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 J'ai nagé vers ton rire (Merlael)

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Jael Feliciano
Jurassic Park
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MessageSujet: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyMar 28 Mar - 12:39

Je cours. Je cours pour pas étouffer. Je cours pour pas pleurer. Je cours. Y a plus personne dans la maison, elle a tout enlevée, elle est partie. Elle est partie. Mes affaires, les siennes, tout. Et la panique bon sang. La panique qui monte, qui monte. Et je cours. Je tombe. Les genoux qui rappent le pavé et personne qui se bouge pour m’aider à me relever. J’ai l’habitude maintenant, j’ai compris que les gens ne se démènent pas pour les choses qu’ils se forcent à ignorer. J’ai mal. Je sais pas si c’est la douleur de la perte ou juste la peau fissurée. Mes doigts qui cherchent à composer le numéro de Peter sur mon téléphone, et la tonalité qui me répond. « Non. Non. Non. » répond répond répond. J’ai besoin de lui, qu’il me dise quoi faire, qu’il m’aide. Il sait Peter. Il sait tout, depuis le début. Il sait pour Cecilia, pour les soupçons, la réalité de ma situation. Mais je tombe sur sa boite de messagerie. Encore, encore. Asphyxie. Mes affaires, les photos, les souvenirs. Mes vêtements, mes rêves, mes secrets. Tout envolé, brulé, elle a tout emporté. Et la clé autour de mon cou qui me semble soudain inutile. Rageuse je l’arrache et l’envoie au loin parce qu’il n’y a plus de porte qu’elle puisse déverrouiller maintenant. « MERDE » c’est trop, trop de tout, beaucoup trop. Un enchainement de choses, de sentiments, de sensations. J’en peux plus, je veux juste disparaitre parce que là tout de suite j’ai tellement mal. Je me revois il y a dix ans, abandonnée, et l’impression de n’être qu’un objet qu’on délaisse une fois qu’on en a assez. Reviens, reviens. Et mon cœur qui explose avant de se recomposer, piégé dans une boucle temporelle. J’arrive pas à croire d’être de nouveau là.
Mes doigts qui plongent dans mes poches et qui se cognent aux cailloux qui les plombent. Compte les cailloux Jael. Compte les cailloux. Un, deux, trois. J’inspire, expire, ferme les yeux pour arrêter le monde de tourner autour de moi. Je dois pas paniquer, je peux pas paniquer. C’est plus moi tout ça. Plus moi du tout. J’ai plus rien, finit Jael, jetée à la poubelle en même temps que ses affaires. Bim, dans la benne à ordure avec tout le reste. Le passé qui s’effiloche, les vies qui se fracassent et les masques qui s’échangent. Luce et les yeux de mon père à l’hôpital, la peur dans son regard, de m’avoir perdue alors qu’il vient de me retrouver. L’impression de crever, le LSD injecté dans les veines et la voix de Tobias qui me demande de continuer à l’aimer, de pas l’abandonner. C’est un cafouillis de sensations, de chocs, chaos ambiant que je n’arrive pas à éteindre parce que j’ai promis d’essayer. De rester clean. Et sans la drogue pour tout camoufler, je me fais étrangler. Y a le nom de Merle qui saute dans mes pensées, mes mains tremblantes et les sms balancés à la vitesse de l’éclaire. J’ai besoin. De son rire, de ses sourires, de sa chaleur. J’ai besoin. Besoin qu’il me laisse me lover contre lui, qu’il me laisse profiter, comme un enfant capricieux qui réclame des caresses. J’ai peur qu’il ne réponde pas lui aussi, qu’il n’y ai plus personne. Maison vide, garçons partis, plus de Bren, plus de Sasha, plus de Lachlan. Et la rue de nouveau, sans rebond cette fois ci.
Le téléphone qui vibre, et le message qui me tire un sourire au milieu des larmes. Merci. Et de nouveau je me mets à courir, parce que je sais où je dois aller.

L’immeuble qui fait la gueule, je m’arrête devant, prend le temps d’essuyer mes joues, mes yeux, de remettre un peu d’ordre dans mes cheveux. Je veux pas qu’il sache que ça va pas. Je veux juste fermer les yeux et le laisser parler de tout, de rien, de comment il s’est fait griffer par ce chat qu’il a décidé d’apprivoiser. Merle. Et sa silhouette que j’aperçois, perché dans son nid métallique de rambarde et de marches. Inspire. Expire. Ca va aller. Je crois. J’espère. Je sais pas. Et déjà je m’engage dans la ruelle sombre, grimpant les marches pour me poser face à lui, pauvre sourire sur la bouche. « Tu vois. J’ai fais vite » ma voix qui tremble que je ne voudrais. Et sans attendre je le rejoins au sol, passant glissant mes doigts sous le cuir de sa veste pour l’attirer à moi. Parce que j’ai besoin. Vraiment besoin. Sinon je vais imploser. « Pardon » Que je murmure contre son épaule, fermant les yeux pour profiter de l’instant.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyMer 29 Mar - 8:56

Du bout des doigts, il émiette le nuggets qui gît entre ses doigts, pèle soigneusement la panure qu’il trempe dans la sauce, du gras plein les doigts et des rêves plein la tête, le dos contre la rambarde métallique et les jambes croisées dans l’espoir de se garder un peu au chaud. C’est con, cette façon dont il décompose sa bouffe, con comme il laisse son hamburger dans le sac, con comment il y laisse les frites aussi, trop occupé à disséquer ses bouts de poulet frit pour y prêter attention. C’est peut-être une habitude qu’il a gagné avec Valmont et Victoire, en vérité, quand il avait pas encore gagné sa veste en cuir, ses décorations de mec qui a survécu à l’hiver, à la pneumonie, à la pauvreté, à la vie. C’est peut-être une habitude pour faire durer la bouffe plus longtemps, pour être rassasié plus vite, une sale manie en réalité parce qu’il a les doigts plein de tâches et qu’il peut pas attraper son téléphone tout de suite quand il commence à vibrer. Il sait qu’il devrait parce que le code est simple. Une vibration longue, Peter, une vibration courte, Tinks, plusieurs courtes, les autres Lost Boys et la plupart des gens qu’il fréquente, en vérité, plusieurs longues, Sasha et Jael et c’est bien les seules à laquelle il répond à chaque fois. C’est du favoritisme, c’est certain, mais elles valent mieux que la plupart des gens que contient son répertoire réunis et ce n’est pas prêt de changer : Peter pèse trop lourd dans la balance pour que ça puisse être compensé. Il bataille, pour accéder à son téléphone, traîne ses doigts gras sur l’écran. C’est Jael, évidemment que c’est Jael, parce que ça fait presque trop longtemps qu’il ne l’a pas vue, parce qu’il a envie de la voir, parce qu’il lui répond immédiatement, un peu trop vite, peut-être, un peu trop impatiemment, sans doute, et il espère qu’elle arrive, vite, vite, vite, parce que les frites refroidissent, parce que son sourire lui manque.

Elle ne sourit pas quand elle arrive. C’est ce qui l’alarme, en réalité, plus qu’il ne veut l’avouer, plus qu’il ne veut l’admettre. Elle ne sourit pas et ça produit un son étrange à l’intérieur de son torse, une sorte de sonnerie d’alarme qui lui fait des nœuds dans l’estomac et lui font tendre les bras, par automatisme, pour les envelopper autour d’elle, l’attirer plus près, sur ses genoux et contre son torse  pendant qu’elle colle son visage contre le cuir qui recouvre son épaule. Il aimerait lui dire que ça va aller mais il est pas fort pour ça, Merle, pas fort pour les phrases qui rassurent et les mots qui apaisent, pas fort pour parler de façon générale, pas fort pour être autre chose que sarcastique et cassant, parce que c’est la langue qu’il manie le mieux, parce que c’est la langue que lui ont enseignés 4chan et l’anonymat sur internet, un mélange de filsdeputerie et de manque de pitié, un mélange d’indélicatesse et d’irrévérence. Il a Jael entre les bras et il ne sait pas quoi faire, à part l’attirer plus près, entre les pans de son manteau pour la protéger du froid, coller ses mains poisseuses de graisses contre son crâne pour le gratouiller, comme il l’aurait fait à Bestiole, entre les deux oreilles pour apaiser, tout près de la nuque pour la calmer. Forcément, ça ne peut pas marcher, pas tout à fait, alors il finit par parler, par compléter ce qu’il lui disait par SMS, avant qu’elle n’arrive, reprendre la conversation où elle s’est arrêtée comme si Jael allait bien, comme si elle n’était pas en train de s’émietter dans ses bras.

« J’ai pris la sauce barbecue, là, mais j’avais des nuggets. » Il lui pointe du doigt la pile de nuggets soigneusement dépiauté. « J’ai eu du rab de sauce pour les frites parce que la serveuse me trouvait sexy alors t’as le choix. T’as même une moitié de big mac parce que je suis un mec sympa et presque galant, t’as vu. »

C’est faux, mais c’est un détail. Elle a une moitié de big mac parce qu’il n’a pas eu le temps de l’entamer mais ça, elle n’a pas besoin de le savoir ; il a appris à faire le tri entre les informations qu’il pouvait se permettre de pas lâcher pour ne pas blesser. À la place, il suce son pouce pour effacer une trace de ketchup, baisse la tête pour coller son front contre le sien, planter son regard dans le sien, parce que c’est plus simple quand il la regarde dans les yeux, plus simple quand ils sont la même hauteur, parce qu’il évalue mieux, parce qu’il comprend mieux, parce qu’il se sent moins paumé quand il sait exactement où chercher.

« Si tu continues à t'excuser je vais finir par être obligé de te dire auf wiedersehen. » plaisante-t-il avec sa plus belle imitation d’Heidi Klum. Il espère allumer quelque chose chez elle, quelque chose de différent de la tristesse qui lui colle à la peau, quelque chose de plus doux, de plus ressemblant, quelque chose qui arrêterait de lui nouer l’estomac. « Là t’es censée imiter Tim, J, suis un peu. » lui intime-t-il gentiment avant d’attraper le paquet de frite pour le lui tendre. « Comment je fais, sans mon binôme, t’y penses ? »

Et c’est maladroit, terriblement, mais il y a l’inquiétude dans sa voix et quelque part dans ses yeux lorsqu’il lui fourre une frite dans la bouche, un sourire un peu trop forcé sur les lèvres pour être parfaitement heureux.
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Jael Feliciano
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyJeu 30 Mar - 1:30

Respire, respire, arrête de trembler, fout un sourire sur tes lèvres, tu sais, de ceux que t’as appris sur scène, au théâtre. Putain. Ce que je suis mauvaise à ça. Faire semblant. Je peux pas. Un concentré d’émotions, et un visage qui fait office de fenêtre. Y a rien, rien. Rien pour me cacher derrière quand je voudrais disparaitre, pas même un foutu sourire en plastique. Stupide Jael, terrible Jael. Je me hais. Je me déteste. J’étouffe. Je voudrais rigoler, me moquer de la façon qu’il a de manger ses nuggets, comme un petit enfant. Je voudrais rigoler, me moquer de son air concentré, et des quelques miettes qui décorent son menton. Mais ça se meurt dans ma gorge. Ca va pas plus loin que la pensée. J’ai froid, j’ai faim, et toutes les sensations qui parcourent mon corps fatigué, usé. Les bleus sur les jambes, traces de doigts dans la chaire que j’ai pas maitrisé, et les genoux qui arrêtent de saigner. J’ai froid, j’ai faim. Mais j’ai surtout mal. Pas physiquement. Ca je sais gérer. Non. J’ai mal à l’intérieur, comme si on m’avait arraché quelque chose de précieux, quelque chose de vitale. Et la commissure de mes lèvres qui tremble, incapable de s’étirer.
Apnée. Je vacille. Instinctivement, je tombe. Sur lui. Dans ses bras. Geste que je connais par cœur, vu le nombre de fois que je le répète. Les mains qui se faufilent sous sa veste élimée à l’odeur usée, le nez qui vient se niquer dans le creux du cou, sur l’épaule camouflée. Et ses doigts à lui, qui m’enserrent comme une cage. Réconfortante la cage. Pas une prison. Une jolie cage. Avec ses bras. Pardon, pardon, pardon. J’aurais voulu être cette fille pleine de paillettes, celle qui virevolte quand il parle, qui danse, qui ris, qui chante. Jael aux milles couleurs, que j’ai rangé bien au fond de ma valise, pendant l’hôpital. Pardon. Et la façon qu’il a de me caresser la tête, qui me donne l’impression d‘avoir de nouveau cinq ans, dans les bras d’Alijah, dans les bras de Lydia. C’est chaud. Tellement chaud. Je ferme les yeux, serre les lèvres, serre les doigts. Me lache pas Merle. Me lache pas. J’ai pris la sauce barbecue, là, mais j’avais des nuggets. J’ouvre les yeux doucement, desserre un peu ma prise sur le tissus de son haut, me laisse bercer par ses paroles. J’ai eu du rab de sauce pour les frites parce que la serveuse me trouvait sexy alors t’as le choix. T’as même une moitié de big mac parce que je suis un mec sympa et presque galant, t’as vu C’est immédiat. Le rire qui me parcourt, un peu cassé, un peu usé, sans doute d’avoir trop pleuré ou trop crié ces derniers temps : j’ai la voix qui se délite. Mais je rigole. Et ça envoi promener au loin la nostalgie. Quelques pas seulement, mais c’est déjà mieux que rien, c’est plus léger. Moins déprimant. « Faut que tu me dise ton secret pour draguer les serveuses moi j’ai jamais de rab » Que je murmure tout bas, le visage toujours caché. C’est débile, c’est stupide, c’est même pas vrai. Mais c’est mieux que rien, que le silence.

Soudain il se recule, je le sens bouger et j’essaye de le retenir. Echec. C’est ses yeux qui m’affrontent et j’arrive pas à m’en détacher. De lui. De son visage. De ses traits. Faut que j’arrête avec ces fixettes sur les mâchoires, mais encore une fois je crève d’envie de dessiner. J’imagine comment je rendrais la couleur de ses pupilles et la douceur qui s’y cache, celle qu’il efface trop souvent mais qui réapparaît dès qu’il baisse sa garde. Je vois le crayon pour les lèvres un peu roses et la légère cicatrice qui disparait, séquelle d’une bagarre qu’il a, j’espère, probablement gagné. J’ai les doigts qui palpitent qui crèvent d’envie de se promener sur ses joues. Et pendant un instant j’oublie tout. Encore. Je crois que je me sens bien. Un peu. Si tu continues à t'excuser je vais finir par être obligé de te dire auf wiedersehen. Et le rire. Le rire encore. Le rire que j’arrive pas à contrôler. Rire qui s’étrangle pour finir en sanglot incontrôlé. Je porte la main à ma bouche essayant de cacher le bruit. Echec. Encore. Je crois que je suis à bout. J’ai du mal à faire la part des choses, comprendre le pourquoi du comment, d’après mon psy c’est un soucis de perception. Là t’es censée imiter Tim, J, suis un peu. Tim. Heidi. M. J. Des jeux. Des blagues. Notre univers. Et les larmes qui coulent encore, mais cette fois ci c’est un sourire qui force le passage. Stupide Merle et sa façon de se déhancher quand il imite Heidi devant la télé. Il faut voir pour croire. Mais moi je sais, à quel point cet homme est une perle rare. Pas très brillante, pas vraiment polie. Encore dans sa coquille. Mais c’est mon secret. Notre secret. J’aime bien. Comment je fais, sans mon binôme, t’y penses ? Binome. Lui et moi. Moi et lui. Et le cœur qui manque un battement sans savoir pourquoi. Et le bonheur qui gonfle un peu mes poumons, qui rajoute un peu de soleil par-dessus la grisaille. Il veut toujours de moi. Il m’abandonnera pas. Mécaniquement j’ouvre la bouche pour attraper la frite qu’il me tend entre mes dents. J’avale la nourriture, savourant le salé, le gras, l’irrégularité de cette dernière, avant de sécher rapidement mes larmes qui ont arrêté de couler. Je m’installe un peu plus confortablement sur ses genoux et le fixe de nouveau, l’air sérieuse. «Il faut apprendre à continuer tu sais Merle. The show must go on. Si tu n’es pas capable je n’aurais pas d’autre choix que de t’envoyer à l’atelier pour nettoyer ton poste. » Ma voix qui se fait plus grave, les sourcils légèrement dressés je le juge par-dessus mes lunettes invisibles. C’est pas parfait, pas ma meilleure imitation, mais dans la situation actuelle c’est tout ce que je trouve la force de faire. « Désolé c’est juste. Tu sais. Depuis la sortie de l’hôpital c’est compliqué. Cependant je peux pas tout lui raconter. L’overdose il sait. Ils savent tous. Mais Alijah ? Tobias ? La chaleur d’une famille à portée de main ? Je peux pas. Je peux pas. Ca les tuerait, tous ces mensonges dégueulasses. Et je veux pas. Je baisse les yeux, tendant la main vers le paquet de frites, et mon ventre qui gronde à la vue de la couleur dorée. « Je te pique juste ça, j’ai pas très faim tu sais » menteuse. Mais j’ai pas envie de l’inquiéter.
« C’était long sans toi » que j’avoue finalement, concentrée sur la nourriture que je fais tourner entre mes doigts égratignés. Oui c’était long sans lui. J’aime pas quand il disparait comme ça. C’est plus la même chose l’appartement, ça laisse un vide à gauche dans ma cage thoracique et c’est désagréable.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyVen 31 Mar - 14:09

Parler avec Jael est un exercice qu’il aime un peu trop. Il aime leurs blagues communes et leur humour stupide, leurs références que personne ne comprend et leur addiction à la téléréalité, il aime son imitation pas si ouf de Tim Gunn et la façon dont tout cela fronce son visage dans une tentative de sérieux. Il aime la sentir se débloquer, larmes ou sourires, peu lui importe tant qu’elle ne reste pas figée, sanglots ou rires, il s’en fout, tant qu’elle communique et qu’elle le laisse la regarder. Jael, c’est son binôme, son double, sa moitié, c’est la personne qui lui manque lorsqu’il disparaît, celle à qui il répond toujours, celle qui lui donnerait presque envie de rester quand les choses deviennent trop compliquées. Ça ne se passe pas comme ça, cette fois-ci, parce qu’il n’a pas la latitude pour fuir, pas réellement, parce que c’est elle qui vient et qui se jette dans ses bras, parce que c’est elle qui s’accroche, comme une noyée en quête d’oxygène et qu’il ne peut pas fuir cela, pas vraiment, parce qu’il sait qu’il lui manque quand il s’en va mais qu’elle fait avec, parce qu’il sait qu’il est égoïste quand il prend le large sans prévenir mais qu’il le fait quand même. Il ne veut pas lui faire de mal. Il ne veut pas la prendre avec de gants, non plus, parce que ce ne serait pas eux et qu’il ne veut pas être quelqu’un d’autre, parce qu’ils s’aiment comme ils sont, imparfaits et fêlés, tout cassé, tous brisés, et qu’il refuse de se compromettre pour n’être qu’une parodie de lui même, et qu’il refuse d’être autre chose que celui qu’il est devenu à coup de dents et de griffes, de dos ronds et de bastons. Il embrasse sa joue, quand même, et sa tempe et son front, autant de marques d’affection pour lui dire que ça va, que ça va aller, qu’elle a pas besoin de mentir, qu’elle a pas besoin de prétendre, autant de traces d’affection pour lui chuchoter qu’il ne s’en va pas, qu’il ne la laisse pas. Peut-être qu’il reviendra même à l’appartement ce soir, pour se glisser dans la chambre qu’il partage avec Slight, peut-être qu’il ravalera sa fierté, ravalera la porte claquée et la colère, qu’il prendra sa main et qu’il rentrera avec elle. Il ne promet rien. Pas tout de suite, pas maintenant, mais il considère, mais il y pense.

« Arrête de mentir. » qu’il lui dit et il n’a pas d’arrière-pensées. Peut-être que Jael a des secrets, sans doute qu’elle en a, il n’en sait rien mais il n’est personne pour juger, parce qu’il en a un bien trop gros lui-même et qu’il serait incapable de lui avouer. Arrête de mentir, lui dit-il et il lui colle une poignée de frite dans la main parce qu’ils sont sales et qu’ils s’en foutent, parce que ça finira dans leur bide de toute façon et que ça peut pas être pire que la fois où il a tenté de faire des pâtes bolognaises à la colocation et que plusieurs boulettes de viande sont restées collées au plafond pendant trois jours et demi. C’était drôle. C’était drôle et ça faisait pas longtemps qu’il s’était amusé avec eux, c’était drôle et il s’était rappelé qu’il les aimait, un peu, à sa façon, qu’il n’avait pas envie de se passer d’eux. Et puis, ce jour-là, Jael riait. Une moue sur le visage, il se cale plus confortablement contre le métal pour la blottir plus étroitement contre lui. Il déteste Pan pour ce qu’il lui fait, il déteste Pan, il déteste Pan, il déteste Pan, parce qu’elle a l’air paumé, Jael, et qu’il ne sait pas qui accuser. « Mange tes frites et arrête de t’excuser. C’est toujours long sans toi, aussi. » qu’il marmonne en découpant le burger d’une main avant de fourrer plusieurs nuggets dans sa bouche.

C’est une erreur de calcul. Bien sûr, que c’est une erreur de calcul, parce qu’il y a bien trop de poulet et définitivement pas assez d’espace dans sa bouche, parce qu’il a épluché ces putains de bout de poulet et qu’un morceau de panure a décidé qu’aller faire un tour dans ses poumons était le bon truc à faire quand il est occupé à remonter le moral à Jael. Résultat. Il s’étouffe. Résultat, il s’étouffe hardcore, même, parce que l’oxygène peine à parvenir à ses poumons et que ses yeux se révulsent, parce qu’il est sexy, bien sûr, top du top de la beauté quand on est en train de pas crever. Il se demande, un court instant, si Jael est capable de taper suffisamment fort dans son dos pour lui éviter de finir encore une fois à l’hosto. Il se demande si elle est capable de lui faire la manœuvre de Heimlich ou si elle est trop déconnectée pour ça. Il la repousse et ça lui fend le coeur mais il ne respire presque plus et agite ses mains de façons foncièrement incohérente. Il espère qu’elle comprend qu’il aimerait de l’aide, tousse, tousse, tousse à s’en exploser les poumons parce que ça ne se déloge pas, parce qu’il n’y arrive pas, parce que sa tête commence à tourner et qu’il a vraiment envie d’hurler, parce que Jael doit comprendre, doit faire un truc, et il pousse son téléphone vers elle pour qu’à défaut de faire un truc utile elle appelle les urgences parce qu’il aimerait bien pas mourir d’un morceau de nuggets macdo pas assez mâché.

Non, vraiment, ce serait bien.
S’il vous plaît.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptySam 8 Avr - 17:37

C’est quelque chose avec Merle. Une espèce d’entre deux, une zone où rien ne peut nous atteindre tous les deux. Il a cette manie de balayer chaque tracas qui s’installent salement dans ma tête avec ses mots, avec ses rires, avec sa chaleur. Je prends tout, égoïste, j’avale tout. Je fourre le bonheur dans mes poches, je vole les sourires que je range dans la cage thoracique, incapable d’économiser je consomme tout trop vite. Tout le temps. je déteste ça. Je voudrais figer le temps, rien que nous deux dans cette cage d’escalier, et les lumières de la ville qui brillent au loin. Je voudrais qu’on reste comme ça, moi contre lui et l’odeur des frites froides qui s’infiltre dans nos vêtements comme un rappel. Rituel. Il m’embrasse sur la joue, sur la tempe, sur le front, et à chaque fois que ses lèvres effleurent ma peau il efface le malheur. La douleur. J’ai envie qu’il continue, encore, encore. Qu’il n’arrête jamais. J’ai menti, je suis affamée. Je crèverais pour ces marques d’affection. C’est grandissant, le besoin, qu’il ne me lâche jamais. Mais il est temps que je grandisse pas vrai ? Que j’arrête de faire la sale gosse, à exiger des choses qui ne me reviennent pas de droit.
Arrête de mentir. C’est comme un echo, au sms brulant qui reste caché au fond de mon téléphone. Arrête de mentir. Mais c’est pas possible pas vrai ? Une fois qu’on a commencé à s’enfoncer dans les mensonges, c’est impossible de s’en extirper. Et s’il savait. S’il savait tout. La vérité. S’il savait que je mens comme une arracheuse de dents, que je m’appelle même pas Jael, pas vraiment. Luce. Le prénom qui roule sur ma langue mais qui ne sort vraiment jamais. « Pardon » Je baisse les yeux, me mord la lèvre. Pardon. J’aimerais tout lui avouer. Mais j’ai tellement peur. Peur du rejet, peur qu’il écarte les bras et qu’il me laisse filer. Peur qu’il ne m’aime plus comme avant parce qu’on est trop différents. « Pardon.. » que je reprends alors qu’il me serre un peu plus contre lui. Mes doigts se glissent contre le tissu, râpent contre le cuir et je sens les larmes pointer. Comme toujours. Mange tes frites et arrête de t’excuser. C’est toujours long sans toi, aussi. Chaleur. C’est l’acceptance, le sentiment que c’est réciproque. Moi, lui, lui, moi. Et ce truc qu’on comprend pas entre nous deux. C’est long sans toi, aussi. Putain s’il savait a quel point c’est long.
Je m’écarte un peu pour piquer les frittes que je picore doucement, pensive. Elles sont tièdes, presque froides et mes doigts qui deviennent trop gras à une vitesse phénoménale. Je me concentre sur la nourriture, sur la couleur jaune, légèrement brulée sur les bords et la barquette en carton rouge. Je me concentre dessus pour pas laisser le manque revenir, mon cerveau grincer. Pense pas – tais-toi. J’ai envie de montrer que je peux vivre sans ça. Je mange pour combler le vide, comme si les quelques frites que j’enfourne peuvent remplir le néant. Tu parles. Et je suis bien partie pour recommencer à me morfondre dans mes pensées quand soudain Merle à côté de moi se met à s’étouffer. « Hey ça va ? » Mais il ne répond pas. Il tousse, tousse, tousse encore et encore. Et son visage qui devient rouge et la panique qui monte d’un cran. Non, non, non pas ça. Je le regarde incapable de réagir et lui qui continue d’agoniser. Dans ma tête tout un schema de possibilités se dessine et soudain je l’imagine, allongé dans les escaliers, les poumons atrophiés et le cœur arrêté. « MERLE ! » les frites qui m’échappent des mains et qui s’étalent par terre. Réfléchis Jael, réfléchis, pense aux cours de secourisme du lycée. C’était pas compliqué pas vrai ? Pas vrai ? Je me place derrière Merle, les bras qui entourent son torse, cherchant le bon endroit pour me positionner. C’est comment déjà ? Comment ? J’ai l’impression d’être trop petite, d’être trop faible, que je vais jamais y arriver et qu’il va me crever entre les doigts. Comme Lydia. Putain. Non. Pas une seconde fois. Et c’est instinctif. J’appuis du plus fort que je peux, encore, encore, comme j’ai appris. Pendant un instant je bénis l’hôpital et la désintoxication forcée, rien qu’une fois je suis heureuse d’être plus ou moins en pleine possession de mes moyens. Nouvelle tentative, encore et cette fois ci je sens que ça marche. Je l’entend aspirer une grande bouffée d’air et le soulagement m’envahit. Dieu merci. « ça va ? Ca va ? » et mes mains qui viennent chercher son visage, qui l’attire à moi pour que je puisse le dévisager, l’observer. Je veux vérifier qu’il est bien vivant, que j’ai pas perdu quelqu’un de trop important. C’est pas possible je veux pas. Je peux pas. « Je…J’ai cru » et les mots qui s’embrouillent, ma gorge qui se bloque et les images qui affluent. Lydia. Et la voix de mon père, quand il nous a trouvé toutes les deux dans le salon, moi allongé sur elle, refusant de la lâcher, refusant d’accepter. Maman est partie. Non. Non. « Me laisse pas Merle. Me laisse pas, plus jamais » et je m’agrippe à lui avec désespoir, chaque cellule de mon corps le supplie. Plus jamais. Les larmes, les larmes qui coulent et le sanglot trop violent. « Meurs pas, meurs pas encore une fois » et leurs visages qui se superposent, y a celui de Willow aussi de son rire chaleureux et comment il m’appelait princesse quand il me prenait dans ses bras. « S’il te plait » je me rend pas compte que je risque de lui faire mal, les ongles qui s’enfoncent dans la peau de son cou, et la panique qui grimpe en flèche, encore et toujours. Et soudain c’est à mon tour d’arrêter de respirer. Y a plus rien. Juste du noir. Juste du blanc. Et la certitude que c’est possible de crever de peur. De crever de douleur.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyDim 16 Avr - 17:39

Y a rien de plus pathétique que de mourir au milieu d’un lit de malbouffe renversée. Peut-être qu’il crève, Merle, là, il en sait pas grand-chose en vrai, il sait qu’il s’étouffe et que ça lui fait putain de mal, que ça se répercute sur toute sa cage thoracique et qu’il n’en mène pas large, parce que tout est flou et que Jael panique, parce qu’il déteste la sentir désespérée, hait causer ça chez elle, parce qu’elle en a trop vu, trop connu, parce qu’elle n’a pas besoin de ça en plus et que ça le rend dingue, et que ça le rend fou, parce qu’elle ne le mérite pas, parce qu’elle mérite mieux qu’un mec à la vie pourrie qui crève dans ses frites, mieux qu’un clodo qui pourra jamais l’inviter qu’au macdo et qui trouvera jamais rien de mieux à lui dire que des phrases qu’il a lu imprimée dans des biscuits chinois. Il n’a rien à offrir à Jael, même pas une mort digne, même pas une vie digne, rien à sauver parce qu’il ne possède rien, rien à sauver parce qu’il n’est même pas capable de se sauver lui-même et qu’elle se retrouve à presser ses mains sur lui pour l’aider à respirer. Elle est douée, Jael, parce qu’il retrouve le souffle, parce qu’il éjecte tout ce qui l’entrave, recrache la frite qui fait le looping le plus intense de la terre avant de se laisser attraper, entraîner, collé contre Jael qui semble ne plus pouvoir le lâcher. Il se demande s’il peut mourir en s’étouffant sur ses cheveux, parce qu’il a le nez dedans et que ses bras l’enserrent presque par automatisme, parce qu’elle a eu peur et qu’il le sent, parce qu’il récupère beaucoup trop doucement ses sens et qu’il comprend. Il comprend qu’elle panique, il comprend qu’ils sont cons, tous les deux, cons et ridicules, parce qu’il manque de crever et que la voilà qui fait une crise de panique elle aussi, parce que dans n’importe quel sitcom, ils se retrouveraient avec un fond de rire préenregistré et que ce n’est pas le cas aujourd’hui, parce que c’est la vie, la vraie vie, et que c’est dans ses bras qu’elle arrête de respirer.

Il se souvient d’avoir vécu ça. Il se souvient de la panique et de l’air, du corps qui se coupe, qui se ferme, qui dérape. Il sait qu’il ne peut rien faire, pas comme elle l’a fait, que ce n’est pas mécanique, pas du tout, mais qu’il doit agir vite. C’est l’adrénaline, qui prend le relais, en réalité, qui le pousse, le tire, le bouscule, et il colle son front contre le sien, dégage son front de ses cheveux, se cramponne à elle, une main sur sa nuque, pour lui dire qu’il est là et la maintenir contre lui, les doigts appuyés tout contre sa peau pour qu’elle le sente, qu’elle ne puisse pas ignorer qu’il est là. Il est nul, Merle, nul pour les discours et nul pour rassurer, il a la gueule qui pue la graisse et les doigts plein de ketchup, il a sans doute de la salade entre les dents et pas l’air vraiment rassurant, mais Jael est ce qu’il a de plus cher au monde, mais Jael veut dire famille, mais Jael veut dire amour, mais Jael veut dire maison et il la serre un peu plus fort pour lui communiquer ça, tente d’articuler les mots qui se bousculent dans sa tête.

« Je suis pas mort. » il murmure, et dans sa tête une sirène hurle, jaeljaeljaeljael. « Je meurs pas, je reste avec toi, je te promets, Jael, bordel, J, respire avec moi, énerve-toi, fais quelque chose. » C’est ridicule et il l’est, avec sa dégaine de type paumé et ses mains tremblantes, avec ses doigts osseux et ses yeux encore rouges d’avoir pleuré à force de tousser. C’est ridicule parce que ce genre d’événements ne se produit pas dans la vraie vie, parce que le teint cireux ne va pas à Jael, parce qu’elle est trop pleine de couleur, trop pleine de vie, parce qu’elle a les yeux grands ouverts dans son cœur, parce qu’elle a un sourire beaucoup trop large dans son esprit, parce que c’est jaeljaeljael, un bout de bonheur au milieu des matelas explosés des Lost Boys, jaeljaeljael, qui lui donne envie de rire, qui fait pétiller des choses au creux de son ventre et qu’il n’abandonnerait jamais, parce qu’elle est beaucoup trop importante, beaucoup trop essentielle, parce qu’il a besoin d’elle et qu’il ne lui a jamais dit, parce qu’il a besoin d’elle et qu’il a tu beaucoup trop de choses. Il respire aussi fort qu’il le peut pour qu’elle suive le rythme, compte, avec sa voix trop rauque et son envie de pleurer. « Un, deux, trois. » marque une pause, juste pour constater, pour voir si elle suit, pour voir si elle est là, s’il peut continuer. « Un, deux, trois. » reprend-t-il et il y a la supplique dans sa voix, quelque chose d’écorché et de terrible parce qu’il ne peut pas supporter l’idée qu’elle arrête de respirer au milieu de frites éparpillées, qu’elle arrête de respirer parce qu’il est en tort, parce qu’il est stupide, parce qu’il est incapable de manger correctement apparemment, parce qu’il est incapable tout court. « Personne ne meurt. » murmure-t-il en embrassant son front et ses cheveux, en pressant ses lèvres contre ses tempes, ses joues, ses paupières, pour la supplier de revenir et d’arrêter de jouer à ne pas respirer, pour la forcer à reprendre son souffle et à la regarder parce qu’elle ne peut pas le laisser, parce qu’elle ne peut pas, parce qu’il n’y survivrait pas. « Personne, tu m’entends, Jael, s’te plait. Personne peut. Je suis là, reste là. »

Parce qu’il a besoin d’elle pour exister.
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Jael Feliciano
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyVen 21 Avr - 23:58

C’est des scenarios qui s’enchainent, des souvenirs qui viennent envahir ma caboche, des idées qui s’enracinent et Merle qui s’étouffe lentement mais surement. C’est la certitude qu’il va disparaitre lui aussi, comme les autres, comme tout le monde : petit à petit. Y aura bientôt plus personne. Et ça je peux pas l’imaginer. Je peux tout simplement pas. C’est le cerveau qui se bloque, les fonctions vitales aussi, le voile devant les yeux et l’instinct de protection déclenché. Mécanisme dangereux mais utile d’après mon psy, ça m’empêche de finir tarée, de décider de me jeter par la fenêtre pour plus rien ressentir. Le truc c’est que si je me bloque trop longtemps…. Y a plus rien à protéger. Plus rien du tout. Juste un cadavre tué par ses propres angoisses. C’est tellement con parfois l’esprit humain.
Et je chute. Des mètres et des mètres de chute libre dans le noir. Puis le blanc. Et le bourdonnement incessant au creux de mes oreilles qui me file la nausée à un rythme effarant. Merle et mes doigts qui serrent sans savoir, le tissus comme une bouée, et la bouche entre ouverte, quémandant de l’air pour pouvoir respirer.   Je suis pas mort. Pourtant y a plus rien de vivant autour de moi. Pas même cette voix qui provient de trop loin. J’y crois pas. J’y crois plus. Et j’ai tellement mal dans ma poitrine tant mes poumons quémandent de l’oxygène. Je sens pas les doigts, je sens pas le front, je sens même pas la chaleur de Merle contre moi. Je sens que le froid. Et la solitude, qui m’enroule comme une putain de seconde peau.  Je meurs pas, je reste avec toi, je te promets, Jael, bordel, J, respire avec moi, énerve-toi, fais quelque chose. J. Jael. Et cette voix qui me brûle par endroit, qui s’immisce en moi comme pour me tirer vers la surface. Je te promets. Promis ? Mais pourtant moi je sais, les promesses c’est que du vent face à la vie impitoyable : elle nous laisse rarement les tenir. C’est difficile. Douloureux. Je te promets. Pourtant j’ai envie d’y croire. Encore une fois. Rien qu’une fois. La dernière avant de fermer les portes à tout jamais.
Un, deux, trois. compte les cailloux Jael. Ou imagine les quand ils sont pas dans tes mains. Un deux trois. Les yeux qui se ferme, et la trachée qui arrête petit à petit de se comprimer. J’essaye. Je lutte. C’est difficile. Je crois que j’ai rarement fait une crise aussi grave. Pas depuis sa mort.  Un, deux, trois. je me raccroche à ça, puisqu’il n’y a plus rien d’autre. Je me raccroche à Merle, et je lutte pour essayer de me remettre à respirer. Je lutte, j’ai mal, je pleure silencieusement parce qu’aucun son n’a l’air d’avoir la permission de s’échapper de mes lèvres. La lumière me fait mal, l’obscurité me fait peur, entre les deux j’oscille, les cils qui battent pour essayer de réguler la chose.  Personne ne meurt. C’est une certitude ? Ou une question. Je sais pas ce que je préfère. Peut être la première option. Personne ne meurt, et j’y crois. J’y crois parce qu’il est là bien vivant en face de moi et pas étendu sur les marches d’escalier. Il est vivant, terriblement vivant, dans toutes ses imperfections qui le rendent si parfait à mes yeux. Il est vivant et il me brûle, chaque baiser sur ma peau comme un nouveau souffle poussé dans mes poumons, un encouragement à continuer d’essayer. Encore. Et ses lèvres sur mes paupières, l’idée stupide qu’il avale mes larmes pour effacer la peur. Personne, tu m’entends, Jael, s’te plait. Personne peut. Je suis là, reste là. Et cette fois ci j’y crois. Un. Deux. Trois. Je saute. Et l’air qui s’engouffre dans mes bronches, je vacille, me raccroche à lui un peu plus, cherchant l’oxygène qui m’a fait défaut trop longtemps. J’ai l’impression de remonter d’une plongée en apnée, sauf que je ne suis pas trempée.  « Merle, Merle, Merle »    ma voix qui se casse et je le cherche alors qu’il est en face de moi. Merle parce que y a que lui pour moi, pour nous, et le cœur qui flanche parce que j’ai cru que c’était terminé.  « Plus jamais, plus jamais, plus jamais, plus jamais »   que je répète inlassablement, la main sur ma poitrine encore douloureuse du manque et le corps qui tremble sans pouvoir m’arrêter. Et sans attendre plus longtemps je me love de nouveau contre lui, serrant encore plus fort, encore plus longtemps, comme si je voulais fusionner avec lui. Rentrer dans sa cage thoracique, dormir près de son cœur bouillant et ne plus jamais en ressortir.  « Je ferais quoi sans toi, si tu meurs aussi. Je veux pas te perdre, j’ai perdu trop de choses »    parce que c’est vrai, parce qu’il ne reste plus rien, juste une pierre tombale et des souvenirs déchirés cachés sous mon matelas et que pendant un moment j’ai cru que j’allais devoir y graver un deuxième prénom sur ce marbre déjà salit par le temps. C’est à mon tour de l’embrasser, un peu, ses doigts, ses paumes, son cou. Et mon nez qui trouve refuge dans le creux que j’aime tant, comme si c’était ma place attitrée.
« Je suis désolé »    que je murmure enfin calmée, quand mon pouls ralenti et que les lumières cessent enfin de danser sous mes paupières. « Je suis désolé d’être aussi cassée Merle. »   désolé d’être un tel boulet, désolé de devoir trainer dans ses pieds parce que je sais pas me débrouiller. Désolé pour tout. Désolé d’exister. Et mes yeux qui se perdent sur le cuir usé de sa veste, plutôt que d’affronter les pupilles de Merle.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyLun 8 Mai - 16:44

Il a les doigts qui se tendent, un battement angoissé quelque part dans le crâne. Jael, crie son cœur, Jael, implore-t-il, parce qu’il y a des fissures qui se dessinent partout sur sa peau, parce qu’il y a des crevasses qui s’ouvrent et qu’il ne sait pas comment y jeter des ponts, comment enrouler des cordes autour de son corps pour la maintenir entière, comment la réconforter. Jael, et il la serre plus fort, plus près, Jael, et il a envie de supplier, respire, respire, respire, parce que c’est tout ce à quoi il est capable de penser, parce que c’est tout ce qui lui importe à cet instant-là, parce que ça efface et supplante tout le reste, parce que depuis qu’elle est là, il la suit du regard, papillon de nuit captivé par la lumière, insecte qui se cramerait les ailes sur l’auréole de gens qui valent bien mieux que lui. C’est toujours la même histoire, en réalité, et peut-être que Merle a un genre, en vérité, parce qu’il y a Jael mais qu’il y a Asher, aussi, et Meredith, et Caïn, et tous ces gens qui sont tellement meilleurs que lui et qu’il est incapable de laisser, le yeux rivés dans les leurs et les mains tendues pour serrer les leurs, incapable de reculer quand il ne peut que les blesser, incapable de s’en aller alors qu’il n’a rien à donner. Il frémit, lorsque la bouche de Jael s’arrête sur sa peau, réapprend à respirer lorsqu’elle parle, reprend des couleurs, reprend possession de son corps. Il frémit, parce que sa bouche est chaude et contre son cou, parce qu’il sait qu’elle peut sentir les pulsations de son cœur qui s’emballe frénétiquement, du sang qui tambourine contre sa peau parce qu’il l’aime, qu’il l’aime grand comme les États-Unis, grand comme le monde, grand comme la galaxie et tellement plus encore, parce qu’il ne peut pas peser son affection pour elle, parce qu’il est incapable de la mesurer, infoutu de la quantifier, parce que c’est trop grand et trop fort et trop entier, parce que c’est un morceau tellement intrinsèque de ce qu’il est qu’il est incapable d’y renoncer.

Du pouce, il trace les lignes de son visage, dessine la courbe de son sourcil et les angles de sa pommette, la pointe de son nez et les vallons de ses lèvres. Il ne bouge pas ses doigts, lorsqu’elle prend la parole, suit sa bouche qui parle et qui parle et qui parle comme si elle avait quelque chose à se reprocher, comme s’il pouvait lui jeter l’opprobre, comme s’il voulait le faire. Peut-être que ça court-circuite, peut-être qu’il ne réfléchit pas, peut-être qu’il a arrêté de respirer trop longtemps, lui aussi, mais ses doigts glissent contre son menton pour l’écarter de lui, une seconde, pas plus, avant qu’il ne revienne vers elle, avant qu’il ne presse un baiser contre ses lèvres, parce qu’il aimerait qu’elle arrête, parce qu’il aimerait qu’elle se taise, parce qu’il voudrait qu’elle cesse de se faire du mal et de se flageller, de lui montrer encore et encore à quel point il ne sait rien de son passé et à quel point il ignore de faits, à quel point il a évité de poser de questions jusque là, comme si c’était plus simple, comme si c’était plus évident, comme s’il était capable que de ça : naviguer dans des champs de mine sans jamais les faire péter, sans jamais chercher à nettoyer la merde que d’autres ont laissé. Il voudrait lui dire qu’il est désolé mais il peut pas, parce qu’il est occupé, les dermatoglyphes contre sa peau et sa bouche contre la sienne, pas exigeante et pas invasive, à peine une caresse, une pression, juste ses lèvres contre la sienne parce que c’est la meilleure forme de communication, parce que ça dit plus en moins de temps, parce que ça veut dire plus que tous les mots qu’il connaît, peu importe l’ordre dans lesquels il les met.

« Jael. » Il plante un nouveau baiser sur ses lèvres, un fugace, qui dit que c’est le dernier et pardon de t’avoir emmerdé, parce qu’il sait pas trop si elle a envie d’être embrassée, Jael, parce qu’il sait juste qu’ils sont importants, l’un pour l’autre, parce qu’il sait juste que c’est tout ce qui importe, parce que le reste l’inquiète pas trop. « J’serais pas un nom de plus sur la liste des choses que t’as perdu, Jael, parce que même si ça devait arriver, je me battrais bec et ongle pour te retrouver. » Parce qu’il ne compte pas se perdre, parce qu’il ne peut pas la perdre, parce qu’il refuse. « Alors  sois pas un nom de plus sur ma liste à moi, d’accord ? » Il a perdu trop de choses, lui aussi, trop de gens, trop de structure. C’est comme un pull dont on tirerait la laine, un gros pull qui se désagrégerait, petit à petit, maille par maille, parce qu’il finit toujours par être laissé pour compte et délaissé, parce qu’il se retrouve toujours abandonné. C’est l’histoire de sa vie, ça, l’abandon, parce que ses parents veulent pas de lui et que les mecs qui l’ont aidé sont morts, parce qu’il a été obligé de se faire une armure de chair pour pas se laisser bousiller par la vie et qu’il en garde les marques et les stigmates, quelque chose de trop vieux dans le regard. « J’m’en fous que tu sois cassée. » Il ajoute, après un silence, parce qu’il trouve ça important de lui dire, parce qu’il la berce, parce que ça veut rien dire « cassé » quand tu parles d’un être humain, que ça veut rien dire du tout. Elle est pas cassée, Jael, elle est comme elle est, et c’est tout, et ça a pas d’importance. « Je peux pas te réparer, je veux pas te réparer, je t’aime comme t’es, Jael, j’aime tous les morceaux de toi, même quand ils sont pas fixés droit. » Et c’est vrai, putain, il peut pas être plus vrai que ça, il l’aime en débris ou reconstituée, cassée ou pas, il l’aime comme elle est et c’est tout ce qu’il peut dire, il l’aime à en crever, et c’est tout ce qu’il peut avouer.
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MessageSujet: Re: J'ai nagé vers ton rire (Merlael)   J'ai nagé vers ton rire (Merlael) EmptyDim 14 Mai - 23:04

Merle c’est quelque chose, c’est différent. C’est la première forme de bonté après l’enterrement, après la fugue, après les insultes crispantes de Cecilia. Merle c’est pas comme Peter, c’est différent, c’est la chaleur dans le cœur. Comme un feu dans la cheminée. Merle, et le cœur qui s’apaise aussi vite qu’il s’est énervé quand je me love contre lui, tirant son corps encore plus près. Un baiser, deux baiser, c’est comme un automatisme. J’aime le sentir sous mes lèvres, sa peau, ses veines. Il a le goût de la vie et ça me rassure. Merle est vivant. Bien vivant. Et ce n’est pas des bras fantômes qui me retiennent de chuter.
Je sens ses doigts sur mon visage, ferme les yeux en silence, profitant du contact. C’est un des rares que je laisse. Lui, Peter, et parfois Tereza ou Grace. Pas moins, Merle peut être un peu plus. Parce que son contact ne m’est pas difficile, qu’il y a de la douceur et que chacune de ses caresses semble crier maison. Ouais. Maison. Merle c’est ma maison, bien plus que les Lost Boys finalement. Merle c’est ma maison, et tant pis si Cecilia a tout fait brûler, tant pis s’il ne me reste plus rien, pas même une photo à serrer contre moi. Parce que ça n’a plus d’importance pas vrai ? parce que Merle encore une fois est là, il ne disparait pas, il ne meurt pas. Doucement il me fait lever le visage et je me force à ouvrir les yeux, parce que je n’ai plus envie de me cacher. Non, parce que je n’ai plus besoin de me cacher. Y a juste lui, et moi, dans notre bulle dans un putain de cage d’escalier. Y a lui et ses doigts usés, moi et mon cœur bousillé. Et ça suffit je crois.
Il m’embrasse. Sans prévenir. Il m’embrasse. Il m’embrasse et c’est différent. Différent d’avant, des autres fois, des simples baisers volés pendant qu’on regarde la télé, de ceux qu’on un goût de pop-corn et de beurre. C’est différent et c’est doux, c’est différent et c’est terrible. Ça me fait ravaler mes mots, mes phrases trop compliquées et ma panique aussi. Il m’embrasse une nouvelle fois et y a mes mains maladroites qui viennent se passer autour de son cou, hésitantes. Je sais pas trop. C’est nouveau tout ça. C’est nouveau pour moi. Mais ça ne me fait pas paniquer, pas comme avant, au fond ça ne me dérange pas. Et la réponse brille comme une évidence. Parce que c’est Merle et puis voilà. Jael. Sa voix qui me tire vers lui, et le dernier baiser planté sur mes lèvres. Encore un peu je voudrais réclamer, de la chaleur à partager, j’en ai trop besoin. Mais je suis grande maintenant, faut que j’arrête de demander la lune, et peut être que ça ira mieux. J’serais pas un nom de plus sur la liste des choses que t’as perdu, Jael, parce que même si ça devait arriver, je me battrais bec et ongle pour te retrouver. C’est douloureux. Terriblement douloureux, de l’entendre parler de ça. De la liste, de cette foutue liste, déjà trop longue alors que j’ai que dix sept ans. C’est douloureux et en même temps c’est rassurant. Parce qu’il me promet quelque chose, une main tendue et de la sécurité. Il me promet qu’il sera là et au fond c’est suffisant pas vrai ? Alors sois pas un nom de plus sur ma liste à moi, d’accord ? « Promis » et ma main qui vient chercher sa joue pendant que je pose mon front contre le sien. Nos nez s’effleurent et ça me fait pouffer doucement. Encore un baiser, à la mode des esquimaux cette fois ci. « Promis » que je répète une nouvelle fois comme pour souligner le fait que jamais, jamais je ne l’abandonnerais.
J’m’en fous que tu sois cassée. C’est vrai ? Vrai de vrai ? Y a un truc qui se réchauffe en moi, un truc que je connais que trop bien et que je déteste ressentir. C’est cette boule d’espoir qui commence à cramer, lentement puis surement, comme un feu de joie en pleine forêt. Je peux pas te réparer, je veux pas te réparer, je t’aime comme t’es, Jael, j’aime tous les morceaux de toi, même quand ils sont pas fixés droit. Et c’est plus fort que moi, c’est les larmes qui coulent le long de mes joues et la voix qui se meurt dans ma gorge. C’est le besoin d’être le plus proche possible de lui et à mon tour je viens poser mes lèvres sur les siennes, un baiser, deux baiser, encore. C’est maladroit comme toujours mais j’ai besoin de ça, de lui, de savoir qu’il est là et qu’il m’accepte comme je suis, cassée ou pas. De savoir qu’il m’aime quand même un peu. Beaucoup. Et peut-être même passionnément. Alors oui je l’embrasse comme j’ai jamais embrassé personne, c’est encore timide, pas de ces baisers qu’on voit dans les films, mais c’est déjà trop pour moi. « Moi aussi » que je finis par murmurer contre ses lèvres, les yeux fermés, essayant d’arrêter ces foutues larmes de couler. « Moi aussi jm’en fous que tu sois cassé, différent ou autre. » Je m’en fous parce que le plus important pour le moment c’est qu’il ne me lache pas, c’est qu’il continue de m’aimer comme il le fait, qu’il me sorte la tête hors de l’eau et qu’il m’empêche de couler. « T’es tellement la meilleure chose qui me soit arrivé depuis un moment Merle » que j’avoue finalement avant de m’écarter, séchant mes dernières larmes du revers de ma main. Et c’est sincère, parce que sans lui j’aurais surement pas survécut aux Lost Boys, parce que sans lui, sans doute que je me serais laissé crevé. « Merci » que je finis par chuchoter, sourire vacillant du bout des lèvres. Merci pour tout, pour toi.
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