c'est ? J'aurais pu être un détraqué et te vouloir du mal. » Ah, Bo et son inquiétude, Bo et son instinct protecteur qui l'étouffe parfois. Il est fâché, elle a l'air presque blasée. « Bonsoir à toi aussi. » Il en oublie toute politesse, tant il s'empresse de la sermonner. Elle s'en serait bien passée, ce soir. « Calme-toi. Par chance t'es pas un détraqué, je risque rien. Et puis je sais me défendre, de toute façon. » Il le sait. Il le sait même mieux que personne. Elle finit quand même par afficher un sourire ingénu, levant la main vers le visage de Bo, amenant son pouce vers son front qu'elle frotte doucement, comme si elle tentait de lisser les traces d'inquiétude qui se sont formées. À force, il va finir ridé avant l'âge. « Arrête de froncer les sourcils comme ça, on dirait papa. » Elle n'a pas l'impression qu'il soit vraiment prêt à l'écouter, et il ne met pas longtemps à entrer sans y avoir invité. Pourtant elle dit rien, parce que c'est Bo. Il a le droit de venir quand ça lui chante – sauf, peut-être, quand elle est noyée sous les fioles et les tables périodiques. Bon sang, ses expériences. Elle grince des dents en fermant la porte, commençant à songer qu'il a peut-être raison. Si elle avait vérifié l'identité du visiteur, elle aurait pu ranger son bazar avant de lui ouvrir. Trop tard. « Je suis désolé de te déranger à cette heure-ci, mais Arthur a encore ramené une fille et j'... » Elle ne prête même pas attention à son explication, ni au prénom d'Arthur. L'information n'est pas enregistrée par son cerveau – elle s'en fiche. Aucune importance, tout ça. Parce que déjà, elle voit les yeux de son frère parcourir son laboratoire en chantier, trop rempli, sans rien pour le cacher. Les fioles et les éprouvettes et les solutions diverses et variées, les contenants qui attendent de se remplir pour être distribués. Mais Jem ne regarde pas ce qui s'étend face à eux. Elle n'a d'yeux que pour Bo et la stupéfaction qu'elle devine sur ses traits, l'inquiétude qu'elle voit déjà poindre dans son regard. Il a compris, au moins en partie. « Mais c'est quoi tout ça ? » Elle peut pas lui dire que c'est un devoir à rendre, il y croira jamais. Elle veut bien mentir, mais pas le prendre pour un con à ce point. « Rien. » Ça commence mal. Elle soupire. « Rien de grave, fais pas cette tête. » Elle sait même pas comment se sortir de ce faux pas. Alors elle décide que le mieux est encore d'améliorer la vérité, de n'pas tout dire mais un peu quand même – elle réussira pas à lui faire gober n'importe quoi, elle en a parfaitement conscience. « Tu sais, les cours sont intéressants, mais pas très.. stimulants. Je fais simplement des expériences de mon côté, pour voir ce que j'peux réussir à fabriquer toute seule chez moi. Ça serait mieux dans un vrai labo, mais bon. Je crois qu'ils n'apprécieraient pas trop mes idées, à la fac. » Elle hausse les épaules, comme si ce n'était pas important dans le fond – comme si elle n'était qu'une gamine qui tente de nouvelles recettes de gâteaux dans son coin. Des gâteaux qui explosent, qui dissolvent, qui peuvent rendre accro ou potentiellement vous tuer. Mais ce n'est qu'un détail. « C'est rien Bo, je m'entraîne juste. Commence pas à t'inquiéter pour rien. » Elle commence à lui faire son regard le plus innocent, celui auquel on ne dit jamais non, mais du bruit attire soudainement son attention. Le petit bocal qu'elle avait laissé à chauffer se met à déborder, puisqu'elle ne le surveille plus depuis l'arrivée de Bo. Ça mousse, ça coule partout, ça fait des bulles et ça commence à rappeler un volcan proche de l'éruption. « Oh non. » Elle se précipite vers la table, remet ses gants de protection à la va-vite pour attraper le récipient et le retirer de la source de chaleur. Elle se met à grogner quand ça dégouline partout sur la table, y compris sur les feuilles éparpillées, noircies de ses notes et gribouillages. Des listes de commandes et d'ingrédients, des noms de clients, des recettes chimiques. Elle finit par s'éclipser jusqu'à la cuisine, déposant son attirail dans l'évier histoire que ça ne fasse pas plus de dégâts. Elle ouvre l'eau pour stopper la réaction, oubliant presque qu'elle a laissé Bo seul dans la pièce d'à côté. Presque. « SURTOUT NE TOUCHE À RIEN, J'ARRIVE ! » Et elle se remet à pester dans son coin en nettoyant son bazar comme elle peut, gémissant un peu en découvrant que ça a coulé sur son poignet. Pas grand-chose – pas assez pour la blesser, juste quelques gouttes qui l'ont un peu brûlée. Quel désastre. Elle retient la leçon : la prochaine fois, elle n'ouvrira pas.
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Mer 26 Avr - 9:35

- Bonsoir à toi aussi.
Je sens bien la pointe de reproches dans sa voix, mais je n'y fais pas attention. J'ai des choses bien plus importantes que les politesses en tête ce soir.
- Calme-toi. Par chance t'es pas un détraqué, je risque rien. Et puis je sais me défendre, de toute façon.
Mes yeux s'arrondissent dans un premier temps, sidéré par ses propos. Jusqu'à ce que je vienne lever les yeux au ciel en soupirant, désespéré. Elle m'exaspère quand elle fait ça. Quand elle se croit invincible comme ça. Elle a eu de la chance une fois, mais rien ne lui assure que ça se passera toujours comme ça. Et puis même, tuer quelqu'un n'est pas une réussite en soi. Elle ne devrait pas être sereine comme ça. Je la fusille du regard, l'air désapprobateur. Les parents l'ont toujours énormément ménagée sur ce sujet-là, n'osant pas en reparler, n'osant pas la perturber ou la peiner. Moi pas. Parce que je sais des choses qu'ils ignorent. Parce que c'est mon devoir de la ramener sur terre dans ce genre de moment. Parce qu'elle devrait prier tous les jours pour demander pardon à Dieu pour avoir tué un de ses enfants. Mais elle ne le fait pas. Et j'espère que Dieu comprendra pourquoi. Qu'il ne lui en tiendra pas rigueur et qu'il l'acceptera malgré tout près de lui, là-haut, au paradis.
- Ouais, ben tu ne seras peut-être pas toujours aussi chanceuse ! Et si l'mec a un flingue ? Tu peux arrêter les balles aussi ? T'es immortelle peut-être ?!
Je suis réellement fâché. Parce que j'ai peur pour elle. Parce que je m'inquiète. Que je voudrais pouvoir être à ses côtés en permanence pour pouvoir la surveiller et veiller sur elle. Prendre soin d'elle. M'assurer qu'il ne lui arrive plus jamais rien. Qu'elle ne déconne plus.
- Arrête de froncer les sourcils comme ça, on dirait papa.
La remarque est piquante et me fait réagir. Aussitôt, je me redresse et défronce les sourcils, un peu vexé. Je n'ai pas envie de lui ressembler. Je ne lui ressemble pas. Lui et moi, on n'a rien en commun. Un coup le visage radieux, inondant de bienveillance et d'amour, pour tous les fidèles de sa paroisse. Un coup froid, grave et sévère, pour l'éducation de ses enfants. Je ne suis pas comme ça (je n'espère pas). Je me contente de grimacer en guise de protestation, pour lui montrer mon désaccord. N'importe quoi, lui souffle ma mine boudeuse. De toute façon, j'oublie rapidement sa réflexion en constatant le chantier qui s'étale devant moi. Mon cœur s'affole, alors que l'inquiétude devient plus grande, prenant toute la place sous mon épiderme. Bon sang. Quelque chose me dit que j'ai bien fait de venir finalement. Je m'indigne et l'interroge sans plus attendre, cherchant à comprendre ce qu'elle est (encore) en train de trafiquer ici.
- Rien.
Je me redresse, croise les bras et pince les lèvres tout en la fixant sévèrement. Ne me prend pas pour un con. Elle soupire, ça l'agace clairement. Tant pis pour elle, fallait y penser avant de jouer au petit chimiste.
- Rien de grave, fais pas cette tête.
Je me remets à froncer les sourcils tout en la dévisageant, intransigeant.
- Jem.
Que je dis simplement, sur un ton sec et qui ne laisse pas place à la négociation. Faut qu'elle passe aux aveux, aux explications et sur le champ. Parce que je n'aurais pas la patience d'écouter ses conneries ce soir. Ni ce soir, ni jamais. Je sais qu'elle me ment et me manipule souvent. Faut pas croire que je suis stupide et que je ne vois rien. Mais la plupart du temps, je me laisse faire, je me laisse avoir, parce que je ne vois pas l'intérêt d'aller contre elle. Mais pas ce soir. Parce que ça peut être dangereux. Et le simple fait de l'imaginer en train de se blesser, d'exploser, ou simplement de fabriquer des trucs douteux, ça me met dans tous mes états. Un mélange de colère et de peur.
- Tu sais, les cours sont intéressants, mais pas très.. stimulants. Je fais simplement des expériences de mon côté, pour voir ce que j'peux réussir à fabriquer toute seule chez moi. Ça serait mieux dans un vrai labo, mais bon. Je crois qu'ils n'apprécieraient pas trop mes idées, à la fac.
Et voilà ! Je l'savais. Je décroise les bras et gonfle la poitrine tandis que je prends une grande inspiration indignée. Je la fusille du regard, réellement mécontent. Bon sang, on est pas en train de parler de peinture là. On parle de chimie, de trucs explosifs, corrosifs, inflammables ! Pourquoi faut toujours qu'elle fasse ça. Qu'elle se pense au-dessus du danger comme ça ?
- Jem bon sang ! La fac refuse tes idées, probablement pour une excellente raison qui doit avoir un rapport avec le fait que c'est dangereux j'imagine ? Et toi, tu te dis que tu vas faire ça chez toi ? Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ! T'es complètement inconsciente.
Je suis furax. Et frustré aussi, parce que je ne sais pas comment m'y prendre avec elle, pour lui faire entendre raison. Je voudrais tellement parvenir à lui faire ouvrir les yeux sur la réalité de la vie, mais c'est impossible. Elle plane à des kilomètres de là, perdue dans sa bulle faite de logique et d'extravagance. Et moi j'suis en-dessous, à hurler vainement pour attirer son attention. Mais elle n'entend rien, elle ne voit rien.
- C'est rien Bo, je m'entraîne juste. Commence pas à t'inquiéter pour rien.
Je pointe l'index dans sa direction, comme le ferait un père qui engueule sa progéniture. Après tout, puisque papa n'est pas là, faut bien que quelqu'un prenne le relais.
- Me fais pas tes yeux de merlan fris Jemima, ça n'prend pas avec m...
Pas le temps de terminer ma phrase. Un bruit inquiétant attire notre attention à tous les deux et je relève les yeux, pour constater avec effroi qu'une de ses solutions est en train de mousser et de se faire la malle, s'éparpillant un peu partout. Voilà, je l'avais dit. Je la vois attraper le récipient et je ne peux pas m'empêcher de frissonner.
- Jem, fais attention, bon sang..
Aucun reproche cette fois-ci, juste une inquiétude sincère. Je serre les dents et retiens mon souffle tout en la regardant faire.
- C'est dangereux c'truc ? J'peux t'aider ?
Mais elle s'éclipse déjà dans la cuisine, me laissant seul dans le salon. Je soupire et passe une main fatiguée sur mon front. Comment je vais gérer tout ça ? Comment je vais la gérer elle ? Je me sens impuissant et dépassé. Je souffle une seconde fois alors qu'elle hurle depuis la cuisine de ne toucher à rien. Cause toujours. Je m'approche malgré tout de sa table de travail, avec pour simple intention de vouloir l'aider à nettoyer un peu. J'attrape les papiers, tentant de sauver ce que je peux, secouant ceux trempés et abimés. Y en a qui sont à moitié dévorés, et ça me fait dire que le liquide est aussi dangereux qu'il en a l'air. Super. Je secoue la tête, de plus en plus mécontent. Elle n'aurait pas pu faire un cursus moins dangereux ? Genre, sociologie ? C'est bien la socio. Je rouspète dans mon coin, attrape une nouvelle feuille et la secoue loin de moi pour faire partir le liquide qui roule dessus. Puis, j'y jette un coup d’œil, curiosité innocente. Mais ce que je vois ne me rassure pas plus que ça. Y a toute une liste de nom, avec des numéros à côté. Je plisse le front, sans comprendre ce que je suis en train de lire exactement. Y a juste cette sensation désagréable au fond de ma poitrine, qui me fait dire que ce n'est pas bon signe. Comme toujours quand il s'agit de Jemima. Mais à quoi elle joue ? Qu'est-ce que j'ai raté encore ? Je fonce jusque dans la cuisine, la retrouvant en train de rincer le tube. Je me pointe à côté d'elle et agite la feuille sous son nez, en la tenant par un bord sec.
- C'est quoi ça, Mima ?
Je suis sérieux. Très, sérieux. Je la fixe gravement, signe que je n'ai pas envie de plaisanter. Pas envie d'entendre ses mensonges. Elle est en train de manigancer un truc dans mon dos et je veux savoir ce que c'est. Et surtout, je veux pouvoir arrêter ça avant que ça ne dégénère trop.
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Mar 9 Mai - 19:59

« Ouais, ben tu ne seras peut-être pas toujours aussi chanceuse ! Et si l'mec a un flingue ? Tu peux arrêter les balles aussi ? T'es immortelle peut-être ?! » Il hausse le ton et elle voit bien qu'il est en colère, probablement aussi inquiet que fâché. Mais ça la fatigue, de faire face à ses remontrances – surtout quand elles viennent briser sa bulle de calme et de silence. « Commence pas à crier, tu sais que j'n'aime pas qu'on me parle comme ça. » C'est aussi froid que sec, et elle croise les bras contre sa poitrine en affichant un air désapprobateur. Il débarque en pleine nuit et se permet de l'agresser, bien sûr que ça lui plaît pas et qu'il le sait. Pourtant, elle est pas énervée. Juste irritée, et un peu vexée. Et elle prend bien soin d'ignorer ce qu'il dit, parce qu'elle veut pas entrer dans ce débat avec lui, parce que ça risquerait de mal tourner et elle n'a aucune envie de se disputer avec Bo. Alors elle prend sur elle, même si elle regrette amèrement de l'avoir laissé entrer quand il pose les yeux sur son labo improvisé. Elle sent venir les questions, le regard inquisiteur, l'air accusateur. Il va pas aimer, et elle est pas sûre de vouloir affronter tout ça, alors elle tente de dédramatiser les choses. « Jem. » L'autorité qui émane de lui la fait abdiquer, même si elle se garde bien de tout avouer. Seulement les bases, l'essentiel, ce qui ne l'incrimine pas trop. Elle a peur de tendre le bâton pour se faire battre, peur de ce qu'elle pourrait voir dans ses yeux ; l'incompréhension, la déception. Elle veut pas tout ça, elle veut juste que ça continue sur cet équilibre un peu précaire, lui qui s'inquiète trop vite et trop fort, elle qui fait tout pour passer ses travers sous silence. Tant qu'il sait pas tout va bien, tant qu'elle fait mine de gérer elle risque rien. Pourtant y a le regard de son frère qui la fusille et elle se sent passoire, l'anxiété qui lui noue la gorge et la colère qui crépite sous ses doigts. Elle se sent coupable, elle a un peu honte, et elle sent venir la tempête avant même qu'il n'ait ouvert la bouche. « Jem bon sang ! La fac refuse tes idées, probablement pour une excellente raison qui doit avoir un rapport avec le fait que c'est dangereux j'imagine ? Et toi, tu te dis que tu vas faire ça chez toi ? Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ! T'es complètement inconsciente. » Tout ce qu'elle retient c'est qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi et c'est pire que tout, c'est que Bo trouve qu'un truc cloche, c'est que Bo la pense détraquée. Il peut pas penser ça, elle peut pas le supporter, il a pas l'droit putain il a pas l'droit. « Je t'ai dit d'arrêter de me parler comme ça. » Sa voix est tellement basse que c'est presque inaudible, et elle fuit son regard, menton baissé, serrant les poings jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent dans ses paumes. Elle veut pas se fâcher. Elle peut pas. Elle est pas comme lui, elle explose pas, elle crache pas tout ce qui n'va pas. Elle encaisse. Y a encore de la place pour ça, mais le jour où ça sera trop elle fera quoi ? Elle sait pas. Vaut mieux ne pas savoir, sûrement. En attendant elle inspire, expire, se force à faire abstraction de la douleur qui lui comprime la poitrine, la sensation de brûlure qui la glace pourtant, quand elle croise son regard. Elle tente de ne rien montrer, ravalant ses émotions pour ne laisser paraître que son air de petite fille, celle qu'il a vu grandir à ses côtés. Mais il tend son index vers elle et ça lui fait le même effet que s'il la menaçait avec un flingue. « Me fais pas tes yeux de merlan frit Jemima, ça n'prend pas avec m... » Bien sûr que ça prend, ça prend chaque fois et elle sait que parfois il fait exprès, parfois il accepte seulement pour lui faire plaisir, parce qu'elle est sa sœur et qu'il laisse trop de choses passer. Peut-être que ça fait partie des raisons pour lesquelles il reste son préféré. De toute façon il n'a même pas le temps de finir sa phrase, le désastre est déjà là. Mais faut croire qu'ils ont quand même de la chance ; ce qui déborde c'est pas elle, seulement son expérience.

Les gants enfilés à la va-vite et ses mains sur le récipient, elle tente de limiter la casse en le retirant de la source de chaleur immédiatement. « Jem, fais attention, bon sang.. » Il continue de s'inquiéter et elle voudrait lui cracher qu'il peut arrêter, qu'elle sait se débrouiller, mais elle n'en a ni le cœur ni le temps. « C'est dangereux c'truc ? J'peux t'aider ? » Déjà elle commence à s'éclipser, le contournant avec précaution pour se diriger vers la cuisine. « Non. Reste ici. » C'est à son tour de prendre un ton autoritaire, avant de disparaître de son champ de vision. Elle abandonne tout dans l'évier et rince à grande eau pour stopper les dégâts, avant de se rendre compte qu'une petite quantité a coulé sur son poignet – c'est trois fois rien mais ça suffit à laisser une trace, la peau légèrement brûlée, promettant l'apparition d'une cloque. Une chance que ce soit pas une solution nocive, voilà le résultat quand elle revêt pas ses affaires de protection correctement. Elle râle, prenant le soin de demander à Bo de n'rien toucher, avant d'ôter ses gants pour mieux inspecter sa blessure. Elle a le bras sous le jet d'eau froide quand elle l'entend arriver, se retenant de lever au ciel. Et après il s'étonne qu'elle n'obéisse pas – quand il fait ça, elle a de qui tirer. « C'est quoi ça, Mima ? » Elle tourne la tête vers ce qu'il agite sous son nez, reconnaissant directement sa propre écriture. Des noms, des numéros. Sa liste de clients, prisonnière des griffes de son frère, qui prend un air grave. Elle a l'impression d'être face à leur père. « Une feuille, de toute évidence. » Comme si c'était ça qu'il demandait. Elle sait très bien que ce n'est pas le cas, mais elle est pas sûre de savoir quoi lui répondre. Alors elle soupire, éteignant l'eau, évitant soigneusement le regard de Bo. Elle lève son poignet vers elle, faisant mine d'inspecter les dégâts, utilisant sa main libre pour appuyer sur la brûlure, pincer la peau, tirer, tester quelle est l'opération la plus douloureuse. « C'est une liste de gens. Mes expériences en intéressent certains, parce que tu vois, elles ont du potentiel. » Contrairement à ce qu'il semble penser, et ça la vexe plus profondément qu'elle ne veut l'avouer. « On me paie parfois pour tester des petites choses. Trois fois rien. » Évidemment elle tait la nature de ses expériences – les minis bombes et les solutions nocives et les drogues à petite échelle. Il y connaît rien Bo, alors elle se dit que ça devrait passer, qu'elle pourra lui faire gober ça. Quand elle lève les yeux vers lui, son visage ne montre rien d'autre qu'une pointe de culpabilité, quelque chose qui donnerait presque envie de lui pardonner. « Ça me permet d'être un peu plus indépendante, c'est pas grand-chose mais grâce à ça, je gagne de l'argent par mes propres moyens. Et je fais ce que j'aime, surtout. » Elle grimace à moitié en plaquant la main sur sa brûlure, semblant hésiter une seconde avant de reprendre la parole. « Si j'suis partie de la maison, c'est aussi pour avoir plus de liberté. Pas toi ? » Son regard se plonge dans le sien à nouveau, interrogateur, presque suppliant. La voix qui semble aussi fragile que sa silhouette, alors qu'elle se recroqueville un peu sur place. « Alors s'te plaît, ne m'engueule pas chaque fois que je fais mes propres expériences. J'ai besoin de savoir que t'es avec moi, pas que tu prennes la place des parents. » Ça se rapproche dangereusement du chantage affectif et sûrement qu'au fond elle le sait, mais y a une part de vrai. Elle voudrait qu'il l'épaule, pas qu'il la supervise. Elle a peur qu'il la juge, qu'il décrète qu'elle n'a plus sa place ici et qu'il prévienne leurs parents, qu'elle se fasse punir et rejeter. Elle pourrait pas affronter ça. Pas si c'est lui qui lui fait un tel coup bas.
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Jeu 18 Mai - 15:35

- Commence pas à crier, tu sais que j'n'aime pas qu'on me parle comme ça.
Je me braque, me dresse et la dévisage, mécontent. Mais je n'en ai rien à faire qu'elle n'aime pas ça. Je n'ai jamais été là pour céder à tous ses caprices, pour se plier à ce qui l'arrange. Je n'hausse pas souvent la voix sur elle, très rarement même. Mais y a des fois où elle va trop loin. Y a des fois, où elle ne me laisse pas le choix. Sinon, elle n'écoute pas. Déjà que là, j'ai l'impression de parler dans le vide.
- Hey ! Pas d'ça avec moi Mima. Le ton sec, intransigeant.
Les plaintes, les bras croisés et le regard noir. Ça marche avec notre mère, parce qu'elle a le cœur trop coulant et qu'elle ne veut jamais contrarier ses enfants. Que c'est notre père qui impose les règles et les fait respecter, même à notre propre mère. Mais avec moi, ça ne prend pas. Et je déteste quand elle se victimise comme ça. Quand elle essaye de me retirer mon rôle de grand-frère en remettant en cause mon autorité sur elle. Je suis l'aîné, je l'ai quasiment élevé. Je l'ai toujours protégée. Même contre les parents. Surtout contre les parents en fait. Alors si je veux hausser le ton, j'ai le droit. Et elle doit faire avec. D'ailleurs, je ne me prive pas pour continuer lorsqu'elle m'explique brièvement le pourquoi du comment. Elle va me rendre dingue. Vraiment. Elle ne réalise même pas à quel point c'est pesant pour moi de m'inquiéter pour elle en permanence. De toute l'énergie que ça me demande au quotidien. Comme si je n'avais déjà pas assez de problèmes avec moi-même. Comme si je ne luttais déjà pas assez contre mes propres démons. Je voudrais qu'elle s'en rende compte, rien qu'une fois. Qu'elle fasse des efforts, pour de vrai. Mais je ne dis rien. Je prends sur moi et je me débrouille pour puiser encore plus d'énergie au fond de moi. Parce que j'ai promis de veiller sur elle. Quoi qu'il arrive. Quitte à m'oublier s'il le faut. Elle passera toujours avant. Avant tout. Avant moi-même.
- Je t'ai dit d'arrêter de me parler comme ça.
Je plisse les yeux et tends l'oreille, ne captant pas ses grommellements.
- De quoi, qu'est-ce que tu dis ?!
Le ton ferme, fâché, signe qu'elle n'a plutôt pas intérêt à répéter ce qu'elle vient de dire de façon audible, au risque de vraiment faire dégénérer les choses. Je voudrais bien continuer à la sermonner comme ça. La faire s'asseoir avec moi sur le canapé, se poser, discuter, revoir certaines règles, certaines limites. Y a besoin d'une mise au point là. Mais pas le temps. Ses mélanges s'agitent, s'affolent et ça déborde. Bon sang ! Je panique un peu, craignant qu'on explose ou que l'appartement prenne feu ou se fasse ronger par l'acide jusqu'à trouer le sol et les murs. Je n'ai aucune idée de ce qu'elle était en train de préparer mais je sais malgré tout que ce n'était pas une potion magique pour faire pousser les tulipes plus vite. Alors forcément, je m'inquiète. Forcément, je veux intervenir, je veux l'aider. Mais je me fais recaler.
- Non. Reste ici.
Et voilà, toujours la même histoire qui se répète. Dès qu'il s'agit de ses trucs de chimie, elle me tient à l'écart. Je ne sais pas comment je dois le prendre. Est-ce qu'elle m'imagine trop con pour comprendre ? Trop bête pour faire n'importe quoi et aggraver les choses ? Ou est-ce que c'est juste qu'elle veut garder son jardin secret ? Me tenir à l'écart d'une partie de sa vie ? Et pourquoi elle voudrait ça d'abord, hein ? Elle n'a plus confiance en moi ? Je soupire et passe une main sur mon front. Stop, Bo. Stop. Ce n'est pas le moment de se laisser aller à ce foutu sentimentalisme fragile. J'oublie tout ça et n'en fait qu'à ma tête. Je vais pour fouiller, pour récupérer les papiers. Je ne sais plus si mes intentions sont vraiment désintéressées ou pas. Je n'en suis pas très sûr. En fait, je crois que je préfère ne pas me poser la question, ne pas savoir. Et c'est là que je tombe sur une feuille, à l'allure coupable. Elle se détache du lot, parce qu'il n'y a ni formules, ni notes d'inscrites dessus. Juste des noms et des numéros. Bon sang. Qu'est-ce qu'elle fabrique avec tout ça ?! Je la rejoins dans sa cuisine, furieux, brandissant la feuille sous son nez, exigeant des explications.
- Une feuille, de toute évidence.
- JEMIMA !
Je crie, c'est plus fort que moi. Mais j'ai peur. Pour elle. Alors ça me mets en colère qu'elle joue à ça. C'est pas le moment. Ce n'est, vraiment, pas le moment. Je froisse la feuille entre mes doigts alors que ceux-ci se contractent sous l'effet de mon état. J'ai envie d'exploser, de hurler, de la prendre par les épaules et de la secouer, pour lui demander si elle saisit la gravité de la situation. Parce que comme d'habitude, elle ne voit rien. Elle est dans son monde, un monde où les actes n'ont pas de conséquences. Du moins, rien de grave. Elle finit par abdiquer, dieu soit loué.
- C'est une liste de gens. Mes expériences en intéressent certains, parce que tu vois, elles ont du potentiel.
Mais en vérité, ça ne me rassure pas. Pas du tout même. C'est tout l'inverse. Mes yeux qui s'arrondissent de surprise et de désapprobation. Non, pas ça. Surtout pas ça. Des gens qui lui refilent de la thune pour faire je ne sais quoi ? Dans mon dos en plus ? J'en reviens pas qu'elle me fasse ce coup-là ! Je me redresse, les yeux qui clignent, le regard qui vrille vers le plafond alors que j'agite brièvement mes mains devant moi, signe que c'est trop pour moi tout ça.
- On me paie parfois pour tester des petites choses. Trois fois rien.
Je ne la crois pas. Pas un seul instant. Je ne suis pas dupe et je la connais depuis le temps. Et qui paierait une gamine en chimie au black pour des expériences du genre "trois fois rien" hein ? Elle me prend pour un abrutis et ça me fous les boules. Je n'ai peut-être pas son QI, je ne suis peut-être pas scolaire, peut-être pas capable de comprendre la moité de ses cours. Mais je suis loin d'être un crétin malgré tout. Surtout quand il s'agit d'elle. Je la connais trop bien.
- Oh bien sûr, trois fois rien, j'imagine !
La voix froide, sèche, teintée de sarcasme. Je me retiens. Je me retiens vraiment. Je sais que si j'explose, si je me mets à lui crier dessus, je vais perdre son attention, elle va se braquer, partir dans ses retranchements et je n'obtiendrais plus rien d'elle. Je me détourne d'elle, papier toujours en main et glisse mes doigts dans mes boucles en faisant quelques pas, pour me forcer à me calmer, à me contrôler. J'inspire, expire.
- Ça me permet d'être un peu plus indépendante, c'est pas grand-chose mais grâce à ça, je gagne de l'argent par mes propres moyens. Et je fais ce que j'aime, surtout. Si j'suis partie de la maison, c'est aussi pour avoir plus de liberté. Pas toi ?
Je me tourne à nouveau vers elle et me fige. Les épaules affaissées, la mine dépitée, je ne sais plus quoi faire. Elle est tellement loin de ma réalité. Y a toute cette galaxie qui nous sépare et je m'y perds parfois. J'ai l'impression de ne servir à rien. De ne pas la gérer, de ne pas l'aider. L'impression que si je n'étais pas là, ça ne changerait rien. C'est décourageant parfois. Le regard perdu, déçu de moi-même, je serre les dents et dévie mes prunelles pour les poser dans le vide tout en secouant lentement la tête. J'aimerais trouver une solution à tout ça. Mais je ne vois pas. Je cherche depuis des années. Depuis ce fameux soir dans la ruelle. Mais je ne trouve rien. Je me sens impuissant et c'est, vraiment, très frustrant.
- Alors s'te plaît, ne m'engueule pas chaque fois que je fais mes propres expériences. J'ai besoin de savoir que t'es avec moi, pas que tu prennes la place des parents.
Nous y voilà. Je l'attendais ce moment, où elle allait venir tirer sur la corde de mes sentiments. Elle emploie toujours le même schéma. Et le pire, c'est que 98% du temps, ça marche. Mais ce soir, pas de chance pour elle, c'est le tour des 2% restant. Je reviens vers elle, contrarié.
- Non, non, non, Mima pas cette fois. C'est trop grave là.
Je plie la fameuse feuille sous ses yeux et l'enfonce dans la poche de mon jean.
- Déjà, ça, ça reste avec moi.
Je crois que je vais avoir quelques coup de fils à passer demain. Je voudrais continuer mais je m'interromps, claquant ma langue sur mon palais de façon agacée.
- Et bon sang, qu'est-ce que tu fiches avec ton poignet depuis tout à l'heure ?!
J'attrape sa manche et tire dessus pour la forcer à ramener son bras sous mes yeux, tout en évitant d'établir trop de contact. Et c'est là que je vois la trace de brûle sur sa peau claire. Je me renfrogne aussitôt, relâche sèchement sa manche et la fusille du regard.
- Trois fois rien, hein ?
Du trois fois rien qui brûle la peau, quand même. Alors, le temps d'un instant, j'oublie les remontrances. D'abord son bien-être, ensuite, son comportement. Je viens me placer derrière elle, pour l'inciter à avancer et lui désigne la porte.
- Allez hop, salle-de-bain Mima, faut qu'on s'occupe de ça.
La voix à la fois ferme et paternelle. Fâchée et inquiète. Je fouille dans les placards de sa salle-de-bain, jusqu'à trouver de la biafine.
- Assied-toi.
Que je lui souffle tout en faisant de même, sur le rebord de la baignoire. J'ouvre le tube de crème et en met un peu sur le bout de mes doigts. Puis, un peu nerveux, je prends trois secondes pour respirer. Pour me concentrer. Pour me calmer. Allez Bo, c'est rien d'accord ? Tu dois prendre soin d'elle. Elle passe avant toi. Je lui fais signe de poser son poignet sur ma main libre, luttant de toutes mes forces pour ne pas retirer brusquement ma main à cause du contact. Je serre les dents, les traits du visage tendus. Puis, sans un mot, je viens appliquer la crème en petits mouvements circulaires sur sa plaie. J'aime pas ça. Je déteste ça même. Je voudrais aller me rincer les mains et rentrer chez moi. Mais je n'en fais rien. Je m'applique, je prends le temps nécessaire. Comme je l'ai toujours fait avec elle. Je me décide finalement à parler, pour essayer de penser à autre chose que nos deux peaux qui se caressent.
- Va falloir que tu trouves un autre moyen d'être indépendante Mima. Parce que ça, c'est non. C'est beaucoup trop dangereux.
Je relève les yeux vers elle, soucieux.
- Qui sont ces gens Mima ?
Je fronce légèrement les sourcils, dans une moue perplexe et inquiète. J'essaye de comprendre ce qu'il se passe. Ce qu'elle fait. Comment elle en est arrivée là. Mais j'ai du mal à assembler tous les morceaux pour l'instant. Comment j'ai pu être aveugle à ce point-là ?
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Jeu 1 Juin - 13:03

« Hey ! Pas d'ça avec moi Mima. » Et il recommence, avec le ton autoritaire et les remontrances. Elle a envie de lever les yeux au ciel et de se mettre à bouder, de lui dire que s'il est venu pour crier il peut prendre la porte, de lui faire passer l'envie de la disputer. Mais elle fait rien. Elle se contente de le fixer en silence et peut-être qu'y a un peu de défiance au fond de ses yeux, quand elle les vrille sur lui. Elle cille pas, ne bouge pas. Elle reste là, à le regarder, bras croisés contre la poitrine. Presque comme un rejet de son autorité, pour lui montrer qu'elle veut pas ployer. Mais elle est forcée d'le faire quand il touche en plein cœur, qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi et sa gorge qui se noue, son menton qui se baisse, ses ongles qui se plantent dans ses paumes. Elle déteste qu'on lui parle comme ça, elle supporte pas – et venant de Bo ça fait mal plus que ça ne la met en colère. « De quoi, qu'est-ce que tu dis ?! » Quand elle lève à nouveau le regard vers lui, ses prunelles se sont assombries. Elle se retient, se contient, mais elle lève la tête comme si elle le défiait encore une fois, avant d'enfin ouvrir la bouche. « Parle-moi sur un autre ton. » Parce qu'elle déteste celui qu'il emploie, parce qu'il sonne comme leur père et que c'est pas d'ça qu'elle a besoin ; c'est de lui, Bo, son frère, pas cette figure autoritaire. Et elle sait bien qu'elle devrait pas répondre, que c'est ni correct ni conseillé, mais elle est pas foutue de s'en empêcher. De toute façon personne n'a vraiment le temps de s'emporter, y a les fioles qui s'affolent et Jem qui est forcée de limiter les dégâts de façon précipitée. Elle se brûle le poignet, s'éclipse dans la cuisine, ordonne à Bo de rester là. Évidemment, il n'écoute pas. Le pas furieux, la voix pleine de reproches encore une fois. Elle n'a pas envie de coopérer et elle fait mine de se concentrer sur son bras pour n'pas avoir à l'affronter, jouant la carte de l'insolence. Ça passe pas. « JEMIMA ! » Il beugle, elle soupire. Elle voit bien qu'il est au bord de l'implosion et elle se désintéresse momentanément de sa blessure, préférant l'analyser lui, le scannant de ses iris tellement froids qu'ça lui donne un air reptilien. Pendant une seconde c'est pas vraiment Jemima, c'est pas la p'tite sœur, c'est la scientifique un peu détraquée, la môme mal équilibrée. Elle le scanne et ça s'voit, ça se sent – y a quelque chose de terriblement glacial dans la manœuvre, comme si elle observait un objet d'étude plutôt que son propre frère. Il est en colère, et elle devrait pas trouver sa réaction si intéressante. Mais ça reste Bo et ça suffit à la ramener sur Terre, à lui rappeler que s'il est fâché c'est pour elle, contre elle, à cause d'elle. Elle aime pas quand il lui en veut, alors elle finit par abdiquer, un peu, à sa manière. Elle dit pas tout, enrobe la vérité pour l'édulcorer, et elle est persuadée d'avoir raison d'le faire quand elle voit la façon dont ses yeux s'agrandissent comme des soucoupes. S'il savait tout, elle aurait peur qu'ils en tombent de leurs orbites. « Oh bien sûr, trois fois rien, j'imagine ! » C'est froid c'est sec et ça claque dans l'air comme une gifle, elle sent presque la sensation cuisante remonter jusqu'à sa joue comme s'il l'avait touchée. Ça l'agresse, cette façon qu'il a de la réprimander, de crier, de se montrer aussi cinglant que sévère. Si c'était n'importe qui d'autre, il aurait déjà récolté son regard le plus noir et elle serait en train de réfléchir à une idée pour lui faire payer. Mais c'est Bo. Et Bo elle peut tout lui laisser passer – pour l'instant. Ça l'empêche pas de le jauger d'un air à mi-chemin entre la gamine boudeuse, et la furie contenue. Elle a perdu son masque de petite fille ingénue.

Bo elle le connaît et elle sait qu'le meilleur moyen pour le faire céder, c'est les sentiments, le chantage affectif. Sûrement que c'est mal et qu'elle devrait se sentir coupable mais elle s'en fiche, elle veut juste qu'il arrête de l'engueuler et qu'il soit calmé. Alors elle tente. Le regard presque suppliant, une fragilité feinte qui se colle sur sa peau. Mais cette fois ça n'marche pas – elle le devine immédiatement, à sa mine contrariée et son regard plus dur que jamais. « Non, non, non, Mima pas cette fois. C'est trop grave là. » Elle se renfrogne quand elle le voit plier la feuille et la ranger dans sa poche, comme si elle lui appartenait, comme s'il avait ce droit. Il ne l'a pas mais il se l'octroie lui-même et elle sent qu'ça bouillonne mais elle se tait, reste figée, trop occupée à le dévisager. « Déjà, ça, ça reste avec moi. » Plus les secondes passent plus elle s'éloigne, l'impression qu'un mur s'est érigé entre eux et que chaque mot est une brique qui s'ajoute, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le voir. Il ne la comprend pas, elle ne l'écoute pas, et c'est qu'un foutu dialogue de sourds sans issue. « Et bon sang, qu'est-ce que tu fiches avec ton poignet depuis tout à l'heure ?! » Il attrape sa manche pour voir les dégâts et elle ne résiste pas, même si elle ne coopère pas vraiment non plus. Elle le laisse faire mais y a plus de chaleur dans ses yeux, juste cette fissure entre elle et lui. « Trois fois rien, hein ? » Elle reprend son bras sèchement, toujours sans un mot. Elle est contrariée et sûrement que c'est puéril, parce qu'elle voit qu'elle n'aura pas le dessus cette fois, parce que tous ses stratagèmes ne marchent pas et qu'elle n'aime pas qu'on lui dise non. Mais au-delà de ça y a cette distance qui les sépare, cette sensation qu'ils sont pas sur la même longueur d'ondes, pas sur la même planète. Ça la heurte et plutôt que d'essayer d'y pallier, elle préfère se renfermer. Lentement mais sûrement. « Allez hop, salle-de-bains Mima, faut qu'on s'occupe de ça. » Elle se laisse embarquer, restant mutique, s'exécutant quand il lui demande de s'asseoir. Elle observe chacun de ses faits et gestes avec attention, quand il fouille, quand il attrape la crème, quand il s'assoit près d'elle. Ça recommence – le regard froid, l'analyse clinique. Elle ne fait rien, attend de voir comment il va s'en sortir. La façon qu'il a d'inspirer avant de lui faire signe d'ériger le premier contact, et elle ne le quitte pas des yeux en le faisant. Son poignet sur sa main et elle devine sans mal qu'il n'a qu'une seule envie : la repousser et se lever. Pourtant il prend sur lui. Et ça la rassure un peu parce qu'il fait ça pour elle, parce qu'il prend à cœur d'la soigner comme il le fait toujours et ça veut dire qu'il l'aime même s'il lui balance trop de reproches à son goût et même s'ils arrivent plus à se comprendre. Ça veut dire qu'elle reste sa sœur et pourtant ça suffit pas, pas aujourd'hui, elle arrive pas à passer au-dessus de la façon dont il l'a réprimandée, blâmée. Elle se sent rejetée, malgré les efforts qu'il fait, malgré la crème qu'il étale du bout des doigts, peau contre peau et elle sait à quel point il déteste ça. « Va falloir que tu trouves un autre moyen d'être indépendante Mima. Parce que ça, c'est non. C'est beaucoup trop dangereux. » Il recommence. Elle sait qu'il est inquiet mais elle peut pas faire la part des choses, pas quand y a ce truc qui brûle dans sa poitrine, la sensation d'être rejetée pour ce qu'elle fait, qui elle est, alors qu'il n'sait même pas toute la vérité. « Qui sont ces gens Mima ? » C'est foutu – il l'a perdue. Son regard reste froid, signe qu'elle est déjà partie dans ses retranchements. « Des gens qui croient en moi. » Et elle le dit pas mais le pas comme toi est palpable et pourtant elle ment, elle s'en fout de ces gens et pour la plupart ils sont pas importants, sauf quelques exceptions. Certains qu'il connaît, même. Mais eux ils acceptent, ils encouragent, ils s'émerveillent devant ce qu'elle est capable de faire. Bo lui donne l'impression d'être la pire des pécheresses et soudain c'est elle qui veut stopper le contact alors qu'elle passe son temps à le chercher, le provoquer. Elle repousse sa main et se lève pour s'écarter de lui, avant de lui faire face. « J'en ai marre que tu m'donnes des ordres. C'est pas à toi de me dire ce que je dois faire ou non, Bo. Même si les parents sont pas là, ça te donne pas ce droit. » Sa voix est aussi tranchante que ses prunelles, alors qu'elle fond sur lui sans prévenir. Sa main dans la poche de Bo et elle reprend la feuille avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, la serrant si fort entre ses griffes qu'elle la froisse, le défiant presque de venir la récupérer. « Je n'vais pas arrêter juste parce que toi, t'as peur. C'est mes affaires, c'est moi que ça regarde. » C'est à son tour de s'faire autoritaire, intransigeante. Y a un truc qui s'est rompu et elle a plus envie de le ménager, elle est juste fatiguée. De faire semblant, de se cacher, de devoir le préserver. Il la protège et elle le sait, en profite sûrement un peu trop. Mais il voit pas qu'elle fait pareil à sa façon – si elle lui ment c'est pour le protéger autant qu'elle se protège, c'est pour garder leur relation intacte, c'est pour pas le perdre. C'est parce qu'elle savait déjà comment il réagirait. « Tu vois, c'est pour ça que j't'ai rien dit. Tes reproches et tes interdictions, j'en veux pas. » Elle serre les poings, continue de froisser le papier dans sa main. Y a déjà un mur entre eux mais maintenant, elle s'enfonce dans son armure. « Si j'avais besoin d'un sermon, j'aurais appelé papa. » Le reproche est palpable et elle semble inatteignable, pourtant elle aimerait juste baisser sa garde et lui parler, tout lui expliquer. Mais elle peut pas. Pas quand elle a l'impression de parler à un juge plutôt qu'à son frère.
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MessageSujet: Re: what's wrong with you ? (jebo)   Dim 11 Juin - 12:21

   — Des gens qui croient en moi.
   Le reproche est limpide. A tel point que je me fige. J'en oublie presque ma peau contre la sienne, ce contact insupportable que je m'efforce de maintenir pour elle. Je relève les yeux pour croiser les siens mais je me heurte à un mur de glace. Et ça fait bien plus mal que prévu. Ça me fait peur aussi. Les sourcils qui se froncent légèrement, trahissant mon souci. Je voudrais répondre, me défendre, la rassurer, mais j'ai la gorge nouée et pas un seul son ne s'en échappe. Après quelques secondes d'un face à face glaçant, elle finit par retirer brusquement sa main de la mienne, me faisant sursauter au passage et je la dévisage sans comprendre. C'est la première fois qu'elle fait ça. La première fois qu'elle cherche à se soustraire de mon contact, alors que d'ordinaire elle ne fait que le chercher, voir même l'imposer contre ma volonté. Et je me sens profondément blessé. Les dents qui se serrent et mon regard qui se détourne, les lèvres pincées, le cœur fendillé par son rejet.
   — J'en ai marre que tu m'donnes des ordres. C'est pas à toi de me dire ce que je dois faire ou non, Bo. Même si les parents sont pas là, ça te donne pas ce droit.
   J'échappe un rire amer et secoue lentement la tête de gauche à droite. C'est ça le problème. C'est qu'elle ne comprend pas que si, j'ai ce droit. C'est même un devoir. Que ça lui plaise ou non. Je dois veiller sur elle, même si elle n'est pas d'accord. Même si elle attend autre chose de moi. Et ça me fait mal de me dire que je vais devoir peut-être sacrifier son amour pour moi pour pouvoir continuer à la gérer. Mais je ferais ce qu'il faudra. Je l'ai promis. A moi, à Dieu. Et d'un coup, je sens sa main dans ma poche, je sursaute encore et me redresse précipitamment avant de reculer de trois pas pour briser ce contact inattendu. Et dans sa main je vois le papier que je lui avais moi-même arraché quelques minutes auparavant. Je tends la main vers elle, mécontent.
   — Mima, rend moi ça !
   Que j'ordonne sèchement, mais elle s'en contrefout royalement. Elle ne m'écoute même plus. Je sens bien que je n'ai plus aucune emprise sur elle à cet instant. Qu'elle est devenue ce morceau de glace qui glisse entre mes mains et me brûle la peau au passage. Je me sens impuissant et c'est terriblement frustrant.
   — Je n'vais pas arrêter juste parce que toi, t'as peur. C'est mes affaires, c'est moi que ça regarde.
   — Non !
   C'est sorti trop vite, trop fort. Je me redresse et soupire tout en passant ma langue sur mes lèvres et une main dans mes cheveux.
   — Le problème c'est que toi aussi tu devrais avoir peur Mima. Et puisque c'est pas le cas, c'est à moi de m'inquiéter pour deux. Et si j'estime que ce que tu fais est trop risqué, j'ai le droit d'intervenir. J'suis p't'être pas ton père, mais ça ne veut pas dire que je dois te regarder faire n'importe quoi sans intervenir.
   Et elle le sait pourtant. J'ai toujours fonctionné comme ça. Je me suis toujours mêlé de sa vie, donné mon avis et fait en sorte d'éloigner d'elle les choses et les personnes que je jugeais trop nocives. Pourquoi est-ce que subitement elle me repousse comme ça ? Pourquoi est-ce que cette fois ça la gênerait plus que d'habitude ?
   — Tu vois, c'est pour ça que j't'ai rien dit. Tes reproches et tes interdictions, j'en veux pas. Si j'avais besoin d'un sermon, j'aurais appelé papa.
   Elle ne s'était jamais montrée aussi vindicative à mon égard et ça ne passe pas. Je voudrais être raisonnable, passer au-dessus, faire comme si ça ne m'atteignait pas et continuer de la sermonner. Mais je n'y arrive pas. Je me sens rejeté, mal-aimé. Avec cette sale impression d'avoir perdu toutes mes faveurs. D'avoir été relégué au même niveau que tous les autres alors que je m'étais toujours senti spécial à ses yeux. Et je n'encaisse pas. Les yeux remplis de peine et de colère je détourne le regard une seconde, les poings serrés. Je demeure silencieux un moment, ne sachant même plus comment je dois réagir. Ni ce que je dois dire. Et finalement, ce sont les émotions qui prennent le dessus sur la raison. Un sourire écœuré et déçu sur le visage, je hoche lentement la tête de bas en haut.
   — Très bien.
   Les traits tirés, les muscles tendus par la centaine d'émotions négatives qui me traverse, je finis par relever les mains devant moi en signe d'abandon.
   — Puisque de toute façon t'as décidé d'avoir ta p'tite vie secrète dans mon dos, parfait. Débrouille toi.
   Le cœur gonflé par un sentiment de trahison terrible, je ne parviens pas à me calmer. C'est une insupportable sensation et je me sens comme un gosse dont personne ne veut. Dans des gestes secs et maladroits, qui trahissant mon état de nervosité, je range sa crème, claquant les portes du placard au passage, animé par une rage pleine de tristesse.
   — Tu reviendras me voir quand tu me jugeras à la hauteur de tes secrets.
   Et sans un dernier regard je quitte la salle-de-bain et remonte jusqu'à la porte d'entrée à toute vitesse, ne voulant plus rien entendre, plus rien dire. Ne voulant même plus la voir alors qu'elle vient de profondément me blesser. Et, ne lui laissant pas le temps de riposter, ou même de me rattraper (même si doute sérieusement que ça ait pu faire partie de ses intentions), je sors de chez elle en claquant violemment la porte derrière moi, sans me soucier des voisins. Je dévale les escaliers à toute vitesse, hors de moi, plus froissé que jamais. Je serre les poings et les enfonce dans mes poches pour me retenir d'exploser, alors que je voudrais shooter dans tout ce que je croise. Je déglutis, conscient d'avoir de plus en plus de mal à me contenir ces derniers temps. Et, instinctivement je prends la direction de l'église, avec la ferme intention d'aller m'y réfugier puisque j'ai la clé. Prier devrait m'aider à me calmer. Peut-être même à trouver une solution. Parce qu'en tournant le dos à Mima ce soir, je crains d'avoir pris la plus mauvaise décision possible. Et la colère se transforme en culpabilité. J'ai échoué. Et je me sens minable. Plus que jamais. Je n'avais qu'une mission, et je me suis planté en beauté. Demain, il faudra que j'aille me confesser. Mais ça ne suffira pas, j'en ai conscience.


RP TERMINÉ.
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