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 (Lucy) Don't be shy, everything will be fine

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MessageSujet: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Sam 25 Fév - 16:05



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L'art est notre propre reflet
Les jours passaient et donnaient l’impression étrange de se ressembler trait pour trait. Les restes de l’inondation se dessinaient de plus en plus, creusaient davantage les spectaculaires signes d’érosion pourtant invisibles pour beaucoup. Néanmoins, ces frasques ou plutôt ces inattentions attisaient la curiosité de la jeune peintre. Parfois nichée sous un pont, d’autres fois encore figée là entre deux buissons, partout où la lumière lui donnait l’impression de capter l’instant présent, Anthea s’arrêtait afin d’esquisser de nouveaux croquis. Nombre d’entre eux resteraient d’ailleurs dans ce simple état, mais pourtant, son sens de l’observation faisait en sorte qu’elle désirait simplement capter un peu de détail ici, ou peut être de là-bas afin de les rajouter dans les ébauches de ses premières esquisses. En somme, la jeune fille veillait à laisser son esprit s’ouvrir à mesure que le temps le lui permettait. Et ce même si cette ouverture prenait des tournures biaisées par les aléas de son existence. Les problèmes s’empilaient devant elle, comme les boites de conserves mises en rayon par l’employé chargé de cette tâche. La pyramide n’en devenait que plus étroite à son sommet, menaçant à tout bout de champs de s’effondrer sur elle et l’ensevelir complètement pour peut être la noyer. L’existence en tant que telle était succession d’ennuis, d’épreuve ou de trouble, rien de plus rien de moins. Elle avait pu le comprendre il y avait de cela plusieurs années et malheureusement, elle n’était pas ceux qui dérogeaient à cette règle. Le doré ne l’intéressait pas de toute manière, elle s’en serait ennuyée, elle le savait. Et son seul moyen d’alléger ses tourments résidait dans cet art qu’elle laissait s’exprimer au gré du vent. Tantôt violent, tantôt attendrissant, il n’en devenait qu’espiègle à mesure que ses doigts esquissaient des traits plus ou moins remplis, plus ou moins épais ou plus ou moins voyant. Le hasard n’existait jamais sur ses toiles, du moins, elle essayait de lui donner des explications si ce dernier venait à s’immiscer quelque part. Et peut être même que celui qui était en train de se profiler avait déjà un raisonnement tout trouvé ? Soucieuse quant à ce qu’elle venait de réaliser sans même en prendre conscience, la jeune fille s’arrêta d’une manière nette afin de porter une attention plus grande à ce nouveau détail. Les courbures s’alignaient parfaitement avec la profondeur de son champ mais il résidait en son centre une bizarrerie dont elle ne retrouvait plus la source. L’Art n’est que le reflet de notre âme. Cette idée commença à prendre une ampleur plus marquée dans l’esprit de la jeune fille alors qu’elle plissait ses yeux comme pour essayer de lire à l’intérieur de ce détail. Mais la sonnerie de son téléphone lui indiquant qu’il était l’heure de rejoindre sa salle de classe la ramena à la réalité et lui fit secouer la tête vivement comme pour essayer de chasser cette nouvelle attention. Elle aurait tout le loisir de trouver les raisons après. Parvenant à se convaincre d’un cette résolution, la jeune fille se contenta de rempiler toutes ses affaires afin de prendre la direction souhaitée. Un sourire amusé se glissait déjà sur le galbe de ses lèvres au moment où les raisons de cette rencontre lui revinrent en mémoire. Les jeunes qu’elle aidait avaient une attention particulière de sa part et ainsi parviendrait-elle à en aider une nouvelle d’ici peu ? Lucy Bridges, fille de Llewyn, qui était intervenu la semaine passée au sein de son programme allait peut être intégrer son groupe. Bien entendu, Anthea savait pertinemment que les raisons d’une telle intégration n’étaient surement pas du propre chef de la jeune fille en question, mais surement d’une volonté de la part de ses parents. S’exprimer par le biais artistique permettait à plus d’un élève d’extérioriser ses pensées les plus profondes, ses joies, ses peines, sa frustration. Cela pouvait s’avérer comme étant une thérapie ou au contraire une révélation à part entière. Cette méthode fonctionnait très bien pour Beatrice, par exemple, et peut être que cette dernière permettrait à Lucy de trouver un équilibre entre ses sentiments, ses non-dits et la réalité à laquelle elle devait se confronter tous les jours. Personne ne viendrait à la juger au cours de cet apprentissage. Anthea était loin d’être le professeur rêvé, mais elle s’attachait à dévoiler sa passion au détriment du reste. Un tort ou un bien ? Tout dépendait du point de vue dans lequel on voulait se trouver. Mais en attendant, c’est avec l’intime conviction que toutes les deux s’entendraient qu’elle franchit le seuil de la porte de sa salle. Déjà les odeurs de peinture, mêlées à celle du white spirit, de la toile humide et de tous les détails veillant à lui rappeler son chez elle, contribuèrent à alimenter sa bonne humeur. Comme quoi, il suffisait parfois d’un petit rien pour se sentir mieux. Elle veilla ensuite à réajuster deux toiles, l’une face à l’autre, avant de s’occuper des palettes. Elle ne savait pas quelle tournure prendrait cette heure, mais elle voulait mettre toutes les cartes entre ses mains afin que cela se passe au mieux. « Salut Lucy, tu peux entrer t’inquiète pas. » intima t-elle sur un ton amical alors qu’elle continuait à placer des gouaches sur l’une des palettes. « Fais comme chez toi, tu peux laisser la porte ouverte ou la fermer c’est comme tu veux. » Elle voulait lui laisser le choix, dans la mesure où Anthea n’aimait pas ‘forcer’ les jeunes à agir à l’encontre de ce qu’ils désiraient. Cela n’allait jamais de pair avec ce qu’elle voulait leur montrer et puis ce n’était pas agréable en soit non plus.   « T’as fais bonne route pour venir ? » Cette fois-ci, la peintre releva ses yeux et se mit à sourire à l’encontre de Lucy. Elle voulait lui prouver qu’elle pouvait faire comme elle le désirait, de toute façon elle n’était pas professeur alors. « J’suis Anthea au cas où tu te pos’rai la question. Pas b’soin de me vouvoyer ou de m’appeler madame, je déteste ça de toute manière. J’suis juste là pour toi si t’as besoin. Tu avais peut-être une idée particulière de c’qu’on ferait ? » Les présentations étaient faites et déjà Anthea reconnaissait des traits de ressemblances entre le père et la fille. Ca en était même assez drôle à remarquer.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Sam 25 Fév - 23:24




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Aujourd'hui, Lucy Bridges devait rencontrer Anthea Stark. Il s'agissait d'une artiste-peintre. Llewyn, le père de la petite brune, la connaissait. Il avait accepté d'intervenir dans la classe de la jeune femme au sujet de son métier. Anthea enseignait l'art à des jeunes en difficulté. Elle offrait de son temps et de ses connaissances afin d'accompagner des adolescents, une bonne âme en somme. Les parents de Lucy comptaient sur leur enfant pour assister à un cours particulier. Ils ne s'étaient pas étalés sur le sujet. Or, l'adolescente comprenait la raison de leurs exigences. Elle leur parlait peu. Depuis la mort de Mason, son petit-frère, six mois plus tôt, elle vivait sa vie dans son coin. Elle partageait moins de complicité avec ses géniteurs. La famille éclatait petit à petit. Lullaby, la mère, brillait par ses absences. Que cachait-elle ? Soit elle ne pouvait plus observer la déchéance de sa propre famille donc elle la fuyait, soit elle voyait un autre homme en cachette. Les non-dits restaient très perturbants. Llewyn conservait de graves séquelles de l'accident. Il ne pouvait plus exercer son travail de pompier. Il ne sauvait plus des vies donc il s'éteignait et se morphondait en silence. Avec sa femme, ils ne communiquaient plus. Cette dernière effectuait quelques "crises de folie". Tous étaient devenues des étrangers, des fantômes venus hanter la ville de Savannah. Lucy adoptait une place de spectatrice. Elle évitait d'évoquer ses propres soucis à ses parents, comme à ses nouveaux amis. La jeune fille se faisait souvent martyriser par ses camarades de classe car elle n'était pas très grande, très belle, très sportive, et elle représentait l'intello de la classe. Les coups-bas pleuvaient comme des balles venant blesser ou tuer des soldats lors de guerres. L'ado ne s'en faisait pas trop. Elle ignorait les attaques mais les autres s'énervaient encore plus à cause de son attitude. Rien ne l'atteignait mais parfois, un trop plein existait. Aussi, Lucy voyait et parlait à son frangin décédé. Les hallucinations s'installaient dans son quotidien, à la maison surtout. Elle racontait ses journées à Mason, et il les commentait. Parfois, ils revivaient des souvenirs ensemble. Etait-elle folle ? Tout cela, elle le gardait pour elle. Il s'agissait d'un secret. Elle n'était déjà pas très populaire, il ne fallait pas en rajouter. Avec la méthode de Anthea, elle pourrait peut-être exprimer ses souffrances. Comment ? Elle ne se l'imaginait pas. Quelle était la stratégie de la blonde pour permettre aux jeunes de se libérer grâce à l'art, la peinture ? Bizarrement, Lucy avait confiance en cette femme. Llewyn la décrivait comme une perle. Alors, c'était avec le sourire, et la peur au ventre, que la jeune fille s'était dirigée vers l'atelier de Stark. La brunette restait très scientifique, un peu littéraire bien-sûr mais pas créative pour un sou. Elle le pensait, jamais elle ne se lâchait dans ce domaine mais elle représentait une personne très curieuse comme son papa donc elle devait tenter et éviter l'échec. Elle plaçait la barre très haute. Vêtue telle une ado lambda : converse noire, jean noir, t-shirt imprimé noir avec le logo de l'NASA et une veste en jean, Lucy frappait à la porte de l'atelier. Les odeurs de peinture et de White Spirit avaient de quoi irriter les narines des non initiés. Anthea invitait gentiment son interlocutrice à entrer. Elle semblait douce et gentille. Bonjour, merci. La jeune femme s'affairait à tout préparer. Elle était habituée et à l'aise, Lucy la regardait faire. Elle ne bougeait pas trop. La blonde mettait sa jeune interlocutrice à l'aise. Je préfère la fermer si cela ne vous dérange pas. Bridges se sentait étrangère au monde artistique. Anthea affichait assurance, dynamisme, et bonne humeur. Elle était cool, presque familière mais très agréable. Oui, mes parents m'ont conduit comme s'ils avaient peur que je loupe ce rendez-vous. Elle souriait, Anthea aussi. Le contact passait bien. L'artiste se présentait. Je me doutais. Mon père vous ... euh .... t'a décrite quand il m'a raconté son passage à vo...ton cours. La chose paraissait logique mais comment Anthea savait à quoi ressemblait Lucy ? Mystère. Bref, les présentations étaient réalisées. Stark qualifiait une personne sans prise de tête qui n'aimait pas la distance avec les jeunes, et les formalités de base. A la question de la jeune femme, Lucy répondit : de la peinture. Elle rougissait, se sentait bête, c'est ça ?





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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Mer 1 Mar - 9:41



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L'art est notre propre reflet
Attachée à la bonne réalisation de son désir actuel, la jeune artiste donnait l’impression de s’incruster parfaitement dans le décor de cette pièce. Comme si, la salle l’avait adopté, comme si un autre artiste avait décidé de figer sur sa toile un nouvel instant et l’avait choisi, elle, comme ombre de fond pour ainsi représenter un mouvement. L’habitude veillait à épouser les formes quotidiennes de ses gestes, dotant ainsi d’une dextre exigeante les mimiques rapides et parfois effrontées de la jeune fille. Son visage lui, restait impassible, pareil à ce miroir qui osait refléter les images d’une âme que l’on désirait découvrir au plus profond d’elle-même. Anthea se trouvait ici, dans l’espace réservé à son art, dans ce lieu de rencontre pour lequel une vocation se dessinait doucement devant ses yeux. La surprise l’avait guetté de prime abord, lui assignant quelques doutes quant à ses capacités, mais depuis quelques semaines l’impression que ces derniers s’effaçaient au détriment d’une évidence ne faisait que s’accroître de plus belle. Peut être que l’Art n’était pas son seul dessein ? Peut être même qu’elle était à même de pouvoir mêler deux formes d’apprentissage, l’une plus visible que l’autre alors que jamais elle n’aurait songé à une telle vocation auparavant. Aider son prochain s’apparentait comme une évidence qu’elle avait longtemps délaissée. Une sorte d’aboutissement quant à cet avenir qui se présentait devant elle. Son passé lui révélait de nombreux détails quant à cette aide reçue, surtout par rapport à ce soutien infaillible qui se présentait sous les traits doux de sa grande sœur. Peut-être pourrait-elle l’être à son tour pour ces jeunes ? Cet espoir grandissait à mesure que les évènements s’enchaînaient. Si bien, qu’elle n’avait pas hésité une seconde de plus lorsque Llewyn lui avait confié ses réserves à propos de sa fille. Perdre un être cher devait probablement être l’épreuve la plus douloureuse à surmonter durant toute une existence. Aussi, obtenir du soutien se présentait tel une solution à moins qu’il ne s’agisse d’une certaine survie quant à cette bataille quotidienne. Parler devait être difficile, tout comme parvenir à donner du sens à des termes devait se présenter comme un obstacle insurmontable. Voilà pourquoi toute forme d’Art existait. Qu’il s’agisse de peinture, de sculpture, d’art vivant, d’images successives, toutes ces représentations étaient des reflets quant aux maux qui nous assaillaient de toute part. La confiance naissait par le silence, par ce lien qui parvenait à s’instaurer entre le tenant d’une œuvre et cette dernière. A la manière d’un cordon ombilical qui unissait mère et enfant, cette relation invisible donnait l’air d’unir à jamais les sentiments ressentis et ceux montrés. Romantique. Voilà comment les artistes pouvaient être qualifiés aux travers des critiques des non initiés. Pourtant leur marginalité, comme ils se plaisaient à le décrire, n’était pas si différente de leurs propres intérieurs. La vision extérieure d’un sentiment pouvait effrayer, hanter même et pourtant tout le monde parvenait à trouver son compte dans telle ou telle œuvre. Ainsi, peut être que Lucy parviendrait à transposer sa peine sur la toile. Ou du moins qu’elle trouverait dans ce temps l’opportunité de penser à autre chose. Le regard émeraude de la peintre vint à croiser une première fois celui surpris de la jeune fille. Les sourires s’échangeaient et donnaient l’impression d’une bonne présentation. Anthea ne fit que hocher de la tête au moment où la petite brune la prévint quant à son désir de fermer la porte. Ravie de voir qu’elle pouvait faire des choix, Lucy lui rappelait dans ses mimiques, les quelques détails qu’elle avait pu observer sur le pompier professionnel. Tous deux avaient tendance à ne plus savoir où se mettre et ce assez rapidement, mais ils avaient ce même regard dans lequel on pouvait lire de la tristesse mêlée à de la curiosité. « C’est toi la patronne. » lui confia t-elle sur un ton qui se voulait encourageant pour la suite. Après quoi, son apaisement dut forcément se lire dans son regard au moment où la jeune fille lui confiait avoir également fait bonne route. Au moins, elles disposaient toutes les deux des bonnes cartes pour que ce moment soit agréable et peut être même révélateur d’une nouvelle passion pour Lucy. Les paroles s’enchaînèrent d’une manière banale, Anthea veillait à mettre à l’aise la jeune fille et bien sûr, elle tiqua au moment où elle comprenait la difficulté de la tutoyer. Lucy était bien élevée et avait reçu une éducation visant à ce que le respect dispose d’une place bien particulière entre deux personnes. N’allez pas croire que la peintre était bien loin du compte concernant le respect, mais au vue de leur différence d’âge et surtout du fait qu’elle ne soit pas professeur, l’artiste préférait de cette proximité amicale avec les jeunes qu’elle aidait. « J’espère que ça ne l’a pas trop traumatisé. » Un rire s’échappait d’entre ses lèvres en repensant à ce cours. Llewyn s’en était bien sorti malgré tout. Quoi qu’il en soit, Anthea finit par se rapprocher de Lucy, munie d’un crayon et d’un pinceau et les lui présenta tout en gardant ce même sourire sur les lèvres. « Peinture, dessin, croquis, sculpture, photo aussi. En fait tout se passe en fonction de vos envies à tous. Le tout est de m’expliquer ton intention par ce que tu vas faire. » Elle attendit que Lucy fasse son choix et revint à ses côtés devant la toile pour l’instant immaculée. « Faut juste que tu t’dises que personne ne te jugera pour c’que tu fais. Chacun a son niveau et comme je l’dis toujours c’est pas parce qu’on est doué en dessin qu’on est un artiste. C’qui compte c’est ton intention. » Elle marqua une courte pause et se mit à laisser son regard s’éparpiller un peu partout dans la pièce. « Par exemple quel est ton animal préféré et pourquoi ? » Ses yeux finirent par retrouver ceux de Lucy avec un air qui se voulait curieux. « T’as le droit de me poser les mêmes questions aussi si t’as envie. » Elle espérait lui démontrer la manière dont elle désirait que cela se passe entre elles. Car avant d’être une intervenante, Anthea était également une personne normale, bon peut être pas si normale que cela, mais un être qui comme tout le monde désirait simplement connaître qui se trouvait en face d’elle et peut être bien établir une amitié avec elle.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Mer 1 Mar - 18:24




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Lucy Bridges préférait fermer la porte. La petite brune ne souhaitait pas être vue à l'intérieur de l'atelier de Anthea Stark. Il n'était pas question de honte mais elle ne se sentait pas à l'aise avec ce domaine qu'était celui de l'art. La lycéenne ne souhaitait pas être dérangée toutes les trente secondes pour des queues de poire. L'adolescente allait vivre un événement différent de son quotidien. Elle en avait conscience et elle en était fière sans trop l'être car elle avait peur de rencontrer des obstacles. Sa principale crainte restait l'échec car elle ne détenait pas l'habitude de le subir. L'étudiante percevait juste la dominante du travail à fournir. Elle n'imaginait pas trop se dévoiler grâce à ce support. Ses parents désiraient qu'elle se lâche un peu, qu'elle abandonne sa retenue au profit d'une activité afin de révéler des éléments non dits. Ils savaient bien que leur fille portait le même poids qu'eux : la disparition de Mason. Venait se mêler d'autres données comme le changement d'environnement, le rejet par certains de ses camarades donc le harcèlement dont elle restait la victime. Lucy en avait gros sur le cœur. Or, elle s'enfermait dans un silence dévastateur. Ce dernier bouffait une partie de sa sociabilité, voire de son humanité car ses émotions se terraient au plus profond d'elle-même sans être vécues ou partagées. Pouvait-elle imaginer sa place dans ce monde ? Oui car elle travaillait dur pour obtenir une bonne profession. Sa carrière comptait, moins le reste. Les sorties avec ses amis se raréfiaient. Elle parlaient peu à ses parents, choisissant de les croiser afin d'éviter l'affrontement de ce désarroi commun. A l'école, elle avait réussi à avoir quelques contacts. Elle appréciait même un garçon mais elle ne se battait pas pour être avec lui. Elle n'imaginait pas partager quelque chose d'authentique, de beau, ni connaître le bonheur. Elle se l'interdisait quelque part et elle s'enfermer dans une nouvelle timidité forcée. Elle voulait vivre son existence dans son coin sans qu'on la remarque. La jeune fille avait perdu son petit-frère, sa raison de sourire, de voir la vie en rose. En effet, un vide s'était installé... . L'art viendrait-il le recouvrir ?

Merci. Euh... non, mon père a passé un bon moment avec vo... toi. Je pense que tu l'as aidé quelque part car il se renferme dans son coin depuis qu'il ne peut plus exercer son métier. En parler, cela lui fait du bien ! Puis, Lucy se concentra sur la pièce. L'artiste peintre ne faisait pas semblant. Elle possédait pas mal de matériel. L'endroit était bien exploité. Chaque objet détenait sa place. Apparemment, Anthea se spécialisait dans plusieurs domaines en rapport avec l'art. Elle citait des exemples. La passion de la jeune femme se lisait complètement sur elle, ses yeux pétillaient de joie quand elle évoquait son univers. A l'inverse, l'adolescente, située en face d'elle, restait perdue. Heureusement, sa curiosité la titillait. Mon intention ? Je ne vois pas trop de quoi tu parles. Je connais la raison de notre rencontre mais... elle réfléchissait, je ne sais pas comment l'art peut aider quelqu'un, comment tu peux transposer des choses. Je ne suis pas calée dans ce domaine trop vaste et attirant mais le dessin parle à tous les novices comme moi, la peinture un peu. Il y la question de la technique. C'est ce qui m'intéresse personnellement, je ne crois pas arriver à faire passer quelque chose avec l'art. L'ado demeurait encore perturbée. Elle se trouvait face à l'inconnu. L'évocation des sentiments restait floue pour la brunette. Même vider son sac, elle ne savait pas le faire alors pourquoi réussirait-elle avec la peinture ou un autre support ? Voilà, Anthea tentait de lui faire comprendre les choses. Le terme « intention » était trop bancal pour la jeune fille. Par un exemple, Stark expliquait correctement les choses : tout semblait lisible maintenant. Ah je vois. Le chien car il est souvent affectueux, attachant et mignon. Le côté « éducation » de la bête est aussi intéressant. L'artiste visait l'égalité. Elle proposait à son interlocutrice de lui poser les mêmes questions. Non, toi tu sais ce que signifie, l'intention. Elle riait, mais quel est ton animal préféré et pourquoi ? Elle appréciait blaguer comme son père. Le contact passait bien avec Anthea.




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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 5 Mar - 10:30



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L'art est notre propre reflet
La curiosité s’échappait petit à petit de-ci de-là d’un comportement suspicieux et révélateur d’une grande force. Lucy donnait l’impression d’une perte silencieuse, d’un réel besoin quant à des explications qu’elle désirait trouver plus que tout au monde alors qu’elle ne le pouvait pas. Ses comportements portaient à croire que le tangible prévalait sur tout le reste, que ses aspirations étaient le fruit d’une succession d’évènement expliqué par tel ou tel biais. Le hasard n’était pas une donne à prendre en compte. Pourtant, il fallait lui laisser une place. Les rencontres sont de son chef, les choix à prendre disposent également d’une part de chance ou de malchance. Il y avait toujours une donne inexplicable qui se plaisait à être de vigueur dès lors que l’on avançait dans une vie. Certes, il advenait que parfois sa prévisibilité pouvait être anticipé, néanmoins il y avait toujours à un moment donné, une surprise qui pointait le bout de son nez. A tort ou non. Quoi qu’il en soit, Anthea comprenait parfaitement le discours tenu par la jeune fille. Son besoin de compréhension se lisait sur son regard et tendait à se dévoiler aux rythmes des mots qu’elle employait. Et déjà, la blonde appréciait la sincérité qui se mettait en place entre elles. Lucy lui ouvrait une part de son être sans même s’en rendre compte et déjà, elle lui prouvait de sa volonté de s’en sortir. De sa gentillesse aussi, bien évidemment. Anthea retrouvait ce tempérament qu’elle avait pu déjà connaître sous les traits de Llewyn. Le réel bien plus fort que le rêve. Pourtant, elle était parvenu à lui prouver ce que cette part de rêve était à même d’apporter à tout un chacun dès l’instant où on osait lui laisser une place : l’espoir. Et l’artiste était bien déterminée à partager un peu de ce dernier avec la jeune fille qui lui faisait face. Son sourire restait intact alors que son attention ne se détournait pas de ce débat qui se profilait entre elles. Lucy était très intelligente, peu de jeunes de son âge étaient capables de tenir un tel discours. « Toute technique est née d’une volonté. D’un désir de compréhension, c’est une intention aussi. Hum… même les règles en sont une, on veut façonner des choses, en découvrir d’autres, mettre des limites pour se protéger, on a besoin de grand et aussi de petit. On doit vivre en communauté ou au contraire on désire rester seul. Dans tout ce qu’on fait à différentes échelles, on exprime une intention. » Elle espérait que son explication lui permettrait de comprendre un peu la signification qu’elle lui donnait. Visiblement, Lucy était de bonne volonté et ce simple fait tendit à permettre à Anthea d’aller de l’avant pour ainsi lui prouver qu’elle ne la jugeait pas. « Pendant longtemps j’ai ruminé une phrase que ma mère est toujours incapable de comprendre : C’est d’un petit rien qu’on peut appréhender un tout. » Son visage dessinait une moue dubitative alors que les souvenirs se mêlaient à cette confession. « J’te rassure on m’a déjà traité de folle et d’illuminée hein. » Un rire s’échappait d’entre ses lèvres, témoin d’une faiblesse qu’elle avait su transformer en force pour en arriver là où elle en était aujourd’hui. « Enfin bref tout ça pour dire que… j’ai finalement compris que n’importe quoi était capable de nous inciter à être de telle ou de telle manière. Là par exemple, on s’parle et j’me sens bien parce que j’vois que t’es curieuse et que t’as envie de tenter, même si ça te plaît pas forcément. Au moins tu tentes et c’est c’qui compte. » Elle s’était un peu emmêlée les pinceaux dans son récit, néanmoins elle osait croire que l’idée était bien là et qu’elle était parvenue à montrer à Lucy qu’en réalité le monde dans lequel ils devaient survivre n’était en réalité qu’une succession d’intention. La séance donnait l’air de se façonner d’une certaine façon. Lucy avait besoin d’explication et surtout de rennes pour essayer de se lancer dans cette expression. Anthea le comprenait d’autant plus lorsqu’elle pu apprendre quel était l’animal préféré de la jeune fille et les raisons pour lesquelles elle l’avait choisi. Elle hochait doucement la tête, encline à agir selon ce désir, Lucy avait simplement besoin de retrouver ses racines et de s’y attacher pour peut être plus tard se lancer dans l’inconnu. « Ok ! » répondit Anthea tout en s’avançant un peu devant la toile devant elles et en commençant à griffonner des traits qui deviendraient le squelette de son dessin. Des courbes généreuses, des traits élancés, déjà on pouvait reconnaître la silhouette d’un chiot au milieu de la toile. « Fidèle, attachant, plein de compassion, joueur parfois aussi… » commenta t-elle en continuant son dessin tout en lançant un regard complice à Lucy. « J’aime bien les chiens aussi. » Elle désirait la rassurer sur le fait qu’elle ne la jugeait pas, bien au contraire, elle aimait beaucoup cet échange. D’ailleurs, elle fut heureuse d’entendre qu’elle lui renvoyait la question et au moment où elle dessinait un collier autour du cou du chiot, elle s’empressa de répondre. « Les raies Manta. On dirait qu’elles volent quand elles nagent et qu’elles sont d’une tranquillité sans nom. Elles sont libres, rien ne les effraie et ce sont elles qui décident des directions qu’elles prennent. » Son sourire n’en devenait que plus grand alors qu’elle se confiait sur ce détail pourtant simple mais qui révélait bien là sa personnalité. Les traits veillèrent à devenir plus amicaux pour ainsi donner un air sympathique et attendrissant au chiot avant qu’elle ne finisse par s’écarter et tendre ce même crayon à Lucy. « Il n’attend plus que toi. » l’encouragea t-elle avec cette même volonté de se présenter sous les traits d’une grande sœur. « Tu peux lui faire une maison, ou lui faire un copain, lui mettre une laisse, lui donner un maître, quoi que tu décides je serai là pour t’aider si tu me le demandes… » Anthea en profita pour s’écarter un peu afin de laisser à Lucy le temps nécessaire de se familiariser avec cette nouveauté. C’est ainsi qu’elle alla de l’autre côté de sa propre toile, juste en face de celle de Lucy et qu’elle recommença à dessiner en débutant cette fois-ci par le côté droit de sa toile.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 5 Mar - 19:17




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Lucy Bridges restait attentive au discours de son interlocutrice. Cette dernière représentait une alliée. Elle ouvrait la porte de son atelier. Anthea Stark présentait sa passion. Elle partageait un bout de son temps sans rechigner. Elle osait se mettre en danger pour accompagner autrui à l'aide de son art. La jeune femme tentait de développer une notion : celle de l'intention. "Son élève" ne comprenait pas le sens de cette démarche. La jeune fille restait plus terre à terre. Elle conservait une approche plutôt scolaire. Il était question d'apprendre, et de réussir. Anthea serait-elle éloigner l'adolescente de tous ses interdits pour la pousser dans ses retranchements ? Les parents de Lucy souhaitaient qu'elle extériorise ses sentiments. Il ne s'agissait pas de travailler une compétence mais de permettre à la gamine de se lâcher. Cette dernière demeurait-elle prêter à faire des efforts ? Le domaine des émotions, autant que celui des arts, ne lui appartenait pas. Elle gardait tout pour elle. Présentement, elle réfléchissait aux paroles de l'artiste. Thea évoquait la technique, le désir de compréhension qui qualifiaient aussi une intention. En effet, cela signifiait même : une envie. Dans toute cette équation, seul le choix primait. Stark avançait bien cette idée. Luce comprenait mieux la chose. Avait-elle l'intention de s'exprimer grâce à l'art ? Avait-elle le choix d'être ici ou ailleurs ? Voilà les questions qui la taraudaient. Anthea évoquait l'un de ses souvenirs, une phrase que sa mère s'entêtait apparemment à reprendre. C'est d'un petit rien que l'on peut appréhender un tout. Cette expression ne parlait pas à la lycéenne, même l'artiste peintre se définissait comme une illuminée. Luce se permettait simplement de sourire légèrement. Elle écoutait Anthea qui développait sa théorie. Cette jeune femme se montrait intelligente. Elle détenait le pouvoir de l'argumentation claire et efficace. Tu crois ? Et si je n'y arrive pas ? Tout cela aura servi à rien ? Je pense te faire perdre ton temps. Lucy ne cachait pas sa peur de l'échec mais aussi ses craintes quant à l'objet de leur rencontre qui paraissait presque absurde et trop brusque pour être admis. La jeune fille sentait qu'elle ne maîtrisait rien, cela l'inquiétait. Alors, devait-elle réellement tenter ? Sur son visage se lisait une partie de ses émotions. Luce fonctionnait en terrain inconnu. Anthea la guidait au mieux. Elle partait d'un exemple bidon mais utile. L'adolescente devait dire qu'elle était son animal préféré et pourquoi : preuve qu'elle ressentait des choses. Le choix de la bête restait libre et la lycéenne prouvait son intention de répondre. Elle échangeait sans se fermer. Elle savait exprimer une idée, elle avait ses raisons. Anthea était un bon professeur malgré des méthodes discutables et originales. Elle commençait à dessiner les traits d'un chiot. La blonde donnait d'autres éléments qui caractérisaient le chien selon elle. Lucy acquiesçait. Le partage était de mise. Malgré cela, la jeune fille ne se sentait pas tellement à l'aise. Anthea répondait à son tour à la question que son interlocutrice venait de lui retourner. Pas mal ! Stark confiait son goût pour un élément rare et peu évoqué par autrui : les raies Manta, son explication était incroyable et évocatrice, un désir de liberté. Sans le souhaiter, Anthea se confiait aussi. Se sentait-elle trop étriquée dans son quotidien ? Le dessin du chiot était terminé. Il ressemblait presque à une photographie. La belle avait réussi à faire passer les traits du caractère du chiot sur son dessin. Lucy était stupéfaite. Anthea était douée. Sa technique faisait tout. Bravo. Stark lui tendait le crayon. Euh... quoi, je ne sais pas faire ça moi ? Tu as du talent, pas moi. La blondinette proposait alors à l'ado de décorer le dessin. Mais je vais tout gâcher. Lucy se retrouvait face à l'inconnu. Que faire ? Un peu d'herbe au sol ? Un jouet près de lui ? Allez, il fallait qu'elle se lance. Elle attendait quelques longues secondes. Bon, je vais dessiner un peu d'herbe et un jouet. Je l'imagine bien dans un moment de promenade, il serait lâché et il s'amuserait, c'est possible ? Il lui fallait quand même l'approbation de l'adulte.


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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Lun 13 Mar - 16:20



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L'art est notre propre reflet
Peut être que l’écho des explications se répercutait dans le fort intérieur de la jeune fille ? Peut être même que la compréhension quant à cet inexplicable dont elle semblait être confuse parvenait à porter ses fruits doucement dans son être ? Peut être même qu’elles parvenaient à se comprendre entre elles ? La jeune artiste espérait qu’il en soit de cet ordre alors même que les diverses anecdotes se délivraient telles des évidences. Néanmoins, elle gardait à l’esprit que ce qui était évident pour elle ne l’était pas forcément pour les autres, voilà pourquoi elle argumentait un peu plus son récit en évoquant des exemples. Parlant ou non, Anthea avait remarqué que la mine perdue de la jeune fille devant elle semblait se tarir doucement et que cet estompement portait à croire qu’elle trouvait un refuge dans ses dires. Avait-elle réussi pour autant ? L’expérience glissait dans le creux de son oreille que le chemin entre la réalité et la compréhension pouvait être long, voire même très long dans certains cas. Cependant, Lucy dégageait une aura dans laquelle l’ouverture d’esprit avait sa place. Comment l’artiste l’avait-elle remarqué ? Si cela n’avait pas été le cas, la jeune Bridges n’aurait jamais eu la curiosité de franchir le seuil de cet atelier et ne serait pas là aujourd’hui. Une conclusion vint à établir un lien rapide entre la culture du père de la jeune fille et la curiosité de cette dernière, mettant ainsi en exergue cette ressemblance qui devait probablement les unir aujourd’hui. Le pompier devait probablement soutenir énormément sa fille et vice-versa, cela était palpable et porteur d’un mieux aussi bien pour l’un comme pour l’autre. Et peut être qu’ils réussiraient ensemble à franchir cette étape si douloureuse à leur existence ? Pour l’heure, ce questionnement devrait rester dans les limbes de l’esprit de la jeune fille alors qu’elle préférait s’intéresser au comportement à peine dévoilée de la jeune brune en face d’elle. Ses doutes et sa tendance à se replier sur elle-même firent mal au cœur à la blonde alors qu’elle parvenait tout juste à comprendre les raisons de ses aveux. Lucy avait besoin d’être rassurée comme tous les jeunes de son âge et même plus qu’eux à cause de ce passé douloureux dont elle essayait de s’extirper pour profiter du présent. « Qu’est ce que ça veut dire ‘je n’y arriverai pas’ ? » lui demanda t-elle tout en gardant ce sourire intact sur ses lèvres. Sourire qui se voulait réconfortant voire même encourageant alors qu’elle essayait simplement de l’aider à comprendre qu’il n’y avait pas de jugement visant à y arriver ou non. « Il n’y a pas de donne entre y arriver ou non. Il n’y a pas non plus de donne entre servir à rien ou non. Il n’y a que toi qui est à même de choisir si tu le veux ou non. Pas ton père, pas ta mère, ni même moi, seulement toi. » Les craintes de Lucy avaient des raison d’être, Anthea parvenait à inverser les rôles et comprendre que tout ce qui n’était pas compréhensibles par des équations ou des lignes sur un bout de papier pouvaient effrayer. Elle-même craignait certains de ses sentiments. « J’trouve pas que je perds mon temps moi, j’lai choisi et j’l’assume je suis bien là. » Un nouveau sourire vint à traverser les quelques émotions d’encouragements pour oser marquer une certitude quant à ce qu’elle évoquait. Lucy n’avait pas à avoir peur de déranger qui que ce soit, elle avait sa place n’importe où avec n’importe qui. Si elle existait c’était forcément pour une bonne raison et il fallait simplement qu’elle trouve sa place. Si elle le désirait, l’artiste l’aiderait dans cette quête, tout comme elle aidait les autres jeunes, tout comme elle aidait quiconque lui donnait l’impression d’avoir besoin d’un léger coup de pouce pour avancer. Son père lui avait appris à agir ainsi, à faire confiance en son intuition et à ne laisser rien ni personne lui barrer la route, parce qu’elle avait sa place et parce qu’elle valait comme n’importe qui. « La seule personne à même de te juger ici, c’est toi. » Elle haussait ses épaules, désireuse de lui prouver une fois encore de son engagement qu’elle veillerait à tenir pour elle si Lucy le lui permettait. D’ailleurs, elle fut bien heureuse de comprendre que cela allait dans ce sens là aux vues de la tournure de cet échange. Lucy donnait l’impression de se sentir plus à l’aise ou du moins de comprendre les raisons pour lesquelles Anthea lui demandait de se justifier. Le lien s’établissait doucement mais il le ferait surement alors que toutes les deux se confiaient sur des détails. Lucy appréciait les canidés, Anthea s’était attachée à effectuer la réalisation de cette attirance en fonction des détails que la jeune fille lui avait donnés. Bien sûr, elle dessinait rapidement, l’habitude y était pour beaucoup, mais pourtant cela ne l’empêcha pas de dégager de la sympathie, de la fidélité et de toutes ces petites choses qui rassuraient Lucy. « Tu pensais que j’allais dire un oiseau hein ? » s’amusa t-elle alors qu’elle continuait la bonne réalisation de ce croquis. Un sourire amusé venait à se dessiner sur ses lèvres avant que finalement la confidence n’en vienne à prendre le dessus. « En fait j’ai toujours été attiré par l’univers marin. J’trouve que c’est un très grand espace où il y a toujours à découvrir. Et tu veux savoir le comble ? » La jeune artiste espérait que son comportement amical contribuerait à une meilleure détente de la jeune fille mais aussi qu’elle y verrait là un apaisement certaine. « J’ai peur de l’eau… J’suis incapable de foutre les pieds dans une piscine ou même dans l’océan. » Elle se mettait à rire en continuant son exercice. « Ca exaspère ma sœur… » Ses rires résonnaient sur la toile devant elle et contre les murs de la pièce avant qu’elle ne termine par finir au mieux sa réalisation. La présentant à Lucy, Anthea finit par hausser ses épaules devant les félicitations de la jeune fille. « Mouais, j’peux mieux faire. » lui avoua t-elle avant de finalement lui tendre le crayon de manière à l’inviter à participer à l’action. Instinctivement, le regard de la peintre se porta en direction de Lucy alors que son sourire encourageant tentait de prouver à cette dernière qu’elle était capable de tout. « C’est quoi cette excuse bidon ? » lui demanda t-elle tout en gardant le crayon en main dans la même position. « Tout fonctionne avec tes envies. » Elle faisait écho à leur conversation de toute à l’heure pour ainsi lui témoigner de ce fait qu’elle pouvait laisser entrer en elle juste le temps d’un dessin. Cependant, et pour ne pas la laisser seule devant cet obstacle, Anthea finit par lui donner quelques indications qu’elle pouvait prendre ou non concernant le chien. D’ailleurs, elle remarqua que ce simple fait rassurait la jeune fille, lui laissant ainsi penser qu’elle aurait besoin d’elle et qu’elle voulait lui faire confiance. Son sourire n’en devenait que plus grand alors que le challenge était pris et que Lucy s’ouvrait à elle, tout comme elle avait pu le faire. « Tout est possible. A partir du moment où tu le vois et si tu me le montres je le verrai. » De l’autre côté de sa propre toile, la jeune blonde dessinait dans un coin droit ce qui ressemblait à une raie Manta. Ses courbes gracieuses donnaient l’impression de danser, un peu comme si il s’agissait d’un ballet au court duquel la danseuse était encore en coulisse et s’apprêtait à entrer en scène pour le bouquet final. Ses tracés n’en devinrent que plus allongés alors que les flots prenaient vie sous ses yeux et s’étendaient vers un horizon très lointain, quasi inatteignable. « Tu lui as donné un nom ? » osa t-elle demander à Lucy alors qu’elle prenait en main sa palette et qu’elle commençait déjà à mélanger quelques teintes afin de trouver celle qui évoquerait chez elle la meilleure pour son intention. « Raconte-moi son histoire à ce petit chiot. » finit t-elle par évoquer alors qu’elle appliquait de l’acrylique sur l’immaculé, de cette couleur orangé qu’elle adorait et qui tendait à l’apaiser à chaque fois qu’elle angoissait.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Jeu 16 Mar - 20:42




Don't be shy, everything will be fine
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Lucy Bridges avait peur de ne pas s'en sortir, d'échouer, de rater cette épreuve. Pourquoi ? La jeune fille ne pouvait pas se vanter de compétences dans ce domaine. L'art ne lui parlait pas. Elle usait rarement de crayons pour dessiner. Jamais elle n'avait imaginé bosser sa technique en peinture. Elle devait offrir de la place à son imagination, la laisser s'échapper pour effectuer des propositions. La jeune fille représentait une personne plutôt terre à terre, intéressée par le monde des sciences et de la littérature. Elle restait très curieuse. D'où son intérêt pour un tel atelier. Or, faisait-elle bien de s'y diriger ? Pour une fois, l'adolescente doutait de ses capacités. Elle se lançait dans l'inconnu. Lucy ne demeurait pas très rassurée. Elle s'imaginait incapable de réaliser les attentes de Anthea Stark. Cette dernière donnait de son temps, gratuitement, pour aider une lycéenne. Elle partageait sa passion. La blondinette ne possédait peut-être pas d'objectifs particuliers mais elle apportait du niveau à cette rencontre. Elle proposait un exercice. L'artiste peintre prouvait qu'elle avait préparé cet entretien. Bridges s'interrogeait sur l'intérêt, la réelle raison de ce dernier. Ses parents souhaitaient qu'elle se dévoile au moyen de l'art. Pourquoi ? Si elle agissait dans ce sens, qu'est-ce que cette rencontre lui apporterait concrètement ? Elle paniquait à l'idée de se dévoiler, de révéler des choses, d'être jugée. Devait-elle avoir confiance ? Stark se montrait très gentille, à l'écoute, concernée et dynamique. Ne jouait-elle pas un rôle pour arriver à ses fins ? C'était-à-dire respecter les envies de Llewyn et Lullaby. Lucy affichait plus d'assurance mais elle avait toutes ces questions en tête. Devait-elle vraiment se lancer dans cette drôle d'aventure ? En réalité, la gamine avait peur de l'inconnu et de se livrer.

Euh... si je ne saisis pas ta proposition, si je ne peux pas respecter ta consigne, si je n'arrive pas à dessiner... ? Tu vois, tout cela me pose problème... . Anthea tentait de la rassurer, de la mettre en confiance. La jeune femme était claire : Lucy avait le pouvoir. L'artiste ne visualisait peut-être pas les difficultés de la lycéenne à oser, à s'abandonner. Elle voulait mais elle ne savait pas comment s'y prendre. Entre vouloir et pouvoir, il y a un creux parfois. Je n'ai pas ton talent pour me faire comprendre dans le domaine de l'art. Luce croyait faire perdre du temps à son interlocutrice. Elle se dévalorisait pas mal mais Anthea se permettait de rétablir les choses. Merci, je suis bien aussi même si tout cela est nouveau pour moi. Stark était très philosophe, patiente et compréhensive. Il s'agissait d'une jeune femme admirable. Une complicité naissait entre « l'artiste et l'élève ». Un échange se produisait. Thea représentait une personne surprenante et originale. Elle n'assumait pas les mêmes goûts que la plupart des êtres humaines. Ouais ou le chat. Elle souriait. La blonde se confiait. Elle adorait l'univers marin mais elle ne savait pas nager. La grandeur des profondeurs, leur espace la fascinait. Des découvertes restaient à faire. C'est marrant, tu ne regrettes pas de ne pas savoir nager ? Tu pourrais tester la plongée, tu peux encore apprendre surtout si tu aimes cet univers. Anthea avait donc une sœur. Intéressant, elle n'était pas seule. Stark avait aussi tendance à jouer de perfectionnisme. Elle remettait en question son propre travail, signalant qu'elle pouvait mieux faire. Mais c'est déjà très bien, tu as du talent pour faire ce que tu viens de réaliser. Elle saisissait un élément : des sentiments et des émotions pouvaient apparaître sur une toile. La toile racontait une histoire. La suite faisait sourire Lucy qui n'avait pas envie d'abîmer le dessin de la jeune femme. Tout fonctionne avec tes envies. L'adolescente en avait-elle ? Présentement, pas forcément, elle n'était pas créative. L'artiste lui donnait des conseils. Elle n'arrêtait pas. Lucy allait au plus basique. Elle exécutait ses envies, elle prenait son temps pour faire au mieux. Concentrée, elle n'observait pas de suite la toile de sa partenaire. Non, il n'a pas de nom. Il s'agissait d'un dessin. Dans une échelle psychologique, Luce ne trouvait pas sa place au sein de cette terre en compagnie des autres et de ses parents alors le manque de prénom pouvait refléter sa démotivation pour exister face à autrui. Une histoire ? Je ne sais pas, il a l'air de jouer, de s'amuser, de profiter. C'est peut-être un rêve. J'en sais rien. Elle finissait les éléments qu'elle avait décidé de rajouter. Anthea ramerait peut-être un peu avec la fille du pompier new-yorkais.  

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Jeu 23 Mar - 14:15



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Le courant donnait tout l’air de bien passer entre les deux jeunes femmes. Peut être difficilement par instant, peut être même d’une manière irrégulière, néanmoins, il commençait tout de même à naître quelque chose. Une relation de confiance peut être ou simplement la mise en place d’un respect mutuel. Anthea s’appliquait à exercer ce qu’elle avait énoncé en début de son intervention. Aucun jugement ne serait émis, n’aurait même pas l’occasion de s’immiscer dans son esprit, seules les intentions l’importaient. Et plus les minutes s’écoulaient plus la jeune artiste prenait conscience que la jeune fille avec elle désirait en connaître davantage. Sa curiosité était très timide, voire même à la limite de la perception pourtant elle était présente et elle s’éveillait sous la forme de remise en question, de doute, de confidences à demi-mots. Peut-être même que Lucy n’en avait pas conscience, mais elle avait permis à la jeune peintre d’entrer dans son monde et de peut-être l’accompagner pour quelque temps, si elle le désirait. Ne jamais forcer la donne, ne jamais imposer ses envies, voilà ce que ses années d’enseignements, pourtant minimes, parvinrent à lui apprendre dès lors que cela touchait une âme en peine. La tristesse s’égosillait doucement de ses dires, pareille à des instincts démotivés ou en proie à ce désir de se terrer dans un coin et ne plus en bouger. La détresse donnait même l’impression de se mêler à chaque fois que le manque de confiance veillait à s’installer dans l’être de Lucy. Le monde était empli d’occasion pour permettre à ce sentiment de perdurer encore, de frapper des coups aussi bas que douloureux, de déloger chaque parcelle d’espoir afin d’accentuer la douleur et le malaise. Pourtant, il fallait y croire et se battre pour ainsi apprendre des beautés de ce dernier. Aussi difficile pouvait être le chemin, il n’en restait pas moins que la destination en valait la peine. « On m’a toujours dis que poser des questions n’était pas signe d’idiotie mais que c’était souvent mieux de le faire pour ne pas rester dans l’doute. Si tu m’poses des questions, je vois pas pourquoi tu n’comprendrais pas. » Un nouveau sourire encouragent vint à s’échanger, l’espoir avait le droit de naître ici, dans cette salle, si Lucy le désirait. Anthea veillerait à préserver ses secrets, si elle le désirait pour la simple et bonne raison qu’elle ne voyait aucun intérêt à les partager avec autrui. Ce qui naissait dans cette salle restait dans cette dernière. La blonde se plaisait à répéter ce message dès lors que l’un des jeunes avec qui elle se trouvait lui donnait l’impression de douter. Peut-être que la jeune fille avait simplement besoin d’entendre ces dires à son tour ? L’occasion quand à savoir si cet impact aurait raison de Lucy se présenterait très certainement plus tard. Pour l’heure, Anthea ne désirait qu’une chose, la rassurer et lui prouver que donner sa confiance à autrui n’était pas forcément synonyme de mal être ou de gêne, mais qu’il existait encore des personnes bonnes. Enfin, elle se qualifiait sous cet ordre. Il y avait assez de maux qui courraient injustement pour en attribuer de nouveaux. « Essaie de le vouloir, tout simplement… » concluait-elle en gardant ce même sourire étiré sur ses lèvres. L’artiste pouvait comprendre les appréhensions de la jeune Bridges, tout comme elle pouvait admettre que se lancer dans l’inconnu représentait bien souvent un obstacle à part entière. Néanmoins, il n’y avait qu’en essayant qu’elle pourrait savoir comment elle en ressortirait. Jamais, elle n’oserait lui demander de réaliser des œuvres précises ou même semblables à celles des grands artistes, à quoi bon ? L’intérêt n’était pas de réussir dans le domaine mais bel et bien de se libérer d’un poids ou d’une charge qui nous affligeait. Les aveux prirent une tournure qui dévoilait aussi bien à la jeune fille qu’à la blonde que le cocon qu’elles créaient serait à même de les rassurer de la présence de l’une de l’autre. Anthea notait déjà l’expression faciale que Lucy lui avait renvoyée dès lors qu’elle l’avait rassuré sur son temps et son désir de rester avec elle. Il lui paraissait y percevoir quelques caractéristiques d’une complicité en devenir, ces dernières eurent l’opportunité de s’enrichir un peu plus, accordant ainsi quelques instants de confidences pendant lesquelles la jeune artiste se livrait à son tour. La sympathie reprenait de ses droits et laissait même de côté les appréhensions, c’était du moins ce qu’il se dégageait en cet instant précis. Si bien que lorsque la jeune fille brune en vint à lui conseiller de tels desseins pour combattre ses peurs, Anthea se contenta de hausser ses épaules tout en gardant un visage enclin à l’écoute et à la bonne réception du conseil. « Un peu… Faut dire que c’est pas comme si j’avais un père qui vivait à San Francisco, mais j’crois qu’il n’aime pas trop l’eau lui non plus. Enfin, on verra ce que l’avenir nous dira, j’suis certaine que j’apprendrai un jour. » Un sourire complice et entendu en vint à s’échanger avec Lucy dans le même temps que les traits qu’elle continuait à dessiner donnaient tout l’air de tracer une représentation propre à la description qu’elle avait pu recevoir. Et alors qu’elle témoignait de son caractère perfectionniste, Lucy lui dévoilait un nouveau trait de son caractère, lui rappelant ainsi les dires du pompier professionnel. Ainsi donc, Lucy et Llewyn en plus de partager cette ouverture d’esprit et cette curiosité débordante, se dévoilaient également comme des soutiens. Et instinctivement, les souvenirs d’Anthea lui permirent de se rappeler la manière dont le jeune homme avait pu lui décrire la relation qui l’unissait à sa fille. Ici, elle la retrouvait et la blonde ne dit mot alors qu’elle se contentait simplement de laisser la jeune fille s’exprimer à sa manière sur la toile. S’installant de son côté, l’artiste laissait s’exprimer ses propres intentions. Etrangement, la raie Manta ne manqua de se faire une place sur son croquis, suivie de près par ce soleil qu’elle adorait admirer le soir lorsque le ciel était clément. Elle leur accordait des couleurs chaudes, chatoyantes, désireuses d’apporter un apaisement dès l’instant où un regard oserait se porter sur la toile. Il ne lui manquait plus que la plage, celle là même dont le sable donnait l’impression de former des remous, peut être à cause de la jetée des vagues et de leur façon de se retirer. Tout ceci donnait l’impression d’une harmonie et pourtant quelque chose lui manquait. Néanmoins, elle délaissa ce ressenti de côté pour s’intéresser à nouveau à l’avancée de Lucy. Donner un nom au chiot n’était pas une obligation tant et si bien que finalement, la jeune fille lui admettait qu’il n’en possédait pas. Bien entendu, ce détail en vint à interpeller Anthea, qui osait émettre un avis sur cette volonté. Ce désir de s’effacer pour peut être paraître invisible auprès des autres. « D’accord chiot sans nom alors. » Son ton reflétait un nouvel encouragement, ainsi qu’une certaine fierté quant à cet exercice que Lucy effectuait avec peut être un peu moins d’appréhension. D’ailleurs, le sourire de la blonde recommençait à se dessiner dès l’instant où les hypothèses fusaient de l’autre côté de la toile. Ainsi, Lucy était réellement en train de participer à cet exercice. « C’est toujours bien de rêver qu’on s’amuse, en plus quand on est un chiot. On court, on saute, on s’arrête quand on veut, on va ou on veut et en plus on a droit à une bouille trognonne pour avoir des câlins. » Elle arquait un de ses sourcils, dans le même temps où elle traçait de nouvelles courbes qui donnaient l’air de représenter une planche de surf. Mais elle s’arrêta avant de la terminer. « Biiiiiiiiiiiiip !!! » s’égosilla t-elle avec un ton rieur avant de finalement se reculer et d’instiguer un nouvel exercice. « On échange, j’vais sur la tienne et tu viens sur la mienne. Histoire qu’on s’apporte des trucs et voir c’qui se passe. » La manière de faire était un peu déconcertante, néanmoins, ce n’était pas une lubie de la part d’Anthea. Au contraire, elle ressentait à quel point Lucy avait besoin d’encadrement pour l’instant et elle désirait avant tout la rassurer. Et pour ce faire, pouvoir changer de toile, amener sa petite touche même si elle était minime se présentait comme un très bon moyen d’avancer et de se rassurer. Ses pas la guidèrent jusque devant la toile de la jeune fille et elle en prenait connaissance avec la plus grande des attentions. « Un rêve hein ? » s’enquit-elle de demander alors que son esprit commençait déjà à imaginer quelques détails par-ci par-là sans pour autant dénaturer les dessins déjà bien avancés de la jeune fille.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Sam 25 Mar - 0:51




Don't be shy, everything will be fine
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Lucy Bridges se sentait en confiance en compagnie de Anthea Stark, bien que cette activité semblait la déstabiliser. Il s'agissait d'une vérité car la jeune fille ne connaissait pas ce domaine aussi bien qu'elle l'aurait souhaité. Luce représentait une gamine curieuse et intelligente. Elle n'appréciait pas l'inconnu. Elle tâtait souvent le terrain avant de tenter quelque chose. Présentement, elle découvrait un univers qui lui parlait plus ou moins. L'artiste peintre proposait un atelier. Elle possédait sûrement des objectifs, des attentes. Avec ses consignes, elle essayait de passer des messages. Thea se montrait philosophe à ses heures perdues. Elle qualifiait une jeune femme pleine de surprises et de ressources. Pour Lucy, c'était enrichissant de partager avec une personne comme la vingtenaire. L'adolescente dévoilait ses craintes. La peur de ne pas réussir l'exercice la travaillait. Aussi, elle comprenait les intentions de la femme sollicitée par Llewyn et Lullaby. Voulait-elle donner vie aux envies de ses géniteurs ? La lycéenne n'en était pas certaine. Anthea offrait son temps et sa bonne volonté, elle subissait même cette situation sans rien demander, alors Lucy ne devait lui faire payer l'attitude de ses parents. Stark répondait aux peurs de son interlocutrice. Pour elle, il fallait se battre pour avoir ce que l'on voulait. Alors, il était possible de poser plus de questions afin d'éviter de s'enfermer dans le doute et l'incompréhension. Lucy faisait assurément preuve d'ignorance. Elle devait réellement et pleinement prendre part à cette activité.

D'accord. Alors... tu me proposes une activité sympathique. Tu me donnes une consigne : faire passer une intention. Mais... je n'ai pas la technique, je ne sais pas forcément bien dessiner et je pense que cela peut me bloquer non ? J'aimerais plus apprendre avant de répondre à des consignes plutôt intéressantes et précises. Comment peut-on faire passer des intentions si tu ne sais pas correctement dessiner l'idée que tu as ?

Bridges se prêtait au jeu. Cela l'aidait à prendre sa place doucement mais sûrement dans cet atelier. Anthea la mettait à l'aise. Elle demeurait patiente et souriante. Elle proposait à la jeune fille de vouloir les choses de manière simple à la place de chercher la petite bête ou de se remettre en question inutilement car Lucy s'interrogeait trop souvent avant d'éventuellement se lâcher. Elle agissait toujours de cette façon. Jamais elle ne s'abandonnait à la légèreté, principalement suite à la mort de son petit-frère. L'adolescente avait bien changé : plus renfermée et secrète. S'habituerait-elle à parler en présence de Anthea ? Lucy haussait les épaules. Elle essayait d'intégrer les notions que lui apprenait l'artiste peintre. Cette dernière pouvait très bien être professeur ou éducatrice, elle savait parler aux jeunes. Un vrai échange avait lieu et la blondinette se confiait.

Tu as tout le temps, ne le fais pas seule. Je suis sûre que tu es bien entourée.

Bridges tentait de percer la coquille de son interlocutrice. Elle souhaitait lui apporter quelque chose. Étrangement, elle s'imaginait peut-être pouvoir l'aider également. Une forme de complicité s'installait et les filles avançaient leurs travaux. Lucy se prêtait à l'exercice qui lui paraissait inconfortable quelques minutes plus tôt. Son chiot ne possédait pas de nom. La jeune fille jugeait cela inutile. Pourtant, elle se livrait sans le vouloir. Son intention était claire : l'effacement. Stark avait dessiné un chiot tout adorable et attachant, il méritait plus d'attention. Anthea encourageait son élève.
Soudainement, elle avançait un son sorti de nul part et surprenant. Elle évoquait une nouvelle consigne : l'échange de dessin afin d'apporter quelque chose l'une à l'autre, au dessin de l'une et de l'autre. Elle voulait faire naître un authentique partage. Lucy se trouvait perdue. Encore une fois, elle craignait d'abîmer l’œuvre de l'artiste. Ses idées ne se bousculaient pas. Elle se sentait déjà inutile. Contrairement à l'ado, Anthea prouvait que de son côté, les idées fusaient : vision à la fois déconcertante et attirante pour la gamine qui se voyait un peu dépassée par tout cela.

Ouais un rêve. Et toi, tu peux me dire quoi sur ton super dessin ?

L'ado devinait qu'il s'agissait d'une représentation de son espèce préférée mais le soleil que faisait-il là ? La lycéenne n'était pas à l'aise car le manque de technique la perturbait encore et toujours. Pourtant, Thea ne recherchait pas la perfection. Luce avait besoin qu'on la bouscule, elle se retranchait facilement sur elle-même affichant une fausse peur de tout et de rien, comme si elle ne voulait pas déranger. Stark était assurée. Elle était admirable.


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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Ven 7 Avr - 9:56



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L'art est notre propre reflet
L’écoute participait à la bonne élaboration d’une relation amicale en devenir. Cette dernière se traduisait sous la forme de plusieurs étapes à franchir : l’attention en était un des seuils par exemple. Aussi, la jeune fille se plaisait à apporter énormément de précaution quand à une bonne participation de cette action pour ses élèves. Essayer de les comprendre était à chaque fois un nouveau défi pour elle qui apprenait encore de cette profession. Mais elle le faisait, parce qu’elle le désirait et plus que tout au monde, parce qu’elle voulait qu’ils s’en sortent et qu’ils volent de leurs propres ailes. Le chemin était bien souvent dérisoire pour beaucoup, n’appréciant même pas en tracer ne serait-ce que l’ébauche, tant le résultat était le plus important, pourtant, il confectionnait chacun des intérêts d’une part ou de l’autre, chacun de ces petits détails qui tendaient à dévoiler aux yeux de tous que tout un chacun était unique. Il n’y avait pas deux Lucy par exemple. La seule qui existait se situait présentement dans cette classe avec elle et elle essayait de mettre des mots sur cette barrière qui donnait l’impression de s’ouvrir aux autres. La technique. L’évocation même de ce terme éveillait un sourire sur les lèvres de l’artiste. Toute cette société était régie sous l’impulsion d’un contrôle, de protocoles à remplir, de cases à cocher et de ce fait engendrer des techniques à devoir entreprendre pour avancer de telle ou de telle manière. L’éducation entière était basée sur ce fondement, il fallait, par exemple, se lever de son siège lorsqu’un professeur arrivait en classe, il fallait également préparer à l’avance des cours afin de mieux s’organiser pour la suite. Il y avait des tonnes et des tonnes d’exemples qui veillaient à enrichir cette pensée et ces derniers pesaient évidemment sur les comportements de tous. Anthea en était également victime, néanmoins, dans ce qu’elle pratiquait, elle avait veillé à ne pas vouloir laisser ces règles prendre le dessus sur tout le reste. L’art n’était-il pas le reflet d’une liberté en devenir ? Un paradoxe quant à cette définition donnait depuis la nuit des temps en comparaison à tous ces mouvements modernes et anciens que l’on nous apprend à remplir au cours d’un cursus. Aussi, la jeune fille comprenait très bien les pensées de Lucy et veillait à les garder intacte dans son esprit alors que ce problème semblait revenir de manière récurrente au fil de la conversation. Peut-être même qu’elle était capable de faire un parallèle entre ces règles qui donnaient l’impression de la figer et l’aveuglaient, par ce biais, quant à une meilleure optique concernant sa propre liberté. Lucy était en réalité enfermée dans ce qu’elle devait faire et non pas ce qu’elle voulait réaliser. Et plus la conversation s’enchaînait plus, l’artiste comprenait que ses craintes les plus profondes venaient de ce nouveau qu’elle n’était pas prête à enjamber. Il lui faudrait du temps pour le faire. Bien sûr, sa seule contribution n’était pas à même de l’aider complètement dans cette voie, néanmoins, Anthea avait envie de rester là, de contribuer ne serait-ce que d’une manière minime à tracer les courbes de ce chemin afin que la jeune fille devant elle puisse en consolider les directions, en découvrir les détails pour qu’enfin sa délivrance lui soit totale. « La technique viendra au fil des séances. » commença t-elle à lui expliquer alors que ce sourire restait intact sur ses lèvres. Elle espérait la rassurer sur ce point. Si elle voulait en apprendre plus sur les manières d’inscrire une profondeur sur une toile, ou même connaître un mouvement pour essayer de le pratiquer, Anthea se ferait une joie de lui enseigner. « Van Gogh n’est pas devenu maître dans l’art de l’impressionnisme dès ses débuts. Il lui a fallut comprendre ce qu’il avait au fond de lui pour que cette image se transpose sur sa toile. Je ne pensais que ma consigne serait précise. Il faut juste que tu fasses ce que tu veux, pas ce que je veux. Si t’as pas envie, ne te force pas. J’suis pas là pour te contraindre à faire une chose dont t’as pas envie. » Elle haussait ses épaules, signe de sa compréhension. A vrai dire, Anthea ne mettait pas les remarques de Lucy sur le même plan qu’un manque de bonne volonté, mais plutôt sur celui d’un manque de confiance en elle. Elle comprenait parfaitement que cet exercice puisse lui être déroutant et déstabilisant, voilà pourquoi elle s’était attachée à l’aider de cette manière, à dessiner pour elle les prémices d’un animal dans lequel elle puisait sa confiance. « Tu sais le doute est une intention. » rajouta t-elle sur un ton amusé alors qu’elle continuait son travail. Néanmoins, son sérieux lui revint derechef, l’incitant ainsi à demander sur un ton innocent. « Quel jugement te fait peur ici ? » Car elle comprenait que ses doutes venaient véritablement de ce problème là. Pourtant, Anthea avait cru réussir à la rassurer toute à l’heure, en lui prouvant que personne ne serait à même de dire si son travail est bien ou non. A vrai dire, qui était capable de le jauger ? A partir du moment où quelque chose passait par le biais d’une forme ou d’une autre, tout était très bien. « En tout cas, t’inquiète pas si t’as pas envie de parler, on ne parle pas. Si au contraire, t’as envie de dire quelque chose tu peux le dire. On fait vraiment comme tu veux. Mais j’aime bien parler avec toi. » la rassura t-elle une nouvelle fois avant de lui renvoyer ce sourire dans lequel elles inscrivaient toutes les deux une forme d’amitié naissante. Enfin, le courant passait bien et les divers témoignages qu’elles se confiaient l’une et l’autre ne faisaient que participer à l’enrichissement de cette confiance mutuelle qui s’établissait. Anthea désirait prouver à Lucy qu’il n’y avait aucune différence entre elles. Peut-être qu’elle était plus âgée ? Peut-être même aussi qu’elle avait cette assignation de ‘prof’ qu’elle n’aimait pas spécialement renvoyer ? Quoi qu’il en soit, la blonde désirait simplement qu’elles ne soient que deux filles en train de parler, de se connaître, et ainsi mettre en place une relation de confiance dans laquelle toutes les deux trouvaient une alternative pour oublier le passé et les doutes. La légèreté était de mise, autorisant même la peintre à se confier un peu plus sur son histoire. La moquerie d’elle-même venait agrémenter le tout. Et lorsqu’Anthea retrouva la gentillesse de Lucy, son regard n’en devenait que plus compatissant. « T’es adorable Luce. J’peux t’appeler Luce ? » La familiarité se dégageait de plus en plus de cet échange. « Et t’inquiète, le jour où ça se fera je veillerai à bien mettre mes brassards minions et ma bouée canard, j’serai parée. » Un nouveau rire vint à franchir la barrière de ses lèvres, désireux de se transmettre auprès de la jeune fille pour qu’elle puisse y trouver une occasion d’évacuer son angoisse du moment. Après quoi l’exercice se lançait doucement, ou plutôt les affections qu’elles mettaient en évidence. Anthea avait pu montrer à Lucy que tout n’était pas si difficile que ce qu’elle osait le croire et finalement la jeune fille lui prouvait de sa bonne volonté. Bien sûr, quelques nouveaux indices quant à cette confiance qui lui faisait défaut, vinrent à se juxtaposer sur le tableau qu’elles construisaient ensemble et déjà l’artiste sentait une once de peine dans son cœur au moment où elle comprenait que la petite brune ne voulait pas d’attention. Son histoire y était pour beaucoup mais pourtant, quelque chose disait à l’artiste que le présent était bien plus douloureux que le passé. La perte était terrible,  donnant des allures d’insurmontable, pourtant l’explosion qui en découlait était véritablement le résultat de ce ressenti aujourd’hui. Du peu qu’elle pouvait les connaître, Anthea avait l’impression que la famille Bridges se déchirait à petit feu, laissant place à des non-dits qui mettaient en exergue des sentiments de remords, d’impuissance même, et veillaient à les esseuler chacun dans leur coin. Pourtant, ils essayaient tous de faire des efforts : Llewyn avait participé à son cours sous l’influence de Lucy, Lucy était ici présente parce que ses parents voulaient qu’elle exprime ce qu’elle ressentait. Il y avait des tas de petits signes qui mettaient en évidence leur volonté, mais pourtant ils avaient perdu la base qu’il fallait qu’ils parviennent à reconstruire tous ensemble : leur confiance les uns envers les autres. Ils possédaient le plus beau des trésors et pourtant, ils ne le voyaient pas. La blonde retrouvait cette idée sur la toile de Lucy, après qu’elles eurent échangé leurs pupitres. Un rêve… Un sourire en coin se dessinait doucement sur la commissure de ses lèvres alors qu’elle s’appliquait à dessiner ce pourquoi Lucy rêvait : une famille. Et déjà, Anthea dessinait un chien d’une taille adulte à côté de ce petit chiot. « La liberté, c’est pour ça que t’as une grande étendue d’eau et surtout l’apaisement, la chaleur, le bonheur tout simplement. » Elle se dégagea doucement de devant sa toile ou plutôt la toile de Lucy pour se pencher sur le côté et voir l’expression sur le visage de la jeune fille. Elle espérait qu’elle puisse y trouver ce qu’elle venait de lui expliquer. Elle notait également qu’elle avait un très grand esprit de synthèse, s’attachant d’abord à la vision d’ensemble avant de regarder les détails. Cela plaisait beaucoup à la blonde, qui savait qu’elles pourraient ainsi travailler sans brûler des étapes. « T’y voyais quoi toi ? » lui demanda t-elle sur un ton curieux avant de se remettre en place devant son travail. Ses traits se courbaient, essayant d’imiter les mêmes que sur le chiot pour ainsi rappeler un esprit de famille sur le chien adulte qu’elle dessinait juste à côté. Après quoi, elle s’enquit de rajouter un arbre, grand, majestueux, dont le tronc élargi traduisait des racines profondes qu’il devait posséder pour ainsi dégager une superbe aussi magistrale. « T’as une couleur préférée ? » Son ton reflétait son attention de l’instant, alors qu’elle s’inquiétait de donner le sens désiré de la jeune fille sur l’œuvre qu’elles avaient ainsi construites ensemble.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Mar 11 Avr - 23:24




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Lucy Bridges ne faisait pas preuve de mauvaise volonté. La gamine restait perdue. Elle empruntait un chemin étranger qui venait réellement la perturber. Elle appréciait la contribution de Anthea Stark. La blondinette prenait son temps pour accompagner une adolescente dans un projet. Elle se montrait disponible et très patiente. Elle partageait sa passion. Pour une fois, Lucy se situait dans l'échec. La jeune fille n'arrivait pas à dépasser ses limites. Elle se fixait des barrières. Elle comprenait le but de la séance mais le validait-elle réellement ? Ses parents avaient-ils effectué le bon choix ? Apparemment, l'art n'aiderait pas Luce à se libérer. Au contraire, elle se sentait faible car l'exécution de l'exercice devenait difficile. La lycéenne restait bloquée, la technique lui manquait. Elle accordait une importance sans faille à ces paramètres. Cela prouvait bien qu'elle ne s'en sortait pas. Le but de cette séance semblait irréalisable. Luce souhaitait-elle seulement y mettre du sien ? Oui, mais elle ne se détachait pas de son fonctionnement habituel. Il la bloquait. Une fois de plus, l'adolescente se sentait inutile. Elle faisait perdre du temps à Thea. L'artiste parlait de plusieurs séances. Elle tentait de rassurer son élève. Rien ne fonctionnait. J'sais pas si je vais faire plusieurs séances tu sais. J'arrive à rien. Tu vas me dire : faut de l'entraînement mais je n'ai jamais voulu dessiner. Alors, je crois que je te fais perdre du temps aujourd'hui. La jeune fille se dérobait sans le reconnaître. Quelqu'un prenait du temps pour elle et cela la dérangeait. De coutume, elle était seule. Cette journée restait trop différente des autres et bouleversante. Anthea se résignait à expliquer de nouveau les consignes. Elle évoquait Van Gogh, Lucy connaissait cette référence. La professeur soulignait que le cours n'était pas obligatoire et que cet exercice pouvait s'arrêter. Que dire ? Que faire ? Lucy jugeait cette inconnue : sympathique et dynamique, une alliée. J'sais pas si je peux continuer, vouloir si car j'aime apprendre mais pouvoir, en connaissant le but de notre séance... . Elle questionnait les désirs de ses parents. Ces derniers ne la lâchaient plus depuis qu'ils savaient pour le harcèlement à l'école. Si seulement l'oubli était de mise. Soudainement, Stark avançait une bonne remarque. Le doute est une intention. Je ne doute pas de toi, de ton exercice, de ta consigne, de cette séance mais de moi comme tu te doutes, j'ai jamais fait cela et je n'ai pas trop d'idées pour alimenter ta toile. La suite l’interpellait. Je sais que tu ne vas pas me juger mais je n'ai simplement pas l'habitude de faire ça, ni de parler ... de choses personnelles, pensait-elle. L'artiste la rassurait encore. Du moins, elle faisait tout son possible pour. Merci Thea t'es cool, j'aime bien aussi parler avec toi, surtout de toi et de tes compétences. Lucy n'aimait pas évoquer les éléments de sa vie et elle sentait qu'elle devrait le faire. Ses parents souhaitaient que cela, qu'elle s'ouvre à quelqu'un d'extérieur. Le courant passait tout de même bien, un lien se créait. Oui tu peux, et moi Thea ça te va ? Tu me ramèneras une photos alors, surtout avec les brassards Minions. La jeune femme avait confié sa peur de l'eau. Le partage s'invitait ainsi que la bonne humeur. Lucy révélait pas mal de choses grâce à ses dires hasardeux. Elle ne visualisait pas le bonheur, ni l'importance de l'identité. Avec la disparition de Mason, elle avait tout perdu et plus rien ne possédait de sens. Sans le souhaiter, la lycéenne se confiait beaucoup. Anthea détenait l'oeil pour cela. Elle complétait la toile avec le chiot en présentait un chien de taille adulte à côté. Elle évoquait son intention représentée sur son autre toile : avec la raie Manta. Merci pour l'explication, c'est vrai que ça coule de source. Blague à part, et ironie mise de côté, l'ado devait aussi proposer quelque chose. Quoi ? J'y voyais quoi ? Juste la vision de ton animal préféré, donc de tes goûts. Je ne cherchais pas plus loin. C'est beau ce que tu fais. Perso, je bloque : ta toile avec la raie Manta est trop personnelle. Je ne peux pas y mettre ma patte. Sinon, j'aime bien le bleu. Et toi ? Je pense que ça peut aider si tu veux que je complète un peu ta toile. Anthea arrivait à traduire de belle chose sur la toile, le rêve prenait vie : une famille existait enfin. Cela parlait à la jeune fille.

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 23 Avr - 16:51



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L'art est notre propre reflet
Visiblement, les messages avaient du mal à trouver un recueil dans les pages qui commençaient tout juste à s’imprégner d’une encre nouvelle. Le livre savait trouver des histoires, les expliciter à l’aide de divers moyens sauf que l’aventure de l’intérieur paraissait prendre une tournure inattendue, voire même complètement à l’inverse de ce que le lecteur aurait pu attendre. La toile de l’artiste se fonçait sous ses yeux, le blanc immaculé n’en devenait que plus sombre à mesure que les expressions que sa jeune élève viraient d’un sentiment à un autre. Etait-ce de l’échec ? Ou plutôt de la gêne qu’elle lisait entre les yeux à la fois perdus et désireux pourtant de rester patients de Lucy ? Anthea ne saurait le dire expressément, préférant plutôt laisser le bénéfice du doute quant à cette nouveauté dans laquelle la jeune fille devait apprendre les aléas. Et plus le temps passait, plus la blonde se rendait bien compte que toutes les deux se heurtaient à des barrières qu’elle avait naïvement jugé comme précaire pour ne pas dire invisibles. Le mal de Lucy ne faisait que grandir à mesure que l’exercice se profilait. Tant est si bien qu’il donnait l’impression à la jeune fille d’enfermer cette dernière dans une sorte de bulle qui l’isolait des autres. Anthea avait mal fait. Elle le voyait et se confrontait à son propre échec alors que cette pauvre fille lui avait répété qu’elle n’était pas à l’aise. Elle, qui, pensait que rester calme et lui expliquer de maintes façons serait un moyen pour peut être lui faire avoir ce déclic qui saurait l’apaiser ne serait-ce que pour quelques instants. Peindre n’était pas une thérapie, parler non plus, à partir du moment où on se sentait obliger de le faire et voilà ce qui bloquait autant Lucy. Cette obligation qu’elle ressentait et qu’elle se devait d’établir pour qui, pour quoi ? Pour ses parents qui avaient cru bon de lui faire prendre des « cours » d’art pour peut être extériorisé ce qu’elle ne parvenait pas à dire. Pour pouvoir se recueillir quelque part ou du moins se sentir libre d’une autre façon que celle qu’elle connaissait déjà. Dans tous les cas, ce n’était pas son choix à elle et c’était pour cette raison qu’elle répondait de cette manière là. D’ailleurs, Anthea fut heureuse d’entendre pour la première fois un choix qui venait d’elle uniquement et pas d’une tierce personne qui avait décidé de ce qui était bon pour elle. Est-ce qu’elle devrait se sentir vexée d’une telle réponse ? Les autres enseignants le seraient surement, mais pas elle. Parce qu’elle préférait de loin qu’on lui parle honnêtement plutôt qu’on la fasse tourner en bourrique pendant de longues heures. « T’as essayé c’est c’que tu dois t’dire. Je t’ai déjà dis que tu ne m’avais rien fais perdre. Dans tous les cas je dessine ou j’peins, donc que ce soit ici ou chez moi c’pareil tu sais. » lui répondit-elle sur ce même ton complice et révélateur de sa bonne foi. Elle n’en voulait pas du tout à Lucy, bien au contraire, sans même s’en rendre compte la jeune fille était parvenue à franchir une barrière. Celle qui lui laissait exprimer ses intentions. En fait, cette séance n’était pas un échec à bien y regarder. La conversation ne de détourna pas pour autant de cette infime conviction qu’elle tentait de garder. Résolue quant à l’idée de vouloir transmettre quelque chose à la jeune fille, Anthea s’enquit de chercher dans ses connaissances des noms qui parleraient probablement à Lucy et qui pourraient éventuellement la rassurer sur certains sujets. Malheureusement, cet essai se solda d’un nouvel échec, prouvant de plus belle à la peintre que le choix était bel et bien pris et qu’elle ne reviendrait pas sur ce dernier. Encore une fois, Anthea y voyait là une résolution ou du moins un caractère qui s’affirmait et qui était bien loin de celui qu’elle avait pu voir jusqu’à présent. La véritable Lucy était là devant elle. Elle ne se cachait plus derrière les prétextes de ses parents, elle se révélait au grand jour. « J’te l’ai dis, c’est toi l’chef. » répondit-elle simplement en haussant ses épaules tout en continuant son travail de son côté. Lucy avait perdu un être cher, probablement même l’être le plus proche qu’elle ait eu à connaître jusqu’alors. Voilà pourquoi le deuil était difficile. L’idée même de perdre sa grande sœur était comme inconcevable pour Anthea, alors essayer de se mettre à la place de la petite Bridges lui donnait l’impression d’être une douleur immense voire même à jamais estomper. Aussi, c’est ce qui expliquait les raisons pour lesquelles la patience donnait l’impression de rester maintenue et complètement contrôlée en cet instant. Chose qui n’était pour ainsi dire pas aisée d’ordinaire quand on connaissait la Stark. Cependant, pour Lucy, elle faisait preuve d’une profonde sympathie qui tendait à perdurer à mesure que la sincérité et que le feeling leur permettaient aussi bien à l’une qu’à l’autre de se confier à moindre mesure bien évidemment. « C’est déjà très bien c’que tu fais. Tu n’t’en rends pas compte mais tu as fais un pas en avant. Tu m’as dis ne pas vouloir continuer pourtant c’est c’que tu fais et ça ça prouve de tes bonnes intentions. T’es une chique fille Luce. » Cette fois-ci, Anthea s’était dégagée de devant sa propre toile pour regarder en direction de la jeune fille et lui offrir un sourire qui se voulait honnête. Généralement lorsqu’elle ouvrait la bouche, elle pensait ce qu’elle disait, voilà pourquoi elle préférait lui avouer ce qu’elle voyait. Car il n’y avait pas seulement dans les tableaux qu’elle pouvait déceler des petits détails. « T’as c’te faculté à mettre les gens à l’aise, comme ton père d’ailleurs. C’est pas donné à tout le monde. » Un rire vint à s’échapper d’entre ses lèvres au moment où Lucy l’appela Thea. Sa sœur avait été la première à l’appeler de cette manière, pour que finalement ses amis en fassent de même. L’artiste aimait bien qu’on la dénomme ainsi, cela lui permettait d’entrevoir qu’une sorte de complicité s’établissait entre les autres et elle. Voilà pourquoi elle hocha tout simplement d’un signe affirmatif de la tête lorsque Lucy lui demanda si elle pouvait faire de même. Elle n’y voyait pas d’objection puisqu’elles apprenaient à devenir amies en ce moment même. « Pas d’problème pour la photo. » lui confirma t-elle dans un nouveau rire. Rien que l’idée était complètement risible, mais bon le ridicule n’avait jamais tué personne et le ferait probablement jamais non plus. Néanmoins le sérieux lui revint d’une manière naturelle et calmement alors qu’elle se mettait devant la toile de la jeune fille. Ses intentions étaient dissimulées de-ci de-là, probablement même qu’elle ne les concevait pas alors que l’artiste apprenait à mettre en avant l’invisible de Lucy. Une famille, voilà ce qui lui importait et ce qui donnait l’impression de lui manquer. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’elle commençait à dessiner de nouvelles touches, dispersées là ou ailleurs, infimes, minimes, beaucoup plus visibles. L’accompagnement était un moyen de se relever, de s’affirmer également. Voilà pourquoi, elle s’appliquait à fournir une épaule à ce chiot, un être sur qui il pouvait comptait, qui serait à même de l’aider à affronter le monde parce qu’il serait là juste derrière lui et qu’il ne le laisserait jamais tomber. Un sourire se glissait doucement sur son visage au moment où elle lui expliquait à son tour les intentions de son tableau. Bien sûr ce n’était qu’une esquisse puisque la rapidité avait été telle qu’elle n’avait pu peaufiner les détails, dans le même temps qu’elle s’était volontairement arrêtée au moment où la planche de surf lui revenait. « J’suis ravie d’entendre que c’que tu vois te plaît. Et comment ça tu peux pas mettre ta patte ? Tu peux bien mettre des poissons non ? Ou alors un bateau ? Enfin, c’est à toi d’voir mais sache que tu n’gâcheras rien du tout. » Elle préférait être honnête une nouvelle fois avec elle et elle espérait la rassurer dans ce dessein. « … du bleu… » répéta t-elle tout en donnant l’impression de se perdre dans ses pensées alors qu’elle arrêtait le traits qu’elle dessinait pour se reculer un peu et admirer l’intégralité de la toile. Du bleu… Du bleu… Du bleu… Bingo, elle venait tout juste de trouver l’endroit précis où le bleu viendrait accompagner l’ensemble de la scène. S’attachant à le placer juste là où elle le désirait, elle finit par revenir aux côtés de Lucy et garda son sourire intact avant de pointer du doigt l’orangé qu’elle avait déjà réalisé dans son couché de soleil. « C’te orange là, c’est cette couleur que j’préfère. » Ses yeux se détournèrent de devant la toile pour se poser dans ceux de Lucy avant de lui reprendre ce qu’elle tenait dans ses mains pour la faire passer de l’autre côté, du côté de sa propre toile pour lui montrer ce qu’elle avait rajouté. « Regarde ton rêve comme il est beau. » Elle se recula de plusieurs pas de manière à laisser à la jeune fille le temps de s’acclimater avec ce qu’elles avaient pu faire toutes les deux. Il y avait là une famille, le chien le plus âgé avait des yeux bleus comme ceux de son père, alors que le plus jeune portait sa propre couleur. Les détails parsemés un peu partout laissaient présager d’un très bon moment alors que l’arbre derrière eux donnait l’impression de leur accorder un instant de paix, un instant pour eux. Même les fleurs étaient prédisposées à participer à cette scène, seules la quiétudes et la joie se mettaient en exergue là et c’est installée assise sur un des pupitre des élèves qu’Anthea attendait une réaction de la part de Lucy.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 23 Avr - 22:32




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Anthea Stark tentait de rassurer son interlocutrice malgré les remises en question qu'elle subissait. Son rôle de professeur était mis à mal. Elle faisait face à des difficultés dans son propre enseignement. L'artiste-peintre était douée, une réelle pro. Or, partager ses connaissances et son domaine ne semblaient pas si simple que cela quand un ado lambda se permettait de tout questionner, même sans imaginer blesser l'adulte. Lucy Bridges doutait de tout. Elle se heurtait à un mur très épais. Ses parents l'obligeaient à entrer dans un monde inconnu pour la jeune fille, un univers qui ne représentait pas le sien. Elle voulait y arriver, se donner les moyens de comprendre, mais elle n'arrivait pas à quitter ses appréhensions. Elle ne désirait pas être percée à jour aussi facilement. L'art représentait un grand mystère trop complexe à résoudre tant les solutions restaient multiples et surprenantes. Il n'y avait pas de codes à respecter sauf si l'on s'intéressait à un courant particulier. Chacun laissait parler son libre arbitre. Luce rencontrait des difficultés à s'abandonner de cette manière. Thea se montrait patiente et compréhensive, ce depuis le début de leur entrevue. Essayer c'est bien mais réussir c'est mieux, j'avoue que je suis perdue. La petite brune regrettait cet échec car il était rare qu'elle rate ce qu'elle entreprenait. Aussi, elle culpabilisait par rapport à son interlocutrice qu'elle jugeait sympathique, avenante et dynamique. Cette jeune femme donnait de son temps pour elle, et Lucy se rendait compte qu'elle ne demeurait pas capable de réussir les exercices de l'artiste, d'apporter un sens à cette séance alors que Anthea s'évertuait à faire de son mieux. C'était regrettable. L'adolescente l'admettait. Elle se sentait inutile et bête. Elle ne se gênerait pas pour en discuter avec ses parents, plus particulièrement son père. Ils avaient effectué une grossière erreur. Il voyait en leur fille, un mythe. Elle ne pouvait pas satisfaire leur envie. Anthea répondait aussitôt que la jeune Bridges qualifiait la chef. Pourquoi ? Lucy comprenait que tout partait de ses intentions. Si elle voulait rien, le rien se produirait. Elle devait retenter le coup. Stark lui donnait du courage, elle partageait sans compter. Merci, tu crois ? Quel genre de pas en avant ? L'artiste le lui expliquait tout en complimentant son interlocutrice. Luce était réellement touchée. C'est grâce à toi, tu me pousses dans le bon sens. Pourtant, d'habitude, je n'ai pas besoin d'être poussée, je ne comprends pas. Je crois que l'inconnu me paralyse quelque part. La gamine s'ouvrait sans le vouloir. Un authentique lien se créait entre les deux jeunes femmes. Tu as le même pouvoir alors, merci. Thea n'était pas en manque de compliments. Elles apprenaient à se connaître et le contact passait bien malgré les appréhensions du début. Elles acceptaient même de se surnommer, presque comme des amies. Elles riaient ensemble. Cool pour la photo ! Thea avait confié l'un de ses secrets. Lucy observait le travail de sa partenaire. La toile donnait une impression de bien-être. Le côté “famille” l'interpellait. Le tableau était beau ! Devait-elle en parler ? Non, se dévoiler, c'était trop tôt pour elle. Elle pensait à l'absence de Mason, plus jamais sa famille ne vivrait le bonheur. Alors, elle déviait par rapport à ce dessin trop lisse, trop parfait. Anthea encourageait son élève. Pas mal, je vais placer des poissons, je sais les dessiner. Stark poursuivait son échange. C'est une belle couleur. La suite bouleversait la lycéenne. Oui son rêve était beau, il s'agissait d'une chimère alors tout demeurait irréalisable. Ce bonheur n'existait pas. Grâce à tes ajouts, tu as respecté ce rêve. Je comprends le sens de l'intention. Tu fais de miracles avec rien. Cela t'es venu de où ? La jeune fille dessinait les poissons en même temps, le parcours de Thea était visé.

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Lun 8 Mai - 10:39



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L'art est notre propre reflet
Il fallait parfois s’avouer vaincu. Il s’agissait là d’un pas difficile à enjamber et d’une décision d’autant plus délicate à prendre mais personne ne pouvait être parfait.  Cette dernière n’existait que dans les songes des autres ou peut être dans les aspirations que la société se plaisait à mettre en exergue pour ainsi forger les bons petits pantins qui suivaient ses directives. Anthea s’était toujours confrontée à cette question de « perfection », ce sentiment qui avait eu raison d’elle dans sa jeunesse et l’avait inexorablement plongé dans un état où le doute et l’abnégation l’avaient rongé. Tout le monde disposait d’un côté obscur. Tout le monde avait vécu des difficultés au cours de son existence. Et pourtant certaines personnes s’en sortaient mieux que d’autres. Grâce à une famille, grâce à des amis, grâce à des soutiens, grâce même à des attachements envers tel ou tel signe, mais l’on s’en sortait surtout grâce à sa volonté. Peu importe les personnes qui nous entouraient. La réalité était là différente si nous étions enfermés dans un désir de ne pas vouloir nous en sortir pour nous. Et plus les échanges se transmettaient plus l’artiste prenait conscience que la jeune fille devant elle était dans cet état d’esprit. Sa gentillesse lui avait dicté de suivre les conseils avisés de ses parents, de mettre un point d’honneur à la bonne réalisation de cette image qu’elle désirait leur renvoyer, cependant, son âme elle, donnait l’impression de ne pas avoir encore trouvé la raison pour laquelle elle devrait s’en sortir. Anthea était à même de l’aider, si seulement Lucy voulait lui laisser sa chance. Elle lui avait donné l’impression de le réaliser au cours de cette séance, mais il demeurait tout de même cette volonté manquante. Elle était là omniprésente, toujours encline à la faire douter, à lui faire répéter les mêmes questions pour chercher des prétextes pour mieux se cacher derrière quelque chose. Ses craintes se ressentaient de plus en plus à mesure que l’artiste essayait de la rassurer. Malheureusement, la blonde savait très bien qu’elle n’arriverait à rien, du moins pas aujourd’hui voire même jamais puisqu’elle lui avait exprimé sa volonté de ne pas continuer. Et pourtant, elle gardait espoir non pas pour elle, mais pour que cette volonté finisse par naître dans le cœur de la jeune adolescente. Personne ne pouvait la forcer à entreprendre un tel chemin, personne n’était à même de la conseiller sur ce qui était le mieux pour elle, au contraire. Il fallait simplement qu’elle se trouve et dès lors que cela aurait été fait, Anthea aurait été la première à lui venir en aide si elle venait la chercher. « Baisse pas les bras. » laissa t-elle échapper devant cette énième prétexte qu’elle entendait. Le sourire de l’aînée essayait de prouver à la plus jeune qu’elle savait qu’elle essayait et qu’elle ne lui en tenait pas rigueur. Pouvait-elle seulement lui en vouloir ? Non, dans la mesure où elle avait essayé. Certes, ce n’était pas pour elle-même qu’elle l’avait rejoint, mais au moins ses parents ne l’embêteraient plus avec cela. Ils ne lui feraient aucun reproche et mettraient surement la faute sur l’artiste. Du point de vue d’Anthea, les jugements étaient tellement cinglants concernant son égard, qu’elle s’en fichait. Car cela mettrait en avant autre chose de plus important : il favoriserait la communication entre les membres de la famille Bridges. Et puis, cette rencontre n’était pas complètement un échec, puisqu’il avait permit aux deux jeunes filles de se connaître et ainsi partager un moment ensemble. A tort ou à raison, Anthea plaçait cet échange comme quelque chose de bon pour la petite brune. « T’oses dire c’que tu penses. » La peintre se mit à arquer son sourcil en guise de constat évident devant ce qu’elle avançait. En début de séance, Lucy n’avait pas daigné lui révéler ce qu’elle pensait vraiment au sujet de l’art et voilà qu’elle avait pu défendre ses idées petit à petit. Elle ne s’en était pas rendue compte, et pourtant, elle parvenait à se révéler doucement mais surement devant la blonde. Un sourire naissait de plus belle sur ses lèvres devant les compliments qu’elle recevait. Stark et les compliments n’étaient généralement pas compatibles, pourtant ceux de la jeune fille tendirent à la toucher. « J’ai rien fais en fait. J’t’ai juste écouté et j’tai répondu. » car c’était surement cela qui manquait à Lucy, le fait d’être écoutée. Anthea ne connaissait pour ainsi dire pas les relations qui unissaient ou divisaient les membres de la famille Bridges, pourtant aussi bien Llewyn que Lucy montraient qu’il y avait un réel problème de communication entre eux. Ils s’avéraient être présents les uns pour les autres, se soutenaient et pourtant, ils n’étaient pas conscients des réels problèmes qui les rongeaient. Le deuil était un prétexte pour exploser les non-dits. Plus le temps passait et plus la jeune fille se rendait compte que même si le garçon avait été en vie, tout ceci se serait passé également. « Me remercie pas va. » Elle se mit à hausser ses épaules dans cette même nonchalance habituelle dans laquelle elle s’enfermait toujours quand elle se trouvait gênée. Heureusement son humour reprit de ses droits pour quelques instants, leur permettant ainsi de partager des bêtises qui veillèrent à les faire rire. Des brassards minions et une bouée canard. Si Jaelyn avait été là, Anthea était persuadée qu’elle aurait rit aux éclats et aurait même rajouté qu’elle irait lui acheter des lunettes de soleil en formes d’étoiles roses pour agrémenter le tout. La complicité qui existait entre elles était telle qu’elles ne pouvaient jamais s’empêcher de s’embêter l’une et l’autre. Mais laissant cette incartade de côté, la jeune fille sourit de plus belle à Lucy avant de faire un signe de caporal de l’armée comme pour appuyer ses intentions.  Et déjà la bonne humeur donnait l’air de reprendre de ses droits pour quelques temps de plus. Amenant ainsi le partage vers des détails auxquels Lucy n’avait pas pensé. Préférant s’isoler pour ainsi laisser la jeune fille prendre connaissance de ce qu’il s’était passé durant cette séance. C’est les jambes ballant dans le vide qu’Anthea attendit patiemment la réponse de l’adolescente. Bien entendu, elle notait principalement la manière dont la jeune fille gardait sa politesse intacte pour la satisfaire elle et non pas pour répondre à sa question. Cependant, la peintre fit mine d’aller dans son sens, sachant que ce n’était plus la peine d’essayer quelque chose à présent. Comme elle l’avait pensé depuis un petit moment, elle acceptait sa décision. « J’lai pas fais seule hein, t’étais là toi aussi. » La peintre regardait en direction de Lucy avant d’afficher un sourire en coin. « On a tous nos démons dans la vie, faut juste apprendre à leur foutre un coup d’pied au cul pour les faire fuir. C’est comme ça qu’ça m’est v’nu. » Elle arquait un sourcil, signe qu’elle jaugeait ainsi de la réaction de la jeune fille devant une telle révélation. « T’aimes faire quoi toi ? » finit-elle par lui demander alors qu’elle savait qu’il était l’heure d’en terminer avec ce tiraillement pour la jeune fille. Peut être qu’en parlant de tout et n’importe quoi, Lucy n’aurait plus envie de prendre ses jambes à son cou.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Lun 8 Mai - 15:01




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Lucy Bridges rencontrait des difficultés. De coutume, elle excellait dans tout ce qu'elle entreprenait. La remise en question était effective. Cela pouvait avoir du bon. L'adolescente culpabilisait. Elle faisait perdre son temps à Anthea Stark. Aussi, ses parents l'avait foutu dans cette situation. Elle ne souhaitait pas revenir à ce cours, histoire de fuir ses soucis. Elle connaissait le but de Thea. Cela ne l'aiderait pas. Seuls ses parents seraient satisfaits dans cette affaire. Luce souhaitait conserver son mystère, ses secrets. Ils ne demeuraient pas nombreux mais existants. Elle souffrait de la mort de son frère. Elle lui parlait lors d'hallucinations. Elle savait bien que cette situation était anormale mais elle ne désirait pas la perdre. Ces contacts la rassuraient. Aussi, elle subissait du harcèlement à l'école : moral et physique. Elle vivait cela depuis le déménagement à Savannah. A New-York, elle possédait un tas d'amis, une popularité. La jeune fille détestait sa nouvelle vie. Ses parents prenaient toujours des décisions pour eux. Ces derniers n'allaient pas bien et Lucy observait leur décadence. Rien n'allait bien. D'ailleurs, elle allait rapidement changer de fusil d'épaule. Quelques jours après cet entretien et la rencontre fortuite de ses assaillants dans un zoo, l'adolescente userait de violence. Déformant les conseils de ses parents, témoins du harcèlement subi par leur fille, Lucy deviendrait une autre personne. Terminée la victime, ou la gamine morose, place à une personne fière d'assumer  ses pensées. Ces histoires iraient loin. Certains paramètres feraient de Luce, une autre personnalité. Les cours l'intéresserait moins. Elle tenterait de s'intégrer. Le conseil de Anthea lui parlait alors. Elle ne baisserait pas les bras.

Oui.

L'échange était effective, pas une pour parler plus que l'autre. Des questions étaient posées, des réponses étaient données, un partage se faisait. Lucy n'était pas forcément fière d'offrir son avis sur ce cours car elle se sentait débile et très méchante envers Anthea qui donnait de son temps gratuitement sans rien exiger en retour. Les sourires se baladaient, signe que le courant passait bien. Stark affichait toujours une modestie sans nom. C'était son choix. Avec cet utilisation, Bridges jugeait encore plus positivement l'adulte. Lucy écoutait sans forcément relancer les compliments ou la conversation. Un objectif artistique était donné. Il fallait en arriver à bout. Anthea ne dissimulait pas une joie de vivre. Elle détenait une réelle profondeur, elle ne paraissait pas creuse.

On a fait cela ensemble alors, c'est plutôt cool de le voir ainsi. La suite restait notifiée dans l'esprit de la gamine, Thea usait encore de maximes en quelque sorte. Les toiles avançaient pour prendre un sens. Stark avait respecté l'idée de rêve. Celle de l'artiste-peintre n'arrivait pas à trouver un essor, car la jeune fille n'arrivait pas à installer sa patte sur une œuvre trop personnelle et intime. Alors, Anthea suivait une autre parade : faire connaissance. Dans la vie ? J'aime les cours, les jeux vidéos, le skate-board, et toi tu as d'autres passes-temps ? L'activité devenait plus intéressante, là elle pouvait apprendre à se connaître et devenir amies, Lucy s'en voulait moins.

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 21 Mai - 14:16



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L'art est notre propre reflet
Les changements favorisaient forcément les tournures à prendre au cours d’une existence. Que ce soit de tel côté ou plutôt de l’autre, il n’en restait pas moins qu’un déménagement était à même de mettre à mal n’importe qui. Lucy donnait l’impression d’être dans ce cas. Dans cette sorte de méandre visant à la plonger la tête la première dans les tourments d’un typhon empli de craintes et d’immersion. Aussi, une main tendue ne lui serait peut être pas de refus. Voilà ce dont Anthea avait osé envisager en mettant en avant son art et sa passion pour la peinture. Parfois, il ne suffisait que d’un déclic pour parvenir à réaliser ses peines et ainsi mieux les affronter. Parfois, cela était beaucoup plus compliqué. Et apparemment les complications étaient des démons qui rôdaient autour de la jeune fille devant elle. Des fantômes qui tournaient autour de son être tout entier et qui l’empêchaient de se mouvoir dans un monde qui lui paraissait inconnue. L’Art ne serait probablement pas le remède qui lui permettrait d’avancer et de s’extirper de cette mauvaise passe, mais peut être qu’un simple soutien, qu’une oreille attentive et que des conseils auraient raison d’au moins l’un d’entre eux. Lucy donnait l’air de se retrouver seule face au reste. Pourtant, Anthea ne cessait de lui prouver que si elle le désirait, elle serait juste là à ses côtés. L’aidant du mieux qu’elle le pourrait pour tenir bon, pour oser envisager un autre avenir que celui dans lequel elle se perdait. Lucy avait droit à l’erreur, avait droit tout comme n’importe qui de se perdre, elle avait le droit d’oser s’accrocher à des rêves, tout comme elle avait le droit d’avoir un équilibre sur lequel se soutenir pour reprendre confiance en elle. Un droit qu’elle ne donnait pas l’impression de s’accorder, probablement parce qu’elle n’y était pas habituée ou peut être parce qu’elle songeait bien trop aux regards que les autres pourraient avoir envers elle si seulement elle se dévoilait telle qu’elle était. Des jugements que l’artiste mettait toujours de côté à partir du moment où elle les qualifiait d’idiots et complètement aberrants. Ils ne nécessitaient d’aucun intérêt, d’aucun dignement voire même d’aucune pensée allant à leur encontre, mais au contraire, ils ne méritaient que de bons coups de pieds afin de prouver aux autres qu’on valait mieux que cela. Un sourire venait à orner doucement les lèvres d’Anthea devant le oui fier et empli d’une certaine contenance de la jeune adolescente. Peut être qu’elle venait tout juste d’éveiller en elle un déclic pour ainsi affronter ses démons et aller de l’avant ? Pour tout avouer, seul le bien être de Luce lui était primordial et pouvoir le jauger dans cette réponse veillait à alimenter cette optique. Ce fut surement cet état d’âme qui permit aux deux protagonistes de se livrer un peu plus, d’oser s’affirmer pour ainsi se découvrir chacune à leur façon. Thea n’hésitait pas à convier Luce à la suivre dans ses délires, sans pour autant la contraindre de quoi que ce soit. Après tout, l’adolescente était une adulte en devenir, et il valait mieux qu’elle soit traitée de la sorte plutôt que la laisser songer au fait qu’elle était couvée. La blonde n’était pas sa mère, pas sa sœur non plus, elle n’était même pas son professeur, voilà pourquoi l’idée même de devenir de bonnes amies s’était imposée à elle comme une évidence. Du moins tant que cela ne donnait pas l’air d’être forcer. Les échanges s’effectuaient naturellement, révélant ainsi à Anthea à quel point l’âme de Lucy était meurtrie. Sa volonté n’en demeurait pas moins confuse, voire même figée dans le deuil qu’elle devait probablement faire encore. C’est ce qui permit à l’artiste de ne pas insister d’ailleurs, elle n’était pas psychologue non plus. « C’est en partageant des trucs qu’on forme souvent de belles choses. » Ce même sourire amical veillait à transmettre le même message en direction de la jeune fille. Celui d’un soutien qu’elle ne perdrait que si elle le désirait. En réalité, Anthea laissait le choix à Lucy pour tout, et sa posture sur ce bureau donnait bien l’impression de son intention. D’ailleurs, elle ne se mettait à hocher sa tête de manière affirmative devant les révélations confiées. Lucy avait de très bons goûts. « Le Skate ? c’doit être trop classe de savoir en faire non ? » lui demanda t-elle avec ce même ton curieux. Pour tout avouer, jamais elle n’aurait cru Lucy adepte d’une telle maîtrise, comme quoi elle n’était pas au bout de ses surprises. « Moi ? En dehors d’tout ça ? » D’un geste nonchalant, elle montra l’intégrité de la pièce à la jeune fille et fit mine de réfléchir quelques instants de plus. « J’aime écouter ma sœur à la radio et aller r’garder les surfeurs. » Elle se confiait à son tour d’une certaine manière et déjà elle espérait que ses révélations puissent prouver à Lucy qu’elles n’étaient peut être pas si différentes que cela. « Et donc miss casquette à l’envers, t’sais faire des figures avec ton skate ? » Un nouveau sourire vint à se partager alors qu’elle finissait par déporter son regard vers l’extérieur. « Fin, t’as p’t’être plus l’temps d’me raconter ça va être l’heure non ? »
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Dim 21 Mai - 18:45




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Anthea Stark avait raison : en partageant des moments ensemble, de belles choses pouvaient se produire. Ici, il était question des œuvres réalisées par les deux amies en devenir. Chacune avait porté sa trace sur la toile. Des intentions se nourrissaient de ces éléments dessinés. Cela offrait des perspectives, un sens au tableau. Thea avait bien évidemment plus travaillé que la jeune fille mais un réel échange s'était produit entre elles. D'ailleurs, il n'était plus question d'art mais de leur vie. Anthea donnait une importance à l'adolescente. Elle effectuait tous les efforts du monde pour que cette dernière ne se sente pas seule. Cela fonctionnait quelque part même si le but de cette entrevue ne semblait plus si clair. Lucy osait confier quelques informations sur elle comme elle le ferait avec une alliée. Bien évidemment, elle oubliait les détails les plus marquants de son existence. Elle se situait dans cet endroit pour passer un bon moment, pas pour tout pourrir encore une fois. Des sourires venaient décorer la pièce. La confiance s'installait. L'ambiance se trouvait à la bonne humeur. Le début de cette rencontre paraissait sûrement chaotique, vu de l'extérieur, mais tout se rattrapait. Les filles avaient trouvé leur créneau : l'amitié. Il n'était pas question d'autre chose.

C'est vraiment cool mais au début, tu te prends pas mal de gamelles. Faut apprécier. Dans ce domaine, je peux perfectionner ma technique. Tu peux en faire des figures à force de bien connaître ta planche. J'aime la vitesse aussi. Ça fait longtemps que je n'ai pas pointé mes fesses au stake park, depuis New-York. T'en connais un ici ? A l'inverse, Luce souhaitait en savoir plus sur Anthea. A part l'art, qu'est-ce qui l'intéressait ? Cette jeune femme paraissait si mystérieuse. Il fallait résoudre ce mystère. Lucy se donnait un défi. Elle reconnaissait apprécier la présence de Stark. Les activités de l'artiste-peintre restaient passives. Elle observait beaucoup. Elle écoutait beaucoup. Elle se montrait très disponible pour autrui. Sa sœur en faisait les frais, de façon très positive bien-sûr. Thea tenait à sa frangine, elle ne le cachait pas. T'as de la chance d'avoir une sœur qui fait de la radio. Elle doit être célèbre et connaître du monde ? Cela pourrait t'aider pour te faire connaître, notamment avec tes œuvres, tu ne penses pas ? Stark représentait une bonne âme, vraiment. Elle avait cette capacité à lire à travers tout et tout le monde. Elle demeurait réceptive à ce qui l’entourait. Elle avait un talent fou. Pourquoi les surfeurs ? Ce sport t'intéresse ? Les surfeurs étaient souvent très beaux, musclés, bronzés. Un vrai cliché mais les filles en raffolaient. Luce n'avait jamais pris le temps de se balader autour de la plage. Cela lui donnait des idées. Oui je sais, si ça te dit : je te montrerais ? On pourra observer tes surfeurs en même temps si tu le souhaites. Elle souriait. J'ai le temps. L'instant était sympathique, Luce le vivait pleinement.

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Ven 23 Juin - 14:32



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L'art est notre propre reflet
Si il y avait bien un trait de caractère que personne n’était prêt d’ôter à l’artiste, c’était bien sa témérité et cette volonté qui avait raison d’elle dès lors qu’elle la jugeait adapté à une personne. Son impulsivité savait se taire pour le bien fondé de cette dextérité qu’on lui connaissait. C’était d’ailleurs ce comportement qui lui avait valut des occasions pour ainsi façonner telle ou telle œuvre. L’oubli du quotidien se renforçait toujours, tendait à dévaloriser les besoins les plus humains pour lui permettre de créer cette bulle dans laquelle elle plongeait la tête la première. De-là, Anthea percevait toujours un monde nouveau, enclin à lui permettre d’appréhender de nouvelles ouvertures pour ainsi lui permettre de s’attacher à de nouveaux détails. Des petits riens qui forgeaient pourtant un tout. Chose qu’elle avait pu évoquer en début de conversation et qui prenait tout son sens maintenant. Les masques tombaient délivrant, par ce biais, des petits détails qui caractérisaient la jeune fille qu’elle tentait d’aider. Son comportement, qui portait à croire, en ce recul qu’elle désirait revêtir, cette distance qui l’éloignait de plus en plus du reste du monde, était en train de se laisser approcher. Doucement mais surement, de la même manière qu’un petit animal qu’on aurait pu trouver sur le bord de la route et qui apprenait à nouveau à faire confiance vers cette main tendue. Une main qu’il reniflait à tout va, qu’il essayait de tester par le biais de petits exercices plus ou moins houleux, mais qui, venait tout juste de démontrer que tout n’était pas perdu. Au contraire, les prémices de cette rencontre étaient en train de s’écrouler pour laisser place à des fondements plus réels et d’autant plus prenants qu’ils ne cessaient de renvoyer des images heureuses vers l’artiste. Si le pompier était celui qu’elle abritait sous son parapluie, sa fille, elle, était celle à qui elle tendait sa main pour l’aider à se relever.  Parce qu’elle connaissait cet isolement, non pas de cette même gravité, néanmoins, elle pouvait très bien comprendre les bas fonds dans lesquels la petite Lucy se trouvaient et qui l’empêchaient de se redresser. Aussi, cette main tendue n’était peut être un rien pour l’heure, probablement même pour jamais, néanmoins, il résidait un peu d’espoir à ce tableau. Un espoir qui se lisait d’une manière inopinée dans le regard de la jeune adolescente et qui lui renvoyait ainsi un temps dans lequel, elle avait su trouver sa place. Chacun était à même de trouver son échappatoire et savoir que Lucy avait le sien, permettait à Anthea de comprendre un peu plus le caractère de la petite brune. Ainsi, elle adorait prendre des risques ou du moins jouer avec le feu. C’était ce qu’il ressortait de cette explication alors qu’instinctivement les souvenirs de l’artiste l’entraînaient vers des années en arrière. Cette description concordait parfaitement avec ce qu’elle appréciait admirer. « Tomber pour mieux s’relever hein ! » Un clin d’œil vint accompagner la parole de la blonde alors que son sourire trahissait sa joie mais surtout son désir d’en connaître davantage sur les détails de la jeune fille. « J’crois qu’il y en a un vers le parc ouais. Tu d’vrais aller y faire un tour pour retrouver c’que t’aimes. » Il s’agissait là d’une nouvelle approche ou plutôt d’un conseil qu’elle se plaisait à lui offrir alors qu’elle concevait que l’arrêt brutal d’une passion était une épreuve pour le moins insurmontable. Elle-même était incapable d’arrêter sa passion pour l’Art et l’imaginer lui paraissait comme impossible. D’autant plus que cette occasion serait également opportune à Lucy pour tenter de se faire de nouveaux amis. Anthea ne doutait pas de sa faculté à s’en faire, il lui suffisait de constater de la manière dont elle s’exprimait avec elle pour ainsi le vérifier. Assise sur son bureau, la jeune fille se mit à rire de bon cœur au moment où Lucy commentait la profession de sa sœur comme une opportunité pour elle de trouver des contacts et ainsi pouvoir vivre de sa passion. Le geste était adorable, et il ne cessait de lui prouver à quel point la petite brune avait bon cœur elle aussi. Néanmoins, la réalité était telle que même si elles y avaient songé sa grande sœur et elle, le monde n’était pas aussi aisé qu’on pouvait le croire. « Oh ça pour connaître du monde elle en connaît. Si t’as b’soin d’un plan pour un resto ou d’une bonne adresse pour passer la soirée, elle est celle qui faut app’ler. » Un nouveau rire vint à franchir la barrière de ses lèvres avant qu’elle ne détourne son regard pour admirer ainsi l’œuvre qu’elles avaient pu réaliser toutes les deux. « Savannah c’pas si grand donc bon. J’sais que si elle a l’occas’ elle m’le dira mais en attendant j’me débrouille par moi-même. » Ses épaules se haussèrent dans le même temps qu’elle balançait ses jambes d’avant en arrière, signe de son malaise à ce sujet. « J’aime bien m’débrouiller toute seule en fait. » lui avoua t-elle avant de finalement reporter son regard en direction de Lucy. En effet, Anthea s’en était toujours sortie par elle-même. Parce qu’on l’avait éduqué de cette façon mais surtout parce que son père s’était évertué à lui apprendre que la vie méritait qu’on la vive pleinement. « Puis j’ai pas envie d’être célèbre non plus, c’pas pour moi ça. » Elle accompagna sa parole par une grimace exagérée alors que son sourire trahissait son amusement. Même si la vérité était bien là. Anthea et la célébrité, trop peu pour elle. Elle préférait rester dans son coin invisible plutôt que d’être placée sous les feux d’un projecteur. A nouveau, le rire vint à percer le silence de la pièce au moment où la petite Lucy lui demandait si le surf l’attirait pour les musculatures et autres joyeusetés à admirer dans ce sport. « Vendue ! » s’amusa t-elle en pointant la jeune fille du doigt comme si elle l’avait prise la main dans le sac devant une telle révélation. Mais son rire parvint à se tarir par la suite au moment où elle hochait sa tête de manière négative. « J’vais pas te mentir en t’disant que j’aime pas les reluquer de toute façon. » Elle se mit à hausser ses épaules avant de finalement retrouver son sérieux. « Ils sont libres en fait. Ils glissent sur l’eau comme s’ils volaient dans les airs, rien n’les arrête et rien n’est capable d’le faire, pas même une vague ou un requin. J’les envie pour ça parce qu’ils n’ont peur de rien et c’est comme si ils étaient reliés à c’te liberté. » Plus elle évoquait son attrait pour le surf et plus Anthea dévoilait son air rêveur à Lucy, comme si il s’agissait là d’une confidence qu’elle laissait échapper pour la première fois. En fait, elle la laissait franchir la barrière de ses lèvres pour la première fois. L’impression de revenir à la réalité fit son apparition au moment où le sourire de Lucy s’échangeait avec le sien. Et cette invitation qui en découlait eut l’effet de lui prouver que l’espoir était réellement ce pourquoi il fallait toujours se battre dans une vie. Pour ces moments là, pour ces occasions qui pouvaient être anodines pour beaucoup mais qui finalement révélaient la véritable richesse d’une âme. « Si tu m’le proposes, j’veux bien voir ouais et pourquoi pas pour le détour à la plage. C’sera l’occasion de penser à autre chose aussi. » Un nouveau sourire vint à se greffer au sien, alors qu’elle hochait sa tête de manière positive au moment où la jeune fille la rassurait sur le fait qu’elle disposait d’encore un peu de temps. « Alors si t’as l’temps c’bon. Bon on y va pas maint’nant faudrait que j’demande l’autorisation à tes parents avant. Ils venaient t’voir quand t’faisais des figures ? » se hasarda t-elle à demander alors qu’elle trouvait que l’occasion se prêtait à ce genre de requête. Car après tout, si Anthea était avec Lucy c’était aussi bien pour lui permettre d’aller mieux que de rétablir le lien qui unissait la famille Bridges.
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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Mer 28 Juin - 18:56




Don't be shy, everything will be fine
feat Anthea Stark



Les deux filles échangeaient sur leur vie. Leurs passions et habitudes étaient évoquées. Lucy Bridges se prêtait au jeu. Il n'était plus question de « main tendue », de s'ouvrir grâce à l'art, d'accepter une aide quelconque mais de parler, de discuter de tout et de rien. Tout le monde pouvait effectuait cet exercices sans problèmes. Luce ne représentait pas une cause perdue. Elle vivait comme tous les adolescents de son âge même si elle était rejetée ou qu'elle n'avait pas eu la vie facile. Elle pouvait partager avec Anthea Stark. Elle avait confiance. La jeune femme ne rapporterait rien à ses parents. Il était plus question d'apprendre à se connaître. Un lien se créait. Luce confiait l'une de ses passions : le skate. Avec son frangin, Mason, ils adoraient se défier et faire le plus de figures possible ou juste se balader ensemble. La jeune fille avait connu pas mal de chutes mais cela ne la marquait pas. J'aime bien cette maxime ! En effet, la gamine tombait souvent pour mieux se relever. La métaphore pouvait s'étendre à son quotidien. Elle vivait très mal la perte de son petit-frère mais elle avançait pas à pas, contrairement à ses parents qui se terraient dans le chagrin. Ok merci, je vais essayer. J'connais personne ici et y aller seule, c'est pas le bon plan. J'suis pas aimée dans cette ville. Elle évoquait son manque de popularité auprès des jeunes de son âge. Pourquoi ? Ils la visualisaient comme l'intello de la classe alors il s'amusaient à l'humilier. Au Skate Park, elle craignait de croiser ses assaillants comme l'autre jour au zoo. Ses parents s'étaient mêlés au problème, ils avaient menacé les bourreaux de leur fille. En même temps, ils avaient rencontré la vérité : leur enfant subissait le misère dans son nouveau lycée. A New-York, elle possédait des tas d'amis. La donne avait largement changé. Mason n'était plus là donc Luce ne demeurait plus la même : juste une ombre. Ses camarades le lui faisaient bien sentir. Le quotidien n'était pas évident à supporter mais l'adolescente restait certaine que la donne viendrait à se modifier. Le temps représentait le facteur de ce changement qui serait progressif. Présentement, la lycéenne s'intéressait à Anthea et à la frangine de cette dernière. Elles semblaient proches. L'artiste peintre évoquait beaucoup la présence de sa sœur. Ce lien était enviable. Lucy imaginait que les deux sœurs s'entraidaient. Thea qualifiait une grande artiste et sa frangine, une animatrice radio. Alors, elles pouvaient se porter l'une et l'autre. Je parlais surtout pour toi. Tu n'y as jamais songé ? Vous pouvez vous porter et aller loin avec de tels talents. Tu n'as pas envie d'être célèbre ? La blondinette répondait, sans le prévoir, aux interrogations de la jeune fille. D'accord, tu aimes bien te débrouiller par toi-même si je comprends bien, une vraie indépendante ! J'suis sûre tu peux aller loin ! Tu sais tout faire et l'art c'est ta passion. Tu vis pour cela, ça se sent. J'ai pu te voir à l’œuvre donc je peux en témoigner. Anthea confirmait la chose : elle appréciait se débrouiller seule. Un vrai modèle d'humilité ! Elle ne voulait pas devenir célèbre. Pourquoi ? Tu pourrais. Tu es trop modeste. Tu as une réelle personnalité comme ces artistes connus, tu es unique, tu as ton truc : tu peux faire la différence dans ce monde. Pourquoi ne pas tenter ? Stark ne semblait pas très à l'aise sur le sujet. A la voir, elle n'aimait pas trop se dévoiler ou si elle le faisait, elle grimaçait comme de honte. Pourquoi ? Elle était superbe ! En plus, elle donnait de son temps pour aider les jeunes. Il n'y en avait pas tant comme elle. Les deux filles partageaient, les barrières étaient levées. Il avait fallu de peu d'éléments : sans exercices donc sans jugements, la parole demeurait plus simple. Anthea était drôle. Tu m'étonnes, ils sont canons souvent ! J'imagine le cliché du grand blond, musclé et super beau. Lucy comprenait la suite. Je vois, c'est beau ce que tu dis, presque poétique. On te sent concernée par le sujet. Tu les envies ? Pourtant tu es aussi libre avec ton art, tu fais ce que tu veux. Puis, la petite brune proposait à la prof de sortir : admirer les surfeurs ensemble donc balader à la plage et montrer quelques figures en skate. Anthea acceptait l'invitation. Bridges ne dissimulait pas un sourire sincère. On fera cela alors ! Pas besoin de l'autorisation des parents tu sais. Elle souriait. Non pas vraiment, j'étais souvent seule avec Mason... euh avec mon frère... bref. Ses parents se montraient encore moins présents pour elle depuis la disparition de leur fils. La famille partait en vrille. Cela ne représentait pas la donnée à partager. Anthea ne pouvait rien faire pour cela, Lulla et Lew se terraient dans la douleur. Et toi tes parents, tu les vois toujours ? Ils aiment tes choix de vie, notamment celui qui se rapporte à l'art ? J'ai cru comprendre que ta sœur, oui. Tu es très proche d'elle, elle s'appelle comment déjà ?

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MessageSujet: Re: (Lucy) Don't be shy, everything will be fine   Mar 11 Juil - 14:42



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L'art est notre propre reflet
Apparemment la légèreté paraissait se retrouver petit à petit dans cet espace. Adieu les instants de doute dans lesquels les tourments et le renferment étaient mis en exergue. Ces derniers donnaient lieu d’être des souvenirs du passé, des sortes de mauvais pas qui se remplaçaient petit à petit par cet instant où le calme n’en devenaient que plus prévenants. Les sourires s’échangeaient et grâce à eux les langues se déliaient, promptes à pouvoir délivrer des messages dont personne ne s’attendait. C’était ainsi qu’on participait à l’échange, un vrai, dans lequel il était plus qu’agréable de pouvoir découvrir l’autre pour ainsi peut être l’aider. L’artiste espérait parvenir à ce but. Peut être pas aujourd’hui mais dans un futur assez proche. Les Bridges avaient énormément à gagner de leur famille, voilà pourquoi il était dommage qu’ils passent à côté de toutes ces petites choses qui permettaient l’élaboration de ce tout qu’ils constituaient. Anthea n’avait jamais été gâté dans la mesure où ses parents mais surtout sa mère avait toujours fais en sorte qu’elle se sente différente des autres. Et l’était-elle réellement ? Non. Elle n’était qu’une âme de plus qui foulait le sol, qu’une fille de plus qui avait simplement voulu tenir tête à sa mère et qui y parvenait à sa manière. Alors si elle pouvait y arriver grâce à sa sœur et son père, alors Lucy avait toutes les cartes en main pour réussir à son tour. D’autant plus qu’elle était aimée dans sa famille, qu’elle était celle qu’ils avaient voulue et dont le dessein était juste de trouver sa voie. Une voie qui méritait qu’on s’y intéresse, tant que cette dernière amènerait un épanouissement dans lequel la jeune fille n’en ressortirait que plus forte et plus grande encore. Tous devaient croire en l’avenir, aussi bien la petite Bridge que ses parents. Tous pouvaient le faire, parce que leur famille en valait la peine. Elle avait survécu à la perte d’un être cher, certes très difficilement, mais il n’en restait pas moins qu’ils donnaient l’impression de veiller les uns sur les autres. Du moins, il s’agissait là de ce que l’artiste pensait alors qu’elle songeait à nouveau de sa rencontre avec Llewyn. Ce dernier lui avait démontré à quel point la fierté concernant sa fille était d’une importance capitale, et ce malgré les préjugés qui en découlaient. Voilà pourquoi, elle avait rapidement fait le lien entre la rencontre du pompier et la présence de sa fille actuellement avec elle dans cette salle. Il désirait simplement qu’elle s’en sorte par un biais ou par un autre. Et voilà qu’Anthea avait peut être réussi à trouver le moyen par lequel, Lucy arriverait à se sentir à nouveau elle : le skate-board. Le sourire n’en devenait que plus élargi à mesure que les révélations de l’adolescente lui prouvèrent une fois de plus que tout le monde méritait de se trouver par un biais ou par un autre. « J’crois qu’c’est l’crédo qu’on doit garder en tête. » De cet échange découlait une réelle complicité, dans laquelle les jugements s’éloignaient de plus en plus et où la bonne entente veillait à prouver aux deux jeunes filles qu’elles n’avaient plus à craindre l’autre. Bien au contraire, elles savaient qu’elles avaient dépassé le stade des premières rencontres, et les gestes de l’une et de l’autre ne faisaient que renforcer cette idée. Le regard de l’artiste changea du tout au tout devant les révélations qu’elle entendait. Plus curieux, la blonde en venait à se demander les raisons pour lesquelles Lucy pensait ne pas avoir sa place dans cette ville, à vrai dire elle avait du mal à comprendre même. « Tsss t’es juste la nouvelle à qui ils veulent faire peur. Ne les laisse pas t’faire peur et s’tu veux j’peux t’présenter des gens d’ton âge qui t’inclueraient sur’ment dans leur groupe. » Elle haussa ses épaules avant de continuer à laisser ses pensées aller vers ce que la jeune fille venait de lui révéler. Savannah avait pas mal de sacrés cas, mais il n’en restait pas moins qu’il y avait des exceptions qui sauraient montrer à Lucy qu’elle avait sa place ici. Il lui suffisait de songer à son groupe de jeunes pour vérifier cette idée. « Sérieux, tu d’vrais v’nir un jour dans un d’mes cours. J’ai mon lot d’chimpanzés mais sont pas méchants. » Un rire veilla même à accompagner ses dires alors qu’elle se sentait fière de son groupe. Le chemin avait tellement été difficile pour qu’ils en arrivent là, qu’elle avait tendance à les élever sur un piédestal à raison.  D’ailleurs, une part d’elle savait que Lucy s’entendrait à merveille à Jimmy, allez savoir pourquoi, mais au vue des caractères de l’un comme de l’autre, elle était certaine qu’ils fonctionneraient bien ensemble. Néanmoins, elle laissa cette idée de côté, se focalisant vers la conversation qu’elles continuaient de mettre en exergue. Amusée par la situation, mais surtout gênée dans la mesure où elle n’était pas habituée de parler d’elle, l’artiste laissa échapper quelques informations à la jeune adolescente, dans l’espoir qu’elle puisse voir là le fait qu’elle lui faisait également confiance. Dans tous les cas, une relation se construisait toujours à deux et parler de sa sœur avait toujours cette faculté de la détendre. Jaelyn était la meilleure de la famille, celle qu’on admirait et que Anthea admirait aussi. Toutes les deux avaient développé une relation de sororité très forte. Au point, où il leur était impossible de ne pas se voir au moins une fois par semaine. Voilà pourquoi raconter à Lucy que Jaelyn était une animatrice radio ne dérangeait pas du tout la jeune fille, au contraire, elle y voyait peut être ici aussi une occasion pour la petite Bridge de vérifier qu’on avait le droit de s’accrocher à ses rêves. La blonde n’en devint que plus touchée encore devant la réaction qu’elle adoptait et c’est en gardant ce même sourire qu’elle finit par secouer sa tête comme pour finir de démontrer qu’elle n’avait pas besoin de tout ça. « J’ferai toujours tout pour la porter le plus possible. Elle le mérite, moi j’ai juste pas envie d’tout ça. » Sa secousse devint plus vive au moment où elle lui demandait si elle désirait être célèbre. « Non, j’préfère laisser ça aux bimbos » Un rire franc s’échappa d’entre ses lèvres avant de finalement confier à la jeune fille les raisons pour lesquelles elle désirait s’en sortir seule. Son éducation lui avait toujours inculqué cet état de fait. En revanche elle ne s’attendait pas à ce que autant de compliments jaillissent de la bouche de la jeune fille et presqu’aussitôt, Anthea eut un mouvement de recul. « Ola ola on s’calme. Faut pas mettre les gens sur un piédestal comme ça t’sais. C’pas bon. » Comme à chaque fois qu’on lui témoignait d’un quelconque compliment, l’artiste ne savait pas quoi dire et en ressortait toujours gênée. Cette fois n’en fut pas une exception puisqu’elle secouer encore plus vivement sa tête comme pour chasser ce qu’elle venait d’entendre. Certes, elle était touchée par ce qu’elle entendait mais selon elle, elle n’avait pas droit à tout cela. Parce qu’elle ne le méritait tout simplement pas. « J’te remercie pour tes encouragements. C’est sympa vraiment hein, mais j’veux pas, parce qu’à un moment donné on tentera d’me faire changer et j’ai pas envie d’venir quelqu’un qu’j’aime pas. » finit –elle par lui avouer alors qu’elle continuait à balancer ses jambes de l’avant vers l’arrière. Sa grimace en était équivoque quand à sa volonté de ne pas devenir une autre fille. Et visiblement, Lucy comprenait que ce terrain était peut être un peu miné. C’est d’ailleurs tout naturellement que le sujet dévia vers ce monde qu’elle idéalisait et dans lequel elle se réfugiait toujours pour essayer de calmer ses ardeurs et sa colère. Un monde où personne ne l’embêtait et dans lequel, elle pouvait laisser son imagination lui échapper plus que de raison, personne ne l’attraperait au vol. « Les bruns aussi sont pas mal dans leur genre. » commenta t-elle avant d’accompagner le rire de la jeune fille. Après quoi le sérieux s’invita à nouveau dans la partie et permit à Anthea de se confier à nouveau sur ses raisons. L’univers marin avait toujours eu cette capacité à la transporter, à lui faire entrevoir ce que le terme « liberté » signifiait sans même pouvoir le toucher à son tour. Ou du moins, tenter de le faire sans pour autant trouver véritablement les émotions qui en découlaient. « J’suis libre ouais, mais j’ressens pas c’te liberté. J’sais pas si tu comprends c’que j’veux dire. Ils ont la capacité d’voler, de repousser leur limite, d’se faire peur, d’se faire vibrer, d’sentir qu’ils sont vivants. » Elle ne savait pas très bien si elle parviendrait à se faire comprendre mais déjà elle affichait une mine qui laissait présager de cette frustration la concernant. Certes, elle était à même de pouvoir inventer son monde, mais elle ne pouvait y vivre à l’intérieur. Peut être qu’elle y arriverait un jour ? Seul l’avenir lui dirait et en attendant qu’il ne vienne, elles pouvaient au moins se retrouver toutes les deux pour une sortie sur la plage. La réaction de Lucy eut tendance à la faire rire de plus belle. « La r’belle de la forêt on part pas sans que ton père ou ta mère m’disent qu’c’est bon. Deal ? » Elle tendit sa main pour ainsi checker avec la jeune fille avant de reporter sur le sujet une nouvelle fois sur Lucy. Après tout, puisqu’elles échangeaient, il n’y avait aucun mal à ce qu’elle n’en sache pas plus elle non plus. Son sourire se fit plus mince devant la révélation qu’elle entendait. C’était la première fois qu’elle entendait le prénom du garçon. « Il avait un prénom super cool ton frère. » commenta t-elle dans l’espoir de prouver à Lucy qu’elle avait le droit de lui en parler si elle en ressentait le besoin. D’ailleurs, le lien quand à son arrêt brutal avec sa passion s’imposa à elle presque aussitôt. « Tu f’sais quoi pour lui toi ? » Ses épaules se haussèrent à nouveau comme pour répondre à une évidence mais surtout pour comprendre la relation qui les unissait tous les deux.  Mais bien sûr, la blonde comprenait la gêne qui découlait de cette échappée voilà pourquoi elle s’efforça de pincer ses lèvres pour répondre le plus honnêtement du monde. « Un peu qu’j’les vois. Bon j’ai pas trop l’choix pour ma mère, elle vit ici et mon père j’essaie d’le voir au moins une fois par an. Par rapport à c’que j’fais, ma mère n’aime pas non et mon père à partir du moment où j’fais c’qui m’plaît et qu’j’suis bien comme ça, ça lui va. » De cette tirade, Anthea savait qu’elle mettait en évidence à quel point les relations avec sa mère étaient tendues, mais elle s’en fichait pas mal. Elle avait fait son deuil de cette dernière depuis bien longtemps et elle n’avait plus aucun compte à lui rendre. « Ma grande sœur c’est Jaelyn, elle aussi elle dessine. Mais pas comme moi, c’est pour son plaisir. Et ouais on est très proches toutes les deux, j’passe pas une journée sans écouter son émission, si j’la loupe j’suis en rogne. » Un nouveau rire vint à s’échanger entre les deux jeunes filles jusqu’à ce que finalement la bonne humeur lui permette de reprendre de ses droits. « T’sais c’que tu veux faire com’ boulot plus tard ? » demanda t-elle avec la plus grande innocence du monde. Peut être qu’ainsi, elle pourrait montrer à Lucy que ses parents allaient forcément la soutenir elle aussi.
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