Partagez | .
 

 Become the beast_(Dani)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Become the beast_(Dani)   Dim 5 Fév - 21:24

Become the beast
Dani & Saul
DEAD BODY

Encore un matin morne. Encore une journée sans temporalité distincte sur laquelle j'ouvrais les yeux. J'savais que j'aurais du boulot aujourd'hui, qu'il fallait que je m'y prépare. D'un geste las je me saisis de mon téléphone. Un seul SMS barrait l'écran, orné de mots sobres mais précis. Une adresse. Une porte à pousser. Un corps qui giserait.
Je laissais retomber mes doigts et fermais les yeux en pressant mes poings sur les paupières. Fort. Jusqu'à faire danser de petites taches colorées, espérant peut-être me dissoudre quelque part dans ce néant kaléidoscopique. Et puis je me levais, mécaniquement, m'habillais. Fermais la porte dans un nuage de fumée, peu soucieux d'encourir les foudres de mes voisins de palier. Allez Morris, encore une belle journée chez les morts...

Ça faisait plusieurs heures maintenant que je me retrouvais enfermé dans ce conteneur sordide. Que je récurais, détachais, empaquetais. La chair froide, qui habituellement me laissait de marbre, me fila la nausée que je remballais d'une crispation de la mâchoire. C'était pas le contact qui m'indisposait, ni l'odeur douceâtre qui s'en dégageait. Mais ces derniers temps d'inconcevables symptômes venaient secouer ma carcasse, semblables à ceux du manque. Oh, j'étais pas idiot. Mais c'était plus confortable de se dire couver un syndrome grippal que d'affronter en face un sentiment de culpabilité dévorant. Un truc qui vous rongeait de l'intérieur, corrosif. Qui vous décapait à vif les neurones engourdis responsables de votre mémoire sélective. Et autant dire que c'était pas très agréable...
Une fois satisfait, je pus enfin respirer une bonne bouffée de nicotine, rugueuse à souhait. Plus que la dernière étape à boucler et je pourrais retourner à mon apitoiement superbement tragique. Habituellement c'était la phase la plus simple: trouver le moyen de faire disparaître le corps. J'avais repéré des tombes fraîches, prêtes à recevoir leur futur locataire. Un de plus ne devrait pas déranger...
Je planifiais tout. Net et sans bavure. Chronométré. Avec toujours une solution de secours si la première foirait. Mais fallait croire que j'étais plus fatigué qu'à la normale, parce que lorsque je parvins à l'orée du cimetière je me rendis compte que les trois trous venaient d'être rebouchés, agrémentés de fabuleuses pierres tombales. Et je me retrouvais comme un con sans plan B. Avec un cadavre sur les bras.

"Non pas encore..." marmonnais-je en mordant le filtre de ma cigarette. "Je sais, j'vais pas faire traîner ça. C'est juste..."
Juste un oubli. Mais je pouvais décemment pas balancer ça au travers du combiné alors que l'interlocuteur se trouvait être le parrain de la mafia locale. Qui se permettait d'oublier comment se débarrasser d'un putain de macchabée? Lazar devait pas le savoir. Parce que cette histoire traduisait une distraction passagère. Donc une faiblesse. Une faiblesse qui serait exploitée sans vergogne par de petits salauds avides de ma place et ravis d'organiser ma curée.
"Un fâcheux contre-temps. J'm'en occupe aujourd'hui."
" Y a intérêt Saul. Tu sais que je peux pas laisser passer ce genre de chose si ça nous retombe dessus..."
"Je sais."
" Aujourd'hui Saul."

J'm'en tirais pas si mal.
Enfin c'est ce dont j'essayais de me persuader jusqu'à ce que mon ping s'écrase sur le tableau de bord. Bordel! J'étais enragé contre moi-même, conscient de la bombe à retardement qui se trouvait dans mon coffre. Désireux d'éviter de péter les plombs garé en face de la rivière qui traversait Savannah. J'étais parvenu à trouver comment remédier à mon problème, mais l'accès au four crématoire d'une clinique de vétérinaire nécessitait d'attendre sa fermeture nocturne. Et hors de question pour moi de sortir de cette voiture en la laissant comme si de rien n'était.
Pour ne pas déroger, je jetais mon mégot brûlant avant d'embrayer directement avec sa petite sœur.  Observant avec attention les rares passants... Jusqu'à ce qu'une crinière de jais m'attire l’œil. La silhouette de danseuse me rappelait vaguement quelqu'un. Certainement une belle plante du coin que j'avais pu reluquer dans le club.
Comme si j'avais tiré une fusée de détresse, la nana en question planta ses yeux félins droits dans les miens avant de se diriger d'un pas altiers sur ma caisse. J'expirais discrètement, prêt à être le gentleman le plus détendu du monde. Et le plus normal surtout...

Revenir en haut Aller en bas

avatar

⊹ life can hurt

ϟ POSTS-ENVOYES : 468
ϟ POINTS : 2
ϟ PSEUDO : a maze lie | birds
ϟ CREDITS : ava;herezy – signa;crack in time
ϟ AVATAR : alice kelson
ϟ SIGNE PARTICULIER : Ses tatouages les plus visibles (plume sur son avant-bras gauche et deux mandalas à l’intérieur de ses bras) Ses piercings (septum nasal et labret vertical). Sa peau poudrée à la craie pour linceul. Ses grands yeux d’un bleu presque translucide trahissent parfois son innocence passée. Sa frange coupée très court. Ses cheveux longs plus ou moins rasés à gauche.
✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Dim 5 Mar - 19:05


Le dos en fer de quelqu’un qui s’attend à ce que quelque chose tourne mal. Les dents serrées à s’en éclater la mâchoire. Les ongles enfoncés dans ses paumes. Les sens surchargés. La peau est pourtant calme. Dani s’contrôle. Mais dans ses os, c’est le chaos. Au club, personne ne remarque. Elle est bien trop apte à feindre et ils sont trop occupés. Même si l’attaque déboule à l’improviste. À cause d’un rire gras qui a résonné dans son dos. D’un mot qui faisait écho à un autre, tiré du passé. Pendant une seconde, il était là et elle était morte. Ça lui rappelle l’urgence de devoir courir plus loin, fuir encore, toujours. Et tout bascule en elle jusqu’à lui en donner la nausée quand elle réalise qu’elle aura toujours ce réflexe, ce besoin vital de partir. Alors qu’elle a elle-même dit “stop” en arrivant ici à Savannah. Pouce, on fait pause. On soigne sa mère et on prépare sa vengeance sur son père. On planifie son décès dans les moindres détails, pour être enfin et réellement libre, sans chaînes, sans prison cachée à l’arrière de son crâne comme un menace persistante, omniprésente. C’est pas contre ce type qui lui a rappelé son père qu’elle rage. C’est contre elle. C’est contre elle qu’elle envoie valdinguer un plateau rempli de verres en croisant une des serveuses sur son passage. Quand l’patron saura c’qu’elle a brisé, elle en entendra forcément parler. En attendant, elle déguerpit au plus vite. La perruque de Scarlet finit brutalement dans son sac. Elle s’entoure de plusieurs couches de vêtements sombres comme si ça lui permettait de s’enrober dans un sentiment de sécurité. Puis elle abandonne son poste. De toute façon, elle n’était même pas censée être là. Mais quelques heures de cours avaient été annulées. C’est triste de dire qu’elle a rien trouvé de mieux à faire que de venir au Club. Mais elle aura toujours une excuse pour préférer se faire de l’argent que glander. Jusqu’à ce qu’elle se fasse virer du moins.
Les rues de Savannah, toujours les rues. L’asphalte sous ses pieds pour l’ancrer. Le béton découpé sur les murs pour béquille. Ça défile sous ses talons, ses rétines. Les kilomètres avalés avec force jusqu’à s’épuiser comme on ronge un os jusqu’à la moelle. S’faire mal pour s’engourdir. Maintenant que sa mère ne peut plus être son cran d’sûreté, Dani s’laisse aller à frôler plus d’interdits. Enfant sans surveillance. Qui va chercher des noises à Popescu le père. Qui s’laisse intriguer par les membres d’un gang qu’il vaudrait mieux éviter. C’est pas comme si elle n’avait pas déjà assez de cabots à ses trousses. Elle sait que bientôt, il va les localiser. Qu’il va envoyer une de ses putes pour les ramener et que ça sera fini. Mais quand Dani reconnaît l’un des types qu’elle a fini par mettre dans la case à gratter du gang intriguant, ça coupe court à ses premières inquiétudes et à son vent de panique. Ça laisse place à sa dernière obsession. Elle ne se souvient pas d’avoir déjà dansé pour lui mais elle l’a déjà vu au club. Elle sait pas ce qu’il fait -même si elle n’a aucun problème à imaginer. Alors pour une fois qu’elle a l’opportunité d’en croiser un, seul, sans cette aura concentrée au mètre carré quand ils débarquent... “Ne pas approcher, gens méchants”... Elle s’approche évidemment. Toque à la fenêtre conducteur le plus normalement du monde. “Hey !” Comme si ils se connaissaient de longue date. “Y a un problème avec ta voiture ?” Et pas plus de formalités. Parce que si y a moyen de s’attirer les bonnes grâces de ce partie-là de la société, ça pourra toujours être utile. “Ou t’es perdu ?” Qu’elle demande en se penchant un peu plus vers lui, observant l’intérieur de sa caisse en espérant y trouver un truc suspect. Mais rien. Et c’est plutôt sa soudaine position qui la rappelle à l’ordre. Rapidement, elle fait le tour du véhicule et s’installe côté passager, sans se faire inviter. “Désolée mais j’suis pas encore une pute.”, explique-t-elle avec condescendance comme si ça pouvait servir d’excuse à son intrusion. Elle a pas peur, redoute de rien en pénétrant un territoire inconnu. “Alors… Qu’est-ce que tu fais de beau aujourd’hui ? Aucun...” Ses yeux balaient la rue pour chercher l’inspiration. “Macabé à planquer ?” C’est pas sérieux mais c’est pas innocent non plus. Elle a juste dit ça comme ça, sans savoir à quel point elle pouvait avoir juste. Son visage plus égal que d’habitude, pour ne pas montrer l’intérêt pour ce qu’il fait, ce qu’il est, peu importe ce que c’est. Et puis parce que Dani aussi à l’habitude de scruter tout autour d’elle. Menaces et issues. Ça reste toujours à répertorier. Et une fois fait, une fois à l’aise, son dos se détend en s’enfonçant dans le cuir. Prête à être un peu plus sérieuse cette fois-ci. “J’suis Scarlet au Gentleman’s Club. J’me disais qu’on pourrait discuter… Saul, c’est ça ?” Elle l’a entendu dans la bouche d’un des gars et elle l’a retenu. Parce qu’il a le stoïcisme de ceux qui en cachent le plus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t4137-jugements-et-chatiments http://thenotebook.forumactif.org/t4243-wini-lullaby-of-raging-lips http://thenotebook.forumactif.org/t4244-winifred-wells#102642
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Lun 13 Mar - 16:17

Become the beast

Voilà. Ses doigts fins venaient toquer à ma fenêtres, insistants, perturbants. J'remettais ses yeux en amande d'un noir d'obsidienne et surtout cette masse de boucles rebelles séduisantes. Sans broncher je baissais la vitre en essayant furieusement de remettre son prénom. Le vrai, pas celui de scène ensevelit sous les paillettes.
"Non ça va."
Je la voyais décortiquer l'habitacle. Les sièges, la banquette arrière, la moindre faille qui pouvait apparaître. Pour mon plus grand bonheur j'étais pas tombé sur une idiote roucoulante. Je crus que mes yeux allaient sortir de mes orbites en constatant qu'elle faisait le tour pour s'installer côté passager. Bordel. Elle allait forcément sentir l'odeur de javel si elle décidait de faire le pied de grue. Et puis son nom me revint en mémoire comme un boulet de canon. Dani. Dani l'insolente. Dani l'emmerdeuse. Dani la fûtée et sa langue affûtée.
"J'suis en service alors j'ai pas le temps de te faire prendre ton pied de toute façon." lâchais-je laconiquement en dissimulant mon air soucieux sous une épaisse couche de flegme.
Elle prenait ses aises, avec une familiarité déconcertante. Bordel de merde. Y avait qu'à moi que ce genre de situation pouvait arriver. Non, rectification, ça ne m'arrivait pas d'habitude. Quand j'avais mes neurones connectés normalement et prévoyants. Je remontais du bout des prunelles le long de ses jambes interminables, ses poignets fins et son corps dissimulé sous d'improbables couches de vêtements. Elle était loin l'image de la sensualité exercée sur sous les projecteurs. Mais cet accoutrement faisait paradoxalement ressortir davantage un élan de sauvagerie qui émanait de sa peau cuivrée.
"S j'avais eu envie de discuter j't'aurais fait signe."
On m'avait dit que des phrases courtes et concises valaient mieux que les palabres. Une règle que j'avais mis en application dès mon adolescence et qui c'était avérée dans de nombreux cas. Mais pas ici. Dani était mieux ancrées dans ma caisse qu'une huître sur son rocher. Et j'allais décemment pas sortir une lame pour l'en extraire.
J'm'apprêtais à lui dire sans ménagement qu'elle allait devoir bouger son joli p'tit cul illico de là lorsque qu'un flic en patrouille, occupé jusqu'à maintenant à décerner PV sur PV s'approcha de la bagnole en faisant signe de baisser la vitre. Bon sang! Le karma était en train de me rattraper, et il courait vite.
"Tu la fermes et tu souris." indiquais-je à ma voisine en grondant avant de me fabriquer une mine avenante et totalement innocente. "Bonjour monsieur l'agent. Y a un soucis?"
Il avait la tronche de ceux qui étaient pas heureux de leur boulot mais qui y trouvait un petit réconfort avec le pathétique pouvoir qu'il leur accordait. Ouais, foutre des amendes pour faire raquer les contribuables c'était l'extase.
"Vous n'avez pas le droit de vous arrêtez là. C'est marqué sur le panneau." me fit-il avec un air de mal baisé chronique. Une brève seconde j'imaginais ma semelle plaquée contre sa trachée alors qu'il s'étranglerait en inspirant un pauvre filet d'air. Ô joie.
"Pardon m'sieur l'agent. Avec ma copine on se disputait sur le choix du film qu'on voulait aller voir. Elle veut me traîner à une comédie romantique. Deux heures de blablas en tout, vous vous rendez compte? C'est pas humain..."
Je filais une douce caresse de la pulpe du pouce sur la pommette de Dani. Parfaite comédie. Je sus que l'affaire était gagnée en le voyant esquisser un léger sourire compatissant. Jouer au macho de première était toujours un bon plan avec un flic. Ca et une boîte de donuts planquée sous le siège. Non, j'plaisantais.
"Bah, négociez un match de baseball en échange pour la prochaine fois. Vous vous en tirerez gagnant!" Il partit dans un éclat de rire rauque avant de me faire signe d'avancer. "Allez circulez, et bon courage pour cette épreuve."
Le sourire factice accroché à mes lèvres se dissout instantanément une fois dépassé le carrefour suivant. A la place, un air plus revêche que jamais vint s'afficher sur mes traits. Pourquoi fallait-il que je me retrouve avec cette conne, à rouler au travers d'une ville bourrée de flics et un putain de cadavre dans le coffre? Je jetais un regard sombre du côté passager en m'arrêtant sur le parking d'un supermarché.
"Bon faut que tu descendes. J'ai pas que ça à foutre de jouer à la baby-sitter."
J'm'en fichais bien qu'elle doive se taper deux kilomètres à pattes pour rentrer chez elle. J'lui avais jamais demandé de monter. C'était une grande fille, on était en pleine journée. Sans compter que l'odeur de javel mélangée à celle douceâtre de putréfaction devenait de plus en plus insistante. Manquerait plus que je me fasse griller par une gamine trop curieuse...


Revenir en haut Aller en bas

avatar

⊹ life can hurt

ϟ POSTS-ENVOYES : 468
ϟ POINTS : 2
ϟ PSEUDO : a maze lie | birds
ϟ CREDITS : ava;herezy – signa;crack in time
ϟ AVATAR : alice kelson
ϟ SIGNE PARTICULIER : Ses tatouages les plus visibles (plume sur son avant-bras gauche et deux mandalas à l’intérieur de ses bras) Ses piercings (septum nasal et labret vertical). Sa peau poudrée à la craie pour linceul. Ses grands yeux d’un bleu presque translucide trahissent parfois son innocence passée. Sa frange coupée très court. Ses cheveux longs plus ou moins rasés à gauche.
✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Sam 25 Mar - 20:05


Elle cache pas ses grimaces quand il sème ses remarques machistes. Comme si il était assuré de lui faire prendre son pied ? Comme si elle allait le laisser faire ? Comme si elle était du genre à sourire ? Comme si elle était du style à obéir ? “Pardon m'sieur l'agent. Avec ma copine on se disputait sur le choix du film qu'on voulait aller voir. Elle veut me traîner à une comédie romantique. Deux heures de blablas en tout, vous vous rendez compte? C'est pas humain...” Si ses yeux avaient pu être des lasers, elle lui aurait tranché la main. Elle joue pas le jeu, mais malheureusement, dans ce scénario improvisé et terriblement cliché, elle passe malgré elle pour la copine mécontente d’avoir à faire à ces deux machos. Le flic à peine partis, y a le réflexe de cogner, même si c’est juste sa main. Coup vif et bref. Toujours ce problème de contact. Si ce n’est pas elle qui initie, elle n’aime pas, elle peut pas, ça l’éteint ou la blesse. Parce que ça n’a toujours été que ça. “Bon faut que tu descendes. J'ai pas que ça à foutre de jouer à la baby-sitter.” Il grogne et elle fait de même. “Vous êtes vraiment des crétins.” C’est peut-être pas une bonne idée de commencer à insulter un membre d’un gang, mais ça devrait aller, c’est gentil tout ça. Il doit être habitué à entendre bien pire.
Que ce flic capte pas qu’il pourrait presque y avoir détournement de mineur, c’est une chose.”, qu’elle ajoute avec une normalité affligeante. Pourtant, dans ses tripes, ça la dégoûte. Et même si elle est majeur, la différence d’âge est bien là, légèrement gravé au coin des yeux de Saul. Ouais, avoir plus de vingt-huit ans est synonyme d’être vieux dans la tête de Dani. “Mais que tu crois que j’ai pas senti l’odeur de javel après une minute dans ta caisse, c’est encore plus con.” Et elle se tourne vers lui, en enfonçant son épaule dans le siège. Son regard le poursuit avec l’obstination des chasseurs qu’elle n’a que trop souvent côtoyés. “Y a vraiment un macabé dans ton coffre et j’irai nulle part.” Le sérieux s’est enroulé à sa voix, à ses mots, cherchant à détourner l’importance que la situation va prendre. Le besoin vital qui n’devrait pas exister. “J’reste voir ce que tu es censé faire.” Elle devrait lui montrer plus de respect, même dire s’il te plaît. Elle devrait faire plein de choses et rester loin de nombreuses autres choses. Mais qu’elle se plante ou non, elle foncera toujours entièrement. Que ce soit bien ou mal, elle le fera toujours de la même façon. “J’sais pas si t’es un tueur ou si tu fais que… ” Elle cherche ses mots un instant en ayant eu son attention tirée vers l’extérieur au passage d’un gamin sur son skate.
Ou si t’es un genre de nettoyeur, mais je veux voir.” C’est même plus que ça. Elle veut savoir, apprendre comment elle pourra faire disparaître son père. Elle a cette volonté en fer aujourd’hui, qu’elle regrettera peut-être plus tard. Parce qu’elle accepte de côtoyer ce monde où on parle de cadavre dans une voiture comme si c’était une conversation normale. Parce qu’elle en fait même partie depuis quelques temps. Peut-être qu’elle se révèle plus elle-même dans ces moments-là. Elle sait pas, elle n’a pas le recul nécessaire pour voir ça. Mais c'est pas une sale curiosité de gamin fasciné par le morbide et qui n’a rien à foutre là. Dani se sait parfaitement à sa place. C'est là où elle a besoin d’être. C'est ce qu’elle doit intégrer pour avancer. “J’suis pas un de ces sales flics ou un journaliste.”, ajoute-t-elle après quelques secondes clouées au silence par ses yeux amarrés aux siens. Il lui fera pas confiance, elle en a conscience et c’est bien normal. Elle lui ne sait pas non plus si l’inverse pourrait être un jour aussi possible. “Mais j’peux payer ce qu’il faut pour te regarder et quelques réponses à mes questions.” Chevauchant sa voix, la perçant par endroit, une drôle d’urgence et détresse éclatent sans son contrôle, qu’elle tente de regagner dans un raclement de gorge. “Alors ?” Mais elle s’entête, persiste. Elle le lâchera pas facilement. Son instinct a intérêt à être fort que le sien. Faut qu’il comprenne que c'est pas un jeu pour elle sans qu’elle dise rien. Tout serait bien plus simple, si les gens savaient faire ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t4137-jugements-et-chatiments http://thenotebook.forumactif.org/t4243-wini-lullaby-of-raging-lips http://thenotebook.forumactif.org/t4244-winifred-wells#102642
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Ven 7 Avr - 21:41

Become the beast

Dani dardait son regard d'obsidienne sur moi. Elle avait du chien la môme. Elle se mit à parler d'une voix affreusement calme, la détermination brillant au fond des yeux. Du haut de ses - quoi, vingt ans?- elle portait en elle une assurance peu commune qui attirait davantage mon intention que ses traits angéliques et sa dégaine d'amazone. Assurance qui allait me jouer des tours dans un futur plus que proche.
Je restais d'abord interdit. C'était comme si l'intégralité de mon organisme s'était foutu sur pause. Plus de battement régulier du sang affluant. Plus de souffle dans les poumons. Jusqu'à mes paupières qui se stoppèrent fébrilement. Évidemment on m'avait mis sur le chemin d'une des rares stripteaseuse à avoir plus de dix neurones qui connectaient. Une de celle qui pouvait s'avérer dangereuse avec une langue trop bien pendue. Tout ça parce qu'elle avait du flair.
Je repris ma respiration comme si de rien n'était. J'avais deux choix: celui de foutre la jeune femme dehors à coup de pied aux fesses ou celui de tenter le diable à jouer l'iceberg. Pas d'acquiescement ni de déni. J'fixais un point à l'horizon, conscient de la merde dans laquelle je me trouvais mais aussi de la chance, quelque part, que j'avais d'être tombé sur une nana déjà noyée dans les magouilles. Elle continuait de déblatérer des inepties comme si tout était aussi simple.
"C'est ma voiture. Tu restes si j'le décide."
Mais concrètement que pouvais-je bien faire à part la laisser squatter sur ma banquette en exigeant comme une princesse la réalisation de ses moindres désirs? Le risque même minime qu'elle aille voir les flics pouvait pas être exclu. Impossible donc d'abandonner la caisse pour lui courir après, pas avec le joli colis qui attendait derrière. Mieux valait la garder sous la main pour lui faire clairement comprendre la règle de l'omerta.
Avant qu'elle ne change d'avis je verrouillais les portières et recommençais à rouler au hasard. J'disais rien pour le moment, surtout attentif à pas merder davantage et à contenir cette rage galopante dans mes synapses. J'me mettais pas souvent en colère, mais lorsque ça arrivait c'était semblable à l'explosion d'un volcan. Le bouchon de magma refroidi et poli par les années sautait en rasant tout dans un périmètre immédiat. Et là, ce genre d'attitude intrusive, combinée à l'échec pathétique de mon boulait rendait la chose vraiment compliquée à éviter. Mais j'étais nettoyeur. Pas assassin.
Je continuais à rouler jusqu'en périphérie de la ville, atteignant une zone d'entrepôts quasi abandonnés où nous nous arrêtâmes dans un silence surnaturel. Lentement, je finis par daigner regarder à nouveau Dani, tout en me gardant de déverrouiller les portes.
"Tout ce que t'as dit c'est vraiment merdique. Exactement ce qu'un abruti des stups raconterait. On t'as jamais appris à tenir ta langue nom de Dieu?"
Le ton était calme, mais loin en dessous de la surface ça bouillonnait sévèrement, seulement retranscrit par mes pupilles dilatées par l'adrénaline. Effroyablement calme.
"Tu te rends compte de ce que tu fais? De seulement ce que t'oses dire? C'est quoi, des envies suicidaires? C'est pas un jeu putain!"
Menacer, même par sous-entendus, un membre du gang était totalement dangereux. Ca revenait à la même chose que de se balader avec une cible sur l'arrière du crâne. Cible que je pourrais atteindre très simplement avec le glock scotché sous mon volant. Une détonation qui n'affolerait que les pigeons sur le toit et l'existence de la jeune femme s'arrêterait à gros bouillons de sang. Évidemment ça me ferait le double de taff pour la journée, mais fallait bien réparer la bavure...
"Je vais rien te montrer du tout OK? La seule chose qui va se passer c'est que je vais te ramener chez toi et que tu vas littéralement oublier de m'avoir vu aujourd'hui."
J'étais fatigué d'imaginer dix scénarios différents en permanence pour éliminer mon interlocuteur. La tigresse n'avait pas à garnir mon triste tableau de chasse pour s'être montrée un peu trop futée. J'en étais pas rendu là hein? J'pourrais pas être capable d'assumer le titre de fou de la gâchette, n'est-ce pas?
Si. Bien sûr que si. Elle était là, la terrible vérité.
"Tu vas la fermer là-dessus Dani. Crois-moi, t'as vraiment pas envie de t'attirer des ennuis avec le gang."
P't'être qu'elle savait pas comme moi j'le savais. Qu'en dépit de ma formidable monstruosité j'étais pas le pire qui arpentait le bitume de Savannah. Y avait toujours pire, c'était une loi universelle.


Revenir en haut Aller en bas

avatar

⊹ life can hurt

ϟ POSTS-ENVOYES : 468
ϟ POINTS : 2
ϟ PSEUDO : a maze lie | birds
ϟ CREDITS : ava;herezy – signa;crack in time
ϟ AVATAR : alice kelson
ϟ SIGNE PARTICULIER : Ses tatouages les plus visibles (plume sur son avant-bras gauche et deux mandalas à l’intérieur de ses bras) Ses piercings (septum nasal et labret vertical). Sa peau poudrée à la craie pour linceul. Ses grands yeux d’un bleu presque translucide trahissent parfois son innocence passée. Sa frange coupée très court. Ses cheveux longs plus ou moins rasés à gauche.
✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Jeu 13 Avr - 23:50


C'est ma voiture. Tu restes si j'le décide.” Et apparemment, elle pouvait rester puisque les portières se verrouillaient autour d’eux. C’était pas vraiment d’la peur qui sillonnait ses muscles en réclamant un certain éloignement du corps à mesure qu’ils s’éloignaient du centre ville... C’était plutôt d’la méfiance. Jamais faire confiance. Jamais. Surtout pas quand l’autre est aussi mortellement calme, ça n’annonce rien de glorieux. Elle le connaît pas bien après tout. Elle a juste pu l’observer quelques fois au Gentleman’s Club où il avait échoué sans grande conviction peut-être. C’est vrai que son silence et son absence de réaction amplifient le brouillard indescriptible qui l’entoure. Elle ne saura pas le prédire. Ça doit être ça le résultat de l’usure d’un gang sur l’âme ? Ça obscurcit au point d’embrumer tout un être ? Elle déglutit discrètement, l’égo impressionné, enfoncé dans l’cuir du siège auto, s’débattant avec ses instincts pour ne pas reculer. À la place, ses iris tenaient son profil en joug, comme on guette un mouvement suspect en plein délit. Et elle ne détourna pas l’regard quand il daigna enfin lui accorder son attention. “On t'as jamais appris à tenir ta langue nom de Dieu?” Y a l’autorité qui glace à travers sa voix implacable. Ça pourrait être le ceinturon du père contre son dos que ça serait pareil. Et ça empire au fil des mots qu’il lâche, comme la correction qu’on fiche à une récidiviste trop insolente et qui a grand besoin d’être recadrée. Ça cogne paternaliste à ses oreilles. Les habituelles menaces susurrées à l’enfant qui tient peut-être bien du démon à cause de ses machinations. Criblée d’obsessions, Dani ne réagit presque pas, fronce simplement les sourcils en cherchant probablement à l’noyer sous son regard inflexible. “Je vais rien te montrer du tout OK? La seule chose qui va se passer c'est que je vais te ramener chez toi et que tu vas littéralement oublier de m'avoir vu aujourd'hui.” “Tsk. La ferme.” Sa langue fourche et elle détourne enfin le visage. Clairement agacée. Il ne la prends pas au sérieux. Il la sous-estime. Comme toute cette putain de planète. “Tu vas la fermer là-dessus Dani. Crois-moi, t'as vraiment pas envie de t'attirer des ennuis avec le gang.” Et elle vrille brusquement vers lui. Dans l’élan, y a un doigt accusateur qui le désigne inlassablement, avec aussi le poids aiguisé de ses yeux revolver pour renfort. “Mais putain mais j’en ai rien à foutre de ton gang ! C’est pas lui qui m’intéresse là. C’est à toi que je parle, c’est à toi que j’m’adresse, c’est à toi que je demande de m’apprendre. J’m’en fous si la façon dont je le demande te plaît pas, j’m’excuserai pas pour ce que je veux quand je devine déjà le minimum dont t’es capable !” Sa voix décortique chaque mot comme on démembre certainement un être humain. Une capacité à couper les âmes aux couteaux. Il doit en savoir quelque chose. Pas flancher, pas lâcher, y a cette fervente détermination qui ravage salement tout sur son passage, tellement c’est déraisonnable. “Mais si tu veux pas, okay, j’trouverais quelqu’un d’autre. Y a toujours quelqu’un qui fait mieux l’job que toi, qui s’laissera acheter plus facilement que toi.” Y a toujours un interstice où s’faufiler, à abuser. Faiblesses et conséquences. C’est comme ça dans la rue. “Et m’appelle pas Dani, ça restera Scarlet pour toi.” Gamine condescendante qui s’referme dans son coffre-fort et regrettera un jour de pas avoir su demander de l’aide correctement. Ça lui a déjà joué des tours de toute façon. Mais il peut pas savoir que la Dani qu’elle aurait pu lui montrer à travers cette requête, c’est la personne qu’elle aura besoin de devenir à deux cent pour cent le moment venu. La personne qui, après avoir pointé un smith & wesson sur la tempe de son père, tirera pour mieux faire disparaître son bourreau. Elle en rêve la nuit, Dani. Parce que cette personne a sa place dans la vie qu’elle mène si elle veut sa liberté et celle de sa mère. Et tout ça, tout ce marasme infernal qui étrangle et fait perdre son humanité, c’est peut-être une vie qu’il connaît aussi. La douce et sombre paralysie d’une vie qui n’est jamais totalement tienne. Finalement, c’est peut-être ça le problème. Peut-être que Saul… il n’arrive plus à côtoyer les gens comme lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t4137-jugements-et-chatiments http://thenotebook.forumactif.org/t4243-wini-lullaby-of-raging-lips http://thenotebook.forumactif.org/t4244-winifred-wells#102642
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Lun 1 Mai - 19:24

Become the beast
Dani & Saul
SISTERS

On était loin de la réaction attendue. Au lieu de l'air contrit qui aurait du naturellement s'ensuivre, Dani pointa un doigt nerveux à mon encontre alors que sa langue se fit aussi affûtée qu'un sabre. Elle était petite. Pas frêle mais en tout cas pas non plus dotée d'une carrure de catcheuse. Et pourtant chacune de ses paroles me plongeait dans un bain glacé. Y avait trop de détermination dans sa voix pour rester de marbre, mais quelle fierté aurais-je à entraîner une jeune femme dans la planque d'un cadavre? Ou ne serait-ce qu'en finissant par admettre qu'il y en ait un dans mon coffre? C'était signer ma perte.
"Tu m'connais même pas. S'il s'agit vraiment de ce à quoi tu penses tu devrais p't'être te méfier que j'exerce pas mes talents sur toi."
Une menace pour brasser du vent. J'savais bien qu'aujourd'hui, à moins que ma propre vie ne soit menacée, je prendrais pas celle d'une nana qui avait rien fait de plus que d'ouvrir sa grande gamelle. Puis à qui elle irait s'adresser comme elle disait? A Bran, le bambin à peine sorti de ses couches et pas foutu de passer une semaine sans emmerde? Ou encore Marko qui savait à peine compter jusqu'à dix? Fallait même pas parler de Anton qui aurait plus vite fait de l'envoyer au tapin que de lui filer une lame.
"Y a personne qui fait mieux mon boulot. Ou alors faut viser dans un autre État."
Demie confession portée par la fierté. En dépit du macabre de la chose, j'excellais dans mon domaine. Discrétion, anonymat, précision. Tout pour être invisible. Tout pour faire le plus propre possible, et bien le faire. Oublié du reste du monde. Enfin jusqu'à aujourd’hui et cette petite garce avec ses beaux yeux trop fouineurs.
"Tu connais bien mon nom. Y a pas de raison que j'utilise pas le tiens." concluais-je d'une voix rendue froide par l'absurdité de la situation.
J'allais pas la buter (un mantra que je commençais à souvent me répéter). La question n'était pas là mais plutôt dans le choix d'accepter ou non son indécente proposition. Alors Saul, avoir une apprentie ça te disait? Évidemment que non. C'était le genre de responsabilité que je m'évitais au maximum. Le genre qui vous retombait sur le coin de la tête le jour où vous en aviez le moins besoin. Le genre qui vous foutait forcément dans la merde. Mais au final... qu'est-ce que j'en avait à faire? J'étais déjà sur une pente plus que glissante ces derniers temps et ma prudence naturelle fondait comme neige au soleil. L'envie prenait sa place. L'envie qu'il m'arrive des choses, n'importe quoi tant que ça m'amenait à vivre et non plus à me draper dans le rien. J'supportais plus d'assister passivement à l'écoulement du temps. Puis pourquoi pas moi plutôt qu'un autre pour laisser une trace quelque part? Pérenniser mon savoir en le transmettant par un apprentissage par exemple. Et ça ferait peut-être une personne de plus que mon frère qui prendrait deux heures de son temps pour venir à mon enterrement.
Restait plus qu'à. Je gardais le silence quelques secondes, réfléchissant à la manière d'aborder le sujet "comment faire disparaître un corps en dix leçons". J'en conclus qu'il valait mieux ne pas y aller par quatre chemins.
"J'veux pas de ton pognon. C'est trop crade pour s'acheter." J'me rallumais une blonde, adepte du vice pour calmer mes nerfs avant de lui tendre le paquet. "Alors c'est quoi que tu cherches exactement, Dani?"
J'voulais l'entendre le dire. Pour être sûr. Pour pas me tromper et salir une âme qui pouvait être sauvée. J'essayais de tâtonner dans ses iris sombres tout en me demandant si j'étais prêt à offrir ce genre de cadeau empoisonné. En soit ça revenait au même que de déposer un flingue dans les mains de quelqu'un en priant pour qu'il en ait jamais besoin. J'espérais vraiment que Dani se retrouverait jamais à scier un crâne à sa base pour le faire entrer dans un sac hermétique... J'oscillais encore en réalité, et le ferait pendant longtemps également, à l'idée de me lier d'une telle façon à une autre personne. Avec la jeune femme on offrirait d'un bel ensemble notre nuque au même bourreau si ça venait à se savoir. Lazar enverrait un de ses tueurs, ou peut-être me ferait-il l'honneur de venir en personne, pour écourter nos existences de bonnes dizaines d'années. Il allait falloir se la jouer réglo.
"Genre va falloir se faire confiance tous les deux. C'est pas des cours de cuisine que tu me demandes là. C'que j'veux dire c'est qu'aucun de nous de doit parler de ça. A personne."
Je la regardais droit dans les yeux, les fouillant encore une fois pour me persuader que je faisais pas la plus grosse connerie de ma vie. Y avait un fond d'auto-destruction là-dedans, c'était certain. Dani était comme de la nitroglycérine, prête à ravager mon existence si je la secouais trop fort. Et le plus beau dans tout ça c'était que je m'en foutais royal. Limite si ça m'arrachait pas un bon vieux sourire. Intérieur évidemment. Oui, je la regardais droit dans les yeux, comme je le ferais encore longtemps, enchaîné par un lien aussi irrésistible que celui d'un navire à son ancre. Restait à déterminer qui serait cette dernière.



Revenir en haut Aller en bas

avatar

⊹ life can hurt

ϟ POSTS-ENVOYES : 468
ϟ POINTS : 2
ϟ PSEUDO : a maze lie | birds
ϟ CREDITS : ava;herezy – signa;crack in time
ϟ AVATAR : alice kelson
ϟ SIGNE PARTICULIER : Ses tatouages les plus visibles (plume sur son avant-bras gauche et deux mandalas à l’intérieur de ses bras) Ses piercings (septum nasal et labret vertical). Sa peau poudrée à la craie pour linceul. Ses grands yeux d’un bleu presque translucide trahissent parfois son innocence passée. Sa frange coupée très court. Ses cheveux longs plus ou moins rasés à gauche.
✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Lun 15 Mai - 12:08


Tu m'connais même pas. S'il s'agit vraiment de ce à quoi tu penses tu devrais p't'être te méfier que j'exerce pas mes talents sur toi.” “Un risque à prendre.”, qu’elle répond du tac-au-tac. Comme si c’était rien, anodin. Mais lui se montre bien fier de ses “talents”. Il avoue. Il avoue qu’elle a vu juste, qu’elle ne fabule pas, que ses instincts ne la trompent pas. Forts dans les silences qui scrutent. Et elle le détaille encore longuement. La façon dont il garde le silence et qu’il pense très certainement à dix mille façons de se débarrasser d’elle. La façon dont il reprend la parole sèchement, puis s’allume une clope avant de lui en proposer une. Est-ce qu’il a des nerfs ? Elle ne peut pas comparer, elle ne le connaît pas assez. Mais plus les secondes défilent et plus elle se pose de questions. Et pourquoi ne pas accepter son argent ? C’est pas rien comme demande, elle en a conscience malgré tout. C’est pas normal. Y a rien de gratuit. Elle récupère la cigarette et la planque dans son manteau. Elle la fumera peut-être plus tard ou la revendra. “Alors c'est quoi que tu cherches exactement, Dani?” Lèvres mutines, elle fronce le regard, reste immobile, à le dévisager, droite. C’était logique qu’il demande à en savoir plus. Il n’allait pas lui servir naturellement la recette pour faire disparaître un corps. Mais est-ce qu’elle était prête à en parler à un étranger ? Dani avait déjà du mal à en parler à Tinks alors à un membre dangereux d’un gang qu’elle ne connaissait pas ? Ça lui sembla tout de suite insurmontable. Elle a grimpé dans cette voiture sur un coup de tête. Elle a foncé en voyant une occasion qui ne se représenterait probablement pas. Qu’est-ce qui lui a pris bon sang ?!Genre va falloir se faire confiance tous les deux. C'est pas des cours de cuisine que tu me demandes là. C'que j'veux dire c'est qu'aucun de nous de doit parler de ça. A personne.” Son premier réflexe est de ricaner. Le second de vouloir répondre qu’elle n’a personne à qui raconter ça. C’est un réflexe, mais elle s’en mord la langue. Parce qu’il y a Tinks ou Brennyn. Mais elle ne peut pas les salir. C’est son crime. Elle n’a d’ailleurs pas réellement promis à Tinks qu’elle l’appellerait. Elle n’est même pas sûre d’en être capable. Autant plonger seule. Ou avec quelqu’un qui est déjà dedans jusqu’au cou. “C’est sûr que c’est le genre de choses qui se raconte au p’tit déj.”, qu’elle grogne entre ses dents avant de sceller ses lèvres. Est-ce qu’elle peut lui faire confiance ? Qu’est-ce qu’il en tirerait de la trahir ? Est-ce qu’il y gagnerait plus à se rallier à son père ? Un flic-ripoux dans sa poche, il peut en avoir besoin aussi ? En même temps, elle n’a peut-être pas besoin d’aller dans les détails ? Est-ce qu’elle peut croire que quelqu’un pourrait être de son côté pour une fois ? Est-ce qu’elle peut se permettre cette faiblesse, de demander un coup de main ? Sa mère ne serait pas d’accord. On s’confie pas, c’est interdit. Mais elle a le coeur en fonte Dani. Et ça bouillonne d’avancer, de faire un pas de plus vers la fin. Y a les étapes de son plan qui défilent dans sa tête. Trouver un flingue, trouver le lieu où l’attirer, trouver comment l’attirer. Puis le faire disparaître. Avance rapide sur les délits. Ça ira peut-être encore plus vite si elle a un nettoyeur de son côté. Au pire, c’est elle qui finit par disparaître et ça sera une autre forme de paix finalement. Ça vaut le risque. À mesure que ses pensées cavalcades dans son esprit, sur toutes les éventualités que ça tourne mal, les traits de son visage se figent un peu plus. L’acier froid noie ses iris sans lui laisser le choix que de montrer une détermination en béton. Elle n’a que ça pour le convaincre de toute façon. Dani n’a besoin de lui que pour une seule chose, une seule fois, une seule personne, la plus importante. Une fois fait, elle se volatilisera de son radar comme elle sait si bien le faire. Il entendra plus parler d’elle, c’est certainement ce qu’il faut, elle sait pas. Le après, elle n’y pense pas encore, elle veut juste que ce soit fini. D’une façon ou d’une autre. Elle veut sa liberté. “Le corps de mon père. Faudra que je le fasse disparaître une fois que je l’aurais tué.” Le ton aussi plat que la lame d’un rasoir. Aussi calme que l’eau d’un lac gelé. Aussi direct qu’une flèche plantée dans sa cible. C’est la première fois qu’elle en parle, qu’elle prononce ces mots à voix haute. Tout est dans sa tête d’habitude, si bien que parfois, elle doute que tout soit réel. Mais c’est le cas. Elle se vengera, elle lui fera payer. Et même si elle n’a pas dévié son regard de celui de Saul, elle en crève d’envie. Parce qu’elle est plus nue que sur n’importe quelle scène où elle s’effeuille habituellement. Et ça l’oblige à réprimer beaucoup trop de frémissements nerveux malgré le granit dans lequel elle s’est figée. La tension permanente lui permet de ne pas s’écrouler, de tenir debout, les deux pieds cimentée, ancrée dans l’asphalte. Mais elle serait folle de ne pas flipper en essayant d’anticiper sa réaction. Il va rire. S’dire que c’est d’la connerie. Une sale mouche venue lui tourner autour pour rien. Mais elle ne flanchera pas quoiqu’il en pense, elle se crispe un peu plus à mesure que son esprit gagne en obstination, que les barricades se reconstruisent. Et à la place, elle s’attend à finalement devoir se débrouiller toute seule, rester seule dans son bourbier. Comme depuis toujours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t4137-jugements-et-chatiments http://thenotebook.forumactif.org/t4243-wini-lullaby-of-raging-lips http://thenotebook.forumactif.org/t4244-winifred-wells#102642
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Mar 13 Juin - 14:43

Become the beast
Dani & Saul
BELIEVER

Dani se défendait avec l'ironie. Le sarcasme flamboyant au bout des lèvres. Dani elle était dure comme du granit à l'extérieur, sa peau taillée dans du marbre. Mais ce qui m'intéressait était dedans, bien caché sous la surface. Qu'est-ce qu'elle avait dans le ventre, dans les tripes pour oser demander une chose aussi terrible? Était-ce seulement pour se procurer un doux shoot d'adrénaline en fricotant avec le danger parce qu'elle s'ennuyait ferme dans son existence misérable et superficielle?
Je l'observais, le front plissé et la moue légèrement boudeuse, en proie à une intense concentration. La jeune femme cogitait, pesait minutieusement ses arguments contre, et surtout pour. Pour apprendre à mettre un terme à la vie de quelqu'un. Pour savoir comment procurer un coup fatal avec art. Pour savoir comment affronter des pupilles sans vie. Pour savoir pas s'faire prendre. Je m'y étais engagé: je serais là pour la guider, et Saul Morris ne revenait jamais sur sa parole. J'avais au moins ça pour moi. Embarqué sur la même galère, enchaîné à une gamine brisée et la hargne au ventre.
Elle m'intriguait. C'était pour ça que je la fixais avec une telle intensité, désireux de savoir la motivation profonde de cet acte contre-nature. Je fus pas déçu. Quand j'aurais tué mon père. Très théâtral. Un milliard de scénarios me traversa la tête. Et s'en était agaçant parce qu'à l'instant même où elle avait prononcé ces mots je sus qu'il me serait impossible de faire machine arrière. Quoi qu'il en coûte.
Elle voulait donc couper les têtes de son hydre personnel, cette fière amazone à la crinière brune. Debout, fièrement, armée de ses convictions et de cette haine pure qu'on entendait tout juste affleurer lorsqu'elle crachait les syllabes paternelles. C'était dangereux. La rage frôlait souvent l'amour, et je me voyais déjà devant une vendetta avortée, dans la merde jusqu'au cou parce que la jeune demoiselle se refuserait à appuyer sur la détente (ou peu importe le moyen qu'elle eut choisi d'ailleurs). Y avait réellement un gros risque. Dans ce cas de figure je savais pertinemment que ma survie et ma vie passerait avant celle des autres. Quitte à devoir découper deux cadavres au lieu d'un.
J'étais certain qu'elle se rendait pas bien compte du chemin taché de sang qu'elle empruntait. Dani était clairement pas une sainte, mais prendre une vie et assumer d'éteindre une étincelle dans des prunelles c'était pas une mince affaire. Parfois y en avait qui étaient faits pour ça. Parfois c'était l'inverse, tout simplement pas écrit dans l'ADN. Çà les rendaient fous. Ça les détruisait.
"OK. T'as déjà un plan en tête? Tu connais ses habitudes? Ses proches qui pourraient s'inquiéter? Son adresse?"
Autant de détails pouvant faire la différence entre une vie "normale" et finir au trou. Les flics de Savannah étaient malheureusement pas tous des cons, aussi préfèrerai-je sûrement régler cette histoire en dehors de la juridiction de la ville. Histoire que ça retombe pas sur le gang si ça tournait mal. Puis aller purger une peine en ayant la protection de la mafia serait toujours plus supportable que de devoir le faire en l'ayant sur le dos, une lame de fortune sur la jugulaire.
Autant de détails qui nous protègeraient d'un potentiel retour de bâton. Autant de détails auxquels Dani devrait bientôt savoir parfaitement répondre. Sa vengeance n'avait peut-être jamais été aussi proche. Le plan pourrait prendre un certain temps à établir. Plus long encore serait d'arriver à la date fatidique. Mais une fois la première goutte de sang versée tout s'enchaînerait à une vitesse folle. Irrésistible. Irrémédiable.
"On se retrouve dans une semaine, le même jour, au cirque. Pour la première représentation de la soirée. Dans la foule et le noir personne fera attention à nous, et au pire on se dira qu'il s'agit d'un rencard." Je roulais la fin de ma clope entre mes doigts, le cerveau crépitant de toutes les informations qui le parcourait. "D'ici là faudra que tu te sois renseigné au maximum sur ton père. Essaye de rien écrire, ou si vraiment t'en as besoin, fais-le à la main sur des papiers qu'on peut brûler. Et faut aussi que t'ai un portable où on pourra s'appeler. Un truc jetable."
Je laissais mon esprit divaguer le temps qu'elle imprègne. Puis inspirais trois fois d'affilées sur le reste de tabac avant de la jeter par la fenêtre. L'odeur en avait légèrement masqué celle qui se dégageait du coffre. L'acidité de la javel me remit à l'ordre du jour.
"Et maintenant descends de ma caisse. Y a une ligne de bus à deux rues d'ici qui te ramènera dans le centre-ville."
J'ai à faire. Sans blague. Tout d'un coup mes heures d'attente jusqu'à la tombée de la nuit me paraissaient incroyablement bienvenues afin de méditer sur la toute nouvelle mission qui m'avait été délivrée. Le corps sous ma charge aujourd'hui ne concernait pas Dani. Elle avait pas besoin d'en savoir trop, j'm'en débrouillerais donc tout seul. Il fallait que je reste un inconnu autant que possible à ses yeux. Paradoxal lorsqu'on savait qu'à côté de ça je n'aurais de cesse d'essayer de comprendre tout ce qui pourrait la concerner à l'avenir.

La fumée âcre s'élevant à peine du four crématoire me piquait les yeux. Le fumet de la chaire brûlée était particulièrement étouffante. Étrangement ordinaire. Entrer dans la clinique avait été un jeu d'enfant: l'assistant précédent m'avait aimablement servi un double du badge et des clefs en échange d'un pot-de-vin. Le propriétaire, n'étant pas au courant de ce passe-partout, n'avait pas pris la peine de changer les sécurités.
La caméra de surveillance qui brillait d'un éclat rougeâtre capturait ma silhouette floue devant la fournaise. D'ici quelques minutes je l'effacerai de la mémoire du circuit fermé. Tout serait... nettoyé.



Revenir en haut Aller en bas

avatar

⊹ life can hurt

ϟ POSTS-ENVOYES : 468
ϟ POINTS : 2
ϟ PSEUDO : a maze lie | birds
ϟ CREDITS : ava;herezy – signa;crack in time
ϟ AVATAR : alice kelson
ϟ SIGNE PARTICULIER : Ses tatouages les plus visibles (plume sur son avant-bras gauche et deux mandalas à l’intérieur de ses bras) Ses piercings (septum nasal et labret vertical). Sa peau poudrée à la craie pour linceul. Ses grands yeux d’un bleu presque translucide trahissent parfois son innocence passée. Sa frange coupée très court. Ses cheveux longs plus ou moins rasés à gauche.
✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   Mar 18 Juil - 23:46


Juste le canon d’un glock dans sa bouche et sa cervelle giclant un peu plus loin. Et...” Elle en a rêvé des milliers de fois. “Non.” Ça fait trop longtemps qu’elles fuient pour connaître ses habitudes actuelles. “Il n’a pas de proches, que des chiens.” Des pions à sa botte. Des gens qu’il payent. Des collègues à qui il ment. Et des malfrats qui l’entretiennent probablement en échange de services. Carcasse corrompue jusqu’à la moelle. “161e rue. New York. Dans le Bronx.” Du moins ça date d’il y a un mois. C’est vrai qu’il faudrait vérifier, sauf que payer un hacker pour ça tous les mois, ça revient cher. Mais indispensable. Le silence de Saul semble l’exiger et elle le sait aussi pertinemment. Y a toujours des choses à sacrifier pour rester en vie. On se retrouve dans une semaine, le même jour, au cirque. Pour la première représentation de la soirée. Dans la foule et le noir personne fera attention à nous, et au pire on se dira qu'il s'agit d'un rencard. Elle se retient de répliquer que personne n’y croire à son histoire de rencard. Y a que ces autistes de flics pour tomber dans l’panneau. Au lieu de ça, Dani précise qu’elle connaît des gens au cirque et lui laisse indiquer un autre point de rendez-vous. Manquerait plus qu’Halina ou cet idiot de Zyki se retrouvent impliqués. D'ici là faudra que tu te sois renseigné au maximum sur ton père. Essaye de rien écrire, ou si vraiment t'en as besoin, fais-le à la main sur des papiers qu'on peut brûler. Et faut aussi que t'ai un portable où on pourra s'appeler. Un truc jetable. Son regard se change en lame qu’elle lui planterait bien dans le crâne. Mais il est trop concentré sur sa clope pour le remarquer. “Tu me prends pour une attardée ou quoi ?” Mais la métisse ne va pas épiloguer plus longtemps devant lui. C’est déjà un miracle qu’il ait accepté, faut maintenant voir si il tient ses promesses et si il se pointera le jour prévu. Elle n’y croit pas. Mais ça voudra dire qu’elle devra lui en dire plus, qu’elle devra se saigner les lèvres pour s’ouvrir un peu et lui montrer où il met les pieds, à qui il a affaire. S’déshabiller au Gentleman’s Club c’est rien comparé à cette mise à nu là. Une sueur froide roule déjà le long de son dos. Et maintenant descends de ma caisse. Y a une ligne de bus à deux rues d'ici qui te ramènera dans le centre-ville. Elle s’exécute sans broncher, trop concentrée à chercher à effacer cette sensation dégueulasse. Elle refuse d’avoir peur. Elle n’aura plus peur. Son cauchemar c’est lui, son père, rien d’autre. Elle s’le martèle dans la tête, que ça se grave dans son crâne comme les cicatrices encore visibles dans son dos. Mais Dani revient à elle juste avant de fermer la porte de la caisse. “Au fait. C’est un ripou. Sergent au 55e district. Prends pas tes couilles à ton cou, Saul.” Ça claque comme la ferraille dans lequel elle le renferme. À sa demande. Et elle trace sa route dans la direction opposée à celle qu’il a indiquée. Parce qu’elle trace, trace, trace et tracera toujours sa route. Ça fait partie de ses muscles, de son ADN, de toujours courir plus loin, loin de tous ceux à qui elle ne ressemble pas, loin des autres, loin du monde. Pourtant, y a cette contradiction qui lui fait prendre la tangente. Quand elle étudie ses cours de droit. Quand elle s’imagine une vie après avoir commis un meurtre. Peut-être que finalement, il l’avait déjà trop désaxée et la gamine n’a jamais couru droit, toujours à sa perte. Peut-être qu’il n’y aura pas de rendez-vous. Peut-être que demain, elle finira dans ce caniveau parce qu’elle aura encore ignoré les avertissements qu’on lui lance. Parce qu’elle n’a pas peur. Encore ce duel. Peut-être plus avec elle-même qu’avec son géniteur. Y en a des choses à détruire avant d’se construire. Si ce n’est pas déjà trop tard. Et peut-être que Saul sera le seul témoin de ses tentatives d’être quelqu’un de plus humain malgré l’âme déjà perforée par la crasse de ceux qui n’ont jamais fait que ronger la terre, ronger leurs chaînes, ronger leurs os et ceux des autres. Pas d'cadeaux si il faut garder sa peau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t4137-jugements-et-chatiments http://thenotebook.forumactif.org/t4243-wini-lullaby-of-raging-lips http://thenotebook.forumactif.org/t4244-winifred-wells#102642
Contenu sponsorisé



✰ ✰

MessageSujet: Re: Become the beast_(Dani)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Become the beast_(Dani)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» LE PARIS DE DANI
» LE FRONDEUR (E.C.)
» Manon Saidani [Ninon]
» Toulouse-sud - Fusillade au péage lors de l'interception d'un go-fast (2015).
» Vaya Con Dios

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WE ARE BROKEN :: MELTING UNDER BLUE SKIES :: version douze-


team animation

team speed-dating

team stalkage