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 je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)

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MessageSujet: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Dim 2 Oct - 17:36

J'suis crevé. Fatigué. J'ai pas dormi de la nuit. Pas parce que j'étais occupé à autre chose, parce que clairement j'ai passé toute la nuit dans ma salle de répet à ramper d'un coin à un autre. Tapé sur deux trois caisses de résonance, gratter quelques cordes, et puis je m'allongeais pas terre. Grâce au looper, j'écoutais en boucle les sons que j'avais produit juste avant s'entre choquer. Et puis je fixais le plafond et je sortais des phrases incohérentes. Comme si j'essayais d'en faire faire une musique. Comme si j'en avais ça allait me servir un jour. J'ai un carnet remplis de mes élucubrations d'artiste maudit. Peut-être qu'un jour, quand je serais mort, on le récupérera. Peut-être qu'elles seront jouées comme ma dernière oeuvre. Peut-être que d'ici-là, personne n'en aura plus rien à foutre de ce que j'ai écris dans ma tour de la solitude. Peut-être que ça servira juste à torcher le cul d'un label voulant se faire du fric sur le dos d'une pauvre âme égarée comme moi. Et merde, j'ai recommencé. Black out. Il est déjà tôt, tard. Le soleil se lève et j'suis resté toute la nuit allongé sur le sol. Je roule pour me mettre sur le ventre. Puis je re-roule sur le dos, encore et encore jusqu'à ce que je heurte la batterie. Les cymbales me tombent sur la gueule dans un grand fracas. Merde. Je soupire. Y a des flashs qui me reviennent en mémoire, très lointain. C'étais dans je ne sais plus quelle salle de concert. J'ai couru jusqu'à la Melvin, j'avais ma guitare, et j'ai plongé sur sa baterie. Le pauvre, je lui ai foutu en l'air deux caisses, il avait les boules. Merde, voilà que j'ai encore laissé passer une heure à repenser à de vieilles histoires. J'me sens hanté par un passé qui n'est pas le mien. Hanté par un passé qui n'est pas le mien. Faut que j'la note celle-là. Où est mon putain de carnet ? Mon carnet ?

J'finis par me lever. Je suis pied nu dans ces grands escaliers poussiéreux, j'ai un jean et un t-shirt sale, taché de pleins de truc, j'me souviens pas de m'être fait la moitié de ça. Devant mes yeux, des mèches brunes grasses tombent, je les envoie en arrière. J'arrive à peine à garder les yeux ouverts. Le soleil m'agresse et je ne sais même pas d'où il vient. Je chancelle jusqu'au rez-de-chaussée. Je ne sais pas quelle heure il est mais mon esclave est entrain de se faire un café dans ma cuisine. Je suis impressionné de constaté que j'ai du café. Fais-moi en un. que j'demande sans un bonjour. Je frotte mes mains sur mon t-shirt puis les mets dans mes poches. Je cherche vainement quelque chose. Je regarde autour de moi. Y a un bordel pas possible, j'aurais pu le reprocher à l'autre esclave (bon ça me fait juste rire de l'appeler comme ça, mais j'le fais intérieurement ne vous en faites pas. Au pire, faites-vous en, qu'est-ce que j'en ai à foutre ? J'la paye. Je crois. Quelqu'un la paye en tout cas.) mais bon, j'ai pas envie de lui reprocher quoi que ce soit. je l'aime bien. Je crois qu'elle aussi m'aime bien. On s'entend bien hein ? J'ai envie de lui demander. Je lève les yeux jusqu'à elle et la considère longuement. Mais tout ce qui sort de ma bouche c'est : T'as pas... un stylo ? Faut que... faut que j'note... je marmonne et c'est pratiquement incompréhensible. Soudain, y a le bruit de la sonnette qui me fait sursauter. Ca me fait toujours sursauter, peu importe depuis combien de temps je squatte cette endroit comme un toxico squatte une église abandonnée.

J'ai fais signe à l'asiat de continuer à faire le café, j'me déplace moi-même toujours en regardant autour de moi pour ce fichu stylo. Alors que j'ai déjà oublié la phrase que je voulais noter. Au passage, je tombe sur mon paquet de cigarette, et je l'attrape et en coince une entre mes lèvres. Je l'allume d'un main, de l'autre j'ouvre la porte, sans retirer l'entrebailleur. Vieux réflexe parano. Je passe ma tête par l'entrebaillement, donc, et je souffle tout de suite ma fumée dans la tête de mon visiteur. Je ne dis rien, c'est un mec en costard. Je déteste les mecs en costard. Monsieur Wood ? Je suis maître Pfinder, l'avocat de Monsieur Grabber. Je fronce les sourcil. J'ai l'impression que maître Yoda là il m'a parlé en chinois. Je suis à deux doigts d'appeler mon asiat' pour lui demander de me traduire. Mais au lieu de ça, je dis tout en inspirant une taffe : Hein? Le gars me considère bizarrement, il détaille chaque parcelle de mon visage comme s'il cherchait à prouver un truc, genre, que j'étais complètement ivre ou défoncé. J'ai l'habitude de décoder ce genre de truc, tout le monde essayait toujorus de prouver que je l'étais. Les journalistes en premier, les services sociaux en deuxième, Holly elle, elle n'avait pas besoin de décoder quoi que ce soit, elle le sentait comme si je puais le mensonge à quinze kilomètres. Melvin Grabber, l'ancien batteur de votre groupe de musique. J'hausse les sourcils en grand. Aaaaaah oui j'avais oublié son nom de famille, à Mel. Hmmmhmm. que je sors pour signifier que j'ai fais le rapprochement. Et puis, BIM ! POUF ! BAM ! Et merde, un avocat. L'avocat de MEL ? J'écarquille les yeux et ferme la porte à double tour avant de m'enfuir en courant vers la cuisine.

Je les hais ces avocats. Je les hais tous. Ils font que de me demander des trucs de merde, ils empoisonnent ma relation avec les gars. Bon, on n'a pas une relation très rose ces derniers temps mais j'arrive pas à me sortir de la tête que c'est de la faute de ces putains d'avocats. Et puis, chaque fois que j'en vois un il me réclame du fric. Franchement ! Me voilà donc dans la cuisine. Je bloque un moment sur Lim qui n'a toujours pas fais le café (sérieusement ?? c'est du café soluble, c'est pas si compliqué que ça !). Elle me regarde, on se regarde. Fais le partir ! que je sors. Elle capte pas. Je saute sur elle et la tire hors de la cuisine. Une fois une salon, je la pousse dans le dos pour l'approcher de la porte. Au même moment, on sonne à nouveau. j'étouffe un petit cri effrayé. Surtout, SURTOUT, faut pas qu'il entre ici. Surtout pas. Et ne lui dis pas que j'ai gardé la batterie de Mel, surtout tu lui dis pas. La pauvre capte que dalle à ce que je raconte. Tant pis je la pousse une seconde fois et me planque derrière le canapé jusqu'à ce qu'elle ouvre la porte. Là, j'entend juste le type qui dit d'un air déprimé : Bonjour mademoiselle, je suis maître Pfinder. J'ai des documents à transmettre à Monsieur Wood, pouvez-vous l'appeler s'il vous plait ? Oh non, des documents ! Je hais les documents. je les hais. Mais alors que je suis accroupi derrière ce canapé, je trouve enfin mon stylo, par terre. Ouais ! Je me note donc au creux de la main la phrase qui me trottait en tête depuis quinze minutes.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Sam 22 Oct - 10:19

Il ne le sait pas, Woody, mais il a bien faillit crever cette nuit. Non pas d'une cause naturelle, non pas écrasé par sa batterie. Mais assassiné. Par moi. Il a fait un boucan dissonant toute la nuit, mettant mes nerfs à rude épreuve. Et j'ai pourtant l'habitude du bruit. L'appartement où je dors avec les filles est une véritable catastrophe. On entend toute la ville, ainsi que tous les voisins. Et aussi les filles et les gars du gang qui vont et viennent toute la nuit dans un bruit incessant. Mais je ne sais pas, peut-être que j'ai finit par m'y faire. Mais ça, ce truc insupportable qu'il a fait une bonne partie de la nuit, à taper sur ses instruments et à écouter ses sons en boucle.. C'était à la limite du tenable. J'ai vainement tenté d'enfouir ma tête sous mon oreiller, en espérant que ça atténuerait le bruit, mais que dalle. Et j'ai hésité à plusieurs reprises à me lever et venir lui dire ma façon de penser. Ça aurait été tellement jouissif de prendre sa tête pour l'enfoncer dans sa caisse-claire. Mais il y a longtemps que j'ai appris à ne pas céder à ce genre de pulsions. Sinon, je serais déjà probablement morte à l'heure qu'il est.

Alors ce matin, c'est aux aurores et avec la mine fatiguée que je me suis levée. D'ordinaire, j'aime dormir ici. Je me repose plus que jamais. Mais cet idiot de toxico, ou ex-toxico, rien à foutre, je ne vois franchement pas la différence à vrai dire, avait bousillé cette nuit de plénitude. Et je ne me sentais pas d'humeur à être sympa avec lui aujourd'hui. Non pas que je le sois excessivement plus d'ordinaire, lorsque je lui vole de la bouffe ou pisse dans ses plantes - déjà à moitié mortes cela dit - mais là, vraiment, je ne serais pas apte à faire le moindre effort. J'ai profité d'être seule en bas pour me faire un petit déjeuner royal, tout en surveillant qu'il n'arrive pas à l'improviste et me prenne en flagrant délit. Quoi que, je me demande franchement comment il réagirait. Curieuse, je décide de tenter un peu le diable. Je termine de manger et range tout et réfléchit à comment je pourrais le tester, lui et ses limites sur ce qu'il m'autorise ou non. Alors, lorsque je l'entends émerger enfin et descendre, je m'empresse de me préparer un café, histoire de voir.

Il débarque dans la cuisine et je lui lance un regard, d'apparence neutre et serein, mais au fond de moi, une certaine appréhension me noue l'estomac.

- Fais-moi en un.

Hmm. Intéressant. Alors le café, j'y ai le droit. Très bien. Je note ça dans un coin de ma tête et réfléchis déjà à ce que je pourrais tenter la prochaine fois. Mais je suis tellement absorbée par tout ce manège dans ma tête que j'en oublie sa demande, continuant à me préparer uniquement ma tasse. Je le regarde sans vraiment le voir, alors qu'il s'immobilise au milieu de la pièce, devenant presque transparent à force. Ce mec est aussi fascinant que désespérant.

- T'as pas... un stylo ? Faut que... faut que j'note...
Je fronce les sourcils, ayant à peine saisit un mot sur deux.
- Je vous ai déjà dit que je ne comprenais rien quand vous marmonniez comme ça.

Je suis un brin irritée, mais je reste parfaitement calme et polie. Il faut dire qu'en effet, ce n'est pas la première fois que je lui fais la remarque. Il a souvent cette manie de se perdre dans son monde, de parler dans sa barbe et de me faire des requêtes incompréhensibles. Parfois, il m'arrive de dire oui alors que je n'ai rien compris. Et au final, je ne fais pas ce qu'il m'a demandé. Mais il semblerait qu'il oublie ses propres réclamations, car il ne s'est jamais plaint d'un travail pas fait. Cependant, la sonnette nous interrompt, lui arrachant un sursaut craintif. Je le dévisage en haussant un sourcil et me contente de lui tourner le dos pour retourner à la préparation de mon café, l'eau étant enfin chaude. J'écoute d'une oreille distraite ce qu'il se passe à la porte, mais ils ne parlent pas fort et je suis trop loin. J'entends finalement la porte claquer et me dit que ça ne devait pas être important. Un colis, peut-être ? Je porte ma tasse remplie de café brûlant à ma bouche et trempe légèrement les lèvres devant, avant de me raviser car c'est beaucoup trop chaud.

- Fais le partir !

Je tourne la tête vers lui, surprise. Pardon ? Qui ça ? Je fronce les sourcils et penche la tête sur le côté, pour tenter d'apercevoir quelqu'un dans le salon. Mais il n'y a personne. Qu'est-ce qu'il manigance encore ? Je n'ai pas le temps de poser la moindre question - et à vrai dire, je n'en ai pas envie, moins j'en sais et mieux c'est - que déjà il se rue sur moi et m'attrape. Je proteste en silence, étouffant un soupire contrarié et me concentre sur ma tasse que j'ai faillit renverser sur moi. Foutu drogué. Il me précipite vers la porte d'entrée et je devine alors qu'il a planté quelqu'un sur le paillasson. Cet homme n'a aucun savoir vivre, c'est à la fois affligeant et.. je dois l'avouer, un peu amusant. On sonne une seconde fois et il me lâche aussitôt, accompagnant son petit saut d'un cri discret. Je le dévisage, un brin inquiète. Qui est donc derrière cette porte ? Un tueur à gage ?

- Surtout, SURTOUT, faut pas qu'il entre ici. Surtout pas. Et ne lui dis pas que j'ai gardé la batterie de Mel, surtout tu lui dis pas.

Si je n'étais pas simplement sa boniche, j'aurais probablement levé les yeux au ciel avant de lui exprimer à quel point il était ridicule et qu'il me fatiguait. Mais je suis sa boniche. Alors, je me contente de hocher la tête pour approuver et m'exécute. J'ouvre la porte et découvre un type en costume. La mine déconfite, lasse. Je le détaille de haut en bas et ne peut m'empêcher de penser que Soren porte mieux le costume que lui.

- Oui ? Je demande, impatiente.
- Bonjour mademoiselle, je suis maître Pfinder. J'ai des documents à transmettre à Monsieur Wood, pouvez-vous l'appeler s'il vous plait ?

Oh.
Un avocat. Je comprends mieux. J'esquisse une moue à la fois dépitée et agacée et tourne la tête vers l'intérieur pour chercher mon patron du regard. Impossible. Il se planque lâchement derrière le canapé. Ce mec est incroyable. Et si ça ne me saoulait pas autant de devoir gérer cette situation, j'aurais peut-être ri. Parce qu'au fond, je trouvais tout ceci tellement absurde et inhabituel. Je reporte mon attention sur l'avocat.

- Ça ne va pas être possible, revenez une autre fois.
- Pas possible ? Il était là y a une seconde. S'il vous plaît, laissez moi faire mon travail. Le pauvre gars, il a l'air tellement déprimé.
- Donnez-moi les papiers sinon, et il vous les renverra signés.
- Non, navré, les papiers doivent être signé en ma présence, c'est la loi, sinon ils ne valent rien.

C'est qu'il m'agace celui-là. Je me redresse et ouvre la porte un peu plus grand, m'approchant de lui.

- Faites-moi voir, c'est quoi ces papiers ?

Il se fait réticent, ne voulant clairement pas parler du contenu avec une inconnue. Et si c'est parfaitement louable de sa part, moi, ça ne fait que me gonfler encore plus. Alors, j'improvise. Je fais mine de me prendre le pied dans le paillasson, je trébuche et renverse ma tasse de café sur ses documents et un peu sur son pantalon. Il lâche le tout et recule de plusieurs pas en gueulant et en sautillant sur place, les mains et les cuisses en feu visiblement. Je reste calme, impassible et le regarde faire.

- Désolée. Je vais vous chercher de quoi vous éponger.

Je referme la porte derrière moi et rejoins Woody derrière son canapé. Là, je croise les bras et le regarde de haut.

- Je suis femme de ménage. Pas videur. Les papiers sont foutus pour aujourd'hui mais il les réimprimera. Alors, dites-moi, c'est quoi le souci ?

La sonnette retentit pour la troisième fois, m'arrachant un soupire bruyant. Je jette un regard noir à la porte d'entrée, mais ne bouge pas pour autant, reportant rapidement mon attention sur Mr Wood.

- Et pourquoi vous ne le mettez pas dehors vous-même ?

Il n'était pas censé être une star ou je ne sais quoi de ce genre là ? Il m'avait semblé lire un jour dans un magasine qu'Ipo avait volé en cachette que les stars avaient un peu tous les droits, qu'elles pouvaient demander tout ce qu'elles voulaient et que tout le monde s'exécutaient. Alors pourquoi il ne fait pas sa Mariah Carey pour faire dégager rapidement l'avocat ? Mon regard glisse jusqu'à son carnet et je ne peux empêcher une pointe de curiosité s'éveiller en moi.

- Vous notez quoi ? Que je demande, sans retenue ; même si ce n'est clairement pas le moment pour bavarder.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Mar 22 Nov - 8:57

MAITRE PFINDER.
Ce n'est pas faute d'avoir été prévenu. Ma femme me l'avait dit et j'ai une pensée toute particulière pour elle aujourd'hui. Henry, ne fais pas ça. Les rockstars se sont comme des enfants. Le procès fera la Une de tous les magazines. Tu vas le regretté. Margaret, je regrette amèrement aujourd'hui. Mais quand Melvin Grabber était venu dans mon bureau avec sa coupe afro et son fric qui débordait de ses poches je n'ai pas pu dire non. Ma fille m'a supplié d'accepter car elle rêvait de le rencontrer. Comment pourrais-je savoir que je me lançais dans un procès interminable contre l'enfant sacré punk-rock qui verrait ce procès comme une partie de cache-cache sans fin? Je pensais qu'il signerait tous les papelards, indemniserait ses anciens compagnons de scène et qu'on ferait ça à l'amiable. Je pensais qu'il se moquait de l'argent et qu'il ne cherchait pas à gagner, simplement à être tranquille. Alors oui Margaret, t'avais raison. Enfin, cette femme ouvre à nouveau la porte. Elle n'a pas l'air de bonne humeur et je me demande qui elle est. Mais je suis tellement à bout que je ne lui demande même pas. Je veux simplement qu'elle fasse revenir le chanteur. Ce qu'elle me dit être impossible. IMPOSSIBLE.  Et dire que je pourrais être entrain de négocier des arrangements fiscaux pour un homme d'affaire sérieux, encaisser en temps et en heure mes honoraires et rentrer chez moi pour le dîner. Faites-moi voir, c'est quoi ces papiers ? J'hésite un moment. Parce que ces papiers ça fait déjà cinq fois que je les imprime à nouveau. Et puis, ma stupidité me conduit à les lui présenter. Une seconde plus tard les voilà tremper de café et moi, je brûle. Je pousse un hurlement et lâche tout. Ce n'est pas possible. Ca ne s'est pas passé. Pas ENCORE ? Désolée. Je vais vous chercher de quoi vous éponger. Qu'elle me dit tout sauf sincère. Mais je réagis trop tard. Je tente de l'empêcher de fermer la porte, mais elle est trop rapide. Mes mains s'abattent sur le bois noble de la porte. NOOoon ! que je rage. NON ! Comment ai-je pu être aussi débile ? Chaque fois que je sors les papiers, ils finissent par disparaitre. Une fois, cet anarchiste d'Alexis Wood a éteint sa cigarette dessus en soutenant qu'il ignorait que ça les ferait brûler. COMMENT j'ai pu penser que cette femme serait différente ? Si elle vit avec ce fou furieux, elle est forcément folle aussi. Dans mon malheur , je me rappelle tout de même que ma si prévoyante Magaret m'avait suggéré d'imprimer en double ces papiers. Mes cuisses avaient beau me brûler je ne me démonte pas. Il y a des moments dans la vie d'un homme où il ne faut rien lâcher. Comme un chien agrippé à son os, j'hurle à travers la porte : JE NE PARTIRAIS PAS MONSIEUR WOOD, OUVREZ-MOI IMMEDIATEMENT !

WOODY
Quel con ce mec. Pourquoi il part pas ? Sérieusement ça l'amuse de briser des amitiés vieilles de trente ans ? Je laisse mon esclave régler la situation. Après tout elle est du genre à pas se laisser faire. Je lui ai interdis cent fois de profiter de ma piscine et tous les soirs quand je mate mes vidéos de surveillance (encore une lubie de parano) je la vois entrain de barboter dedans joyeusement. Alors pour une fois elle peut retourner son insolence d'adolescente contre quelqu'un d'autre que moi, non ? Bref j'écoute même pas ce qui se passe, trop absorbé par ce stylo sortit de nulle part, comme un signe divin. Je réfléchis une seconde pour retrouver mes mots et les note d'une main tremblante sur ma paume gauche. Hanté par... L'avocat cri, ça me sort de mes pensées je lève la tête et fait dépassé mes yeux fatigués du canapé pour voir. Bon, ça a l'air de bien se passer. Je continue d'écrire. ...un passé qui... J'entend la porte qui se referme fortement. Bravo. Comme quoi elle n'est pas totalement inutile cette nana. ... n'est pas le.... J'entends des pas qui se rapprochent de moi. mien. Je met un point final à ma phrase, et je la contemple longuement, comme si les mots allaient se mettre à danser et former une mélodie. Je penche la tête d'un côté, puis de l'autre, je plisse les yeux. Elle avait l'air plus cool quand je l'ai pensé pour la première fois, cette phrase. Maintenant que je la vois d'écrite, je me pose des questions. La suite ne me vient pas, c'est un signe irréfutable que ce n'est pas la bonne tournure. Normalement, j'arrive à écrire d'une traite. Notre musique signature, vous savez, celle qu'on joue à chaque fin de concert et qui déclenche des pogo de malade dans la fosse, je l'ai écrite en dix minutes. Pourquoi je ne suis plus capable d'écrire une ligne de correcte ? J'ai l'impression d'avoir le yips depuis un an. Je suis femme de ménage. Pas videur. Les papiers sont foutus pour aujourd'hui mais il les réimprimera. Alors, dites-moi, c'est quoi le souci ? Hein ? Je lève la tête, y a l'autre qui se tient devant moi comme une mère mécontente. Je la considère longuement et ne prend même pas le temps de lui répondre. Je continue d'observer ma main. Et pourquoi vous ne le mettez pas dehors vous-même ? Qu'elle ajoute deux secondes plus tard. Je lève à nouveau la tête pour la regarder d'un air perdu. Comme si on ne parlait pas la même langue. Parfois, c'est ce que je me dis : qu'on ne parle pas la même langue. Si ça se trouve elle cause en chinois depuis le début et c'est pour ça qu'on arrive pas à communiqué. Après, j'ai quelques notions de chinois. Ou japonais. On s'en fou, c'est la même langue. Je ne répond pas, puisque je n'ai pas compris la question. Vous notez quoi ? Cette fois je comprend. Peut-être parce que ça m'intéresse. Son intérêt m'intéresse. Parce que ça concerne la seule chose chez moi que j'ai toujours aimé. Ma musique, mon imagination, mon écriture. Du coup je prend du recul sur mes mots, comme un vieillard qui tente de mieux voir et je lis laborieusement : Hanté par un passé qui n'est pas le mien. Je lève les yeux sur elle pour voir sa réaction, je décrypte son visage blasé, j'essais de savoir ce qu'elle en pense sincèrement. Comme si ces mots allaient changer sa vie. Faut croire que non. Je n'arrive pas à lire l'enthousiasme que j'attendais. T'en penses quoi ? comme si l'avis d'une esclave avait une quelconque importance. J'ai une pensée furtive pour Serve the servants l'une de mes musiques préférées. Sans doute la sienne aussi. Encore faudrait-il qu'elle la connaisse. Tu connais  la musique, tu sais... Serve the servants ? Mais je n'ai pas le temps d'entendre sa réponse que d'un coup y a la voix de l'autre qui résonne. JE NE PARTIRAIS PAS MONSIEUR WOOD, OUVREZ-MOI IMMEDIATEMENT ! Je sursaute. C'est quoi cette manie de m'appeler "monsieur Wood" d'abord ? "Monsieur Wood". "Monsieur Grabber". "Monsieur trou-duc". Ca m'énerve quand il faut ça. Ca m'énerve. Stupidement, je me mets à gueuler : Y a persooooonne ! Et j'entends l'avocat qui tambourine à la porte. Ca y est, il a craqué le col blanc. Mais je l'ignore et je me retourne vers Lim pour lui confier d'un air vraiment, vraiment compatissant : Les avocats, c'est la pire espèce d'humains qui existe. T'as de la chance qu'ils n'existent pas dans ton pays. Tant pis si c'est affreusement raciste, et puis d'abord je ne sais même pas d'où elle vient. Mais où que ce soit, je reste persuadée que les avocats n'y vivent pas. En tout cas, pas les mêmes qu'ici. Ses avocats, à elle, sont tous des Gandhi. Chanceuse, pourquoi elle s'est barrée ? Les Etats-Unis sont le pire pays de l'humanité. Faudrait qu'on lui dise. Elle aurait pu aller au Canada, là-bas au moins, quand on vient pour vous enculer, on a la délicatesse d'apporter des donuts. OUVREZ TOUT DE SUITE CETTE PORTE ! JE VAIS M'ENERVEEEER ! le gars à la voix qui vrille, il est déjà énervé, s'il veut mon avis. Du coup je soupire et envoie au loin mon stylo. Je me lève d'un coup si bien que je titube et me raccroche à Lim. Elle a beau être minus, et toute plate, elle me rattrape. Elle est sans doute plus robuste que moi, dans le fond. Je la remercie d'un regard et puis, je lui dis d'un air autoritaire enfin j'essais : Fais comme moi. c'est un ordre. J'ai pris le ton que je prend quand je menace de la virer pour une raison X ou Y. La dernière fois j'avais mis l'un de mes disques et elle m'a demandé "de qui c'était ?" j'ai été tellement vexé que j'ai hésité entre la flingué avec mon fusil de chasse et la noyer au fond de la piscine. Sur la pointe des pieds, je rejoins le porte manteau et j'enfile cet énorme manteau de fourrure (je crois que c'est du coyote ?) ainsi que des bottes de pêcheur. Je me tourne vers elle et j'hésite. Je sais pas quoi lui donner. Du coup j'attrape la parka de Ryan, c'est du 10 ans, mais ça devrais lui aller. Enfin, peut-être. Enfile-ça. je chuchote, parce qu'on est tout près de la porte et puis je lui donne aussi mes converse all star. J'attends. L'avocat tape à nouveau sur la porte et je sursaute. Il gueule qu'il a des duplicata des papiers. Sérieux, qui dit encore duplicata ? QUI ? Sans doute un envoyé du diable. Quand elle semble prête, je l'attrape par la main et je la traîne jusqu'à la baie vitrée du salon. J'ouvre en grand la porte pour m'engouffrer dans le froid matinal. Je sors la tête et regarde vers l'entrée à quelques mètres où je vois l'avocat qui continue de tambouriner. Suis-moi. que je chuchote un peu trop fort. L'avocat tourne la tête vers moi. Mais... c'est... RIDCULE ! qu'il s'exclame. Sans lâcher la main de Lim je me met à courir. ON COURT ! que j'explique avec trois secondes de décalage avant de m'enfoncer dans les bois. Je sais pas combien de temps on court, mais je sais qu'on a pris de l'avance quand l'avocat s'est pris les pieds dans du matériel de jardinage qui n'avait pas été rangé (merci Lim !). La forêt, je la connais comme si c'était l'extension de mon salon. On finit notre course près d'une cabane en bois. J'aimerais dire que je l'ai faite pour mon fils Ryan, le fait est que c'est faux, je l'ai faite pour moi. J'entre dedansn et me laisse tomber sur le matelas sale de toxico qui prend toute la place. Je suis essoufflé. Autour de moi, y a 3 fusils, des canettes de bières vides et une bouteille de whisky. Je me redresse sur mes avant-bras pour regarder Lim que j'ai enfin lâché. Elle me regarde d'un drôle d'air. Tu peux entrer. je l'invite poliment.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Mar 3 Jan - 23:30

Il me regarde, mais il ne me voit pas. Il a l'air perdu et j'ai l'impression d'être un fantôme. Qu'il regarde à travers moi. Que je n'existe pas. D'ailleurs, il ne prend même pas la peine de me répondre. Je ne sais même pas s'il m'a entendue. Écoutée, ça non c'est certain. Je fronce un peu plus les sourcils en soupirant. Je ne sais pas si c'est la drogue qui le met dans cet état, ou s'il a toujours été déconnecté de la réalité. Perdu dans son univers qui tourne exclusivement autour de la musique. Je le sais, parce que les seules fois où nous parvenons à communiquer, généralement c'est pour parler de musique. De sa musique, pour être exacte. Paraît qu'il était célèbre. Du genre, super célèbre. Je veux bien le croire, si ça lui fait plaisir. La vérité c'est que je m'en contre-fiche. Et que le fait qu'il plane tout le temps et ne soit pas capable de se sociabiliser m'arrange complètement. Si je ne fais pas le ménage, il ne s'en rend même pas compte. Venir chez lui, c'est comme prendre des vacances. Alors, franchement, en contre-partie, je veux bien croire tout ce qu'il veut. Sans grande surprise, c'est uniquement lorsque je l'interroge sur le sujet qui l'intéresse qu'il semble enfin revenir à lui. Les connexions se font à nouveau et il atterrit. Enfin, autant qu'il en est capable.

- Hanté par un passé qui n'est pas le mien.
Je hausse un sourcil, sceptique.
- T'en penses quoi ?
- C'est cliché. Et du coup, c'est le passé de qui, qui vous hante ?

Je l'interroge du regard, pas franchement convaincue. Comme toujours, ma réponse est franche, sans détour et un peu froide. Mais je ne suis pas convaincue que ça puisse l'affecter d'une quelconque façon. Je pourrais lui dire ça en chantant et en dansant autour de lui tout en envoyant en l'air des pétales de fleurs, qu'il ne verrait probablement pas la différence. Je le soupçonne même d'entendre uniquement ce qui l'arrange. Ce mec a clairement l'oreille sélective. C'est peut-être une bonne chose finalement, pour vivre heureux. Dans le déni, certes. Mais heureux.

- Tu connais la musique, tu sais... Serve the servants ?

Je plisse les yeux et le dévisage durement. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est cette chanson, mais le titre raisonne de façon désagréable à mes oreilles. Je reste silencieuse quelques secondes, alors que je le toise sévèrement, méfiante.

- Est-ce que vous me demandez ça parce que je suis votre boniche ?

Ou peut-être que c'est moi qui vire parano. Quoi vois le mal partout. Je souffle et me radoucis un peu, avant de finalement hocher la tête de gauche à droite pour lui indiquer que non, je n'ai jamais entendu cette fameuse chanson. Les lèvres pincées, je tente de dissimuler le fait que je me sente attaquée dans ma fierté. Une fierté dont, de toute évidence, le grand blond n'a que faire. Je ne sais même pas s'il envisage le fait que j'en ai encore une. Je penche légèrement la tête sur le côté tout en le dévisageant. Estime-t-il seulement que les gens en aient une ? Parce que, honnêtement, il ne semble pas se soucier de la sienne non plus.
Au même moment, l'avocat dehors se met à beugler à travers la porte pour nous rappeler sa présence. Je fais claquer ma langue contre mon palais avant de soupirer bruyamment, exaspérée. Pourquoi est-il encore là celui-là ? Visiblement, lui non plus n'a pas l'air de s'encombrer d'une quelconque fierté. Les hommes. Il se met même à tambouriner comme un sauvage contre la porte d'entrée et je sens mon agacement se décupler face à ce manque de civilité et de retenue. Les américains étaient vraiment pire que des enfants.

- Y a persooooonne ! Ah. Qu'est-ce que je disais ! Pire que des enfants.

Son cri me fais légèrement sursauter et je baisse la tête vers lui, stupéfaite. Bon sang, la drogue lui avait vraiment ravagée les neurones. Ça devait être un sacré foutoir là-dedans. Dépitée je secoue lentement la tête et viens passer une main lasse dans mes cheveux, ne sachant plus de qui m'occuper.

- Les avocats, c'est la pire espèce d'humains qui existe. T'as de la chance qu'ils n'existent pas dans ton pays.

Pardon ? Je manque de m'étouffer et j'écarquille grand les yeux, ne pouvant retenir cette réaction de surprise. Indignée, blessée, je m'efforce malgré tout rapidement de dissimuler la moindre de mes émotions pour retrouver mon air impassible et froid. Mais au fond de mes yeux, c'est la tempête. Je serre les dents et déglutis tout en cherchant à contrôler le monstre de colère qui gronde sous ma peau. J'ai envie de le gifler, de l'insulter et de l'abandonner là. Mais je ne fais rien. Je ravale lentement mais sûrement chacune de mes émotions, je les enterre, les fait taire, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Jusqu'à ce que je sois suffisamment calme pour être capable de lui répondre.

- Ils existent dans mon pays.

D'où croyait-il que je venais ? D'un pays imaginaire peuplé uniquement de sauvages illettrés ? J'hésite de plus en plus à aller rouvrir la porte à l'avocat pour l'inviter poliment à rentrer et lui servir le thé. Juste histoire de me venger un peu pour son indélicatesse. Mais il ne m'en laisse pas le temps. L'avocat hurle à nouveau et Woody balance son stylo à travers la pièce. Je suis l'objet du regard, dubitative, mais je suis rapidement forcée de reporter mon attention sur le grand blond, car il se raccroche à moi, après avoir tenté de se lever ou quelque chose dans ce goût-là, j'ai un peu de mal à le suivre. Je prends fermement appui sur mes pieds et le retiens tant bien que mal, conservant mon air sévère et distant. Il pèse son poids l'animal mais ne semble pas s'en soucier outre mesure. Il me lance un regard que je ne déchiffre pas, faut dire qu'avec ses cernes et ses paupières tombantes, c'est difficile de le considérer autrement que comme un bovin qui s'ennuie.

- Fais comme moi.

Oula. Ça ne sent pas bon cette histoire. Pas bon du tout. Je connais ses idées excentriques et loufoques et mon instinct me souffle qu'il va recommencer à faire des choses incompréhensibles. Et j'ai raison. Il se dirige vers le porte manteau et enfile son horrible manteau de fourrure avec des bottes vertes. Mon dieu. Je ne m'intéresse absolument pas à la mode, mais là, je suis sûre qu'il est allé trop loin. Je m'approche, désespérée. C'est là qu'il me tend une veste qui me semble plutôt minuscule. Je l'attrape et l'observe sous toutes les coutures sans dire un mot. Je suis vraiment censée enfiler ça ? Vraiment ? Je relève les yeux vers lui et le fusille du regard. Il perd les pédales bon sang. Et ça ne s'arrange pas lorsqu'il me tend ses chaussures. Ses pieds doivent être trois fois plus grands que les miens, que veut-il que je fasse de ça ? De toute façon, j'ai déjà les miennes aux pieds. Je les lui indique d'un signe de doigt, contrariée. J'attends un peu en guise de protestation, refusant d'enfiler la veste, mais je finis par me résigner. Je soupire et lève les yeux au ciel. J'enfile ce qu'il m'a donné, non sans mal. Je suis comprimée et les manches sont un peu trop courtes. J'ai l'air stupide. Furieuse, je me plante devant lui.

- Sérieusement ?

Que je demande sèchement. Mais comme toujours, il n'écoute pas. Il se contente de.. Oh. Wait. De m'attraper la main ? J'entrouvre la bouche pour protester mais aucun son ne sort tant le malaise qui m'étreint est puissant. Je n'ai que très rarement des contacts physiques. Ipo à le droit de me toucher pour me soigner. Sinon, seul Bran dispose du droit de parcourir ma peau. Non pas que je craigne ça, mais la vie que je mène ne m'a pas donné beaucoup l'occasion de m'approcher de mes semblables et d'établir des contacts physiques avec eux. Mon palpitant s'emballe à cause de la gêne et ma main demeure molle dans celle de Woody alors que je ne sais plus quoi faire, me contentant de le suivre puisque je n'ai pas le choix.

- Mais... c'est... RIDCULE !

Pour le coup, je suis d'accord avec lui. Nous sommes ridicules. Grotesques même. Heureusement qu'à part lui, personne n'est là pour voir ce désastre. Mais je n'ai pas le temps de m'attarder là-dessus non plus, Woody me crie de courir et sans me laisser le temps d'assimiler l'information, il s'élance, me tirant derrière lui. J'échappe un petit cri de surprise et me mets à galoper derrière lui, tentant tant bien que mal de suivre le rythme, mais ses jambes lui permettent de faire des enjambées deux fois plus grandes que les miennes et je peine à garder le rythme. Je tourne la tête et de loin, je vois l'avocat allongé par terre, le poing tendu dans notre direction, en train de hurler des mots que je n'entends qu'à moitié.
Nous nous enfonçons dans la forêt et le souffle commence à me manquer. Mais enfin, il ralentit et cesse de courir avant de finalement libérer ma main. Je m'arrête aussi et souffle, les poumons en feu. Il pénètre dans une cabane et je finis par m'approcher de la porte à mon tour, restant malgré tout à l'extérieur alors que j'observe avec un certain dégoût l'état de sa cachette. D'une certaine façon, ça me rappelle un peu l'appartement dans lequel on nous stock comme du bétail. Un sentiment d’écœurement et de claustrophobie vient me saisir à la gorge et me comprime la cage thoracique, m'empêchant de pénétrer à l'intérieur.

- Tu peux entrer.

Je baisse les yeux vers lui, qui a déjà trouvé place sur un matelas dégueulasse. Je grimace un peu, hésite, toujours pas très à l'aise et la sensation de sa main dans la mienne continue de me brûler la paume. J'inspire et finit par rentrer, un peu à contre cœur.

- C'est votre cabane que je devrais venir nettoyer.

Quoi que, l'état de sa maison est à peine mieux. Je m'avance jusqu'au centre de la pièce et reste bêtement plantée là, n'osant pas toucher quoi que ce soit. Je ne me sens pas à ma place et ça me bloque complètement. J'observe un peu l'état des lieux avant de me rabattre sur lui. Je repasse dans ma tête la scène qui vient de se dérouler et finalement, j'échappe un soupire qui ressemble légèrement à un rire, mes lèvres s'étirant discrètement dans le coin droit. Tout ceci est complètement insensé. Tellement, que ça en devient amusant. Et je ne me rappelle pas de la dernière fois que j'ai trouvé quelque chose d'amusant.

- Vous êtes un sacré numéro, Mr Wood.

Que je finis par avouer, chassant ma colère au passage. Je viens glisser mes cheveux derrière mon oreille droite, dans un geste pondéré et sage, puis finalement, je viens m'asseoir par terre, en tailleur, juste au bord du matelas. Je l'observe en silence quelques instants alors que plusieurs questions me taraudent. J'hésite, réfléchis et finalement, me lance.

- Pourquoi vous restez tout le temps tout seul ?

J'aurais pu demander pourquoi l'avocat le harcelait, ou qu'est-ce qu'il aimait dans le fait de traîner ici et chasser pendant des heures. Mais la question que je lui ai posée me semble plus pertinente. Peut-être bien que j'outrepasse mes fonctions en engageant ce genre de conversation, mais je ne m'en soucie pas vraiment. Je sais déjà que s'il ne veut pas y répondre, il fera celui qui n'a rien entendu et changera simplement de sujet, me laissant seule avec ma frustration et mes interrogations.
Mais il est vrai que j'ai du mal à comprendre qu'il ait pu passer du statut de célébrité à celui d'ermite. D'une certaine façon, peut-être que ça m'énerve un peu. Il pourrait être entouré de milliers de gens, sortir, vivre pleins de choses. Mais il vit ici, cloitré comme un prisonnier. Et moi, moi qui suis vraiment prisonnière, ça m'insupporte. Je lui envie sa liberté et je lui en veux de la gâcher ainsi. Tout en ayant parfaitement conscience que ça ne me regarde absolument pas.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Lun 6 Fév - 11:13

C'est cliché. Je manque de m'étouffer quand elle me sort ça. J'ai envie de me jeter sur elle et de lui faire passer l'envie de sortir des trucs aussi absurdes. Je sais pas pourquoi ce qu'elle dit me fait autant de mal, mais j'ai l'impression qu'elle vient de plonger sa main dans mes tripes pour les secouer, les emmêler et me filer une bonne gerbe. Je me souviens de notre deuxième album. Le premier était parfait, génial, du pur génie, de l'art avec un A majuscule. Alors forcément le deuxième était attendu au tournant. Et la première critique qui est tombé, c'était Rolling Stone, l'une de mes références en tant que magazine musical, qui l'a publiée. La critique était horrible, ça nous défonçait du début à la fin, ça nous décrivait comme des amateurs qui avaient eu d'la chance pour pondre douze premiers bons morceaux et qui faisaient maintenant de la merde commerciale comme jamais. J'ai jamais eu aussi mal de ma vie. Je me souviens d'avoir pris Holly par les épaules et de l'avoir secoué de toutes mes forces TU COMPRENDS PAS ! TU COMPRENDS PAS C'EST IMPORTANT CA COMPTE POUR MOI ?! J'avais hurlé avant de me mettre en boule dans un coin de la chambre d'hôtel. ILS ME DÉTESTENT TOUS PUTAIN ! ILS COMPRENNENT PAS ! PERSONNE ME COMPREND ! J'avais crié en pleurant de rage. Je voulais annuler tous nos concerts prévus cet été là, je ne voulais plus sortir de l'hôtel. D'ailleurs, je suis pas sorti pendant dix jours, j'ai répondu à personne, je me suis défoncé et c'est tout, avec Holly. Je crois que c'est la semaine où elle a le plus consommé de sa vie. On s'est défoncé, et on a fait les cons. Elle occupait mon esprit pour ne pas que je repense à cette mauvaise critique. Chaque fois que j'avais cinq minutes de libre, je recommençais à rager. Et même si ce deuxième album a réalisé de meilleures ventes que le premier, même si les autres critiques nous présentait comme les nouveaux rois du punk-rock, je n’ai jamais oublié cet article du Rolling Stone. Je déteste la critique, je la hais. Si j'avais la critique en face de moi, je lui tordrais le cou et je lui cracherais à la gueule. D'ailleurs, je regarde Lim avec toute la haine du monde. Pff, t'y connais rien de toute façon. que je finis par conclure. Et je ne veux plus jamais, JAMAIS qu'on parle de ça, de cette phrase, de ma musique ou de mon art de toute ma vie. JAMAIS ! Peut-être qu'elle a raison, c'est affreusement cliché. Je suis affreusement cliché. Je suis le cliché de la rockstar qui a été pourri par le succès. Vous savez, ces jeunes qui sont obsédés par la gloire et qui, une fois qu'ils ont ce qu'ils veulent, deviennent complètement marteau. Je suis l'ex-drogué de base qui replongera, je suis le mec dégueulasse qui ne prend certainement pas une douche par jour, je suis l’anarchiste qui détruit tout sur son passage. Enfin, je change de sujet et lui balance la première musique qui me vient en tête et qui pourrait potentiellement l'intéresser. Serve the servents. Elle me lance un drôle de regard comme si je venais de l’insulter elle, et toute sa lignée. Est-ce que vous me demandez ça parce que je suis votre boniche ? Elle est méfiante, et moi  je lui lance un regard, j’hausse les épaules et je répond tout naturellement : Ouais. Ce n’est visiblement pas la bonne réponse, car elle semble touchée en plein coeur. Elle secoue la tête mollement pour dire qu’elle ne connait pas. Cette meuf n’a aucune culture, zéro. Même à Keller, dans mon petit village natal, on connait cette musique. Surtout à Keller, je crois. Car même si, là d’où je viens, Trump est arrivé premier des votes avec genre, plus de 90 % des voix, même si on accroche à nos fenêtre le drapeau des confédérés plutôt que le drapeau américain, les jeunes là-bas sont tellement dégoûtés par cette mentalité qu’ils forment un terreau fertil de révolutionnaires en puissance, futurs indignés et drogués malaisants. Bah tu devrais l’écouter, ça te plairait. Parce que c’est une bonniche, vous voyez ? Elle ne semble pas d’accord avec moi, tant pis.

De toute façon, ce connard d’avocat nous interrompt dans notre débat musical. Je le hais ce mec, je hais les avocats, et je ne manque pas de souligner la chance qu’elle a de ne pas en avoir dans son pays. Ca aussi ça semble déplacer car elle hoquette de surprise et j’ai l’impression que son visage va glisser le long de son crâne pour s’écraser en bouillie sur le sol. Je soutiens son regard et arque un sourcil. Bah quoi ? Elle me précise que les avocats existent bien là d’où elle vient. Ah. C’est peut-être pour ça qu’elle s’est barrée de là-bas ? Manque de bol chérie, ils sont encore plus chiants ici. Cependant, je me pose une question. Si y a une justice, des avocats et tout là où elle vivait … Bah qu’est-ce que tu fous là alors ? que j’demande. Bah ouais, personne n’a jugé bon de la défendre dans ce pays exotique ? Personne ne l’a empêché de rejoindre ce pays d’hypocrites ? Je ne sais pas dans quelle condition elle est venue ici, mais ça ne semble pas super légal tout ça. Parce que déjà, tout ce que mon manager -ex manager- me conseille est illégal. Ensuite, je connais la gueule de son patron, Bran. C’est un espèce d’ado attardé qui se prend pour le roi du pétrole. Les gars comme Bran ne lance pas tranquillement une société de nettoyage en même temps qu’ils passent le Bac. Je sais tout ça, je me doute bien, mais franchement je m’en fou un peu. Pour en revenir à mon avocat, je déteste de quitter le navire et j’entraine mon esclave avec moi. Elle me lance un drôle de regard quand je lui propose de se couvrir avant de sortir. Je ne m’en occupe pas, je suis déjà sympa de lui filer une parka, que ça soit sa taille ou non, franchement c’est du détail. De toute façon elle n’a pas le choix, je l’agrippe et je me mets à courir. Cache cache a toujours été l’un de mes jeux préférés. Je me souviens que quand j’étais petit, très petit on parle là d’environ dix piges, mon père était encore des nôtres à l’époque, il s’était pas encore malencontreusement fait péter le crâne. Bref j’étais vraiment petit et je me souviens que je voulais toujours jouer à cache cache avec ma soeur et mon frère. Je ne voulais jamais compter, parce que ça m’emmerdait de chercher, mais je voulais toujours me cacher. J’étais très fort à ce jeu-là. Au bout de notre jardin, y avait une voie ferrée. Alors, le temps que ma soeur compte jusqu’à 100, je courais, passais à travers la haie mal taillée et j’avais fais un petit trou dans le grillage pour protéger la voie ferrée avec des tenailles. Là y avait une pente à l’abris des regards, où les alcoolos du village venait boire (je le sais parce qu’il y avait des cadavres de bouteilles, de seringues et plein d’autre truc. Je me couchais dans la boue et je me recouvrais de feuille morte et j’attendais. Les parents nous interdisaient de venir sur la voie ferrée, alors je savais que les autres ne viendrait pas me chercher là. Je restais toute l’après-midi cachée dans le sol humide qui vibrait dès qu’un train passait à grands fracas à quelques centimètres de moi. J’étais couché là, comme un cadavre qu’on aurait voulu enterrer à la va-vite, et je me sentais bien. Recroquevillé dans la terre. J’étais à l’abris de tout. Et puis la nuit tombait et ma mère commençait à paniquer, mon père hurlait mon prénom avec sa lampe frontale. Alexis, ALEX ! qu’il criait. Mais le train m’empêchait d’entendre. Je restais là jusqu’à ce que j’ai trop froid ou trop faim, et à une heure avancée de la nuit, je sortais de ma cachette et revenait toquer à la porte d’entrée couvert de boue. Ma mère était tellement soulagée de me voir qu’elle en oubliait de me disputer, et pour la fugue et pour mes vêtements dégueulasses. Personne n’a jamais su où je me cachais. Parfois, j’aimerais retrouver ma petite tombe d’enfant, si douillette et si calme.

On arrive à la cabane, elle est essoufflée l’autre et regarde d’un oeil méfiant mon havre de paix 2.0. En fait j’ai l’impression qu’elle passe son temps soit à m’éviter, soit à se dire que je vais péter un câble et me tuer, overdoser ou faire un attentat dans les cinq secondes qui suivent. Je ne lui en veux pas, elle n’est pas la seule. Mais elle me regarde du même air que les journalistes me regardaient avant. Comme un type instable, même pas un être humain, un genre de monstre. C'est votre cabane que je devrais venir nettoyer. Je pouffe de rire. Sacrée bonne blague. Me tenant sur un seul avant bras, je passe l’autre main dans mes cheveux, car ils collent sur mon front. Comme si tu nettoyais quoi que ce soit. Je sais parfaitement que Lim est la pire des bonnes qu’on peut trouver sur le marché. Regardons les choses en face, mon manoir est aussi dégueulasse que quand je l’ai acheté, et je l’ai acheté alors qu’il servait de squat à des SDF. Oh, attendez, non, je me trompe ! Sauf ma piscine, ma piscine est toujours nickel. Je rectifie. Ma jolie piscine que j’ai fais construire le lendemain de mon emménagement, elle est propre, elle retire les feuilles, nettoie le filtre. Elle en prend soin de ma piscine. J’imagine que c’est parce que t’en profites. Je sais pas si elle le sait, pour les caméras de surveillance. Je sais pas si elle sait que je la regarde ne rien foutre, ramener sa cousine bizarre pour faire quelques tâches menues, et se prélasser toute la journée pendant que je suis en forêt ou que je bug quelque part dans une autre pièce de la maison. Maintenant oui, en tout cas. Peut-être que le jour où tu voudras piquer un somme dans mon lit j’aurais l’espoir que tu changes les draps. Ca fait un an que je suis ici, et j’ai les mêmes draps blanc à rayures vertes depuis. Je lui fais pas de reproche, je n’ai jamais changé un seul draps de ma triste vie. Ma mère ou ma soeur le faisaient pour moi quand j’étais jeune, et puis Holly, et puis les femmes de chambres d’hôtel, et puis des femmes de ménage. Je ne sais pas m’auto-gérer autrement qu’en me piquant entre les orteilles et en coupant mes cheveux au taille-haie.

Elle dit un truc que je n’écoute pas, parce que je m’en fiche complètement. Je suis occupé à chercher de la bière, je trouve un pack à moitié entamé et j’en sors une canette en oubliant de lui en proposer, elle se servira si elle en a envie. Elle s’est assise en tailleur et je l’imite maladroitement. Elle ne semble ni à l’aise, ni mal à l’aise, simplement projetée dans un autre univers qui n’est pas le sien. Comme dans ce pays en fait. Je sais bien qu’elle n’est pas américaine, qu’elle ne l’a jamais été et qu’elle ne le sera jamais. J’arrive pas à comprendre ce qu’elle fait ici ni pourquoi elle reste, cela dit. Je prends une gorgée, ma bière est dégueulasse et chaude, réchauffer par mon matelas sale et ma couverture piquée à Holly, un jour où j’étais venu chercher Ryan. Pourquoi vous restez tout le temps tout seul ? Qu’elle finit par dire. Je lui lance un regard. Je sais pas répondre au question. On m’en a posé toute ma vie mais je ne sais pas y répondre. Et ça veut dire quoi, ces paroles ? Pourquoi vous avez écrit ça ? Pourquoi vous vous habillez comme ça ? Pourquoi vous prenez de la drogue ? J’en sais rien, je le fais, c’est tout. Et puisque je ne sais pas répondre aux questions, le reste du monde trouve toujours la réponse qu’ils veulent. Ils s’amusent à inventer une raison freudienne à mon comportement. Ils ont peut-être raison, je ne suis pas plus compliqué qu’un autre, je réfléchis autrement, c’est tout, mais y a rien de foncièrement dur à comprendre. Je suis comme ça car je suis l’enfant d’une génération déçue, je suis un fils de femme, avec un père crevé. J’aime la musique car elle ne demande pas d’explication, elle s’exprime voilà tout, j’aime diriger, tout ce que je fais j’y réfléchis et je ne supporte pas la critique. Le succès et la haine m’ont flingué, donc j’ai essayé de me flinguer. J’ai eu un bébé à 23 ans, et c’était beaucoup trop tôt. J’aimais me droguer, j’aime encore ça, mais je ne le fais plus. Vous voyez, rien de compliqué. Parce que j’aime pas les gens. Vraiment, rien, de, compliqué. Je sais qu’elle va comprendre, elle non plus n’aime pas les gens. Lim est une rebelle beaucoup plus que je le suis. Avec sa tronche d’asiatique, ses fringues tout ce qu’il y a de plus banal, sa coupe au carré et son job de merde, elle est la vraie révolutionnaire dans cette pièce, celle qui s’en fout vraiment, celle qui ne fait que vivre et qui porte en elle le cri de haine le plus puissant. J’le sens. Tu sais les gens, ils vont essayé de te trainer en procès dès que tu seras plus à la hauteur, comme cet avocat. Ils vont te casser si tout va bien, et le jour où ça ira plus, ils te casseront deux fois plus. Parce que c’est dans la nature humaine de vouloir écraser les autres pour se sentir moins merdique. Je bois un peu de bière. J’ai supporté la foule pendant dix ans, j’en avais envie tu vois. Et puis je me suis rendu compte que c’est pas parce que j’étais entouré que j’avais pas envie de me coller un flingue dans la bouche, tu vois. Parce que tout ça, ça sert à rien. J’ai besoin d’être tranquille, tu vois ? Sans personne pour me dire si ce que je fais craint ou pas. éviter le plus possible ce calme que j’avais découvert lors de mon petit séjour en psychiatrie, après ma dernière TS. C’était bon, bien. Retrouver cette sensation de liberté qui m’avait échappé au fil du temps. Parce que quand j’étais au sommet de la gloire, icône du punk-rock, on était peut-être des gamins terribles qui pouvaient tout se permettre, mais on n’était pas libre. Car chacun de nos gestes étaient décryptés et dégueulés par la presse le lendemain. Et on se retrouvait en héros tragicomiques d’une pièce qui nous dégoûtait. Maintenant, je fais vraiment ce que je veux. Enfin, nouvelle gorgée de bière. Je plonge une autre main dans les grandes poches de mon vison et en sort l’un de mes multiples paquets de cigarette dispersés partout dans mes fringues, ma maison et même la forêt, j’allume une clope. Et toi ? Pourquoi tu fais ça ? T’es nulle comme bonne et j’vois bien que ça t’intéresse pas de faire le ménage chez moi. Je reste persuadé que ça peut être une vocation pour des gens. Manifestement pas pour elle. T’aimes pas notre pays, tu m’aimes même pas moi. Alors, qu’est-ce qui te retiens ? Je touche un point sensible, je crois. Elle a l’air mal à l’aise.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Mer 8 Mar - 11:57

- Pff, t'y connais rien de toute façon.
Il a peut-être raison. C'est vrai au fond, que je n'y connais rien. Ce n'est pas comme si j'avais tout le temps pour écouter de la musique. En revanche, ça ne m'empêche pas d'avoir un minimum de discernement et d'être capable d'apprécier ou non quelque chose. Mais je n'ai pas envie de débattre là-dessus avec lui, encore moins maintenant. Je me contente donc de soutenir son regard haineux, inébranlable, nullement atteinte par l'égo froissé de Mr Wood qui semble vouloir me faire exploser sur place.

- Ouais. Bah tu devrais l’écouter, ça te plairait.
- Si vous l'dites.

Je me contente de hausser un sourcil et de le dévisager à la fois avec lassitude et un peu de pitié, je crois. Je ne sais pas trop à quoi il joue, pourquoi est-ce qu'il me sort ça, s'il est sincère, s'il veut juste se venger ou s'il est tout simplement défoncé. Peut-être un mélange des trois en fait. Probablement, oui. Je décide de ne pas m'en formaliser. De toute façon je ne pense pas qu'il soit possible d'avoir une conversation normale avec lui. Il est sans cesse ailleurs, perché tellement haut qu'il vit carrément dans un autre monde que le nôtre. Et je ne suis pas sûre que son monde soit meilleur que le mien au final. A croire que vouloir échapper à la réalité ne suffit pas à accéder au bonheur. Parce qu'il n'est pas heureux, ça se voit. Ça crève les yeux.

- Bah qu’est-ce que tu fous là alors ?

Je me braque aussitôt. Je serre les dents et tous les muscles de mon corps se crispent les uns après les autres. Je suis figée et je le fixe durement, cherchant désespérément à ravaler toutes les émotions qui sévissent dans ma poitrine. Et j'y arrive, comme toujours. Je calme la tempête interne, conserve mon air froid et distant et détend légèrement mes épaules. Qu'est-ce que je fous là. J'ai presque envie de tout lui dire, même s'il devrait déjà le savoir techniquement. Étant donné que les gens ne passent jamais par des moyens légaux pour entrer en contact avec le gang. Mais il n'a pas l'air de savoir et ça ne m'étonne pas. Peut-être qu'il n'a jamais su. Ou peut-être qu'on lui a dit lorsqu'il était défoncé et l'information a été bousillée par la drogue qu'il prend. Ou prenait. Je n'arrive jamais à savoir avec lui. Je déglutis, ne sachant pas quoi répondre.

- Parce que ça vous intéresse ?

J'en doute. Il n'a pas trop l'air d'être le genre de mec à se soucier de la vie des autres. Il n'a pas l'air de se soucier de quoi que ce soit d'autre que lui à vrai dire. Et j'espère que répondre à sa question par une question suffira à le décourager et à abandonner. En parlant d'abandonner, le voilà qui m'oblige à quitter la maison avec lui pour fuir l'avocat insistant. Je ne suis pas certaine de bien tout comprendre à ce qu'il vient de se passer, mais en quelques minutes - et avec un point de côté en prime - je me retrouve devant une cabane dans les bois. Probablement là qu'il passe tout son temps lorsqu'il disparait. Je scrute l'endroit, ne pouvant m'empêcher d'échapper une remarque sur l'état général de sa cachette.

- Comme si tu nettoyais quoi que ce soit.

Surprise, je tourne la tête vers lui et le dévisage sans comprendre. Je ne dis rien et me contente de froncer les sourcils, me tendant légèrement. Est-ce qu'il est vraiment capable de se rendre compte que je ne nettoie pas vraiment chez lui ? Est-ce qu'il voit qu'il n'y a jamais de différences ? Ça me surprend un peu, je ne le pensais même pas capable de savoir à quoi je ressemble vraiment tellement il ne voit rien autour de lui, alors ça, franchement ? Méfiante, je garde le silence, ne voulant pas me griller pour rien. S'il s'en était vraiment rendu compte, pourquoi ne rien dire ? Ni à moi, ni à Bran ?

- Sauf ma piscine, ma piscine est toujours nickel. Je rectifie. J’imagine que c’est parce que t’en profites.

Je blêmis légèrement, ne m'étant vraiment pas attendu à ça. J'entrouvre la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sort. Je ne sais plus où me mettre. Je tente de rester calme et impassible, mais je deviens nerveuse. Pas vis-à-vis de lui, non. Je le juge plutôt inoffensif. Mais s'il vient à en parler à Bran, je suis mal. Très mal.

- Peut-être que le jour où tu voudras piquer un somme dans mon lit j’aurais l’espoir que tu changes les draps.

Le pire, c'est qu'il a raison. Parce qu'il est hors de question que je dorme dans son lit vu l'état et l'odeur. Je préfère largement le confort du canapé. Je passe une main dans mes cheveux pour les ramener en arrière et soupire discrètement avant de venir faire claquer tout doucement ma langue sur mon palais. Je me redresse comme je peux et repose mon regard sur lui, refusant de courber l'échine ou de paraître trop faible, trop navrée. Ce serait hypocrite, je ne le suis pas. Je suis juste gênée et frustrée qu'il sache tout ça. Mais malgré tout, certaines incompréhensions demeurent.

- Si vous en êtes si sûr, pourquoi ne m'en avoir jamais parlé avant ?

J'essaye de rester sûre de moi, comme si j'avais encore l'espoir de démentir tout ce qu'il vient de dire. Comme si je ne venais pas de signer mon propre arrêt de mort, ou quelque chose comme ça en tout cas. Bon sang, pourvu qu'il ne me dénonce pas. Et je me sens un peu ridicule pour l'avoir pris pour plus bête qu'il n'est réellement. Ses absences, son air décalé, ailleurs, tout ceci a finit par me mettre bien trop en confiance et j'ai dépassé trop de limites. Ces limites que je hais, viscéralement. Celles qui me séparent encore de la condition humaine. Celles qui font de moi ce que je suis : une marchandise. Mon cœur se serre à cette pensée et je détourne la tête une seconde pour lui cacher l'émotion qui me traverse à cet instant, sans que je ne puisse l'en empêcher. Une émotion sincère, brute, de celles que je ne m'autorise pas à avoir généralement. Je me calme progressivement pendant qu'il attrape une bière et s'installe en tailleur, comme moi, sur le matelas. J'ose finalement lui refaire face et la curiosité qui me pique la langue depuis bien longtemps déjà m'échappe et voilà que je l'interroge. Je ne me souviens pas avoir réellement discuté avec lui un jour. Pas comme ça. Pas comme maintenant. Et finalement, c'est plutôt agréable.

- Parce que j’aime pas les gens.

Je ne bronche pas, mais tout mon être vibre face à ses paroles, comme un écho. Pour la première fois depuis que je le connais : je le comprends. Les gens sont décevants, égoïstes et intéressés. Ils ne se soucient jamais de personne d'autres qu'eux-même. Et même lorsqu'ils prétendent l'inverse, c'est toujours à des fins purement égoïste. Pour avoir l'entière satisfaction d'avoir fait quelque chose de bien. Et là, il se met à me déverser un flot de paroles intarissable. Je deviens muette et lui prête une oreille attentive, plus que jamais. Je bois ses paroles, comme s'il me délivrait une vérité que je connaissais déjà. C'est la première fois qu'il s'ouvre à moi de la sorte et je ne peux m'empêcher d'être touchée. Je le fixe et une étrange sensation m'envahit : celle de ne plus être seule. Je baisse les yeux une seconde, troublée et souffle doucement :

- Je vois, oui.

Oh oui, je vois. Je vois trop bien, malheureusement. Et lorsque je repose mes yeux sur lui, c'est étrange, mais j'ai l'impression qu'il est différent. Comme si ce qu'il venait de me confier sur lui changeait tout. Il n'est plus ce mec défoncé, abimé par la drogue, qui a déraillé sévère et qui n'attisait en moi que de l'indifférence ou de la pitié. Non, j'ai l'impression de le voir tel qu'il est réellement, ou du moins, tel qu'il me permet de le voir. Un peu plus proche de la vérité. Et je ne vois plus ses fringues crades, déformés, ses cheveux gras pas peignés. Non, c'est comme si ses quelques mots me permettaient de voir au-delà de tout ça. Et bizarrement, ce que je vois me plait. Je souris discrètement, emportée par cette sensation de ne plus être seule, de ne plus être incomprise. C'est réconfortant. Une douce chaleur diffuse là, au creux de ma poitrine.

- Et vous êtes heureux, maintenant ? Maintenant que vous êtes tranquille ?

Il n'en a pas l'air pourtant. Mais peut-être que je me suis plantée. Après tout, je l'ai déjà mal jugé une fois, pourquoi pas deux. Je l'observe boire sa bière et je me sens apaisée. Drôle de sensation, je ne me souviens pas l'avoir déjà éprouvé autrefois.

- Et toi ? Pourquoi tu fais ça ? T’es nulle comme bonne et j’vois bien que ça t’intéresse pas de faire le ménage chez moi. Je me braque. La chaleur disparait, le froid reprend toute la place, triomphant, comme toujours. - T’aimes pas notre pays, tu m’aimes même pas moi. Alors, qu’est-ce qui te retiens ?

Je détourne le regard pour venir fixer mes mains, sagement reliées sur mes genoux. Je deviens nerveuse, silencieuse. Je me sens subitement harassée par une peine immense que je peine à dissimuler. J'échappe un petit rire nerveux, pour tenter de reprendre contenance mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression d'être en train de me casser violemment la gueule, sans pouvoir arrêter ça. Une longue chute, interminable et douloureuse. Mais je ne supporte pas de paraître fragile ou vulnérable. Alors je déglutis et rassemble toutes mes forces pour me forcer à me redresser et lui faire face. Mon regard se plante dans le sien et j'ai l'impression qu'au fond de mes prunelles, on peut y voir toute la tragédie de ma vie s'y jouer. Pour autant, les traits de mon visage sont tirés et durs, j'ai serré mes mains encore plus fort, comme pour garder un pied dans la réalité. Ne pas s'effondrer. Seuls les lâches et les faibles baissent les bras, abandonnent, craquent. Et je ne suis pas ça. Je me suis promis de ne jamais être comme ça.

- Vous n'avez aucune idée de l'organisation que vous payez pour m'avoir, n'est-ce pas ? Ma voix tremble légèrement. - Je ne suis pas ici de mon plein gré. Je n'ai pas le choix, c'est comme ça.

Je me durcis au fur et à mesure que je parle, ne souhaitant franchement pas attiser sa pitié. De toute façon, je ne pense pas qu'il soit capable de compassion à ce point-là et pour être honnête, ça m'arrange. Je ne m'étends pas sur le sujet, ne souhaitant pas en dévoiler plus qu'il n'a le droit de savoir, au risque d'avoir des problèmes sinon. Je déglutis, marque une pause, avant d'ajouter d'une voix plus basse, plus hésitante.

- Je ne vous déteste pas. Je me remets à fixer mes mains. - Vous êtes probablement un des employeurs les plus sympas que j'ai eu. Et c'est peu dire. Je relève lentement la tête vers lui, un maigre sourire délicat au coin des lèvres.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Ven 7 Avr - 10:44

Elle blêmit complètement quand je révèle savoir parfaitement qu'elle est la bonne la plus fainéante de l'histoire des bonnes. Loin de la Cendrillon, exploitée mais efficace, cette nana manie l'art de la procrastination à la perfection. Mieux que ça, elle utilise les autres (sa cousine en l'occurence) pour servir à sa place. J'aimerais lui dire que j'admire son esprit contre-productif et sa faculté de ne rien foutre sans en avoir rien à foutre. Mais toutes les couleurs glissent de sa peau jusqu'à ses pieds, et ça casse un peu l'image de la rebelle sans scrupule que je m'étais faite d'elle. Elle a peur. J'le sens. J'ai du mal à croire que c'est moi qui puisse lui faire peur. J'ai la force d'un scarabée, très doué pour survivre mais aucune marge d'attaque. Je ne sais pas me battre, fallait nous voir avec Holly quand on se tapait dessus comme des dégénérés, ça ressemblait plus à une chorégraphie de pro exécutée par des types bourrés qu'à une vraie baston. Et pourtant on s'envoyait des trucs au visage, genre nos poings, et on pissait parfois le sang. Mais rien d'effrayant. Enfin bref, je ne suis pas non plus un gars qui m'énerve. Je serais incapable de l'engueuler quand bien même j'en aurais envie. Au pire quoi ? Je la congédie et puis c'est tout. Et même ça, j'ai trop la flemme de le faire. Donc, j'arrive pas à imaginer qu'elle a peur de moi, pourtant je sens son angoisse qui bat au rythme de son petit coeur tachycardique. Si vous en êtes si sûr, pourquoi ne m'en avoir jamais parlé avant ? Elle balance, sûre d'elle en apparence. Si j'en suis si sûr ? Je ne suis pas aveugle pauvre cloche, comment veux-tu que je n'en sois pas sûr ? Je vois bien l'état de bordel permanent de mon habitation, la poussière qui s'accumule, la moisissure qui se propage. L'endroit n'est pas mieux, il est pire que quand je l'ai acheté, des meubles en plus pour prendre la poussière voilà tout. Et puis, j'ai des caméras. J'voudrais ajouter. Mais j'ai peur que ça soit illégal de filmer quelqu'un (même dans les chiottes) à son insu. Le peu de discernement qu'il me reste me pousse à garder cette information pour moi. Du coup, je me contente d'hausser négligemment les épaules et de répondre d'un air égal : Ça me dérange pas, le bordel. et ça ne me dérange pas non plus de payer une fille à ne rien faire, ou à sous-traiter. Le bordel, je l'aime, je le chéri. J'en ai besoin pour me sentir bien. J'aurais l'impression d'être dans un centre de désintoxication s'il n'était pas là pour me protéger. J'ai toujours saccagé tous mes lieux de vie, parce que j'ai besoin qu'il soit raccord avec mon moi-intérieur. C'est un ouragan permanent sous ma tignasse blonde. C'est pas grave, je ne m'en plains pas. Cet ouragan m'a fait devenir très riche et très connu. Je l'aime mon désordre intérieur.

Elle enchaîne sur autre chose, et je répond avec une facilité et une fluidité encore méconnue jusqu'ici. Ça ne me dérange pas de lui confier pourquoi j'ai dis adieu au monde. J'ai l'impression qu'on n'a quelques points communs, elle et moi, malgré tout. D'ailleurs, son regard captivé par mes mots marmonnés me le confirme. Elle se retrouve dans mon discours typique d'un suicidaire repenti. Un sourire fend son visage d'habitude si fermé. J'ai l'impression qu'on parle la même langue pour la première fois en des mois. Qu'on est dans le même espace-temps. D'habitude, j'ai l'impression de me situer dans un monde parallèle, vous savez. D'être invisible et muet pour tous les autres, comme ils le sont pour moi. Dans ma cabane vétuste on a trouvé une porte, genre comme dans Stargate. Et puis elle pose la question à un million de dollars. Et vous êtes heureux, maintenant ? Maintenant que vous êtes tranquille ? Mon regard vague, qui ne voit d'habitude pas grand chose se pose enfin sur elle. Je n'ai aucune expression particulière. La réponse est pourtant toute bête, toute simple. Elle clignote dans ma tête comme un foutu néon. Bien sûr que non, j'le suis pas. Une fois qu'on a pris de l'héroïne, on n'est plus jamais heureux de sa vie. On a beau savoir que ça changera tout, avant, on a beau savoir que c'est la drogue de laquelle on ne redescend jamais, on en prend quand même et puis là on comprend enfin que plus rien ne sera jamais comme avant. Au début, on le sait sans se l'avouer. J'me souviens de cette première prise, à 19 ans avec tous les gars du groupe, j'me souviens de l'aiguille, de notre excitation au moment de se piquer. Et puis le blast. Comme si on était touché par la grâce vous savez. L'onde de choc a envahi nos veines. On a basculé en un tiers de seconde. Et je ne sais plus être heureux depuis ce jour. J'ai oublié. L'héroïne vous procure une sensation que vous ne pourrez jamais imaginer sans en goûter. Mais une fois que vous avez connu ça, vous ne pourrez plus jamais revenir en arrière. Tout devient secondaire, la bouffe, la vie, la baise. Une fois que ma prise d'héro est devenue régulière, je n'ai plus jamais pu faire l'amour à Holly sobre, parce qu'il n'y avait qu'une aiguille dans les veines qui me faisait triquer. Et ça, on l'ignore, quand on prend son premier shoot. Enfin bref, j'aurais pu répondre tout ça à Lim. Mais au lieu de ça, je dis simplement : J'suis pas plus malheureux qu'avant. Juste, pas pour les mêmes raisons. Avant c'était cette success story ridicule et toutes les conséquences nauséeuses que ça a pu avoir qui me flinguait. Maintenant c'est de regretter cette vie là, pleine de reconnaissance et de drogues. Je suis un éternel insatisfait. Le jour où je serais heureux de ce que j'ai et de ce que je suis, là, faudra pas que je me loupe en me tirant une balle dans la cervelle. Je vois pertinemment qu’elle attend quelque chose d’autre, peut-être que je développe, que j’explique. Comment je pourrais expliquer ? J’en sais rien du tout. Je noie ses espoirs en prenant une grande gorgée de bière. Et puis je change de sujet en passant sur ses propres problèmes. Pourtant je suis du genre égocentré, je me fiche souvent des autres, ou pas assez Entre deux, mais je ne pose jamais de question sur les autres.

Comme je l’ai deviné, elle se vide de ses couleurs à nouveau. Elle cherche à fuir la conversation du regard, comme si elle voulait se détacher de son corps et se projeter dix kilomètres plus loin de mes questions un peu trop personnelles. Elle ne s’attendait certainement pas à ce que je sache tout ça. A ce que je vois ce genre de chose. Mais je le vois. Ces aller-venue de Bran, son air de conquistador, et le visage de Lim qui change quand il arrive. Je vois bien qu’elle est comme un volcan endormi. Oui, c’est comme ça que je la vois, exactement, c’est le bon terme. De façade, elle n’est rien de plus qu’une foutue colline, les herbes, les arbres, le les buissons, que sais-je, tout a repoussé sur le sol fertile de sa personnalité flamboyante pour l’étouffer complètement, la cacher. Il faut aller fouiller loin, très loin, pour retrouver la lave brûlante d’une colère maîtrisé. Mais je ne parvins pas à déterminer l’origine de son mal. Je lui pose la question. La lave irradie de chaleur pour brûler ma langue trop curieuse. Vous n'avez aucune idée de l'organisation que vous payez pour m'avoir, n'est-ce pas ? Je fronce légèrement les sourcils. Je ne suis pas ici de mon plein gré. Je n'ai pas le choix, c'est comme ça. J’hausse les épaules, pas attendri plus que ça par son discours. On vit tous une forme d’esclavage moderne, c’est mon avis personnel. Désolé qu’elle en soit encore à l’étape du trafic d’humains. En fait non, je ne me sens pas désolé. Et je serais désolé d’être hypocrite d’une quelconque manière avec elle. Y a un silence qui s’installe entre nous. J’pensais que t’étais du genre a avoir le choix quoi qu’il arrive. Et si ce n’était pas le cas, qu’elle serait du genre à se le créer, le choix. Force brute, bouillante sous des kilomètres de terre, je me rends compte que j’essaie de réveiller le volcan. Elle seule, entre nous deux, a encore le feu sacré. J’suis qu’un maudit caillou carbonisé à côté. Je ne vous déteste pas. Qu’elle ajoute précipitamment, sans doute pour classé le sujet de sa condition le plus vite possible. Comme Chimène à Rodrigue, j’ai l’impression que cette phrase veut en fait dire qu’elle m’apprécie. J’esquisse un sourire. Il n’y a plus grand monde dans ma vie pour m’apprécier. Ryan, est l’un de mes meilleurs amis sur Terre. C’est aussi mon gamin, j’imagine que c’est normal, à 8 ans, d’idéaliser son géniteur et de ressentir une espèce de reconnaissance pour celui qui a fourni le sperme qui vous a donné le vie. A l’inverse, j’imagine que, aussi égocentrique soit-il, c’est normal d’aimer démesurément son sang et sa chair. Je n’ai jamais réussi à me lier d’amitié avec mes semblables autrement. Les seuls amis que j’ai eu étaient aussi timbrés que moi -mon groupe et Holly. Et encore, les voilà tous contre moi. Mes autres amis étaient ou mes dealers -notre rapport était donc basé uniquement sur la dépendance financière et physique- ou des gens admiratifs de moi. Je ne les aimais donc, que parce qu’ils m’aimaient eux. Maintenant qu’il n’y a plus rien chez moi qui provoque l’empathie et que je suis officiellement un ex-héroinomane, j’ai perdu pas mal d’amis. Créer un lien avec Lim, c’est comme faire sa rentrée des classes, à 4 piges. Vous êtes probablement un des employeurs les plus sympas que j'ai eu. Taffe de clope, je me noie dans un nuage de fumée, je me sens nauséeux, comme souvent, je me sens vague. C’est cool comme sensation. Je reprends de la bière pas fraiche pour accentuer mon état. Tu veux dire, comparé à ton patron ? Bran, j’entends. Elle tressaille. Je ne l’aime pas particulière Bran, il débarque sans être invité et je déteste ça. Sur mes caméras, je l’ai même déjà vu roder autour de chez moi sans même me prévenir. Il a l’attitude d’un adolescent avec les hormones en folie et l’intellect d’Hannibal Lecter. C’est l’impression qu’il me donne, et ça ne le rend que plus effrayant. Un peu comme ce psychopathe de Kylo Ren, vous voyez ? J’l’aime pas particulièrement ce mec, et j’suis pas du genre à colporter des ragots. Si tu me dis qu’il est à la tête d’un cartel, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? J’suis sincère, chacun ses problèmes. J’espère la pousser à parler, juste parce que j’aime savoir qui entre et sort de chez moi. Mais ça ne semble pas être dans ses projets directs. Si c’est par peur d’être jugée, je lui raconterais bien que j’ai déjà eu à faire à des tonnes de prostitués sous héro alors que mon fils jouait dans le salon et qu’Holly pleurait dans la salle de bain. Mais on va garder ce genre de confidences pour plus tard.
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MessageSujet: Re: je ne suis pas oisif, je soigne mon royaume intérieur (woodim)   Dim 23 Avr - 10:14

- Ça me dérange pas, le bordel.
Je fronce les sourcils, de plus en plus dubitative. Si ça ne le dérange pas, pourquoi il ne me renvoie pas ? Et même, pourquoi est-ce qu'il a pris une femme de ménage à la base ? Je le fixe, de toutes mes forces, comme si j'allais pouvoir trouver la réponse comme ça. En le dévisageant. Mais rien ne vient. Il demeure un mystère à mes yeux et je n'arrive pas à le cerner, à le comprendre. Je n'arrive pas à savoir comment il fonctionne ou ce qu'il se passe dans sa tête. Je ne sais pas si c'est dû à toute la drogue qu'il a prise dans sa vie et qui lui ont cramé les neurones. Ou bien s'il est né comme ça. Étrange, bizarre. En décalage avec la société. Dans tous les cas, ça n'a pas l'air de le déranger d'être comme ça. D'être en marge. Au contraire même, ça a l'air d'être exactement ce qu'il veut. Et moi, je ne comprends pas. Moi je voudrais tellement faire partie de cette foutue société. M'intégrer, devenir quelqu'un de normal, avec une vie normale. Me fondre dans la masse, dans le décor. Me lever le matin pour aller travailler, m'acheter un café sur le chemin, manger à la cafétéria de mon boulot avec mes collègues. Et le soir sortir boire un verre, aller voir un film au cinéma. J'ai envie de faire toutes ces choses terriblement banales. Parce qu'à mes yeux, elles paraissent extraordinaires. Mais puisque je ne peux pas, puisque cette vie là n'est pas pour moi, j'aimerais apprendre de Woody. Devenir comme lui. Aimer ma solitude, la chérir, m'épanouir dans le bordel et dans une vie qui ne me convient pas. Je voudrais faire un pas vers lui, pour qu'il s'ouvre encore plus, lui montrer que je m'intéresse à lui, à sa vie, à son cerveau aussi surprenant que fascinant. Mais je n'y arrive pas. Je n'ai pas l'habitude de créer des liens avec les gens, je ne sais pas vraiment par où commencer. Ce qu'il faut dire, ou faire. Alors je reste sur la défensive, parce que ça, je sais faire. Je hausse les épaules, dans un geste nonchalant et souffle.
- Si vous voulez dépenser votre trop plein d'argent pour rien, après tout, ça vous r'garde.
Si j'avais sa fortune sous la main, je pourrais partir d'ici si facilement. Disparaitre, changer de pays, d'identité et ne jamais me faire retrouver le gang. Et je crois que je finirais par retourner au Laos. Retrouver mon village. Ou ce qu'il en reste. Est-ce qu'il en reste quelque chose ? Aucune idée. Mais je sens que j'ai ce besoin là, qui grandit quelque part dans ma poitrine. Ce besoin de renouer avec mes racines, au moins une fois. C'est peut-être une affreuse idée. Peut-être que ça me ferait trop mal. Mais j'ai besoin de le faire, j'ai besoin de savoir. Y a toujours cet espoir muet là, caché sous mon palpitant, que j'ai de la famille quelque part. En plus d'Ipo. Peut-être que ma mère a survécu ? Peut-être qu'ils n'ont pas tué tout le monde ? A quoi bon espérer. Je n'aurais jamais sa fortune. Et je ne me libèrerai jamais de leur emprise. Reste sur terre Lim, ou tu vas encore t'écraser. Alors, je me concentre sur lui et je l'écoute parler. Ça occupe mes pensées et chasse les ombres de ma mémoire. Il balaye tout avec son discours déstabilisant. Mais je bois ces mots, parce qu'ils trouvent un écho en moi. Lui et moi, on n'a rien à voir. Et pourtant, à cet instant, je me sens proche de lui. Sur la même longueur d'onde. C'est naturel, c'est évident. Et, sans que je ne l'explique, ça fait du bien. Ça vient étouffer un peu la sensation de solitude qui m'étreint en permanence. Ce n'est pas un mec du gang. Ce n'est pas une fille du gang. Et ce n'est pas un patron comme les autres. En fait, j'ai l'impression de discuter normalement, avec une personne lambda. Comme le font des millions de gens au quotidien. Et c'est rafraichissant.
- J'suis pas plus malheureux qu'avant.
Et sa phrase reste en suspend, me laissant un peu perplexe. Un peu sur ma faim. Je la fais tourner en boucle dans ma tête, mais elle me laisse un goût amer, quoi que je fasse. Je me contente d'un léger haussement de sourcil, sans même le regarder. Je demeure silencieuse et songeuse, sans trop savoir quoi penser de tout ça. C'est assez triste, finalement. Et en même temps, c'est rassurant. Parce que je me dis que je pourrais peut-être y arriver moi aussi. Il n'a pas tort au fond, comment ça pourrait être pire que maintenant ? Il n'est pas plus mal qu'avant et en prime, il a la paix. Au fond, quelque part, à mes yeux il y a gagné.
- Qu'est-ce qui pourrait vous rendre heureux ?
Que je demande finalement. Sincèrement intéressée par sa réponse. J'ai envie de savoir, j'ai envie de comprendre. Je me sens un peu comme une scientifique qui décortique le cerveau d'un mort pour en comprendre le fonctionnement. J'ai envie qu'il me livre avec cette honnêteté totale dont il est capable, tous les secrets des rouages de son esprit. Parce qu'il s'en passe des choses visiblement, sous cette tignasse blonde terne et mal entretenue. On ne dirait pas comme ça. On s'attend à ce qu'il soit éteint là-haut, que la drogue ait tout bousillé, qu'il ne reste plus rien. Mais de toute évidence, c'est totalement faux. Ça fourmille, ça vie. Et je veux savoir. Mais on aborde un sujet désagréable et je suis étrangement soulagée de le voir hausser les épaules face à mes mots. Comme si ça ne l'atteignait pas, et qu'il s'en foutait réellement. C'est à la fois vexant et rassurant. Parce que je ne supporte pas la pitié dans le regard des gens. Je ne supporte pas qu'on est de la peine pour moi. Je trouve ça rabaissant, humiliant. Et en même temps, ça me gêne un peu, d'une certaine façon, que ça ne lui fasse ni chaud ni froid de participer à ça. De financer un trafic d'êtres humains.
- J’pensais que t’étais du genre a avoir le choix quoi qu’il arrive.
Je me redresse, surprise de cette phrase. Je plisse légèrement le front et le dévisage avec étonnement et intérêt. Puis, je baisse légèrement les yeux, réfléchissant à ce qu'il vient de me dire. Et, quelque part, ça me touche. Et ça me fait me sentir forte, qu'il m'imagine comme ça. Plus que ça encore, ça me donne envie de lui montrer qu'il a raison. Que je suis cette personne là. Cette gamine de 20 ans qui n'en fait qu'à sa tête. C'est vrai que je me suis un peu trop assagit ces derniers temps. Je me suis prise les pieds dans une routine qui ne me ressemble pas. La lassitude, probablement. Et l'idée que le gang puisse m'avoir à l'usure, me révolte subitement. Je relève le menton, retrouvant cette assurance qui m'a longtemps caractérisée.
- Je suis de ce genre-là.
Que j'annonce fermement, comme la promesse que les choses vont changer, vont bouger dorénavant. Puis, pas forcément très à l'aise, je passe aux aveux sur ce qu'il représente pour moi. Aveux pondérés et pudiques, mais aveux quand même. Et je le vois sourire, de façon distraite face à mes mots. Et quand il sourit comme ça, on dirait un gamin. Ça lui donne un air attendrissant et touchant. Ça donne envie de l'envelopper de ses bras et de le protéger. Ce qui est assez paradoxal puisque c'est lui l'adulte et moi la gosse. Parce que c'est lui le géant avec une certaine carrure et moi la brindille minuscule. Mais c'est comme ça.
- Tu veux dire, comparé à ton patron ?
Mes dents se serrent rien qu'en pensant à Bran. Mes lèvres qui se mouvent discrètement dans une moue fâchée et méprisante.
- J'pensais plutôt aux autres personnes chez qui je vais faire le ménage, mais oui. Ça marche aussi avec Bran.
Mais Bran, c'est différent. Bran, ça n'a rien à voir. Et pas parce que lui me frappe, contrairement aux familles chez qui je vais. Non, la violence physique, je m'en fous finalement. Le souci est ailleurs. Le souci, c'est que je l'aime et qu'en principe, lui aussi. C'est ça qui fait vraiment mal au fond. Se faire détruire et traiter comme un chien par une personne aimée. Par une personne qui vous aime, mais visiblement pas suffisamment pour vous protéger. Quelle douce ironie tout de même.
- J’l’aime pas particulièrement ce mec, et j’suis pas du genre à colporter des ragots. Si tu me dis qu’il est à la tête d’un cartel, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ?
Et là, c'est plus fort que moi. Y a un rire aigri et sec qui m'échappe alors que j'enchaine sans pouvoir me retenir, avec ce besoin viscéral de rétablir la vérité.
- A la tête ? Non, Bran c'est l'toutou du bras droit du grand patron.
Est-ce que je m'en veux d'avoir dit ça ? .... Non. Non, parce que c'est la vérité. Alors qu'il aille au diable, lui et ses grands airs de gros dur. Lui et ses ordres, lui et son autorité insupportable. Bran c'est personne. Il est tout en bas de la pyramide. C'est qu'un pion bien rôdé, bien contrôlé. Je secoue la tête, exaspérée. De toute façon, je ne vois pas pourquoi je cacherai à la vérité à Mr Wood, tous les gens qui m'emploie savent pertinemment à quelle organisation ils ont à faire. Si Woody l'ignore, c'est probablement parce qu'il plane beaucoup trop loin de la réalité, tout simplement.
- Les gens que vous payez, c'est une organisation Serbe. Leur spécialité c'est le trafic d'êtres humains, mais j'imagine qu'ils sont du genre à se diversifier.
Que j'ironise amèrement. En tout cas, si c'est le cas, je n'ai pas la moindre idée de ce qu'ils font d'autre. Tout ce que je sais, c'est ce que je vois. Les filles du ménage et les putes qu'ils mettent en vitrine dans leur club dégueulasse. Le reste, je ne sais pas. Et maintenant que je suis lancée, j'ai du mal à m'arrêter. Le dégoût tapisse mon palais et j'ai cette envie irrépressible de balancer tout ce qui me vient à l'esprit. J'ai besoin d'évacuer. Et je suis probablement imprudente, mais Woody m'inspire confiance. Peut-être à tort. Au pire, tant pis.
- D'ailleurs, si vous avez besoin d'une pute, vous pouvez demander à Bran. Il vous mettra en relation avec l'adorable jeune homme qui gère les prostituées pour vous arranger ça.
Je m'énerve, mon ton devient sec et froid, agressif même. J'ai la révolte qui court sous l'épiderme, l'envie de tout envoyer chier. De me tirer d'ici, maintenant et de ne jamais revenir. Le simple fait de penser à Anton me refile des hauts le cœur. A côté de lui, Bran a l'air d'un agneau inoffensif, c'est pour dire. Ce type est si ravagé que je me dis parfois qu'ils l'ont lobotomisé. Ce n'est pas possible autrement.
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