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 To take the blues away (River)

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MessageSujet: To take the blues away (River)   Dim 2 Avr - 19:14

Lenny n’aime pas la foule du vendredi soir. Il n’aime pas la foule tout court. Tous ces gens qui passent à côté de lui sans le voir, ce rappel constant qu’il est seul et cette crainte qui lui ronge le ventre de croiser quelqu’un qu’il connaît, quelqu’un qui pourrait lui dire qu’il n’a rien à faire là, qu’il n’a que dix-sept ans et qu’il devrait être dans une famille, comme tous les gosses de son âge. Il ne veut pas retourner dans une famille. Il ne veut pas encore être déçu. Il ne veut plus qu’on l’abandonne, qu’on lui dise ce qu’il peut et ne peut pas faire. Surtout qu’il n’a jamais eu l’impression de demander la lune, de franchir les limites du convenable, de n’être qu’un sale gamin. Il ne l’a jamais été, tout ce qu’il voulait, c’était aller à l’université. Pas qu’on l’enferme dans une boucherie. Il ne voit pas vraiment les Lost Boys comme une famille, il sait que ça ne durera pas éternellement. Qu’il n’ira pas prendre le thé chez Peter quand il aura trente ans. Ça ne l’empêche pas de les aimer, ça ne l’empêche pas de ne pas vouloir partir. Il trouve ça plus rassurant qu’une famille, au fond, il sait qu’il ne peut rien attendre d’eux, qu’il n’y pas d’autres promesses qu’un toit et de la nourriture, et c’est suffisant. C’est autre chose que les services sociaux, autre chose que des parents de substitution. Il se recule un peu plus contre le mur du bâtiment derrière lui, s’efface du trottoir, inquiet à l’idée de gêner quelqu’un dans sa progression. Il porte sa casquette à l’envers et son air désespérément perdu qui lui sied si bien, à scruter les gens comme s’il cherchait la providence. Même pas besoin de lui écrire DETRESSE en lettres capitales sur le front. Ce serait bien le genre de Merle de faire ça pendant qu’il dort, cela dit. Une tête trop blonde, c’est ce qu’il cherche, Lenny, un regard bleu pétant qui s’accroche plus au ciel qu’aux passants. Lenny aime bien River. Peut-être parce qu’il détonne un peu chez les Lost Boys, il fait moins peur, il en impose moins que les autres. Il ne le menace pas de le frapper dès qu’il ouvre la bouche, aussi. C’est pour ça que Lenny lui a dit oui, quand il lui a demandé s’il voulait aller au cinéma avec lui.

Il n’a pas compris le titre du film. Il angoisse déjà à l’idée de se retrouver face à une de ces romances abjectes pour midinettes, mais on lui a dit que tous les films ne sont pas comme ça. Il n’y croit pas, mais c’est River. Il a envie de faire des efforts pour River. Lenny n’est jamais allé au cinéma de sa vie, n’a jamais regardé la télévision volontairement excepté pour les cassettes du Bolchoï de sa mère. Il était très déçu d’apprendre que peu de ballets sont retransmis sur le petit écran, dans sa première famille, et ne s’en est plus approché ensuite. Sauf avec sa sœur, dans sa troisième famille d’accueil. Il voulait tellement qu’elle l’aime qu’il aurait visionné tous les teenage movies du monde pour elle. Ça n’a pas été une franche réussite. Il ne pouvait pas s’empêcher de critiquer le mauvais goût des costumes et les faiblesses scénaristiques, ni le vocabulaire abominable des protagonistes. Il se demande si River ne l’a pas oublié. Il aurait peut-être dû lui envoyer un message pour le lui rappeler. Il est tellement distrait, parfois, il n’a jamais l’air d’écouter pour de vrai. Il s’apprête à tapoter sur son portable quand un éclat blond dans la masse attire son regard. Il se dresse sur la pointe des pieds et sourit en reconnaissant River, l’air toujours aussi absent qu’à son habitude. Il lui fait signe en espérant capter son attention, beaucoup trop timide pour crier son nom au milieu de tous ces gens.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Mer 5 Avr - 14:49

Lenny n'est jamais allé au cinéma. Quand River a entendu ça, il s'est dit qu'il fallait absolument qu'il l'y emmène. Mais voir quoi ? La vérité c'est que Lenny l'intimide, avec son cerveau et sa culture. Il n'a qu'une crainte, c'est que Lenny le trouve trop stupide pour continuer de le fréquenter. Alors il a ressassé la question, River, il a regardé les programmes des cinémas, il s'est demandé s'il fallait aller voir un film d'auteur qui serait peut-être merveilleux ou peut-être prétentieux et même pas bon. Mais s'ils n'étaient pas d'accord sur ce qui distinguait les deux ? Si Lenny décidait que River n'est simplement pas capable de suivre ? Mais il ne peut pas non plus l'emmener voir une comédie romantique mièvre ou à l'humour douteux. Alors il a regardé si un cinéma rediffusait des classiques. C'est une valeur sûre les classiques, parce que même s'ils ne l'apprécient pas autant tous les deux, ils seront forcément d'accord sur certaines de ses qualités. Au fond River aimerait juste être certain de pouvoir tenir une conversation avec Lenny sans se sentir trop perdu, trop bête, trop insignifiant, sans avoir l'impression de lui faire perdre son temps et de l'ennuyer. Parce qu'il écoute Lenny, lui, quand il part dans des explications alambiquées ou des questions philosophiques. Parfois il le comprend même très bien et il se dit que Lenny et lui, finalement, ils sont sur la même longueur d'ondes. D'autres fois, il perd vite le fil, et il ne comprend pas la moitié de ce qu'il raconte. Alors il peut concevoir que les autres le méprisent, leur impatience, parce que ce n'est jamais agréable d'être face à quelqu'un qui vous fait vous sentir moins que rien. Mais Lenny, il ne le fait pas exprès, il le fait toujours avec une bonne intention. Alors River l'écoute et déteste qu'on le frappe ou qu'on l'insulte pour le faire taire. Il est amical, il ne lui fait pas trop remarquer qu'il le perd parfois, il essaie d'orienter les conversations sur les sujets qu'il maîtrise un minimum. Mais en réalité, il y a toujours un léger malaise de son côté, toujours peur de dire quelque chose de profondément inepte.

Des classiques, il n'y en avait pas tout de suite. Tant pis, il l'emmènera dans un drive-in au printemps, comme dans les films que Lenny n'a jamais vus. River, il n'y est allé qu'une fois avec son frère et sa sœur. Au milieu de tous les couples qui se bécotaient dans les voitures voisines, ils avaient eu l'impression d'être les seuls à s'intéresser à la projection. Il emmènera Lenny et puis Ariel et Merle, s'il ne s'est pas barré à ce moment-là. Ils auront moins l'air d'un couple comme ça. Et puis il leur faudra Merle pour la voiture, de toute façon. Il sourit, River, en marchant distraitement en direction du cinéma. Il fait frais mais il a fait beau aujourd'hui, et il pourrait voir des étoiles s'il s'éloignait un peu des lumières de la ville, il aime ce genre de soirées. Il n'a rien fait de sa journée à part squatter l'appartement avec les autres lève-tard et traîner un peu dans le quartier en faisant la manche sans conviction. Cette journée aurait pu être l'une de ces journées vide de sens, de motivation, de tout. Ces journées-là ne sont pas les pires, les pires sont celles où il angoisse dès le réveil en pensant au soir qui arrive toujours trop vite. Mais aujourd'hui, c'était une belle journée d'un genre rare, parce qu'il avait hâte, il était enthousiaste à l'idée de passer la soirée avec Lenny. De lui coller la trouille de sa vie. Enfin, la trouille comme il l'aime, River, dans le cocon sûr de la salle de cinéma. La trouille factice. Parce qu'il n'y avait pas de vieux films pour Lenny ce soir, mais il y a une rétrospective de films d'horreur japonais cette semaine. Ce soir, c'est Ring. C'est un peu vieux quand même, un classique dans son genre. Et la peur, ça n'a pas grand chose à voir avec l'intelligence. River rit tout seul maintenant, en imaginant Lenny lui expliquer que c'est totalement irrationnel et décortiquer les incohérences du film, mais peu importe, il lui fera le même effet qu'à lui, avec un peu de chance. Il rit le petit fantôme, et il réalise qu'il a dépassé River Street depuis au moins deux minutes. « Merde. » Il vérifie l'heure sur son téléphone. Il n'est pas encore en retard, mais il faut qu'il court maintenant, sinon Lenny lui fera la leçon.

Il arrive un peu pantelant, le rose aux joues, devant l'entrée du cinéma bondé. Il reprend sa respiration, regarde de tous les côtés, et voit Lenny qui lui agite la main, l'air aussi à l'aise qu'un ver de terre dans le sable. Il sourit à le voir comme ça et s'avance en tâchant de décoller des mèches de cheveux de son front moite. « Hey, coucou. J'suis désolé... J'ai suivi un papillon. » Oui, c'est de l'auto-dérision, mais ça pourrait tout aussi bien être vrai. « On a encore le temps de prendre du pop-corn. » Parce que c'est quand même important de prendre du pop-corn pour une première expérience de cinéma. « Je t'invite, et j'ai mendié assez pour les extras, » il ajoute avec un sourire fier. Ben oui, c'est rare qu'il puisse inviter qui que ce soit. Il pousse la porte vitrée du cinéma et précède Lenny pour aller prendre places et pop-corn. Quand c'est fait, il tend son billet à Lenny et se dirige vers la salle numéro 3. « Je les gardais en souvenir avant, mes tickets de cinéma... T'as déjà entendu parler de Ring, du coup ? » Et son sourire est malicieux, cette fois, parce que c'est quand même un sale coup de sa part de l'emmener voir Sadako  pour sa première rencontre avec le grand écran.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Ven 7 Avr - 17:45

Lenny se gratte la tête, ou plutôt la casquette, à défaut de trouver autre chose à faire lorsque River le repère enfin et le rejoint en fendant la foule tel un Moïse des temps modernes. Ou pas. Il ne ressemble pas du tout à Moïse, River, et la foule ne s’écarte pas comme la Mer Rouge. A la place, River effectue une sorte de slalom à travers les passants jusqu’à ce qu’il les atteigne, lui et son mur protecteur. Il sourit, d’un sourire toujours timide, mais plus franc, quand River lui annonce qu’il a suivi un papillon. Cela pourrait être vrai, connaissant River, il lui fait toujours un peu penser à Jael, dans sa manière de se tenir et de parler, sa façon d’être ailleurs et d’être là en même temps, de la douceur à revendre et ce côté irrationnel qu’il a tant de mal à saisir. Alors il ne sait pas, si c’est la vérité ou si c’est seulement une blague, mais c’est mignon, une petite bulle de savon dans un univers morne et oppressant, et ça le fait rire doucement. Il se détend peu à peu, c’est moins difficile d’être au milieu d’une foule, quand on est deux. Lenny ne se sent pas plus fort, certes, mais plus rassuré, si. Il n’aime pas qu’on le regarde parce qu’il est seul dans un coin, ça lui donne l’impression d’errer sans but, de ne pas être au bon endroit, pas à sa place. Sa place n’est peut-être pas chez les Lost Boys, et il aimerait peut-être qu’elle n’y soit pas, mais c’est une place libre et il se sent un peu moins mal lorsqu’il est avec eux. River lui parle de pop-corn et il se demande ce que ça goûte, et combien de calories ça contient. Parce que oui, il n’en a jamais mangé. Il sait, par contre, que les gens mangent ça au cinéma, il l’a vu dans les teenage movies, de manière très récurrente. Il y a toujours une scène au cinéma dans les teenage movies. Et puis, il est soulagé, aussi, parce que River l’invite et ça veut dire qu’il ne va pas le traîner de manière illégale à l’intérieur, comme auraient pu le faire Tinks ou Curly. Il est bien conscient qu’ils font tous des choses illégales, mais il préfère quand ils le laissent en dehors de ça, quand même. Il ouvre la bouche pour répondre quelque chose, mais River s’est déjà engouffré dans le cinéma. Il le suit et l’observe passivement, mémorisant comment on fait pour aller au cinéma. Il n’est pas sûr de vouloir y retourner, mais si jamais, il ne veut pas avoir l’air bête.

River revient vers lui en lui tendant son ticket, un pot de popcorn sous le coude. Il attrape le petit bout de papier. Il est certain de le garder précieusement, lui, il le glissera dans un de ses livres préférés en rentrant, comme ça il retombera dessus de temps en temps, à l’improviste, et ça lui fera du bien, comme les trois photos de Darja qu’il cache dans des bouquins différents. Il secoue la tête en reprenant le fil de la conversation, tou. « Non, jamais. Du moment que tu me jures qu’il n’y a pas d’adolescents qui tombent amoureux et se mettent à danser et chanter, ça me va. » Il a juste vu l’affiche dans le hall du cinéma. Elle est bizarre, cette affiche. Lenny n’a aucune culture cinématographique, il a entendu deux ou trois titres, de la bouche d’adolescents qui discutaient films à côté de son casier, mais c’est tout. Il n’avait pas vraiment d’amis pour y aller, et Darja rangeait le cinéma dans la catégorie loisirs superficiels et inutiles. La télévision n’était bonne que pour regarder des ballets, le reste n’avait aucun intérêt. Lenny a des avis moins tranchés que sa mère, il n’a pas sa fierté, ni son regard dédaigneux sur le monde, sans doute parce que ce même regard a toujours été posé sur lui. Mais les habitudes ont la vie dure, et il n’a jamais réussi à enfreindre une des règles de Darja sans se sentir affreusement coupable. Ça rend toute expérience plaisante un peu amère, surtout depuis qu’il sait qu’il ne pourra ni faire de la danse, ni aller à Harvard. Une fois dans la salle, il laisse River choisir les places, même si, oui, il avoue avoir fait des recherches sur quel est le meilleur endroit pour s’asseoir au cinéma. C’est absurde, au final, ça dépend des préférences des gens, et il n’a pas envie d’ennuyer River avec ça. « Hey. » Ils sont assis et il veut simplement attirer son attention, une seconde. Il n’ose même pas prendre une poignée de popcorns. « J’ai de quoi payer, si tu veux, je ne veux pas que tu aies des problèmes avec… Enfin, tu sais. » Lenny n’aime pas admettre tout haut la cruauté de Peter. Ça lui donne une apparence trop vraie, trop dure à supporter. Alors il sous-entend juste, parce que les autres comprennent toujours, de toute façon. Il essaye de garder son image de Peter intacte, celle de leur première rencontre et à quel point il s’était montré à l’écoute et compréhensif. Encore maintenant, il a beau savoir, il suffit que Peter lui fourre un nouveau bouquin entre les mains en lui ébouriffant la tête et il oublie un peu. « Il parle de quoi, ce film ? L’affiche est un peu étrange. » Un peu flippante, oui, mais il ne veut pas vexer River, au cas où il la trouve belle, il ne sait pas.


Dernière édition par Lenny Kucera le Jeu 13 Avr - 19:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Jeu 13 Avr - 18:53

« Du moment que tu me jures qu’il n’y a pas d’adolescents qui tombent amoureux et se mettent à danser et chanter, ça me va. »

River ricane. « Comme dans Grease ? » Oui, River est allé au cinéma dans sa vie. Oui, River a vu des films. Mais il se souvient surtout du magnétoscope que ses parents n'ont jamais remplacé par un lecteur de DVD, même lorsqu'il était devenu une antiquité. Il se souvient des vieilles cassettes de sa mère. Parfois, ils en ajoutaient de nouvelles à leur collection, glanées dans des braderies et des brocantes. Jamais rien de bien récent, du coup, et sa famille n'a jamais été cliente de Disney Channel. La première fois, c'est Creek qui l'a emmené au cinéma, illégalement. River aurait sans doute été capable de faire la même chose avec Lenny, mais il sait qu'il arrivait qu'ils se fassent mettre dehors, lui et Creek, et il ne veut pas risquer d'imposer ça à Lenny. Ce que Creek aimait, c'était se faire peur, et River est plus souvent retourné au cinéma pour voir des films d'horreur qu'autre chose, encore moins des comédies musicales pour ados. Alors quand Lenny lui parle d'adolescents qui tombent amoureux et se mettent à chanter, River pense à Grease, pas à High School Musical ou Teen Beech Movie. Il n'est même pas au courant du fait que ça existe encore, ce genre de films. Chacun son inculture. Alors il secoue la tête en riant toujours et lui assure : « Non, c'est vraiment pas ce délire-là, promis. » Et puis il lui lance un regard mystérieux et peut-être un peu coupable aussi. C'est vraiment pas ce genre de film, mais peut-être que Lenny n'imagine même pas qu'il existe des films comme Ring. River se mordille la lèvre en cherchant deux places pour eux, se demandant s'il ne va pas traumatiser son copain innocent. Il choisit une place sur un côté de la rangée centrale, vers le milieu de la salle. Il aime les films de fantômes, River, mais ce n'est pas pour autant que ça ne lui fait pas peur, et il préfère ne pas avoir de vide derrière lui... Mais pouvoir partir en courant assez facilement aussi, sans doute.

Il pioche dans le pot de pop-corn placé entre Lenny et lui et s'apprête à enfourner une bouchée démesurée quand Lenny l'interpelle. Il se fige dans son geste, des fois que Lenny serait choqué de le voir parler la bouche pleine, et hausse les sourcils en l'écoutant, la bouche encore entrouverte. « Oh... » Et puis il hausse les épaules et décide de la manger quand même, sa poignée de pop-corn. Ça lui donne un peu de temps pour réfléchir aux implications de la remarque de Lenny et de sa propre réponse, surtout. Parce qu'il prend des gants avec Lenny, River, il ne veut pas le choquer, il ne veut pas lui rappeler comment il gagne de l'argent. Ils mendient tous les deux, oui, mais le reste... Il aimerait croire que Lenny ne se doute de rien, même s'il sait bien, au fond, que tout le monde chez les Lost Boys sait qu'il se prostitue. Il voudrait juste que tout le monde accepte de faire semblant, comme lui. Il déglutit et secoue négativement la tête, un petit sourire aux lèvres. Il est forcé ce sourire, il est frêle, il essaie de se casser, mais River tient bon. On va pas gâcher la soirée en pensant à des choses moches. Pas que le film à venir soit beau mais c'est différent. C'est de la fiction.

« J'aurai pas de problème, t'inquiète pas. J'ai tout prévu. J'ai mendié assez. » Travaillé assez, en vérité. « Et puis j'ai pas mangé à midi, c'est pour ça que j'ai la dalle, mais je vais t'en laisser quand même », il ajoute dans un rire gêné. Ça, il n'a pas de mal à l'avouer, Lenny sait ce que c'est. Parce que oui, c'est vrai, d'où son envie de se goinfrer de pop-corn maintenant. Il a fallu grappiller de l'argent, parce qu'il a travaillé hier, mais il a eu d'autres frais et il ne voulait pas voir Lenny après être passé chez un client. Il aurait eu l'impression de le salir. C'est un problème qu'il a moins avec ceux qui sont comme lui ou qui l'ont été, avec ceux qui ne lui font pas l'effet de n'avoir rien à faire parmi les Lost Boys, comme Lenny. Lenny, il devrait avoir une famille et une belle maison où rentrer le soir, c'est évident. Un jour, il aura quelque chose comme ça, ou sa propre version de ça, même si c'est un bureau à Harvard qu'il ne quitte même pas pour dormir.

« Il parle de quoi, ce film ? L’affiche est un peu étrange. » Nouveau mouvement de sourcils plein de mystère. « Tu verras. Je l'ai déjà vu, mais je m'en rappelle pas assez pour savoir si je te spoil ou pas. J'étais petit. Trop d'ailleurs. » Ça, c'est un indice, il lui a échappé. Il pince les lèvres puis prend une nouvelle poignée de pop-corn à grignoter, et c'est là que les pubs commencent. On entend déjà des « chut » dans la salle. River soupire, parce que cette passion américaine pour les pubs l'a toujours atterré. Ce n'est pas ses hippies de parents qui allaient lui faire changer d'avis. Il hésite un peu. « C'est Japonais, en tout cas, et c'est un peu un classique... Dans son genre. » Shhh, il entend derrière lui. Il grogne et se retourne pour voir si ça lui était adressé. Quelqu'un derrière lui a les sourcils froncés, sans doute le coupable. « C'est un peu interminable, les pubs, mais j'aime bien les bandes annonces après, tu verras. »


Dernière édition par River Albarn le Mar 18 Avr - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Sam 15 Avr - 18:48

Lenny est rassuré quand River lui promet que ce n’est pas une comédie musicale pour pré-pubères. Il ne connaît pas Grease, bien sûr, et il s’étonne d’avoir été épargné si c’est ce genre de films. De toute façon, après en avoir vu un, il les avait déjà tous vus, il se passe toujours exactement la même chose, un coup de foudre, du drame et un baiser final sous les étoiles. Ça résume à peu près tout ce qu’il a pu regarder à la télévision. Une fois assis, il a l’impression d’avoir mis River mal à l’aise en lui disant qu’il a de quoi payer le cinéma. Il mâche longuement son pop-corn avant de lui répondre, comme s’il avait besoin de temps pour réfléchir. Lenny se mordille les lèvres de nervosité, fait mine de s’intéresser à la disposition des sièges et à la taille de l’écran. Il n’est pas stupide, il sait bien ce que River fait, comme il sait tout ce que les autres Lost Boys font quotidiennement pour gagner leur vie. Il sait qu’il n’y en a aucun qui vit d’activités légales et saines, il n’est pas naïf à ce point, même si certains se sont mis en tête de le préserver de tout ça. Il ne leur en veut pas. Il leur en est même reconnaissant, au fond, même s’il aimerait pouvoir les écouter et les aider à s’en sortir, même s’il voudrait pouvoir tous les réparer. River le premier. Parce que River a cette fragilité qui l’inquiète, cet air trop absent parfois et il dégage ce sentiment de ne pas vraiment vouloir être là. Par être là, Lenny n’entend pas que River ne veut pas être là, avec lui, c’est quelque chose de plus profond et de plus triste que ça, comme si River avait encore moins sa place que lui sur terre. River est le Petit Prince du bouquin, celui qui appartient à un autre univers et qui doit sans doute y retourner. Lenny s’est toujours identifié au renard, dans cette histoire.

« D’accord. » Il ne sait pas quoi dire d’autre. Alors, il sourit. Il sourit comme s’il n’avait pas vu toutes les pensées défiler dans le regard vide de River, comme s’il le croyait quand il dit qu’il a mendié assez et qu’il n’aura pas de problèmes. Il sourit parce que c’est plus simple, parce qu’il ne veut pas gâcher ce moment, parce qu’il ne veut pas que River se sente forcé à quoi que ce soit. Il hasarde une main dans le pot de pop-corn après avoir demandé de quoi parlait le film, porte les deux petits flocons de maïs à sa bouche et retient un soupir de soulagement en réalisant que ce n’est ni trop gras, ni trop sucré. Il ne va pas en manger des tonnes, de toute manière, ça ne devrait pas le culpabiliser. Son alimentation reste une source d’angoisse permanente, parfois à un point tel qu’il se met à calculer le nombre de calories. Il a assez mal vécu les familles d’accueil, quand il a découvert ce que beaucoup d’Américains moyens mangent tous les jours. Ça va mieux depuis qu’il peut choisir sa nourriture lui-même. Il est un peu inquiet sur le film, avec les indices donnés par River. Il était trop petit pour le voir. Ça signifie que c’est un film qui contient des scènes inappropriées pour un enfant ? Lenny ne veut pas voir un film avec des scènes inappropriées. Il a un regard soucieux, tout à coup, à songer à tout ce qu’il a maté comme teen movies, et jamais rien ne lui a semblé particulièrement choquant. A part le côté ridicule et totalement téléphoné. Mais les enfants ne remarquent pas ce genre de choses, souvent. La luminosité dans la salle baisse légèrement, et Lenny se rassied bien dans son siège comme s’il avait été rappelé à l’ordre par un adulte quelconque. Il plisse les yeux, sceptique. Des publicités. Quel est l’intérêt du cinéma s’il y a aussi des publicités ? River lui dit que c’est Japonais et il reçoit un shhh en retour. Lenny se tourne légèrement pour jeter un coup d’œil derrière eux, un peu surpris que les gens soient autant à fond sur des pubs. Là où il a vécu, tout le monde causait devant les pubs à la télévision. Devant les films aussi, d’ailleurs. Japonais. Il aime bien l’art japonais. Les estampes. Le Kabuki. Les romans de Murakami. Il ne s’y connaît pas très bien, mais il se souvient avoir été touché par tout ça, en lisant. « On ne peut pas parler pendant les pubs ? » Il parle tout bas, vraiment tout bas, penché vers River histoire qu’on ne puisse pas lui reprocher de faire du bruit. En plus, ils en font tous, du bruit, à mâchonner des popcorns et des nachos et à siroter leur soda. Puis, viennent les bandes-annonces. On dirait des mini-films, dans lesquels il n’y a que des moments importants. Lenny se sent terriblement inculte face à tout ça. « C’est déjà le film ? » La réponse est non, et il la reçoit quelques secondes à peine après avoir posé la question. La salle est entièrement plongée dans le noir et Lenny a le réflexe idiot de chercher la main de River sur l’accoudoir. La musique du générique est oppressante, lourde et l’angoisse un peu. Beaucoup, même, il se demande vraiment ce que River a choisi comme film. Il se détend seulement quand deux adolescentes apparaissent sur l’écran, adieu musique flippante, et s’applique à lire les sous-titres. Puis il comprend. « River. Tu ne m’as pas emmené voir un film d’horreur, dis ? » chuchote-t-il, les yeux pas sûrs de vouloir rester rivés sur l’image. Trop tard, il sursaute déjà à la sonnerie du téléphone. Ce n’est rien, pourtant, juste la mère d’une des deux filles. « River, je déteste les histoires de fantômes. Rien que les livres me font flipper. Je fais des cauchemars après. » Et un shhhhhhh dans son cou le fait couiner. Très digne, Lenny.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Mer 19 Avr - 9:05

Il aurait voulu réussir à répondre du tac au tac à Lenny, histoire de dissiper le petit malaise avant qu'il n'ait le temps de s'installer, mais il voit bien que Lenny le ressent autant que lui lorsqu'il lui sourit en acquiesçant. Il est surtout d'accord pour ne plus aborder le sujet. C'est embêtant, parce que River voudrait qu'il n'y ait pas la moindre zone d'ombre sur leur soirée. Enfin. Pas ce genre-là d'ombre-là. Sûr qu'il n'a pas choisi le bon film, pour le reste. Mais l'ombre de Peter, il n'aime pas en parler, il n'aime pas la sentir planer au-dessus de lui. Il veut aimer Peter, il veut lui être reconnaissant pour le peu qu'il lui donne, et ça suppose de ne pas trop penser à lui. Lenny, après tout, c'est la vraie bonne œuvre de Peter, c'est celui auquel il permettra peut-être de s'en sortir. River réalise bien que tout est loin d'être rose, mais il aime voir le côté positif des choses et c'est bien plus facile lorsqu'il regarde Lenny que lorsqu'il pense à son propre sort.

Le malaise se dissipe quand même, heureusement, grâce au grognon qui aime regarder les pubs assis derrière eux et à Lenny qui s'étonne de choses qui paraissent pourtant si ordinaires à River. Mais l'ordinaire, c'est justement ce qu'il aime, lui. « Ça dépend des gens, » dit-il en réponse à la première question de Lenny, haussant les épaules, sans trop baisser la voix tout de même, parce que le gars de derrière l'a agacé. Ils ne sont pas les seuls à parler dans la salle, mais ils se trouvent être assis devant un mec chiant. Et puis Lenny lui pose une nouvelle question et River sourit. Il s'apprête à lui répondre mais il lit la compréhension sur le visage de Lenny, alors il tourne à nouveau les yeux vers l'écran, toujours souriant. Quand les lumières s'éteignent quelques instants plus tard, il est surpris de sentir la main de Lenny attraper la sienne. Si la musique suffit à lui faire cet effet-là, il a peut-être bel et bien fait une bêtise. Un brin angoissé maintenant, un peu à cause du film en lui-même, un peu à l'idée de traumatiser Lenny, il sursaute en même temps que lui lorsque le téléphone sonne et serre les doigts de Lenny entre les siens. Et puis il hésite entre rire et grimacer, ce qui finit sur un petit rire nerveux.

« Euuh. Si ? » Il parle tout bas, tellement qu'il n'est pas sûr que Lenny l'entende bien, puisque le gars de derrière vient encore de le shhhh-ter. Il lui jette un regard anxieux, au cas où sa voix serait trop basse pour communiquer son ton sincèrement désolé. « Je pensais que tu savais, au début, quand j'ai proposé. Quand j'ai compris que non... » Shhhh. River grogne et sort son téléphone pour écrire le reste de son explication. Quand j'ai compris que tu avais jamais entendu parler de Ring, j'ai trouvé ça marrant. Mais je pensais pas que tu- Il hésite et efface les derniers mots. Ça me fait peur aussi mais je trouve que ça fait du bien en même temps, je sais pas. Si t'aimes juste pas, on peu toujours sortir si ça te fout trop les boules. Il tend le téléphone à Lenny et l'interroge du regard, les sourcils froncés dans une expression soucieuse. Entre temps, il a suivi le flm d'un œil et comprend que plusieurs adolescents sont morts, et ça vient de commencer. Oui, bon. C'était vraiment une mauvaise blague, mais River ne réfléchit pas toujours. « Désolé, » il refait tout bas. Et il couine un « oh putain » quand on découvre l'une des adolescentes du début morte, le visage déformé par la terreur. « Tu vas pas finir comme ça hein ? », il chuchote avec un nouveau rire nerveux.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Mer 26 Avr - 0:25

Lenny aimerait bien ne pas donner l’impression à River qu’il est un gros trouillard. Mais il est un gros trouillard. C’est assez difficile de faire comme si on n’avait pas peur quand on a effectivement peur, et si, au cours de sa vie, Lenny a peut-être brillé quelquefois par son intelligence, ce qui est certain, c’est qu’il n’a jamais brillé par son courage. Il a toujours pris les décisions qui signifiaient le moins de risques possible, il a toujours baissé la tête au lieu de la relever fièrement, il n’a jamais tenté de se venger de tous les gamins qui l’ont martyrisé à l’école et s’est toujours contenté de se défendre avec des mots, des mots bien trop savants pour que ses agresseurs les comprennent, souvent. Mais tout ça, c’est encore la partie la plus rationnelle de toutes, il est normal d’avoir peur de types qui ont pour l’habitude de le tabasser ou qui le menacent dans la rue, c’est l’instinct de préservation, tout simplement. Bien sûr, Lenny aimerait rester rationnel devant une histoire ou film d’horreur, parce que les fantômes n’existent pas et ces peurs-là n’ont rien de sensé. Il aimerait se dire qu’il est au-dessus de tout ça, qu’il peut surpasser ces craintes du revers de la main, juste se rappelant que ce n’est que de la pure fiction. Mais non. Des cauchemars après avoir lu du Stephen King, il en a eus. Beaucoup trop. Il s’est juré de ne plus jamais lire des romans de ce genre, parce qu’il a déjà assez de mal à dormir sans ça et que ça lui arrive encore de se raidir en voyant des ombres un peu trop inquiétantes sur les murs de la chambre ou au détour d’une rue. Lenny en tremblerait si on voulait le traîner dans une maison hantée, si les Lost Boys se mettaient en tête d’utiliser un ouija ou simplement de se raconter des histoires qui font peur en pleine nuit. Il est très sensible, Lenny. Très bon public pour Ring, aussi, à sursauter exactement au moment attendu. Il serre la main de River dans la sienne, en essayant de se contenir pour ne pas la lui broyer. Pas tout de suite, en tout cas, le film vient à peine de commencer. River lui confirme ce qu’il a déjà deviné et il hésite entre fuir directement ou se rouler en boule sur le siège et fermer les yeux en attendant que ce soit fini. Le problème avec les films d’épouvante, c’est que le son est plus effrayant que l’image, et même avec les paupières closes, il ne se sent pas très bien. Encore moins bien, d’ailleurs.

Il attrape le téléphone que lui tend River pour lire la fin de la phrase qu’il a amorcée tout haut (monsieur shhh se sent investi d’une mission divine de les faire taire, faut croire). Quelque part, il est heureux que Milky lui donne une échappatoire à l’écran géant devant lui, se concentre anormalement sur les mots écrits jusqu’à ce que la bande-son s’éteigne à ses oreilles. Il fait souvent ça, quand il lit, se couper du monde, jusqu’à ne plus rien entendre du monde autour. Malheureusement, River ne lui a pas écrit un roman et il finit par tourner la tête vers lui en acquiesçant, sourire contrit aux lèvres. Il répond en tapotant sur le clavier, toujours pour ne pas suivre l’action, s’emploie à trouver le terme adéquat comme s’il était en train de faire une dissertation, abandonne au bout d’un moment parce qu’on ne rédige pas des dissertations sur téléphone portable et reste simple : oui, je comprends, c’est une catharsis, en quelque sorte. Je vais essayer de survivre, mais je ne promets rien. Il rend son gsm à River, juste à temps pour glapir à l’unisson avec lui. Bon, il n’est vraiment pas sûr de survivre, là. Il sent tous ses muscles tendus et fait son possible pour respirer calmement, comme si avec un peu de méditation, il va parvenir à ne pas sursauter au prochain fantôme qui surgit de nulle part. Raté, et il étouffe très mal le cri qui sort de sa gorge. Et puis, vient une scène où la télévision se rallume toute seule, une image en noir et blanc d’un puits. Son cœur bat trop fort, trop vite, il appréhende, il ne peut pas s’en empêcher. Lorsqu’il aperçoit la main qui s’agrippe au rebord, il retient son souffle pour éviter de hurler, plaque une paume sur ses yeux tout en continuant de regarder entre ses doigts. A l’instant où Sadako quitte l’écran pour ramper dans le salon de ce pauvre gars, il enfouit sa tête dans l’interstice entre le fauteuil de River et son épaule en gémissant. « River, tu voudras bien dormir avec moi ce soir, pas vrai ? Je vais mourir de frousse » murmure-t-il, tout en collant son oreille au siège et une main sur l’autre pour ne pas entendre les cris de la victime.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Ven 28 Avr - 14:44

Il sent la main de Lenny se resserrer autour de la sienne et se dit que, s'ils continuent comme ça, ils finiront tous les deux avec une main broyée d'ici la fin du film. Et puis Lenny libère son étreinte et lui prend le téléphone. River l'observe d'un œil, l'autre sur le film. River sait que lui, il est lent à la lecture — et à l'écriture aussi, d'ailleurs —, mais Lenny ? C'est nouveau. Pourtant, il met un certain temps à relever le nez de l'écran pour lui montrer sa réponse. River entend le mec de derrière s'agiter sur son siège et ronchonner un « non mais, franchement », et il est persuadé qu'ils en sont la cause. Comme s'il avait décidé que personne n'avait le droit de communiquer au cours du film, même silencieusement. River lève les yeux au ciel et lit la réponse de Lenny. Catharsis. C'est le genre de mot qu'il n'arrive jamais à retenir, mais il le reconnaît pourtant quand il le lit. Il hoche la tête pour montrer à Lenny que c'est bien ça, l'effet que les films d'horreurs lui font. Même si lui aussi couine devant le film et reprend la main de Lenny pour se rassurer. Même si lui aussi fera des cauchemars et ne pourra plus voir un puits ou un écran de télévision sans s'attendre à ce que Sadako y pointe le bout de ses cheveux. Pour les deux semaines à venir, au moins. Non, pour les deux mois à venir, finalement, se dit-il en observant la démarche saccadée du fantôme entre les doigts de sa main droite. C'est totalement stupide et irrationnel, ça aussi, mais ça le rassure de ne regarder l'écran qu'à travers le petit écartement de ses doigts, même s'il voit entièrement l'écran quand même. Comme s'il avait oublié qu'il pouvait tout simplement fermer les paupières au cas où les images deviendraient trop insupportables. Et son pouls s'accélère au fur et à mesure que la tension monte. Et les vidéos sont de plus en plus inquiétantes. Il se met à redouter chaque nouvelle scène, mais en même temps il sourit de ses propres sursauts. Lui et Lenny font un public fantastique. River avait oublié la trame de l'histoire, la malédiction, les secrets. Il aime vraiment bien tout cet aspect-là du film, mais l'atmosphère reste lourde et glauque, ça le prend aux tripes. Il s'entend murmurer « enculé enculé enculé » comme une incantation quand Sadako remonte le long du puits. Sadako n'a pas de jolis yeux noirs. Sadako a une sale gueule de poisson pas frais. Il couine et rit en même temps en sentant Lenny enfouir sa tête dans le creux de son épaule. « River, tu voudras bien dormir avec moi ce soir, pas vrai ? Je vais mourir de frousse. » Il hoche la tête contre la sienne. Il lâche un petit glapissement avant de lui répondre, parce qu'il n'aime pas la façon si contre-nature qu'a Sadako de se déplacer. Ça lui fout des frissons dans tout le corps. « Oui oui oui, il murmure. On te calera entre Ariel et moi si tu veux. » Et il est content que Lenny reste contre lui.

Quand le film se termine enfin, il a passé les deux bras autour de son ami et le serre contre lui, à la fois pour le rassurer et pour se rassurer lui-même, comme il câlinerait un doudou. Et il est surpris d'être ému, au milieu de l'horreur, de la terreur qui l'a maintenu en alerte tout au long du film. Voilà pourquoi il se souvenait particulièrement de ce film-là. Pas du scénario, mais de l'ambiance, de l’ascenseur émotionnel qu'il lui avait procuré. Il avait oublié la mélancolie, pourtant. C'est sans doute la différence entre le cinéma d'horreur japonais et celui plus hollywoodien qu'il connaît très bien aussi. À la fin, tout est confus, pas de résolution nette et certainement pas de happy ending. River aime bien les happy endings de temps à autres, mais il y a quelque chose de beaucoup plus puissant dans ce film-là. Le générique de fin est bien entamé quand il libère enfin Lenny de ses bras. Il l'observe avec une pointe d'inquiétude dans le regard et lui adresse un petit sourire gêné. « Tu me détestes ? » Ce n'est pas tout à fait une vraie question, mais peut-être un peu quand même. Il a peur que Lenny lui en veuille. Et en même temps, lui, il se sent étrangement serein malgré son cœur serré. Il se demande si c'est normal, si c'est ça, la catharsis. Il sent une boule dans sa gorge et clôt fermement les paupières comme pour y retenir quelque chose. « Merde je. J'ai envie de pleurer. Pourquoi j'ai envie de pleurer ? », il fait à voix haute, mais pas vraiment pour Lenny, ou peut-être que si, parce que Lenny a toujours réponse à tout. Il y a quelque chose qui l'a atteint au cœur et qui lui échappe pourtant. Et en effet, ses yeux sont un peu humides quand il les rouvre sur le visage de Lenny.


Dernière édition par River Albarn le Dim 14 Mai - 21:36, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Ven 5 Mai - 21:59

Lenny reste très dignement la tête planquée contre River jusqu’à la fin du film, relevant les yeux uniquement pour trouver une nouvelle raison de ne pas regarder. Il est encore plus froussard qu’il pensait l’être. Enfin, il n’a jamais été courageux, Lenny, il n’a jamais essayé de faire face à ses angoisses ou de tenir tête à ceux qui le maltraitaient. Fuir, c’est bien, fuir, c’est une bonne solution, même s’il aimerait avoir la bravoure d’un Gandhi. Il se savait peureux. Mais il pensait pouvoir contrôler sa peur devant un écran de cinéma et des personnages totalement irréels, en vertu du rationalisme. Plutôt raté. Il ne sait pas encore s’il veut retourner au cinéma après ça, il n’a pas décidé. Sans doute pas. Sauf pour faire plaisir. Il ne va pas se mentir, si River lui propose à nouveau, il ne dira pas non. Il lui fera peut-être promettre de choisir un autre genre. Il imagine que ça doit exister, puisque Ring était aux antipodes de tous les films qu’il a déjà vus. Ça lui a un peu fait regretter les teenage movies, il doit l’avouer. Au moins, ça ne lui donnait pas envie d’hurler. Pas de la même façon, en tout cas. En fait, il ne sait pas ce qu’il préfère, entre les deux. Il n’a pas vraiment eu l’occasion d’analyser le scénario et la mise en scène, là. Il n’a dû voir que la moitié du film, à tout casser, et il a beau être polyglotte, il n’a pas appris le japonais. C’est bête, au fond, d’avoir dépensé de l’argent pour un film qu’il n’a même pas osé regarder en entier. Dormir avec River et Ariel, ça lui fera du bien. Pas seulement à cause du film, mais aussi parce que son sommeil est toujours léger, près de Toots, qu’il se sent seul, et qu’il dort mal depuis longtemps. Ça le rassurera d’avoir quelqu’un de doux près de lui, quelqu’un d’inoffensif, d’avoir quelqu’un tout court, en fait. Ça le rassurera tout comme ça le rassure d’avoir les bras de River autour de lui.

Quand il le lâche, il suppose que c’est terminé, car les lumières sont allumées et les noms défilent sur l’écran. Il se redresse lentement et s’applique à lisser un faux pli sur son sweatshirt, l’air piteux. Il a un peu honte, d’être toujours Lenny le petit garçon faible qu’il faut protéger, même de monstres purement imaginaires. Il relève les yeux vers River, désemparé. Tu me détestes ? a-t-il demandé, et Lenny ne comprend pas bien. Si c’est une forme d’humour ou s’il est sérieux, ou si c’est un entre-deux dans lequel son ami s’est perdu. Et puis, River lui dit qu’il a envie de pleurer et Lenny a l’impression de s’enfoncer un peu plus dans la détresse. Il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas ce qu’il doit faire, ni pourquoi River est dans cet état. Est-ce qu’il a eu un regard mauvais en relevant la tête vers lui ? Il ne voulait pas, il ne veut pas qu’il se sente comme ça à cause de lui. Ou peut-être est-ce à cause du film ? Il ne croit pas réellement qu’il le déteste, si ? « Non ! » s’écrie-t-il brusquement, comme pour combler le silence, comme s’il y avait urgence. Il regrette aussitôt, tend la main vers River pour caresser doucement son bras. « Enfin, non, je ne te déteste pas. » Il murmure, presque précautionneux dans sa voix et dans son geste. « Tu m’as promis que ce n’était pas un teenage movie et ce n’en était pas un, alors… Ce n’est pas moi qui te donne envie de pleurer, pas vrai ? » Il comprend, subitement, parce qu’il se souvient de l’état dans lequel il était, quelques jours plus tôt, devant le rayon danse d’un magasin. Peut-être que River a eu très peur, peut-être qu’il craint vraiment qu’il lui en veuille, mais il y a autre chose, dans ses yeux trop humides, il y a autre chose et Lenny sait ce que c’est parce qu’il l’a vu des milliers de fois dans le miroir, parce qu’il avait aussi envie de pleurer quand il allait voir le Lac des Cygnes, parce qu’il pleurait, après que Darja soit partie en prison, même si ce n’était que des vidéos YouTube de mauvaise qualité. « Tu peux pleurer, si tu veux. Tu veux que je reste avec toi ? » Il demande, parce qu’il ne sait pas trop, lui, s’il doit rester ou partir, si River a besoin de n’être qu’un anonyme dans la foule, sans personne pour prêter attention à lui, ou s’il veut son épaule, s’il veut ses bras autour de lui, il ne sait pas. Lui, il ne veut pas laisser River tout seul, et s’il avait envie de pleurer, il se blottirait contre lui, mais lui, c’est lui, et peut-être que River veut qu’il s’en aille.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Lun 15 Mai - 13:37

Il retient ses larmes, River, parce qu'elles n'ont aucun sens, parce qu'il ne veut pas gâcher la soirée sans même comprendre pourquoi. Lenny lui assure qu'il ne le déteste pas, c'est déjà ça. Il ne lui en veut pas, alors. Et puis River secoue la tête. Bien sûr que non, c'est pas toi qui me fais pleurer Lenny. Il doute que Lenny puisse faire pleurer qui que ce soit, River. Il inspire lentement pour se calmer, et secoue encore la tête. Parce qu'il ne veut pas pleurer, non. Il lâche un rire gêné et essuie les embryons de larmes qui ont réussi à passer la frontière de ses paupières. « Bah oui, tu restes avec moi. Tu crois quand même pas que je vais te laisser filer maintenant ? » Il y a toujours quelque chose qui parasite sa voix, le ton qu'il voudrait léger, son rire. Il se racle la gorge comme pour en chasser les larmes qui s'y seraient tapies, prêtes à jaillir quand il ne s'y attendra plus. Il ne s'y attendait pas, là, déjà. Mais il n'aime pas réfléchir à ce genre de choses, River, il ne veut pas chercher à comprendre ce qui lui a pris, il ne veut pas fouiller dans ses pensées, il voudrait juste faire comme si rien ne s'était passé, réussir à oublier, comme toujours. Comme toujours, ça ne fonctionne pas vraiment, c'est toujours là, dans un coin de sa tête, au coin de ses yeux, quand il se lève et récupère sa veste posée sur le siège rouge. Et en vérité, il repasserait bien les bras autour de Lenny encore un peu. Il se demande ce qu'il peut bien penser de lui, maintenant. Normalement, quand les gens pleurent au cinéma, c'est pendant le film, pas pendant le générique, et ce n'est jamais devant un film d'horreur, de toute façon. Pas comme ça, en tout cas. Lenny a bien compris qu'il y avait autre chose, River ne trompe personne, ni Lenny ni lui-même, mais il refuse de s'y attarder.
Il refuse et pourtant il y a le visage de Creek qui flotte à la périphérie de sa vision, alors il ferme encore les yeux en enfilant sa veste, mais il le voit encore et il sent grossir la boule dans sa gorge. Finalement, il étouffe mal un sanglot et attrape Lenny pour enfouir sa tête dans le creux de son épaule. C'est presque brutal, venant de River. « Attends... J'suis désolé. Je sais pas ce qui... » Mais si, tu sais, arrête de mentir. Il ne devrait pas avoir honte, parce que Lenny est compréhensif, et il lui a dit qu'il pouvait pleurer, mais River a toujours honte d'être ce qu'il est, même Lenny ne peut rien y changer. D'habitude, il craque quand il est seul, quand on le laisse se faire oublier dans un coin, quand Ariel n'est pas là ou quand il est endormi. En silence. Pas en public, pas devant Lenny, pas dans les bras de Lenny, dans cette étreinte qu'il lui a imposée. Quand il pleure tout seul, il se laisse aller jusqu'à n'en plus pouvoir, mais il ne peut pas se le permettre, là. Alors il inspire, expire, comme il a appris à le faire pour ces moments-là, ces moments où il doit tenir encore quelques heures avant de se laisser submerger. Il s'écarte enfin de Lenny pour poser sur lui des yeux rouges et gonflés, mais il s'efforce de rire. « J'suis désolé, j'suis vraiment un gros bébé. Ça m'apprendra à vouloir te faire peur, je suis encore plus trouillard tu vois. J'arrive même pas à me faire pousser trois poils au menton et j'veux me la jouer viril, pathétique. » Il renifle en caressant tristement son menton imberbe. Bien sûr, il plaisante, il essaie. Il sait que Lenny ne sera pas dupe, qu'il n'imaginera pas une seconde qu'il se retrouve dans un tel état à cause d'un film et d'un coup porté à sa fierté d'homme — il avait déjà fait une croix là-dessus à quatorze ans. « T'as pas des mouchoirs ? » Histoire d'éviter de compléter le tableau avec de la morve au nez. Il prend le mouchoir que lui tend Lenny et se mouche bruyamment, parce que ce n'est pas le genre de chose qu'on lui a appris à faire avec distinction, et puis il le fourre dans sa poche. « Merci. » Il renferme beaucoup de choses, ce merci — merci pour ton épaule, merci de ne pas te moquer de moi, merci de ne pas insister, merci d'être là —, mais il compte sur Lenny pour l'interpréter par lui-même. « Tu veux aller manger quelque chose ou... Je sais pas. Traîner ? Pour se change les idées. Promis on n'approche pas d'un puits. » Il prend le pot de popcorn pas encore totalement vide, hors de question d'abandonner de la nourriture derrière eux, et se dirige vers la sortie en faisant attention à ne pas semer Lenny dans la foule qui se presse déjà aux portes.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Dim 21 Mai - 17:28

Il aimerait connaître des recettes miracles, Lenny, des tours de magie qui permettent de faire disparaitre les larmes, de les remplacer par un sourire. Et pas un sourire comme celui de River, à l’instant où il essuie les larmes qui menacent au bord de ses yeux, pas un sourire faux et embarrassé, peut-être là uniquement pour le rassurer, pour faire semblant que tout va bien. Lenny, il aimerait rendre les gens heureux d’un claquement de doigts, les réparer, les aider pour de vrai, pas seulement de façon superficielle et inutile. Il ne sait pas si c’est bien juste, de ne pas vouloir laisser les gens être tristes, quand ils le sont. Il ne sait pas, mais la tristesse de River lui brise le cœur, et il aimerait connaître des blagues qui le fassent rire. C’est douloureux, de le voir se relever et d’attraper sa veste sur son siège, même s’il l’imite, pas assez courageux pour insister, pas l’envie de le forcer, de le brusquer. Ça reste douloureux, de le voir faire comme si ça allait, comme si, au fond, on ne pouvait rien y faire. Il se sent mal à l’aise, et inutile, en lissant les plis de sa veste pour ne pas avoir l’air interrogateur et malheureux, en regardant River. Et puis, la seconde d’après, il a le front de River contre son épaule et sa voix qui part en vrille dans ses oreilles. Il n’hésite pas tellement longtemps, avant de l’entourer de ses bras, de le serrer fort tout contre lui. S’il hésite, en fait, c’est seulement parce qu’il est surpris, qu’il pensait que River ne s’autoriserait pas à pleurer pour de vrai, après avoir fait tant d’efforts pour contenir ses larmes. Mais ils sont pareils, quelque part, parfois, c’est simplement trop à supporter, et garder la face n’est plus possible, même si Lenny aussi, il déteste pleurer devant quelqu’un qu’il aime.

A présent, c’est à Lenny de faire semblant, lorsque River s’écarte, faire semblant de croire aux excuses qu’il lui offre, de le croire quand il se traite lui-même de trouillard et de croire à sa plaisanterie, qui sonne pourtant si mélancolique. Il ne veut pas insister, Lenny, parce qu’il sait que lui non plus, n’a pas envie de parler, qu’il a envie de se coller aux autres juste pour se calmer et oublier, juste pour savoir qu’il y a quelqu’un, près de lui, qui pense à lui, qui sait qu’il est là, qu’il existe. En parler ne sortira pas Darja de prison, en parler ne le ramènera pas sept ans en arrière, en parler ne réalisera aucun de ses rêves, devenues des chimères impossibles. Il se demande si River a encore des rêves, il se demande à quoi il rêve, son Petit Prince à lui, et il aimerait que la réponse soit oui, mais elle finit mal, cette histoire. Il l’a lue trop de fois pour ne pas le savoir. Alors il sourit faiblement à River en lui tendant le paquet de mouchoirs qu’il a toujours dans sa poche, caresse ses cheveux doucement, un court instant. Il acquiesce en silence, quand River propose d’aller manger ou de traîner, et il le suit jusqu’à la sortie, puis jusqu’aux portes. Il y a trop de monde, et il n’aime pas ça, du coup, il attrape la manche de River, de peur de le perdre dans la foule. C’est rassurant, de tenir quelque chose, dans une foule, de savoir qu’on n’est pas seul. C’est toujours plus facile d’être à deux, pour Lenny. « Je ne crois pas qu’il y ait de puits dans le coin, de toute façon », il parvient à lancer, avec un clin d’œil maladroit. Il est trop nul pour ça, Lenny, mais il ne veut pas obliger River à être triste, alors il se force à être plus décontracté. « Je tuerais pour un hot-dog végétarien, en fait. » Ce n’est pas totalement vrai. Pas la métaphore, mais parce que Lenny n’est pas friand de junk food, même végétarienne, et qu’il le propose seulement parce qu’il sait que River aime ça. Mais il peut bien se sentir coupable pendant une heure après avoir mangé pourvu que River se remette à sourire. « Cette fois, c’est moi qui t’invite. » Et il le tire par la main jusqu’au stand le plus proche. C’est vendredi soir, et ce n’est pas trop difficile d’en trouver un.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Jeu 25 Mai - 0:29


River a souvent eu l'impression que Lenny avait des pouvoirs magiques. Parce qu'il sait tout. Parce qu'il réfléchit vite. Parce qu'il a tout lu. Parce qu'à ses yeux, c'est un surdoué, et c'est quelque chose de rare dans les milieux où il a évolué depuis tout petit. Mais surtout, parce qu'il comprend les choses sans avoir besoin qu'on les lui explique, les choses et les gens, leurs gestes et leurs états d'âme. River n'est pas mauvais lorsqu'il s'agit de deviner où se situent les limites de chacun — de chacun de ses clients, surtout —, il module, il s'adapte, mais Lenny lui donne carrément l'impression de lire dans ses pensées, parce qu'il réagit exactement comme il le faut, ou comme le souhaite. Il le laisse faire comme si, même s'il n'est pas dupe et River le sait. Mais il ne demande pas à duper les gens, River, il veut juste qu'ils lui permettent de faire semblant quand c'est la seule chose à faire. Il ne trouve pas ça égoïste de sa part, surtout pas ce soir. S'il a invité Lenny au cinéma, ce n'était pas dans l'optique de confondre son col avec un mouchoir. Il n'avait pas non plus prévu de lui coller la trouille de sa vie, à vrai dire, mais il est trop tard pour ça alors il aimerait éviter de faire de la soirée un fiasco complet. Il se retourne avec un sourire quand il le sent attraper sa manche et, évidemment, il se prend la porte battante de la salle en pleine face. Il a l'habitude de ce genre de choses, ça ne l'arrête pas longtemps. Des gens le bousculent quand même, comme s'ils étaient pressés, et il se demande bien ce qui peut être si urgent à la sortie d'une séance de cinéma.

Ils finissent par se dégager de la foule, avec Lenny, et River retrouve un peu de la malice du début de soirée. Un peu parce que Lenny ne sait pas vraiment faire les clins d’œil et ça l'amuse. « Ouais, non, pas de puits. Par contre il paraît qu'il y a un petit ruisseau de l'autre côté de la rue, ça doit pas manquer de noyés. » Le pire est passé, il peut se permettre une petite blague non ? Et puis ça lui donne une contenance, de blaguer, parce qu'il a encore un peu honte de la scène qu'il vient d'offrir à Lenny dans la salle sombre. Il se laisse joyeusement guider jusqu'à un stand de hot-dogs — de l'autre côté de la rue, justement — et il hoche simplement la tête quand Lenny lui propose de l'inviter. Il n'avait promis que le cinéma et il sent bien qu'il ne s'agit pas d'une question, de toute façon. Pendant qu'ils patientent, il observe le fleuve et ses courants trompeurs, et il se demande combien de noyés gisent réellement au fond, enfants perdus et suicidés. Finalement, elle n'était pas très drôle, sa blague. Il détourne les yeux et regarde Lenny commander leurs hot dogs végétariens. « Mais tu manges ce genre de trucs toi en fait ? » il se demande soudain. Lenny et lui ont en commun de ne pas se jeter sur la viande qui fait parfois une apparition miraculeuse dans la cuisine de Peter mais, contrairement à River, Lenny a tendance à s'alimenter aussi sainement que le lui permettent ses moyens. Même quand ils prennent un smoothie, il choisit le plus vitaminé et recommande à River de faire comme lui. Il est mignon, Lenny, il veille sur les gens. Et c'est pour ça que River déteste le voir se faire insulter ou malmener par les autres Lost Boys. Parce qu'il réalise, un peu en retard, que Lenny essaie juste de faire lui plaisir. Une fois le hot dog en main, River se dirige vers une haute statue de bronze et se perche sur le socle pour manger, puisque les bancs les plus proches sont occupés. « Ça te dérange pas hein ? » il demande à Lenny, parce qu'il est du genre respectueux des règles, quand même, et qu'il trouve peut-être que c'est un truc de rebelle de s'asseoir aux pieds d'une statue. « Bon, alors. Tu vas le garder en souvenir le ticket de Ring ? » Il fait une mine un peu coupable. Mais maintenant qu'ils sont sortis, entourés par les sons de la ville bien vivante, il espère que Lenny se sent mieux. « La prochaine fois je t'emmène voir un Disney, c'est sans risque. T'en as vu ? » Il ravale au dernier moment un quand même et mord dans son hot dog à la place. Parce que ça lui paraît impensable qu'on n'ait pas vu de Disney, mais il ne voudrait surtout pas avoir l'air condescendant. Il voudrait bien qu'il y en ait une, de prochaine fois.
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MessageSujet: Re: To take the blues away (River)   Ven 16 Juin - 19:52

Il fait l’impasse sur la blague morbide de River. Il n’a pas très envie de se poser la question, combien de noyés gisent réellement au fond de ce ruisseau. Il imagine qu’il n’est pas assez profond pour s’y noyer, pas involontairement, du moins. Ça rend ses pensées encore plus morbides, d’un coup, et il secoue la tête pour les chasser en suivant River dehors. Ils patientent devant le stand, Lenny absorbé par la préparation des hotdogs, inquiet à l’idée de toutes les graisses, conservateurs et atrocités du genre que cela peut contenir, River qui contemple les remous de l’eau. Lenny n’y prête pas attention, et quand River reprend la parole pour lui demander s’il mange ça, une grimace furtive passe sur son visage. Non, il ne mange pas ce genre de trucs. « Oui, de temps en temps. » Ce n’est pas tellement mentir, parce que c’est vrai, dans un sens. Il n’aime pas manger ça, mais il mange ce genre de trucs quand il veut faire plaisir à un ami. C’est surtout ça, la motivation derrière l’invitation, redonner un semblant de sourire à River. Il ne pleure plus, c’est déjà un bon point, et ils se dirigent ensemble vers un endroit pour manger. Le hotdog lui brûle les doigts à travers la serviette, et il se demande comment il va réussir à avaler le tout sans mettre de la moutarde partout et sans avoir envie de pleurer. C’est un précieux, Lenny, en plus des calories, il se méfie de tout ce qui se mange vite fait avec les doigts. Rien ne vaut des couverts et la possibilité de manger proprement. Il essaye d’être cool, mais le fait de paniquer à l’idée de manger un hotdog, ce n’est pas très cool.

Il sourit légèrement à River en lui faisant signe que non, ça ne le dérange pas de s’asseoir au pied d’une statue. Il y a des limites à son étrangeté, quand même. Il rigole même doucement, lorsque River lui demande s’il va garder le ticket. « Oui, je vais le garder. C’est quand même la première fois que j’allais au cinéma. » Il n’arrive pas vraiment à se défaire des images du film, par contre, et il sent bien que ça va le hanter encore pour quelques jours, les puits et les jeunes filles flippantes. Il observe longuement son hotdog, comme si celui-ci pouvait lui donner des flashs du film, et finit par mordre dedans, du bout des incisives. Il sait qu’il va devoir le terminer, il déteste gaspiller de la nourriture, surtout quand Peter en prive les autres. Mais il mâche très lentement, pour tenter de ne pas trop goûter, pour ne pas trop culpabiliser. « J’ai vu tous les High School Musical, ça compte ? Mais ça me donne pas très envie de voir d’autres Disney, je crois que c’est encore plus traumatisant que ce qu’on vient de voir. » Il a un sourire contrit, en espérant que River n’est pas un fan, comme son ancienne demi-sœur. Lenny a une certaine aversion pour Zac Efron, maintenant. « Je trouve ça trop facile, les films. Tu joues le rôle une seule fois, et la même performance est reproduite encore et encore. Il n’y a pas de place pour l’imprévu, pas de place pour les émotions réelles, du présent, ce ne sont que des émotions passées, achevées. C’est plus impressionnant de voir quelqu’un jouer en temps réel, tu ne trouves pas ? Quelqu’un qui donne tout pour un public donné à un moment donné, sans jamais être sûr qu’il pourra reproduire la même émotion que le lendemain. » Il se sent triste, tout à coup, et il regarde ailleurs, pour trouver quelque chose à fixer qui lui changerait les idées. Il ne veut pas penser à la danse, aux ballets, à Darja. « Désolé, c’est bête. »
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