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 lost on you. (bralim)

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Syndrome de Stockholm

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MessageSujet: lost on you. (bralim)   Lun 19 Sep - 13:51

Aspirateur en main, j'le regarde qui s'éloigne par la baie vitrée, avec son fusil sur l'épaule, les cheveux qui se mêle au vent chaud. Sa dégaine courbée, y a quelque chose de triste chez lui qui m'apaise et me touche, sans que je ne puisse l'expliquer. Et pourtant, j'le déteste. Au même titre que tous mes patrons précédents. Y a jamais eu d'exception. Aucun n'a jamais trouvé grâce à mes yeux. Comment est-ce que cela pourrait arriver ? Comment est-ce que je pourrais m'attacher aux fous qui m'exploitent sans sourciller et qui continuent de dormir paisiblement, nuit après nuit. Et pourtant. Wood est différent. Perdu dans son monde. Bloqué dedans, sans issu pour s'en sortir. Il ne me calcule pas vraiment, mais pas pour les mêmes raisons que les autres. Juste parce qu'il ne calcule personne. Seul le gibier illumine ses yeux et j'trouve ça horriblement déprimant. Dès que j'le vois disparaître à l'orée de la forêt, je coupe l'aspirateur et laisse tomber le manche qui s'écrase bruyamment sur le sol. Le fils de Woody n'est pas là et j'ai désormais quartier libre. Du moins, je me l'autorise, défiant au passage toutes les règles imposées par le gang et par Woody. Mais ça ne m'arrête pas, bien au contraire. Je me dirige vers la piscine et retire tous mes vêtements, me jetant nue dans l'eau tiède, réchauffée par le soleil de ces derniers jours. Et je m'y prélasse, une vingtaine de minutes durant. Les muscles de mon corps se détendent un à un, me plongeant dans une sorte d'extase libératrice, alors que je flotte sans bruit à la surface, ma peau mate caressée par le soleil. Et je me laisse aller à imaginer les mains de Bran qui viendraient parcourir mon corps, tendrement, avant de me saisir contre lui et mes jambes qui entoureraient sa taille puissante, nos lèvres qui se rencontreraient dans un doux baiser mouillé, au goût du chlore. Mes yeux se ferment et je ramène mes bras sur ma poitrine, mes mains attrapent mes épaules et je m'étreins en silence, comme pour pallier à son absence.

Et je me laisse emporter, me mettant à rêver une vie meilleure. Comme si cette maison était la mienne. Et cette eau aussi. Comme si j'étais libre. Comme si, comme si.

PAN.

Je sursaute et ouvre grand les yeux, alors que j'ai l'impression que c'est dans mon cœur qu'on vient de tirer un coup de fusil. Dans le ciel, je vois les silhouettes noires des oiseaux qui s'envolent, quittant la forêt, et j'entends leurs cris, à la fois plaintifs et agressifs. Je me redresse dans l'eau et fixe la forêt, ne pouvant m'empêcher de me demander si Woody a eu sa cible ou non. Je le saurais plus tard. Quand il rentrera, ce soir, à la tombée du jour, comme toujours. Mais le coup de feu m'a perturbé, me provoquant un violent mal d'estomac et je ne me sens plus le cœur en joie, le cœur à barboter et à rêver. La réalité m'a rattrapé, elle s'est saisit de mes pieds pour m'emporter tout au fond de la piscine, me laissant me noyer, laissant mes poumons se remplir douloureusement d'eau. Alors je fuis, vite, vite. Je me hisse sur le rebord de la piscine et attrape la serviette de bain que j'avais sortit plus tôt. Je m'enroule dedans et rentre à l'intérieur, avant de me laisser tomber sur le canapé, pour regarder la télé. Je somnole un long moment devant, alors que ma dernière nuit a été plus qu'agitée. Je l'ai passée dans l'appartement du gang, avec les autres filles. Le bruit et les odeurs m'empêchant de fermer l’œil. J'étais épuisée et je regardais l'heure défiler bien trop lentement à mon goût, alors que je n'attendais qu'une seule chose : l'heure du coucher. Ici, chez Woody, je pourrais récupérer. Le moelleux du matelas et la douceur des draps n'avaient pas d'égal. Et je ne m'en lassais pas, je semblais presque les redécouvrir à chaque fois, avec le même plaisir jubilatoire.

PAN.

Et voilà qu'à nouveau, il me tire de la douceur de mes songes. Je grommelle un peu, contrariée d'être dérangée pour la seconde fois. Mais j'en profite pour me relever et retourner sur la terrasse, ramasser mes vêtements. J'éponge mon corps et mes cheveux encore ruisselant et je renfile mes sous-vêtements, d'un rouge vif, ensemble transparent, à la fois osé et enfantin. Cadeau de Bran, pour se faire pardonner. Cadeau inutile, je ne lui en ai jamais vraiment voulu. Mais il ne sait pas. Ou peut-être qu'il fait semblant de ne pas savoir. Je ne suis pas foutue de le savoir. Incapable de lire en lui, excepté lorsqu'il s'agit de le rendre fou. Sa seule faille, mon seul pouvoir. Et je m'observe un instant dans le miroir de l'entrée, je me regarde avec curiosité, ne sachant pas déterminer si je suis jolie ou non. Ma vie sociale déserte et mon manque d'expérience dans le monde réel m'ont privée des informations de ce genre-là. Mais je suis à moitié convaincue que les traces sur mon corps ne plairaient pas. Parce que ce n'est pas normal. Parce qu'on est loin des beaux tatouages qui parcourent les muscles saillants de mon agresseur. Ce bellâtre, le cœur à vif, les mains colériques.

Je file à la cuisine et ouvre le frigidaire, piquant dedans des fruits et un yaourt. Puis, je pose le tout sur le plan de travail où je viens me hisser d'un bond agile. Je croise mes jambes et commence mon festin interdit en chantonnant ce vieil air que j'ai en tête depuis toujours et que je ne connais pourtant pas. J'imagine que ma mère devait me le chanter. J'imagine que j'aimais ça, pour qu'il ne m'ait jamais quitté, même après toutes ces années. Le yaourt à moitié finit, du raisin plein la bouche, je me fige en entendant du bruit dans la maison. Mon regard se lève vers l'horloge de la cuisine, qui n'indique pourtant que 17h, Wood ne devrait pas être de retour avant deux bonnes heures. Mon sang se glace alors que mon instinct me hurle que c'est bien pire que ça. Je n'ose plus bouger, à peine respirer, alors que les pas s'approchent de la cuisine. Bran rentre dans mon champ de vision. Et mon cœur explose.

PAN. Cette fois-ci, c'est la peur qui vient de tirer droit dans ma poitrine. Mon visage se décompose et j'avale précipitamment ce que j'avais en bouche. Tremblante, je me laisse choir de mon perchoir et je recule, les mains tendues devant moi, comme lorsqu'on essaye d'amadouer un animal sauvage, rencontré au détour d'un sentier. Mon regard ne quitte plus le sien et je sais d'avance que je suis foutue. A la façon dont il me regarde, à ses muscles qui se crispent sous sa peau peinturlurée. J'ai des palpitations et l'effroi me broie les tripes, alors que tout mon corps hurle déjà de douleur, connaissant trop bien le sort qui l'attend.

- Bran..

Que je souffle faiblement, comme pour tenter de le ramener à la raison. Et je ne pipe plus mot, consciente que je ne peux plus rien faire pour me sauver. Qu'il va encore faire de moi cette poupée fragile qu'il brise à chaque fois. Je sais, je sais. Et pourtant, j'entends mon cœur qui chante, qui reprend vie, incapable de crever face à lui. Sans cesse ranimer par tout ce qu'il me fait éprouver. Et je voudrais sauter à son cou et qu'il retire cet ensemble qu'il m'a offert. Mais je n'ose plus bouger. Terrifiée par ce qui va m'arriver.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Sam 24 Sep - 22:46

Les mains enfoncées dans ses poches, Bran traîne des pieds comme un gosse paumé. Ses godasses râpent le bitume et il soupire, sortant son paquet de clopes pour en tirer une du bout des lèvres. Il l'allume, tire une latte, soupire à nouveau. Il s'ennuie, putain. Pourtant y a des trucs à faire. Il pourrait faire un tour au club, voir si y a besoin d'un coup d'main pour préparer la soirée, faire des conneries avec les autres et s'lancer des paris débiles juste pour faire chier les plus rabats-joie du gang. Jouer à des trucs pourris, foutre des billets au milieu, râler quand ils partent tous en fumée. S'trimballer en ville sans but particulier, se moquer des manies ridicules qu'ont ces foutus 'ricains, traîner sa carcasse dans un salon de tatouages, aller boire un verre sans s'presser. Faire le tour de ses cibles, les surveiller, aller foutre un coup de flip à Jeff, aller donner des avertissements à quelques connards et briser un doigt ou deux au passage. S'pointer du coin de Lazar, lui demander s'il a pas une mission à lui confier, si y a pas un truc primordial à faire illico presto. Se faufiler vers des jolies filles, flirter un peu, en ramener une dans un coin tranquille pour profiter d'ses courbes. Y a un tas d'trucs qu'il pourrait faire, en vrai. Qu'il devrait faire, pour certains. Mais il a pas envie. Alors il s'ennuie. Rien ne l'inspire, rien ne l'attire, rien n'arrive à lui ôter cette sensation d'vide intersidéral. Celui d'un môme momentanément désintéressé de tous ses jouets, de tous les trucs qui s'offrent à lui ; seulement appelé par celui auquel il n'peut pas toucher, celui qu'on a consigné sur l'étagère en le sommant de n'pas y toucher. Celui dont il peut pas s'détacher, avec la furieuse envie d'escalader le meuble pour aller décrocher l'interdit. Pour l'tenir entre ses doigts, ne serait-ce qu'une seconde. À l'insu de tout l'monde. Juste elle et lui. Lim, la poupée qu'il est pas censé toucher. C'est elle, le jouet sur l'étagère. La princesse prisonnière. Y a qu'elle qui peut susciter son intérêt en cet instant précis, et ça l'emmerde profondément. Parce qu'il sait qu'elle bosse, aujourd'hui elle est chez Woody. Alors il pourra pas faire ce qu'il veut. Il sera juste frustré – p't'être même encore plus. L'avoir sous les yeux, et savoir qu'il peut même pas l'approcher. Mais il s'dit que ça sera toujours mieux que d'se tourner les pouces comme un con, et qu'au moins il aura de quoi s'occuper. Puis ce serait pas la première fois qu'il s'incruste chez c'pauvre Woody sans prévenir, comme s'il en avait l'droit, comme si tout lui était dû. L'autre l'a jamais renvoyé, donc il en déduit que ça l'gêne pas tant que ça. Puis de toute façon, il a toujours l'alibi parfait : faut bien vérifier qu'la donzelle se tient à carreau. On voudrait pas qu'elle foute le bordel. Ça ferait désordre, si elle saccageait son taf autant qu'elle saccage la tête de Bran. C'est son devoir d'la garder sous contrôle, de toute façon. Alors il arrête de tergiverser et il s'met en route, déjà pressé de pouvoir s'avachir dans un canapé qui n'lui appartient pas, de foutre les pieds sur la table et de reluquer Lim dès qu'elle passe près de lui. S'il pouvait en prime l'attraper et la tenir contre lui, ce serait vraiment la belle vie. Mais il sait qu'on peut pas tout avoir, alors il s'contentera de ce qu'il aura. Il s'rattrapera une autre fois.

C'foutu Woody vit vraiment dans le fin fond d'la jungle selon lui – et s'il sait apprécier la tranquillité du manoir, ça l'empêche pas d'se dire que ce type est vraiment un sacré weirdo. À peine garé devant la propriété, il s'extirpe de sa bagnole et s'avance jusqu'à la porte. Il frappe pas. Ne sonne pas. N'prend même pas la peine de s'annoncer. Il se contente d'ouvrir et de s'inviter tout seul, surpris par le silence qui règne dans la baraque. Pas une voix qui résonne ; qu'il s'agisse de Lim ou Woody. Y a même pas un bruit d'aspirateur, ni de pas, ni de moindre mouvement. Juste le silence, froid, pesant. Ça l'intrigue un peu alors qu'il s'avance lentement dans la bâtisse, lançant des regards alentours pour voir s'il aperçoit pas une silhouette. Mais rien. Ses sourcils se froncent à mesure que ses pas se font plus lourds sur le parquet, le poids d'son incompréhension le rendant impatient. Il accélère un peu, scanne rapidement chaque pièce devant laquelle il passe. Jusqu'à la cuisine. Et là, il se fige. Il l'a trouvée. Lim est là, juste en face de lui, pile dans sa ligne de mire. Le cul vissé sur le plan de travail, les jambes croisées dans le vide, visiblement confortablement installée. Un yaourt dans une main, du raisin à côté d'elle, la bouche pleine à en juger par ses joues gonflées. C'est déjà un constat alarmant. C'est Lim qui se fout d'leur gueule à tous – à Woody, au gang, à Bran lui-même. Lim qui n'en fait qu'à sa tête une fois d'plus, qui prend ses aises, qui pioche dans les placards et qui s'fait un festin en carton plutôt que d'faire ce qu'on lui demande. Mais tout ça, c'est rien. Que dalle en comparaison d'sa dégaine. Elle est à poil, ou presque. Seulement ses sous-vêtements sur le dos, c'qui est déjà suffisant pour faire vriller Bran. Mais là encore, faut croire qu'elle fait pas les choses à moitié. Parce que les sous-vêtements en question, c'est pas n'importe lesquels. Les yeux de Bran glissent sur elle comme des rayons laser, se bloquant sur l'ensemble affriolant qu'elle porte. Rouge sang. Transparent. Lui donnant un air de poupée qu'on a envie de dévorer. Bran sait bien – c'est lui qui le lui a offert. C'est lui qui l'a choisi avec soin. C'est lui qui l'a vue dedans, c'est lui qui en a profité, c'est lui qui le lui a ôté. Et soudain, il s'dit qu'il est pas le seul. Il voit qu'une seule raison pour qu'elle soit dans une tenue pareille, à faire sa vie sans que personne ne l'en empêche. C'est Woody. C'est qu'elle couche avec lui. Elle a non seulement l'audace de s'taper ce loser, mais en plus, elle s'gêne pas pour faire comme chez elle et s'balader quasiment nue. Bran a le cœur qui se serre jusqu'à s'atrophier dans sa cage thoracique, étouffé sous une épaisse couche de lave qui l'crame de l'intérieur, qui le crispe de la tête aux pieds et qui l'fait grincer des dents. Lim l'a vu. Lim le connaît. Elle sait qu'il est au bord d'la rupture et déjà, elle retrouve la terre ferme en cherchant à reculer, à tendre les mains en signe de paix, à s'faire pardonner. Mais c'est trop tard pour toutes ces conneries. Elle est foutue. Condamnée.

« Bran.. » Sa voix résonne comme une balle à ses oreilles, il a l'impression d'la prendre en pleine tête et ça fait tout exploser. Son sang n'fait qu'un tour. Il fonce sur elle brusquement, comme une bête sauvage qui charge, comme un fauve qui attaque. En quelques enjambées, il la rejoint, l'accule, se colle contre elle en attrapant ses poignets. Et il serre. Il comprime ses membres fragiles, crispant sa poigne sur elle jusqu'à s'en faire mal aux doigts. Ça laissera des traces. Mais il s'en fout, il voit flou. Il est aveuglé par la colère qui l'a submergé comme un tsunami, et qui fait vibrer chaque particule de son être. « Il est où ? » Dans la pièce d'à côté ? À l'autre bout d'la baraque ? P't'être même qu'il est encore au pieu, à poil sous les draps, à attendre qu'elle revienne. Ou sous la douche, à s'demander pourquoi elle le rejoint pas. Ou ailleurs, putain, il sait même pas où ils ont pu baiser. « IL EST OÙ C'FILS DE PUTE ? » Qu'il répète, sa voix sonnant comme un coup d'tonnerre. Il perd les pédales, persuadé qu'elle a laissé un autre que lui la toucher, qu'elle s'est offerte sans sourciller. Il supporte pas. Rien qu'imaginer les mains d'un autre se balader sur elle, ça lui file des envies d'meurtre. Y a que lui qui l'embrasse, que lui qui la caresse, que lui qui lui fait l'amour. Que lui qui la malmène, que lui qui la frappe. C'est valable dans un cas comme dans l'autre ; dans l'premier il veut pas partager celle qui l'rend dingue, dans l'deuxième il s'dit qu'il vaut mieux que ce soit lui qui lui fasse mal plutôt qu'un autre. « Il t'a baisée ? » Il s'en est convaincu tout seul, et pourtant, il peut pas s'empêcher de demander confirmation. Même si ses yeux lui hurlent de prouver l'contraire. Il serre ses poignets encore et encore et encore, avant d'se mettre à la secouer. Et puis il lâche, d'un coup. Il s'détourne, posant les yeux sur la bouffe qu'elle a abandonnée sur le plan de travail. Ça n'fait que l'énerver un peu plus. Tellement qu'il attrape tout pour tout foutre par terre. Mais ça lui suffit pas. Y a d'autres trucs qui traînent pas loin – d'la vaisselle, des ustensiles, des trucs dont il se fiche éperdument. Et d'un mouvement ample, il balaie tout à l'aide de son bras, envoyant tout ça s'écraser sur le sol avec fracas. Comme un avant-goût de ce qui l'attend, elle. « TU CROYAIS QUOI PUTAIN ? » Il vocifère, fondant sur elle à nouveau, empoignant ses cheveux pour la tenir en place – il tire pas, il cherche pas à la blesser, mais vaut mieux pour elle qu'elle évite de bouger. « Tu l'sais qu'on finit toujours par t'avoir quand tu nous prends pour des cons. » C'est pas comme si c'était nouveau, qu'elle fasse n'importe quoi. Jamais dans l'rang. Et sûrement que ça fait partie de c'qu'il aime le plus chez elle, même si on dirait pas, à le voir péter les plombs. Paradoxe au goût amer. « Tu t'es bien foutu d'ma gueule, hein Lim ? » Il la quitte pas des yeux, son regard furibond s'accrochant à elle comme si ça allait pouvoir la brûler, comme s'il était capable de la réduire en cendres par la simple force de son esprit. Leurs visages tellement proches que son souffle chaud s'écrase sur les traits graciles de Lim, et qu'il sent le sien le heurter comme de l'acide. Y a qu'elle, pour l'foutre dans des états pareils. Qu'elle, qui a un tel pouvoir. Qu'elle. Toujours elle. Comme une putain d'malédiction.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Jeu 29 Sep - 19:47

Je recule, mais ça ne sert à rien. A part donner encore plus d'élan à Bran pour se jeter sur moi. Il s'empare de mes poignets, tellement minuscules dans ses mains rugueuses. Et il serre. Si fort. J'me concentre comme je peux pour ne rien laisser paraître, mais la douleur me fait froncer des sourcils et contracter la mâchoire. Je voudrais tellement, pourtant, rester impassible. Ne pas ciller sous sa violence. Mais j'peux pas. Mon corps refuse de s'anesthésier et je souffre sans pouvoir le cacher. Pour autant, je garde mon regard rivé dans le sien, refusant, comme toujours, de lui laisser tout l'ascendant. Je n'veux pas être cette brebis fragile qui plie à chaque fois devant lui. Alors je reste fièrement dressée devant lui. C'est pas pour le défier, non. J'ai pas encore perdu la raison pour en arriver à pareille folie. C'est juste que j'veux pas qu'il croit qu'il peut me casser si vite, si facilement. Et pourtant. Pourtant, ça fait longtemps que j'suis détruite, en miettes. Depuis la première fois où il a levé la main sur moi. Mais j'fais semblant d'être ce colosse de pierre que rien n'ébranle, alors qu'il ne reste déjà plus que quelques morceaux d'moi perdus par-ci, par-là. Emportés au fil des années. Alors je me tais, j'accueille la douleur avec pudeur, je me concentre sur ma respiration pour empêcher mon corps de trembler. Et Bran qui continue de broyer mes poignets. D'écraser mon palpitant, qui s'éteint un peu plus à chaque fois qu'il s'en prend à moi. Qui me donne l'horrible sensation de ne pas être si exceptionnelle que ça à ses yeux. De ne pas mériter un traitement de faveur. D'être juste une fille parmi les autres, finalement. Et ça fait pleurer mon cœur d'adolescente.

- Il est où ?

J'entrouvre la bouche, mais je n'arrive pas à me résoudre à répondre. J'ai tellement été effrayée par l'arrivée de Bran, que j'avais oublié ce détail. Il va le dire à Woody, c'est sûr. Et Woody va me virer. J'veux pas. J'veux pas partir d'ici. C'est mon jardin secret, mon luxe, mes moments à moi. Quand Woody s'en va des heures durant, cette maison devient un peu la mienne. C'est Ipo qui nettoie et moi je savoure, je m'offre enfin un petit bout de vie sympa. Éphémère, mais agréable quand même. Et un petit bout de moi est si soulagé qu'Ipo ne soit pas là aujourd'hui. Je n'imagine même pas les dégâts que ça aurait causé si Bran l'avait vu travailler à ma place. On était fichues, toutes les deux.

- IL EST OÙ C'FILS DE PUTE ? Il hurle, enragé.

Et là, je ne comprends plus. Fils de pute ? Pourquoi s'en prendre à Woody ? Il ne s'imagine quand même pas que Mr Ex-toxico m'accorde gracieusement des pauses quand même ? J'suis perdue, j'ai du mal à tout saisir. L'incompréhension se lit clairement sur mon visage, mais je me reprends rapidement, chassant toute émotion de mes yeux noirs. Je me contente de désigner l'extérieur d'un mouvement de tête et d'articuler sur un ton neutre et détaché.

- Dans la forêt, il chasse. Mais à l'intérieur, c'est l'ouragan.

Mais j'vois qu'il n'en a pas finit avec moi. Que y a un truc qui le tracasse et ça m'effraie. Je me demande ce qui va me tomber dessus encore et ça ne sent pas bon. Je m'efforce à conserver une attitude calme et docile, alors que tout mon corps ne veut plus qu'une chose : se contracter et se rouler en boule, pour se protéger sur la pluie de mandales qui risque de s'écrouler sur moi. Mes boyaux se tordent lorsqu'il reprend de plus belle, sa voix si glacée que je ne peux contenir un frisson, comme si un courant d'air gelé venait de s'introduire dans la maison.

- Il t'a baisée ?
Stupéfaction. Je perds mon sang-froid et ne peut retenir une moue de surprise.
- Q-quoi ?

Est-ce qu'il est devenu fou ? Mes yeux s'affolent alors que je comprends mieux l'ampleur de sa colère. Et si je n'arrive pas à le raisonner, à lui faire entendre la vérité, ça va mal finir. Autant pour moi, que pour Woody. Mais pour l'instant, outre l'inquiétude, je suis surtout vexée. Pour qui est-ce qu'il me prend ? Je n'suis pas une des putes du gang, je n'couche pas avec les clients. Je ne couche avec personne d'ailleurs, à part lui. Toujours lui. Et je le déteste pour avoir autant d'importance et faire comme si ce n'était pas le cas. La surprise laisse place à l'indignation. Lionne blessée dans son orgueil. J'entends bien que la situation porte à confusion. Mais tout de même. C'est moi, merde. J'ai jamais fait ça. Je ne ferais jamais ça. Parce que je n'suis pas une putain de prostituée. Mais aussi, parce que je ne désire aucun homme à part lui. Je redresse le menton, le visage aussi fier que froid. Je voudrais le provoquer. Lui demander ce que ça peut bien lui foutre. Lui dire qu'au pire, il devrait être content, qu'il va pouvoir demander plus de fric à Woody. Mais faire ça, clairement, ce serait signer mon arrêt de mort. J'ai appris, au fil du temps, à laisser mon ego de côté.

- Tu n'sais plus ce que tu dis, Bran.

Que j'me contente de lui susurrer, réprimant tant bien que mal un mouvement de dégoût. Mais ça n'a pas l'air de le convaincre, ni même de le calmer. Le voilà qui s'emporte plus que de raison et qui se met à tout jeter par terre. Je recule de quelque pas, étouffant un hoquet de surprise et m'éloignant autant que possible pour ne recevoir aucun projectile. Et, peut-être aussi, pour instaurer un maximum de distance avec lui. Mais à l'intérieur, je bouillonne de colère. Qui va nettoyer ses conneries ensuite, hein ? Et comment je vais devoir expliquer tout ce foutoir à Woody s'il rentre avant que je n'ai finit ? Je me tends, contrariée.

- Arrête ! j'vais me faire en..
Mais je n'ai pas le temps de finir.
- TU CROYAIS QUOI PUTAIN ?

J'ai bien envie de lui dire que je croyais que les gens civilisés frappaient aux portes avant d'entrer, pour éviter ce genre de situation gênante et sujette aux quiproquos. Mais je n'ai même pas le temps d'ouvrir la bouche. Le voilà qui fonds sur moi une seconde fois et mon myocarde cesse de battre pendant quelques secondes, alors que mes cheveux se retrouvent prisonnier de ses doigts furieux. Je me pétrifie, osant à peine respirer, mon regard toujours rivé dans le sien, mais je sens que le moment tant redouté approche et je perds mes mots et mon courage. Mon corps me trahit tandis que mes mains se mettent à trembler progressivement. Comme si j'avais déjà pris des coups.

- Tu l'sais qu'on finit toujours par t'avoir quand tu nous prends pour des cons.
J'suis complètement apeurée et pourtant, j'peux pas me retenir.
- Toujours ?

Et dans ma voix, y a cette insupportable pointe de provocation que je regrette immédiatement. Je le lui fait comprendre en baissant aussitôt les yeux, en guise d'excuse, en guise de soumission. Mais malgré tout, je ne peux pas empêcher ma mâchoire de se contracter de façon parfaitement visible, signe que je ne regrette qu'à moitié. Signe que j'suis énervée, moi aussi, sous ce voile de terreur qui me recouvre.

- Tu t'es bien foutu d'ma gueule, hein Lim ?

Je relève les yeux vers lui, retrouvant un air neutre et maîtrisé. Pourtant, à l'intérieur j'suis plus blessée que jamais. J'ai mal, au moins autant que lui. Ça me déchire qu'il puisse penser ça de moi. Qu'il puisse me croire capable d'un coup pareil. Je n'ai rien fait d'autre que me baigner et manger. Rien de plus que ce que je fais toujours quand je désobéis aux règles.

- J'n'ai pas couché avec lui !
Je m'approche sensiblement, oubliant la douleur de mes cheveux entre ses doigts. Mes mains qui viennent s'accrocher à son t-shirt, me faisant quémandeuse de sa proximité. Je voudrais pouvoir l'amadouer, lui faire comprendre qu'il se trompe. Mais chacun de mes gestes me refile la nausée, craignant que ça ne déclenche en lui l'envie de me cogner.
- Il est parti chasser depuis des heures, j'ai juste..
Je ferme les yeux et soupire, avouant toutes mes fautes.
- J'me suis juste baignée, Bran. Va voir au salon, y a mes fringues et une serviette mouillée.

Je rouvre les yeux, à la recherche de son regard que j'espère calmé et confiant. Ma main gauche libère son t-shirt et s'élève vers son visage. Du bout des doigts, je viens effleurer ses joues mal rasées.

- Il faut que tu m'crois.

Je murmure, suppliante.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Mer 26 Oct - 0:42

« Dans la forêt, il chasse. » Foutu Woody. Foutu enfoiré de merde, et Lim raconte n'importe quoi. Il est même pas sûr de la croire. De pouvoir le faire. Ça n'a pas d'sens – ça voudrait dire qu'le mec couche avec elle et puis quoi, il remet ses fringues et il s'taille trouver du gibier à lui ramener ? Bran sait bien que ce type est bizarre, qu'un truc tourne pas tout à fait rond et qu'il est sûrement resté perché à force de s'défoncer, mais quand même, merde. Il comprend pas. Et dans l'ouragan d'sa colère, dans le tourbillon trop noir qui l'aveugle, il perd toute lucidité. Elle ment. Y a pas d'autre explication. Elle ment comme elle respire et ça lui vrille les tripes, et ça l'fait penser que Woody est là, planqué quelque part, à la laisser le protéger. Il devient parano, putain. Mais il y peut rien. C'est à cause d'elle, tout ça. « Arrête d'me mentir. » Il supporte pas l'idée qu'elle puisse vouloir le berner, qu'elle puisse se jouer d'lui et lui offrir du foutage de gueule sur un plateau d'argent. Parce que lui, il lui ment pas. Il s'contente de s'ouvrir à elle, tellement qu'elle sait les trucs moches, les trucs violents, les trucs qui font fuir les gens. Mais il cherche pas à tricher ; il s'montre juste tel qu'il est. Il la manipule pas. Il ment pas bordel, alors il comprend pas comment elle elle peut lui faire ça. Il voit pas, Bran, qu'il fait bien pire que ça. Qu'il la détruit juste à p'tit feu, qu'il la démolit à chaque putain de coup qu'il lui porte, à chaque cicatrice qu'il dessine sur son épiderme déjà abîmé. « Q-quoi ? » Il essaie d'la confronter, et tout ce qu'elle trouve à faire, c'est balbutier. C'est insupportable. « Fais pas l'innocente, putain ! » Woody l'a baisée. Woody l'a baisée. Woody l'a baisée. Woody l'a baisée. Cette idée tourne en boucle dans sa boîte crânienne et il peut pas empêcher des images d'se superposer à son esprit, faisant monter un peu plus sa rage à chaque seconde qui passe. Ça l'fait vibrer de la tête aux pieds, ça resserre sa poigne sur Lim, ça lui donne envie de tout saccager. Et dans ses yeux, il lit la panique qui s'insinue petit à petit. Parce qu'elle le connaît. Parce qu'elle sait bien que quand il est comme ça, ça s'finit toujours mal. Et pour elle, et pour lui, et pour tout ce qui se trouve autour d'eux. « Tu n'sais plus ce que tu dis, Bran. » Ça l'fait rire. Un rire cynique, un rire sordide, un rire qui sonne faux. Il s'marre parce que c'est une vaste blague, parce qu'elle dément même pas ce qu'il dit, parce qu'elle le rend fou. Et il a l'regard aussi détraqué que menaçant, quand il le plonge dans le sien. « Joue pas à ça avec moi, tu sais comment ça va s'finir. » Sûrement qu'ses os et sa peau le savent encore mieux qu'elle, sûrement qu'ils tremblent d'appréhension, sûrement qu'elle est déjà prête à se rouler en boule dans un coin. Mais tout ça, Bran s'en balance. Il voit noir, il voit rouge, il voit flou. Il la relâche pour mieux tout envoyer valser, fracassant tout ce qui se trouvait sur le plan de travail, laissant le tout s'écraser au sol dans un bruit assourdissant. « Arrête ! J'vais me faire en.. » Il s'en fout. Il beugle, il vocifère, il laisse éclater sa colère. Il attrape les cheveux de Lim, la tient en place, la force à le regarder dans les yeux et à affronter son courroux. Il la domine de toute sa taille, toute sa force, tout ce corps contre lequel elle ne peut rien. Il lui rappelle qu'ils l'ont – ils l'ont toujours. Mais c'est ridicule, presque pathétique en comparaison de ce qu'elle peut lui faire, elle. Pas besoin d'utiliser les muscles pour le heurter. Elle domine son cœur, elle domine sa tête ; suffit qu'elle ouvre la bouche pour que tout parte aux oubliettes. « Toujours ? » Comme si elle le faisait tout l'temps. Comme si elle passait son temps à les prendre pour des cons. À le prendre pour un con. Son myocarde loupe un battement, le sang n'pompe plus, son cerveau se met en veille. Ça l'brûle. Elle vient d'le faire entrer en combustion instantanée. Et brutalement, il la pousse en arrière, remettant d'la distance entre eux. Parce que soudain, il supporte plus de l'avoir contre lui, de sentir sa présence, son souffle, son odeur. Pas alors qu'elle lui balance des mots comme des couteaux, qui viennent lui tordre les boyaux.

Mais comme souvent – comme toujours – il est pas foutu de rester éloigné bien longtemps. Il revient à la charge, et reprend sa position initiale. La surplombant de toute sa hauteur, la tignasse brune enroulée dans ses phalanges, ses yeux incandescents occupés à la dévisager pour mieux la cramer. « J'n'ai pas couché avec lui ! » C'est trop tard, les images sont déjà imprimées dans l'esprit de Bran, il est déjà persuadé qu'elle ment. Et pourtant, quand il plonge dans ses prunelles, il lit combien elle aimerait qu'il la croie. Combien elle a besoin de désamorcer la bombe qu'il est devenu, même si elle se planque derrière son masque impassible. Il la connaît. Suffisamment pour voir la façon qu'elle a de tâtonner, en s'approchant légèrement, en venant s'accrocher à son t-shirt. Il a le cœur qui se serre et les mâchoires qui se crispent, parce qu'il veut pas s'laisser avoir. Elle peut pas s'en sortir si facilement. « Il est parti chasser depuis des heures, j'ai juste.. » Il a envie d'la croire mais il y arrive pas, il sait pas, il sait plus, il est complètement perdu. Et s'il gardait l'espoir qu'elle le sorte du brouillard, tout est pulvérisé à l'instant même où elle reprend la parole. « J'me suis juste baignée, Bran. Va voir au salon, y a mes fringues et une serviette mouillée. » C'est la rupture. Plus rien n'fonctionne. Il se fige, incapable de bouger, de parler, de penser ou même de respirer. Paralysé par la monstrueuse vague de fureur qui s'apprête à déferler, sans qu'il soit foutu de l'en empêcher. « Il faut que tu m'croies. » Elle murmure. Elle glisse le bout d'ses doigts sur ses joues rugueuses, elle le couve de ses prunelles suppliantes, de cette aura de douceur qui cherche à venir contrer sa violence latente. Mais ça marche pas. Tout ce qu'il retient, c'est qu'elle a désobéi. Qu'une fois de plus, elle en fait qu'à sa tête, elle vient tout briser, tout balayer. Il peut pas laisser passer un affront comme ça. Et il est toujours pas sûr de savoir s'il lui fait confiance ou pas. Mais il a pas l'temps de tergiverser, de chercher les réponses à ses questions et de faire taire la cacophonie de son palpitant. Ses nerfs réagissent avant lui, sa main lâche brutalement les cheveux de Lim, avant de venir s'abattre sur son visage. Ça fend l'air et ça lui fend l'cœur. Il la voit reculer sous la force de l'impact, tituber, et le sang qui s'met à couler. Ses bagues ont ripé sur les traits d'la poupée, laissant une longue égratignure sur sa joue et une déchirure sur ses lèvres. Il l'a giflée tellement fort qu'il a presque peur de l'avoir assommée. Pourtant, il reste pas pour l'découvrir. Il tourne les talons, l'abandonnant sans un regard. Comme si elle existait plus, dans le chaos d'ses idées noires.

Bran fonce vers le salon, pour vérifier que tout ce qu'elle dit est vrai. Pour se rassurer, s'assurer qu'elle n'a pas laissé un autre type la toucher. Et quand les fringues de Lim entrent dans son champ de vision, y a un sale goût d'amertume qui lui encrasse le cœur, qui lui empoisonne la langue et lui donne envie de crier. Cette putain d'amertume, toujours accompagnée d'la culpabilité. Il regrette instantanément la force de son geste, proportionnel aux mensonges qu'il pensait entendre. Ça lui vrille les tripes et il a l'impression d'avoir tort, autant que d'avoir raison. D'un pas rageur, il avance jusqu'aux bouts de tissu amoncelés là, et les ramasse rapidement. Puis il retourne vers la cuisine – il retourne vers Lim. Il la regarde, observe le pourpre qui perle à sa joue et à sa bouche, contemple les larmes de sang qui remplacent celles de ses yeux. Celles qu'elle retient si souvent. Calmant sa respiration, il s'approche d'un pas plus lent, comme on l'ferait avec un animal blessé. Et une fois à sa hauteur, il abandonne les vêtements sur le sol, à leurs côtés. L'une de ses mains vient attraper le menton de Lim pour la forcer à lever la tête vers lui, alors qu'il continue de fixer l'étendue des dégâts. Son pouce vient rencontrer sa joue, courant sur l'entaille qui brille couleur carmin, essuyant l'hémoglobine qui tente de s'faire la malle. Et puis, sans prévenir, il fond sur elle, venant sceller leurs lèvres dans un baiser qui n'en est pas vraiment un. Il passe sa langue sur la lèvre blessée, laisse le goût du sang envahir sa bouche, avant d'aller chercher la langue de Lim pour l'intoxiquer à son tour. Pendant une seconde, on dirait presque qu'il s'excuse, qu'il fait preuve de douceur pour éponger la douleur. Mais ça dure pas. La férocité reprend ses droits, alors qu'il mord dans ses lèvres déjà meurtries. Il lui en veut, putain, il lui en veut tellement. Et alors qu'il met fin à leur contact, ses yeux cherchent automatiquement ceux de Lim. Sa main vient trouver sa gorge, l'empoignant sans trop serrer pour autant, sans l'étouffer. « Pourquoi tu fais ça ? » Elle comprend pas ? Elle voit pas qu'à chaque fois qu'elle sort du rang, il est obligé d'venir faire couler le sang ? Elle voit pas qu'il a des comptes à rendre lui aussi ? C'est pas un hasard si Lazar l'a assigné à la surveillance de Lim. Et même si les mots sont jamais sortis, même si ça reste que des non-dits, Bran sait. Il sait que Lazar a compris. « Pourquoi tu m'obliges à t'faire mal ? » Ouais Lim, pourquoi ? Faut lui expliquer – il comprend toujours pas. Il sait pas si elle est maso, si elle aime le danger ou si elle en a juste plus rien à foutre. Ou p't'être qu'elle veut juste exister. Se bercer d'illusions, croire qu'elle goûte un peu à la liberté. Et ce tissu d'mensonges, Bran vient le fracasser sans pitié, conservant sa poigne autour de la jugulaire si fragile. Pour lui rappeler où elle est. Pour qu'elle oublie pas qu'elle peut pas s'envoler, parce que ses ailes se sont désintégrées. « J'en ai marre Lim, putain. Arrête tes conneries un peu, ça t'sert à quoi ? Tu t'fais prendre, et après tu pleures. Ça t'plaît ou quoi ? » Lui, ça lui plaît pas. Il aime pas avoir à la punir chaque fois. Il s'demande si elle le sait. Il s'demande aussi si elle sait à quoi elle échappe, en écopant de lui plutôt que des autres. « Woody sait qu'tu fais ça ? Que tu t'amuses à faire comme si t'étais chez toi ? » Il a envie d'la secouer. De lui sortir toutes ces mauvaises idées de la tête, de lui faire comprendre qu'il faut qu'elle arrête. Mais il s'retient. Il attend qu'elle réponde, vrillant ses iris dans les siens, desserrant à peine sa poigne autour de son cou. Il aimerait qu'elle trouve les mots, qu'elle lui donne de bonnes raisons d'la lâcher, de laisser couler, de pas s'en formaliser. Se dire que c'est juste un écart exceptionnel et qu'ça recommencera pas. Mais il sait que c'est pas le cas. Il sait qu'elle désobéira encore et encore, jusqu'à ce qu'elle se fasse prendre à nouveau. Il sait qu'il fera couler le sang et les larmes, qu'il lui déchirera la peau et le cœur, qu'il souffrira avec elle à chaque coup qui pleut sur sa carcasse trop frêle. Il sait qu'il cherchera à s'faire pardonner, qu'il viendra l'embrasser, la caresser du bout des doigts comme si ça pouvait effacer les hématomes. Il sait. C'est toujours pareil, toujours la même rengaine. Comme une malédiction, un film qui passe en continu et dont la fin n'est jamais aussi heureuse qu'on l'voudrait. À croire qu'ils sont coincés. Condamnés.
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Syndrome de Stockholm

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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Ven 4 Nov - 14:16

- Arrête d'me mentir.

Ce mec est une insupportable petite tête de con. Je lève très légèrement les yeux au ciel, excédée, les lèvres pincées. J'essaye de faire taire la peur qui me ronge l'estomac, parce que je n'en peux plus de m'humilier comme une gamine devant lui à chaque fois qu'il s'emporte. J'essaye d'alimenter la colère qui gronde sous mon épiderme, parce qu'il n'y a que ça qui peut me faire tenir droite face à lui. Jusqu'à ce qu'il me cogne. Et là, sa force herculéenne me balaye comme si je ne pesais rien. Et à chaque fois je m'écroule, lamentablement, la gueule en sang et les yeux gorgés de larmes de douleur et de chagrin. Et je n'en peux plus de lui offrir ce spectacle affligeant. Je voudrais être de ces femmes fortes qui ne pleurent jamais. Qui ne flanchent pas face à la menace. Mieux encore, qui savent se battre et rendre les coups. Qui gagnent leur liberté aux prix d'efforts colossaux. Une liberté bien méritée, qu'elles s'offrent et refusent de rendre. Mais je ne suis pas de ces femmes-là. Je ne suis rien d'autre qu'une gamine effrayée par l'homme qui détient mon palpitant au creux de ses mains assassines. Et je lui en veux, de pouvoir faire de moi sa chose. De me posséder si honteusement. De pouvoir me traiter de menteuse et écraser sa colère si fort contre moi que ça laisse des traces, sans que je ne parvienne à lui en vouloir. Je finis toujours par lui pardonner. Parce que je suis incapable de me passer de nos moments privilégiés. De ses lèvres contre les miennes, de la douceur dont il sait faire preuve avec moi, lorsque ses mains caresses ma peau dénudée. Je lui en veux, terriblement. Sans parvenir à lui en vouloir vraiment. Pathétique.
Je voudrais lui dire que je ne mens pas, mais les mots restent sagement derrière mes lèvres. Je sais d'avance que ça ne servirait à rien d'essayer de me défendre. Qu'il a décidé que je mentais et que personne ne pourrait rien changer à ça, pas même la meilleure des plaidoiries de Soren. Alors j'échappe à son regard, contrariée, priant pour qu'il se calme de lui-même, tout en sachant pertinemment que cet espoir est perdu d'avance. Bran ne se calme que lorsqu'il a évacué toute la violence qui macule ses veines d'un rouge sombre, presque noir. Un rouge dégueulasse.

- Fais pas l'innocente, putain !

Je me sens à la fois blessée et tellement sidérée. Comment peut-il imaginer une chose pareille ? Comment peut-il penser un seul instant que j'ai pu faire ça ? Tout mon être ne crie que son nom, je ne désire que lui et ce depuis le début. Aucun autre homme n'a jamais trouvé grâce mes yeux. Il n'y a que lui, encore et toujours lui. Lui, lui, lui. Et je me sens presque humiliée qu'il puisse penser ça de moi. Mais l'humiliation laisse rapidement place à de l'indignation. Je le darde de mes prunelles sévères, celles que je n'utilise d'ordinaire que lorsque nous partageons un moment intime et que je ne crains pas de subir ses foudres. Mais là, c'est plus fort que moi. Je me sens insultée. Et j'ai l'impression qu'il se fout ouvertement de ma gueule.

- J'trouve ça assez ironique venant d'ta part de me reprocher ça.

Parce que je sais très bien que toute une ribambelle de femmes passent entre ses mains. Que je n'en ai pas l'exclusivité, contrairement à lui avec moi. Et cette réalité me foudroie le cœur à chaque fois que j'y pense. L'idée qu'il puisse fantasmer sur d'autres femmes, qu'il donne du plaisir à d'autres femmes.. J'en ai la nausée. Ça me fait me sentir plus seule que jamais. Et ça me donne l'impression que j'encaisse tout ça pour rien, finalement. Que nous n'avons pas un lien spécial. Que je ne compte pas plus qu'une autre à ses yeux. Que je suis, encore et toujours, cette maudite poupée de chiffon qu'il garde précieusement sous sa coupe. Mais moi ou une autre, ce serait la même chose pour lui. Je ferme les yeux une seconde, terriblement meurtrie par cette pensée douloureuse. Encore une fois, je lui en veux de me faire connaître de tels états d'âmes. Je lui en veux de tout. Et pourtant, je l'aime à chaque fois un peu plus fort. Son nom tatoué là, sur les bords de mon cœur. Est-ce qu'il a conscience, au moins, du mal qu'il m'inflige ? Que je souffre plus de ses aventures que de ses mains qui me cognent ? J'en doute.

Son rire s'élève, de ces rires qui vous donnent envie de chialer tant ils vous font flipper. Ce rire, je l'ai tellement entendu. Et pourtant, il me fait le même effet à chaque fois. Mon sang qui se glace, mon corps tout entier qui se refroidit et ce frisson d'effroi qui remonte le long de mon dos déjà cabossé. Et son regard. Ce regard. Je vois bien qu'il n'y a plus rien à faire. Que c'est foutu. Que j'suis foutu. Qu'il a perdu la raison, qu'il ne s'arrêtera plus, qu'il ira au bout. Que je vais morfler, encore une fois. Et tout mon corps se met à trembler, comme pour me supplier de trouver une solution, une échappatoire. Parce qu'il n'en peut plus d'accuser les coups. Qu'un jour, ce sera le coup de trop et que mon corps ne se réparera pas. Je me relèverais pas.

- Joue pas à ça avec moi, tu sais comment ça va s'finir.

Il me libère et je reprends mon souffle, les yeux irisés par la couleur de la peur. Je le sais, oui. Mais je sais aussi, que, même si je ne joue pas, l'issue restera la même. J'suis condamnée à y passer, pour la énième fois. Je baisse les yeux, dans un acte ridicule de soumission. Comme si ça allait changer quelque chose. Comme s'il allait me prendre en pitié et m'épargner, pour cette fois. Mais mon cerveau sait que c'est faux. Bran n'épargne personne. Parce que Bran n'a pas de pitié. Il m'attrape de nouveau, me jette et me reprends et j'ai l'impression d'être un vulgaire yoyo entre ses doigts. Et je profite de son silence pour tenter ma chance. Pour tenter d'apaiser la tempête qui le ravage à l'intérieur. Je sais que je vais y passer, mais si je pouvais faire baisser le niveau de la rage qui l'anime, il cognera moins fort. Mes doigts glissent, sur son t-shirt d'abord, puis sur ses joues, alors que je lui raconte toute l'histoire. Je sais qu'en disant la vérité, je me jette dans la gueule du loup. Mais au fond, je crois que je m'en fous un peu. Tout ce que je veux, c'est qu'il cesse de croire que j'ai couché avec Woody. Qu'il s'enlève cette idée de la tête. Woody ne me regarde même pas. Il est perdu dans son monde. Il voit à peine où il met les pieds, je ne vois pas comment il pourrait me voir moi. Mais la douceur qui irradie de mon regard s'envole brusquement, tandis que dans le sien, je vois la rupture s'opérer. Et je sais ce qui m'attends. Dans un mouvement instinctif incontrôlé, je tente de lui échapper, j'ai un haut le cœur et m'écrie :

- No..! Même pas le temps de finir d'hurler.

Ma tête vole et j'ai l'impression qu'il vient d'abattre une brique sur mon visage. Je titube, complètement sonnée, me heurte au plan de travail et mes jambes fléchissent, ma main s'agrippe désespérément au bord du meuble, mais je me retrouve malgré tout à genoux. Une douleur vivace se répand sur ma joue, mon crâne, ma nuque et c'est tout mon corps qui souffre de la violence de son geste. J'ai l'impression qu'une armée de fourmis rouges courent sur ma joue ensanglantée et me dévorent les chaires. Les lèvres tremblantes, le souffle coupé, je ne remarque même pas qu'il s'en est allé. Ma main relâche le rebord et glisse le long de la paroi. Mes yeux, inondés de larmes et fermés, ne peuvent les retenir plus longtemps et les voilà qui s'échappent et roulent, roulent, si nombreuses. Silencieuses. Je porte mon autre main à ma joue blessée mais à peine la frôlais-je que déjà je l'éloignais en échappant un gémissement plaintif. Je rouvre péniblement les yeux, encore sous le choc, mon cerveau a encore du mal à assimiler où je suis, où est le haut et le bas. Tout est flou et bancal. Je déglutis et finis par comprendre qu'il n'est plus là. Mon corps se détend alors, ne craignant plus de recevoir d'autres coups. Pour l'instant. Je renifle, essuie tant bien que mal mes larmes qui viennent piquer ma blessure à vif. Je ravale ma douleur et fait cesser le flot de larmes. Mes yeux s'assèchent et je cherche rapidement à me relever, alors que je l'entends déjà revenir. Je n'ai plus peur. Maintenant que le premier coup a été donné, je me sens juste si lasse, si fatiguée. Mon cœur s'est mit en sourdine et mon corps attend patiemment son triste sort.

Je me redresse enfin complètement face à lui et regarde les vêtements qu'il lâche au sol, avant de foncer sur moi. Par réflexe, je recule d'un pas, mais mon visage se retrouve prisonnier de ses doigts tortueux, ses doigts abimés par la violence qu'il distribue quotidiennement. Mais je refuse de le regarder dans les yeux. Pas par peur, ni par soumission. Mais par colère, pas pure provocation. Je lui en veux et je veux qu'il le comprenne. Son pouce vient effleurer ma blessure et je tressaille légèrement à cause de la douleur. Mais je me retiens de gémir et de grimacer. Et là, il vient m'embrasser. Mais c'est trop tôt. Je garde les yeux ouverts et je riposte en tentant de tourner la tête pour lui échapper, refusant de répondre à ce baiser que je juge déplacé. A peine deux minutes se sont écoulées depuis sa gifle. Et ma fierté m'empêche d'accepter ses excuses. Pas encore, en tout cas. Je couine de protestation et pose mes deux mains sur ses épaules, tentant désespérément de l'éloigner de moi, sans y parvenir. Évidemment. Et mes yeux s'écarquillent brutalement alors qu'il vient mordre ma lèvre déjà bien entamée. Mes doigts se plantent dans ses épaules et cette fois-ci, je ne peux retenir un petit cri plaintif. Dès qu'il libère mes lèvres, je m'emporte.

- TU ME FAIS MAL !

Que je lui hurle dessus, furieuse, la lèvre au bord de l'implosion. Je sens mon sang la remplir et venir battre contre ma peau. Je le fusille du regard, retrouvant un peu de ma contenance. Sa main vient s'emparer de ma gorge, m'immobilisant à nouveau. Mes mains toujours sur ses épaules larges, je me concentre pour respirer calmement et tenter de faire passer l'air sans encombre dans ma trachée réduite par l'étau de sa main.

- Pourquoi tu fais ça ? J'échappe un rire léger, teinté d'amertume. - Pourquoi tu m'obliges à t'faire mal ?

Mon visage se raidit, retrouvant son impassibilité habituelle. Seule une flamme de colère crépite dans le noir de mes prunelles. Comment peut-il être aveugle à se point ? Comment peut-il se voiler la face ainsi ? Et tout me mettre sur le dos ? Comme si j'étais réellement responsable de ma situation. Je trouve ça grossier, déplacé et abject. Même venant de lui. Et je ne peux taire ça plus longtemps, sentant en moi l'envie de rétablir l'ordre des choses.

- Ce n'est pas moi qui t'oblige, Bran. Je laisse défiler une seconde à peine avant de continuer. - La vraie question, c'est pourquoi tu acceptes de me faire ça ?

Et j'aimerais qu'il y réponde, sincèrement. J'aimerais comprendre le mécanisme des rouages qui forment son esprit. Je n'y suis pas encore parvenue. Je ne fais que le subir et prévoir ses réactions, sans vraiment parvenir à comprendre le pourquoi du comment. Et ça me laisse une sensation frustrante. Mon regard ne lâche pas le sien, pas une seule seconde, fatiguée de fuir devant lui comme une biche devant le chasseur. Même si je sais pertinemment que dès lors qu'il recommencera à menacer de me frapper, je redeviendrais si fébrile, si apeurée. Alors je savoure avec intensité ce bref moment où je ne me sens pas poupée de porcelaine dans ses mains indélicates. Prêtes à me briser en mille morceaux à la moindre pression.

- J'en ai marre Lim, putain. Arrête tes conneries un peu, ça t'sert à quoi ? Tu t'fais prendre, et après tu pleures. Ça t'plaît ou quoi ?

Et là, je ne sais pas ce qui me prend. Ses mots réveillent en moi mille et une choses. Submergée par une vague de sentiments incontrôlés, je me mets à pleurer. Toujours calmement, toujours sans bruit. Mais dans mon regard, y a une détresse nouvelle, que je ne parviens pas à faire taire, ni à dissimuler. Je me sens mise à nue. Mes sourcils se froncent, à cause de l'incompréhension qui me traverse. Je le dévisage, comme si je lui en voulais de poser cette question. Comme si soudainement je réalisais que, vraiment, je ne suis pas grand chose à ses yeux. Tout au plus sa chose. La pression de mes mains sur ses épaules disparaît et je les retire, laissant mes bras retomber le long de mon corps usé.

- Mais Bran.. Que je souffle. - Je suis un être humain, pas une machine. Tu peux pas m'demander d'accepter la vie que j'ai sans broncher. Est-ce que tu imagines, une seconde, ce que c'est ma vie ? J'n'en peux plus. Je veux juste vivre normalement. Comme n'importe qui d'autre.

Ma voix se brise et je me sens honteuse de lui livrer tout ça, mais je n'en peux plus de tout garder pour moi. Je voudrais lui demander pourquoi moi, pourquoi nous. Pourquoi ils font ça. Comment ils arrivent à tous dormir le soir en sachant qu'ils détiennent nos vies minables entre leurs mains et qu'on se sent comme des chiens en cage. Même dans les prisons ils sont plus libre de nous toutes. Je serre les dents et finis par détourner les yeux, horriblement confuse par toute cette faiblesse que je viens de lui servir. Mes larmes cessent aussitôt de couler et je pose mes mains sur la sienne, celle qui enserre ma gorge, avec la furieuse envie de le forcer à me lâcher. Son contact me brûle et m'insupporte. Je voudrais qu'il se casse. Qu'il me foute la paix. Je veux ranger son bordel et terminer cette putain de journée infernale. Je veux que Woody rentre et qu'il emplisse une fois encore les lieux de sa folie délicate, qu'il fasse disparaître la haine, l'odeur du sang et la poigne de Bran sur mon corps, sur ma vie.

- Woody sait qu'tu fais ça ? Que tu t'amuses à faire comme si t'étais chez toi ?

Qu'est-ce que ça peut bien faire. Woody se fout de tout, de toute façon. Je commence à m'acharner sur sa main, impatiente, ne lui prêtant pas trop attention. Je réponds à la hâte, ne souhaitant pas m'éterniser sur le sujet.

- Non.

Et mon manque de force physique face à lui me faire enrager. Emportée par le tumulte des émotions fracassantes qui s'écrasent de partout dans ma boîte crânienne, je plante mes ongles dans sa main, sans saisir ce que je fais vraiment et je m'égosille tout en me tortillant dans tous le sens.

- Lâche-moi !

Sa présence m'étouffe, m'oppresse. Le sang me monte à la tête et j'en peux juste plus. De lui. De tout.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Dim 13 Nov - 1:08

« J'trouve ça assez ironique venant d'ta part de me reprocher ça. » Bang bang. La remarque siffle entre les lèvres de Lim, fend l'air comme une balle perdue et vient se loger dans le cœur de Bran. En plein dans l'mille. Il sent la dureté de son regard, il perçoit l'amertume dans sa voix. Elle lui balance le reproche dans la gueule et l'pire, c'est qu'il sait qu'elle a raison. Il sait qu'c'est injuste, qu'il l'accuse d'avoir laissé Woody la toucher alors que lui-même laisse glisser ses mains sur d'autres qu'elle. Elle sait, il sait qu'elle sait. Il s'en est jamais vraiment caché. Trop souvent il s'invite dans d'autres bras, d'autres draps. Pour lui c'est la normalité, c'est faire comme les gars du gang, c'est goûter aux courbes de toutes ces filles sans importance, alors que sa langue est déjà rongée par le goût de Lim depuis des années. La seule qui a sa place dans l'creux de sa poitrine, la seule qu'il aime comme ça, de tout son corps, tout son cœur ; tellement qu'ça bascule dans l'horreur, intense à en faire peur. Persuadé qu'elle le sait pertinemment, il comprend même pas pourquoi elle vient foutre ça sur le tapis – ça fonctionne comme ça depuis le début et elle l'a toujours accepté sans broncher ou presque, ne venant jamais le blâmer pour ça ouvertement. Alors il pige pas. Ça le dépasse, qu'elle sorte ça comme ça, avec cette lueur sombre dans le regard et le pincement de ses lèvres. Tellement qu'il resserre sa poigne sur elle et fronce les sourcils, trahissant son incompréhension. « Arrête putain. Arrête de faire ta maline. » Et ça vibre dans ses cordes vocales, des ses doigts, dans sa cage thoracique qui abrite un chaos sans nom. Il a l'impression qu'elle se fout d'sa gueule, qu'elle le défie sans la moindre gêne et qu'elle s'en délecte. Alors il s'énerve, il multiplie les avertissements et les menaces, il la serre plus fort entre ses doigts pour mieux la repousser, et ensuite la rattraper. Poupée d'chiffon sous son emprise, elle se laisse balayer par l'ouragan, allant jusqu'à baisser les yeux pour coopérer. Et comme chaque fois qu'elle fait preuve de soumission, il est tiraillé. D'un côté la satisfaction du gangster, du clébard de Lazar, du bourreau qui n'est là que pour la superviser – elle obéit, elle montre enfin du respect, elle fait comme toutes les autres et elle ploie devant lui, devant le gang, devant cette entité qu'il se force à représenter. De l'autre côté la frustration de Bran, de l'homme, de celui qui est tombé dans les filets d'la poupée – il aime pas quand elle courbe l'échine, quand elle abandonne la dignité qui lui fait garder la tête haute en toute circonstances, quand elle perd cet éclat provocateur qui l'rend fou. Il sait pas, il sait plus. La féliciter pour cet élan de docilité, ou regretter la perte de son insolence ? Il est perdu entre ce qu'il doit faire, ce qu'il veut faire, et tout c'qui se trouve entre les deux. Ce sont les choses qu'il aime le plus chez elle qui l'poussent au carnage, ce sont ces choses qu'il s'acharne à détruire avec ses poins, pour mieux revenir les chercher, les frôler, les effleurer du bout des doigts, du bord des lèvres. Cacophonie qui résonne jusqu'à son squelette – il sait plus ou donner d'la tête. Elle avoue tout et il voit flou, sa programmation réagit avant son palpitant. Il lève la main, elle comprend, elle crie. « No..! » Trop tard. Les syllabes s'étouffent dans sa gorge gracile quand il abat sa paume sur son visage, ripant du haut d'sa pommette jusqu'à sa bouche, entamant la chair et faisant couler le sang. Elle titube et il reste de marbre, colosse face à une proie. Elle fléchit et s'agenouille, il tourne les talons et l'abandonne. Pas un mot. Pas un regard. Il est passé en mode pilote automatique, Bran a disparu et à sa place règne le chien d'garde. Celui qui va vérifier la véracité d'ses propos, celui qui tombe sur ses fringues dans le salon et qui réalise finalement son erreur. À quoi bon ? Le mal est fait, l'affront n'pourra pas être réparé.

Quand il revient, elle a trouvé la force de s'remettre debout, mais il voit les sillons maladroitement séchés qui ont été tracés sur ses joues. Elle a pleuré, quand il n'était pas là pour voir les larmes, pour les essuyer. Il s'approche, emprisonne son visage dans un étau bien plus doux que le précédent, observant l'étendue des dégâts. C'est moche et ça lui tord les boyaux, mais c'est rien en comparaison du courroux de Lim. Elle a même pas besoin d'ouvrir la bouche pour qu'il le sente. Elle refuse de le regarder et il la connaît assez pour voir qu'elle n'est pas effrayée. C'est pas de la crainte – c'est de la provocation. Il lui en veut mais la réciproque est vraie aussi. Et pourtant il fond sur elle, lui volant un baiser dont elle ne veut pas, pour s'excuser autant que pour la punir. Elle se crispe à son contact et tente de lui échapper, mais ses mains fragiles n'font pas le poids contre lui. Et pour lui faire payer, il mord dans sa lèvre ouverte, laissant le goût du sang lui envahir la bouche. Elle riposte en plantant ses ongles dans ses épaules, lâchant une plainte qui vibre jusqu'à son myocarde. Il l'a mise en colère. Il le sait, et il est pas surpris quand elle s'met à l'engueuler une fois qu'il l'a libérée. « TU ME FAIS MAL ! » Il sait. C'est ce qu'il fait souvent, trop souvent – tout le temps ? Leurs pupilles s'entrechoquent et il est transpercé par les siennes, devenues acier trempé. Par automatisme, il attrape son cou et l'emprisonne entre ses phalanges, alors qu'elle s'agrippe toujours à ses épaules. Elle est à sa merci et elle le sait, suffirait qu'il serre pour la faire suffoquer. Mais c'est pas son but. Il veut juste parler. Essayer de comprendre ce qui lui échappe complètement. Et elle reprend son masque face à ses questions, seulement trahie par l'éclat qui brille au fond d'ses yeux. « Ce n'est pas moi qui t'oblige, Bran. La vraie question, c'est pourquoi tu acceptes de me faire ça ? » Il cueille ses mots comme un uppercut dans le bide, comme une lame à la jugulaire, comme une balle dans la tête. Ça le heurte de plein fouet et il se fige, incapable de parler ou même de respirer pendant une seconde. Il sait pas quoi faire de tout ça, de ce qu'elle balance et de tout c'que ça éveille en lui. Dans l'fond, il le sait, qu'elle a raison. Quelque chose en lui le voit bien – la part lucide, celle qui est encore capable de penser par elle-même. Mais elle fait pas l'poids face à celle qui appartient au gang, celle qui est entre leurs mains depuis trop longtemps. Au final, ils sont pas si différents ; leurs âmes vendues au diable et une laisse à leurs cous. Le seul fossé qui les sépare, c'est leur place dans la chaîne alimentaire. Il est dans l'clan des prédateurs, elle fait partie des proies. Et ils se rejoignent entre deux, dans ce brouillard qu'aucun d'eux ne contrôle, pas même Bran malgré ce qu'il croit et veut faire croire. Et quand elle s'met à pleurer, il se sent complètement désarmé. Même là, même avec les gouttes qui roulent sur ses joues et cette détresse brute dans ses yeux, elle reste digne. Il aimerait pouvoir en faire de même, mais ses traits s'effondrent comme son cœur, son incompréhension fait écho à celle de Lim, il s'prend sa douleur en pleine gueule et il la lui renvoie comme un miroir. Ses mains si fragiles quittent ses épaules et elle les laisse mollement retomber contre ses flancs, comme si elle baissait les armes, comme si elle se résignait à son sort. « Mais Bran.. Je suis un être humain, pas une machine. Tu peux pas m'demander d'accepter la vie que j'ai sans broncher. Est-ce que tu imagines, une seconde, ce que c'est ma vie ? J'n'en peux plus. Je veux juste vivre normalement. Comme n'importe qui d'autre. » Sa voix se brise. Cette fois, c'est lui qui ploie. Il la dévisage en silence, stupéfait, complètement paumé. Il sait pas quoi faire de toute la souffrance qu'elle laisse enfin couler, comme un dégueulis acide, une coulée d'lave qui vient le désintégrer. Il la regarde et pour la première fois, il s'demande ce que c'est, d'être elle. Il a beau tourner le problème dans tous les sens, il arrive pas à imaginer, il arrive pas à s'mettre à sa place. Il arrive pas à concevoir une seule seconde qu'on puisse l'entraver de ses libertés – et pourtant c'est ce qu'il lui fait. Il cherche une réponse dans ses yeux, quelque chose qui puisse lui expliquer, qui puisse le sortir de cette tempête dans laquelle elle vient d'le jeter sans prévenir. Mais elle détourne les yeux et la faille qu'elle vient d'afficher disparaît, remplacée par son masque habituel. Il sent ses mains se poser sur la sienne, devinant qu'elle aimerait qu'il lâche prise, qu'il libère sa gorge. Mais il peut pas. Il est figé. Il continue de l'observer, sentant son rythme cardiaque s'accélérer, perdant pied. Il entend plus rien, se rendant même pas compte qu'elle a continué de parler. Il perçoit à peine les ongles qui s'enfoncent dans sa peau jusqu'à en laisser des traces, la carcasse de Lim qui s'agite sous sa poigne. Tout est loin, trop loin.

« Tu crois que j'ai l'choix ? » Ça sort tout seul et il reconnaît même pas sa propre voix, dénuée de la délicieuse insolence qui le caractérise tellement, même dépourvue de la colère que Lim subit si souvent. Il n'reste que l'amertume, palpable et douloureuse, à mille lieues du spectacle qu'il offre habituellement. « TU COMPRENDS RIEN, PUTAIN. » Son emprise sur son cou s'est resserrée brutalement, en écho avec le haussement de sa voix. « Tu crois quoi ? Qu'ça m'amuse, de faire ça ? Tu crois qu'j'aime te frapper ? » Il espère que non – il espère vraiment de tout son cœur. Il lui a jamais dit qu'ça lui plaisait pas, mais ça lui paraît tellement évident qu'il part du principe qu'elle le sait. Sauf qu'à l'entendre, il en est plus si sûr. Il est plus sûr de rien. Elle a tout bousculé. « T'es sous ma responsabilité. Pas celle d'Anton, pas celle des autres, LA MIENNE. Tout c'que tu fais, tout c'que tu dis, c'est à moi d'le gérer. C'est moi qu'Lazar vient voir quand tu déconnes, encore et encore. » Il serre et il serre, tellement qu'elle doit plus pouvoir respirer, mais il s'en rend même pas compte. Perdu dans les méandres de sa colère, il a beau la fixer, il la voit même plus. « C'est moi qui prend quand tu joues à la plus forte, quand t'essaies d'nous la faire à l'envers. C'est moi qui doit expliquer pourquoi t'as encore réussi à faire c'que tu voulais, pourquoi t'es la seule qui reste jamais, jamais dans les rangs. Jamais. La seule qu'est pas capable d'obéir tant qu'on l'a pas cognée. » Brutalement, il la relâche et se recule pour n'plus avoir le moindre contact avec elle. Et il prend sa tête entre ses mains, les doigts tremblants, le visage déformé par la fureur et l'angoisse et le chaos qu'il n'arrive plus à contrôler. « Tu crois qu'c'est par hasard si c'est moi qui t'gère ? T'es trop conne ! Lazar sait, il a tout deviné. J'le sais putain, j'le sais qu'il sait. Faut que j'lui prouve qu'il peut compter sur moi. » Parce qu'il estime tout lui devoir. Persuadé que sans lui, il n'serait rien. Qu'il est son sauveur, son père de substitution, celui qui l'a aidé à devenir un homme et qui lui a permis de marcher dans les traces de son réel paternel, celui parti trop tôt, celui qu'il pense mort en héros. « T'as d'la chance de m'avoir moi, putain d'merde ! C'est pas pour rien que tu vends pas ton cul ! Ta vie serait dix fois pire si c'était Anton qui s'occupait d'toi, et tu l'sais Lim, mens pas ! » Il continue son monologue, faisant les cent pas, rôdant autour d'elle comme un fauve enragé sans jamais s'en approcher, à la recherche d'un moyen de désamorcer la grenade qu'elle a dégoupillée en lui. « J'AI PAS LE CHOIX, TU PIGES ? C'EST COMME ÇA. » C'est la vie telle qu'il la connaît depuis son enfance – la vie du gang. Il a beau l'aimer, elle est pas libre, elle le sera jamais. Elle appartient au gang, autant que lui. Sauf qu'elle, elle n'a jamais eu son mot à dire. « Tu comprends pas, » qu'il répète, baissant le ton, la voix qui se brise et le regard vissé au sol, « Tu comprends rien, tu comprendras jamais. » Tout comme lui ne comprend pas sa position. Embourbés dans l'même enfer, pourtant à des pôles diamétralement opposés. Et plus que jamais, y a cette sensation atroce qui le prend à la gorge, la réalité qui lui déchire le cœur. C'est terrible, d'être voué à détruire ce que l'on chérit plus que tout, au nom d'la loyauté, au nom d'une dette qui n'a pas lieu d'être, au nom d'un mensonge dont on ignore l'existence. Trouver ce qu'on aime, et être voué à le tuer, ou à le laisser nous tuer. Doucement. À petit feu. Bran la voit, enfin. Cette infâme agonie qui lentement le plombe, et le force à creuser sa propre tombe.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Lun 28 Nov - 16:08

- Arrête putain. Arrête de faire ta maline. Qu'il clame, enragé.

Je ne réponds rien. Je me contente de le dévisager avec une certaine condescendance. Une pointe de déception, également. Il me parle de faire la maligne, alors que mon cœur est à l'agonie devant lui. Il est tombé là, juste à ses pieds, meurtris, poignardé par ses nombreuses aventures. Si ses mains laissent des traces sur ma peau, ses coucheries elles, lacèrent mon amour propre et mon palpitant. Elles le réduisent en morceaux. Elles en font de la pâtée pour chiens. Un espèce de truc dégueulasse dont personne ne voudrait. Et lui, il pense que je fais la maline ? J'ai envie de lui cracher au visage. De le frapper. De déverser sur son visage toute ma haine, toute ma colère, comme une bassine remplie d'huile bouillante. Puis une seconde, pleine d'acide. Il m'horripile. Il ne comprend jamais rien. Il voit tout à travers son filtre de gamin, de crétin. Sale égoïste, indisposé à faire preuve d'une quelconque empathie. Je le hais. Au moins aussi fort que je l'aime. Je voudrais planter mes mains dans sa poitrine et lui arracher son myocarde. Autant pour le faire souffrir, que pour pouvoir en avoir l'exclusivité. Le conserver précieusement près du mien et l'étouffer lorsqu'il me fait trop mal. Comme maintenant, par exemple. Alors que sa main s'élève et s'abat sur moi, sans considération. Sa force, brutale, animale, me fait m'écrouler au sol, lamentablement. Brindille écrasé par un géant. Il disparait et me laisse seule face à ma douleur. Celle sur ma joue. Celle dans ma poitrine. Je craque. Pas longtemps. Juste de quoi me donner la force de me relever. De refuser de me traîner par terre devant lui. Se relever. Toujours. se. relever. Ne jamais leur donner se plaisir. Ne jamais s'avouer vaincue. Se nourrir de cette rage pour pouvoir garder la tête hors de l'eau. Ne pas sombrer. Courber l'échine uniquement lorsque je le décide. Ponctuellement. Sans aucune honnêteté. Ne pas gémir. Ravaler mes larmes. Rassembler ses forces pour être prête à l'affronter. Il peut être colosse de pierre s'il le veut. Rien n'est indestructible. Rien n'est éternel. Un jour, c'est lui qui pliera devant moi.

Il m'attrape et m'embrasse de force, ignorant mes protestations pourtant vigoureuses. Mais je ne suis rien, entre ses mains. Fragile papillon, mes ailes enfoncées sur ses griffes d'ours. J'peux plus m'envoler, abattue par le poids de sa violence. Il me fait mal et il s'en fiche. Je le soupçonne presque de s'en délecter. De sentir tout le pouvoir qu'il a sur moi et de le savourer comme un junkie qui s'injecte sa dose. Il libère mes lèvres, après les avoir blessées une nouvelle fois, à coup d'dents acérées et je hurle, ravivée par une douleur lancinante. Et ça ne lui plait pas. Ses mains changent d'endroit et viennent se placer autour de mon cou, me rendant encore plus à sa merci. Le moindre faux pas et il pourrait m'étouffer ou me briser la nuque. Est-ce qu'il en serait capable ? Pour me faire regretter l'affront de trop ? Emporté et aveuglé par le torrent de colère qui coule dans ses veines sclérosées ? Je ne sais pas. Et je ne veux pas savoir. Je prends même le temps de chasser méticuleusement toutes ces interrogations de ma tête. Je veux croire qu'il s'arrêtera toujours avant l'irréparable. Je veux croire que je suis suffisamment spéciale pour qu'il fasse absolument tout pour qu'on ne me réserve jamais ce sort. Mais je crains de me nourrir d'espoirs stupides, d'illusions de gamine qui ne connait rien aux relations humaines. Je ne sais plus ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. Je ne sais plus ce que j'invente et ce qui existe. A tel point que j'en viens à douter complètement de ce qu'il ressent pour moi. Je suis complètement déboussolée. Le crâne encore en mille morceaux à cause de sa précédente attaque. J'suis en vrac. Et je crois que s'il ne me tenait pas si fermement, j'me serais déjà écroulée. Mes jambes sont trop fatiguées pour continuer à me porter, moi et le poids de tout ce bordel dans ma tête.

Mes prunelles plantées dans les siennes, le confrontant sans la moindre hésitation, je prends la parole et j'le vois passer par un millier d'émotions. J'le sens perdu, confus, terriblement tiraillé. Je sais. Je sais très bien que sa situation est délicate. Que dire non au gang, c'est s'exposer à finir crevé dans une poubelle. Mais je suis incapable de compassion pour lui, ma situation ne le permet pas. Alors je reste insensible à ses regards, à son dos qui se ploie un peu face à certaines de mes paroles. Il est stupéfait, comme si je venais de lui annoncer quelque chose de fou, quelque chose qu'il ignorait complètement. Et ça ne fait qu'accroître la colère sourde qui vibre sous ma cage thoracique. Je souffle, tremblante, le regard dur, impitoyable. Toutes traces de faiblesse ou de chagrin ont définitivement disparues. Ne reste qu'une grande lassitude. Je me sens désabusée. Presque outrée de ses réactions. Je voudrais lui hurler de se réveiller. De cesser de faire l'enfant et de voir ce qui l'arrange. D'ouvrir les yeux sur la réalité de ma situation et de ce qu'ils me font endurer au quotidien. Lui y compris. Qu'est-ce qu'il croit ? Que l'attention qu'il me porte lorsqu'il n'est pas avec une autre suffit à me combler de joie ? Je souffre en permanence. Même quand il est là. Même quand je suis lovée dans ses bras. Je souffre d'avoir perdu les miens. Je souffre d'avoir été arrachée à mon pays. Je souffre d'avoir perdu ma condition d'être humain pour devenir une simple marchandise à durée limité. Je souffre de l'aimer autant sans pouvoir l'avoir. Je souffre de me contenter des miettes de lui qu'il veut bien m'offrir, alors que je lui suis toute consacrée. J'ai mal tout le temps et il ne voit rien. Bien à l'abri dans son déni de gosse. Parce que Bran, c'n'est rien qu'un gosse. On dirait pas comme ça, caché derrière son gabarit et son air de gangster. Mais moi, je sais. J'le vois, le petit garçon coincé en lui, qui s'échappe parfois, à travers un rire, un regard ou un geste. Et c'est usant de se dire que je n'en verrais jamais plus. Alors je me débat. J'enrage, je fulmine. Je plante mes ongles. Je veux qu'il me lâche, parce que ses doigts me brûlent la peau, si fort, que même mon âme s'embrase. Je veux qu'il me lâche. Je veux qu'il me lâche. Je veux qu'il me lâche.

- Tu crois que j'ai l'choix ?

Je m'immobilise. Pardon ? Je retire mes ongles de sa peau devenue rouge sous la force de mon étreinte et je le dévisage. Mon visage se charge d'aversion et de dégoût. Il ne va pas oser. Il n'a pas intérêt. Je le défie du regard de se lancer là-dedans avec moi. Mais il ne me voit même plus. Il est complètement ailleurs, perdu dans une dimension à laquelle je n'ai pas accès. Probablement en train de se noyer sous des souvenirs et des états d'âmes dont je n'ai pas connaissance. Je serre la mâchoire, mes dents grincent les unes contre les autres alors que je suis au bord de l'implosion.

- TU COMPRENDS RIEN, PUTAIN.

Parce qu'il n'y a rien à comprendre. Son étreinte autour de ma gorge se resserre légèrement, rendant le passage de l'air un peu difficile. Mais je ne réagis pas. Je me contente de le fixer, avec acharnement, avec mépris. Comme si des aiguilles allaient subitement sortir de mes yeux pour venir coudre ses lèvres avec violence, pour l'empêcher de parler. L'empêcher d'en dire plus, au risque de me donner envie de lui vomir dessus. Mais il ose. Il s'élance dans un interminable monologue et je ne sais plus s'il me parle à moi, ou à lui-même. Je vrille, victime de la répulsion puissante que je ressens à son égard. Je l'écoute et je voudrais pouvoir hurler plus fort que lui, pour couvrir ses mots, l'obliger à se taire. A cesser toutes ces conneries. Mais je ne peux pas. Ses mains tiennent mon cou en otage et le serrent si fort que l'air ne passe quasiment plus. Je commence à m'agiter et je grimace, alors que je prends peur. Je l'ai perdu. Il s'est déconnecté de la réalité et parle, parle encore et encore, en oubliant ma présence et ses mains qui me tuent à petit feu. Je voudrais parler, lui dire d'arrêter, qu'il va m'étrangler, mais dès que j'ouvre la bouche, il n'en sort qu'un souffle rauque teinté de désespoir. Mes yeux s'arrondissent et mes jambes se tendent alors que la panique s'insinue partout en moi. Et ses mots qui continuent de venir me heurter, réveillant en moi une intolérance sans limite. Il me relâche enfin et je m'effondre au sol, me retrouvant à genoux face à lui, mes mains sur ma gorge, en train de tousser violemment, les yeux fermés. Ma lèvre ensanglantée tremble alors que je réalise que s'il n'avait pas relâché son étreinte dans les minutes qui suivaient, j'aurais réellement finit par m'étouffer. Il est en train de dérailler complètement.

- Tu crois qu'c'est par hasard si c'est moi qui t'gère ? T'es trop conne ! Lazar sait, il a tout deviné. J'le sais putain, j'le sais qu'il sait. Faut que j'lui prouve qu'il peut compter sur moi.

Je relève la tête vers lui, la gorge en feu, les jambes molles et je le fusille du regard. Écœurée. Je suis écœurée à l'idée que Bran veuille prouver quoi que ce soit à Lazar. Ce type est abject. Il incarne à lui tout seul tout ce que je déteste le plus dans la race humaine. Alors le fait que Bran soit capable de tout et n'importe quoi contre moi juste pour faire plaisir à cet espèce de cinglé me répugne et me fait atteindre un nouveau niveau de rage. Ça me prend aux tripes et déclenche en moi des envies violentes de massacre. Je ne réponds rien, je me contente de baisser les yeux pour regarder ailleurs. Non pas par soumission, mais parce que le simple fait de le regarder me met dans un état pas possible. Je souffle et je continue de l'écouter. Il me parle d'Anton et me sort tout un tas de conneries. Je finis par me relever, péniblement, titubant un peu. Je me rattrape au plan de travail afin de m'aider à retrouver mon équilibre. A côté de ça, Bran est complètement instable et tourne dans tous les sens. Il s'agite, s'épuise. Et je devine sans mal le combat qui se passe dans sa poitrine. Mais il ne parvient toujours pas à attirer ma sympathie. Je reste de marbre, bien trop prise par mes propres émotions. Il finit par me dire qu'il n'a pas le choix et que je ne comprend pas. Que je ne comprend rien. Que je ne comprendrais jamais. Sans crier gare, j'attrape brusquement la casserole remplie d'eau - froide désormais - et la lui balance violemment au visage, prise d'une pulsion incontrôlable.

- TU VOUDRAIS QUE JE TE COMPRENNE ?

Animée par une folie nouvelle, je fonce sur lui et les doigts de ma main droite viennent se planter dans ses joues pour le forcer à me regarder.

- TU VOUDRAIS QUE MOI JE COMPATISSE A TA CONDITION ? QUE JE PUISSE CROIRE UN SEUL INSTANT QUE TU N'AS PAS LE CHOIX ? QUE TU ES COINCE ET QUE TU NE PEUX RIEN FAIRE ?

Je fulmine. Je voudrais lui faire mal. Je ne supporte plus son attitude tellement égocentrique. Il a le choix. Parce que lui, il peut s'enfuir, disparaître. Il pourrait organiser sa fuite et il pourrait se défendre. Mais moi ? Je n'ai aucun contact. Je ne connais rien. Personne qui pourrait me protéger d'eux. Et certainement pas moi-même. Je n'ai ni papier, ni argent. Je n'ai rien. Parce qu'ils m'ont tout pris, même ma dignité. Alors non. Non je ne comprend pas et je refuse de le croire. Ses hurlements raisonnent comme un caprice à mes oreilles. Et ça me blesse horriblement de le voir réagir ainsi. Je me sens encore plus seule. Encore plus incomprise.

- Un jour j'crèverais entre tes mains et ce s'ra ta faute. Pas celle de Lazar, pas celle d'Anton. La tienne. LA TIENNE !

Un frisson me parcours subitement l'échine. Un frisson de froid, dans un premier temps. Parce que je suis toujours en sous-vêtements face à lui et je suis gelée. Un frisson de peur, également. Alors que je réalise ce que je viens de faire. Je profite de l'effet de surprise pour le relâcher et partir en courant, refusant de me faire fracasser encore une fois. Je n'ai pas le temps de m'arrêter au salon pour prendre mes vêtements, car déjà, j'entends ses pas derrière moi. Mon palpitant explose dans ma poitrine et je dévie ma trajectoire, fonçant droit dans les escaliers. Mais je tremble trop et la panique rend mes gestes brouillons. Je trébuche dans les marches et me rattrape de justesse, mais ma cheville me fait faux bond et lorsque je veux prendre appui dessus pour me redresser, elle m'arrache un gémissement de douleur. Et déjà, je l'entends qui grimpe les marches quatre à quatre. Je me retourne, allongée dans les marches, lui faisant face alors qu'il fonce sur moi. Le souffle court, mon corps se pétrifie en sachant ce qui l'attend. Et je crains que cette fois-ci, il ne se contente pas d'une gifle. Je brandis mes mains devant mon visage en guise de protection et, incapable de me taire malgré la peur, poussée par un semblant de dignité ou d'inconscience totale, je ne sais plus, je m'égosille :

- J'AURAIS PRÉFÉRÉ FAIRE LA PUTE POUR ANTON QUE D'TE SUBIR TOI !

Il comprend pas, lui non plus. Il comprend pas à quel point c'est douloureux d'endurer tout ça venant de sa part. C'est encore pire. Parce que je me sens encore plus minable, lorsque je me fais ruer de coups par l'homme que j'aime. Alors oui, parfois, j'aimerais qu'on me refile à quelqu'un d'autre. Qu'on me libère de ce calvaire. Je voudrais effacer ces moments de violence, pour ne garder que les bons. Que nos nuits chaudes, faites de douceur et de rires. Je voudrais échapper à ses mains, parce qu'elles font deux fois plus mal que celles des autres gars. Parce qu'il cogne autant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Lun 5 Déc - 2:48

C'est l'chaos. Dans sa tête, dans son cœur, jusqu'au bout de ses doigts. Bran a perdu tout contrôle – et c'est pas comme d'habitude, c'est pas comme quand il vrille parce qu'elle désobéit, parce qu'elle salit le gang, parce qu'il est obligé de la punir. C'est plus que ça. C'est pas juste la colère, c'est pas juste son devoir, c'est pas juste les ordres qui pèsent sur sa carcasse. C'est le contrôle de ses émotions, de ses convictions, de ses mouvements, de tout ce qui s'agite au creux de ses tripes. Lim a tout balayé du revers de la main, avec ses mots et ses yeux, avec la douleur qu'elle lui dégueule en pleine gueule. Y a plus rien. Y a plus son insolence, y a plus son sourire, y a plus ses remparts faits de l'innocence et la naïveté ; celles qui sont tordues et abîmées mais toujours bien là, malgré les litres de sang qui lui encrassent les phalanges. Tout s'effondre. Il reste que l'amertume et la souffrance – la sienne, mais surtout celle de Lim, celle qui vient le cueillir en plein cœur sans qu'il puisse s'en défaire. Il se prend tout dans les dents et il sait pas quoi en faire, tellement habitué à se cacher derrière le gang, derrière Lazar, derrière ce monstre aux multiples têtes qu'il pense être bénéfique. Qu'il pense être toute sa vie. Elle remet tout en cause, juste comme ça, en un claquement de doigts. Elle a c'pouvoir. Celui de le perdre, de lui faire mal, d'enfoncer ses crocs en lui jusqu'à le réduire en charpie. Il a pas tous les pouvoirs dans cette relation, elle en a aussi. Sûrement plus qu'il ne veut bien l'croire. Et il sait plus quoi faire. Les mots passent la barrière de ses lèvres sans qu'il puisse les retenir, ça glisse et ça court et ça coule comme une traînée acide qui lui ronge la langue, qui lui fissure les entrailles. Il la voit plus. Il voit plus rien, s'mettant à tourner comme une bête en cage, comme un fauve devenu fou. Complètement fou. Il ne voit pas Lim tomber à genoux, il ne la voit pas se relever non plus. Elle existe plus, sa présence éludée de son champ de vision. Au point qu'elle réussit à le prendre par surprise. Il reçoit un truc au visage et ça fait comme une claque, une secousse qui le sort de sa crise existentielle. Il sent l'eau qui roule contre sa peau, qui se coince dans ses cils, qui se faufile par la commissure de ses lèvres. Qui s'infiltre dans toutes les crevasses de sa peau, comme du poison, comme si c'était tout le venin de Lim qui s'était écrasé sur lui de manière tangible cette fois-ci. Immobile, il vrille ses prunelles sur elle comme des mitraillettes et il est figé par la surprise, réalisant à peine ce qu'elle a osé faire. « TU VOUDRAIS QUE JE TE COMPRENNE ? » Sa voix vibre et ça pue la fureur, la douleur, la rancœur. Il comprend qu'il l'a touchée en plein cœur mais il réagit pas, laissant les gouttes continuer de ruisseler sur lui, jusqu'à son menton, jusqu'à son cou, venant tremper le col de son t-shirt. Même quand elle fonce sur lui, il ne bronche pas. Les pieds ancrés dans le sol, solide comme un roc, son corps ne bouge pas d'un millimètre quand elle vient enfoncer ses griffes dans ses joues pour le tenir en place. Il se contente de la fixer de ce regard incandescent, comme un volcan qui frôle l'éruption, comme une bombe prête à exploser. « TU VOUDRAIS QUE MOI JE COMPATISSE À TA CONDITION ? QUE JE PUISSE CROIRE UN SEUL INSTANT QUE TU N'AS PAS LE CHOIX ? QUE TU ES COINCÉ ET QUE TU NE PEUX RIEN FAIRE ? » Elle hurle mais ça lui paraît tellement lointain – comme une voix prisonnière d'un songe. Y a un bourdonnement à ses oreilles, la rage qui bat à ses tempes, et il l'entend comme si elle était enfermée dans une bulle. Comme si une cloison invisible les séparait. Comme s'ils étaient à des milliers de kilomètres l'un de l'autre. Et sûrement que c'est pas si éloigné de la vérité.

Elle fulmine, il le sent, il le voit. Mais il bouge toujours pas. Paralysé, concentré sur elle et uniquement elle, comme si plus rien d'autre n'existait. Comme si rien n'avait jamais existé, rien sauf elle. Elle. Elle. Elle, qui enfonce ses doigts dans son visage à en être douloureuse. Elle, qui le jauge de ce regard qui est bien pire qu'un couteau planté dans le dos. Elle, qui finira sûrement par le tuer. « Un jour j'crèverais entre tes mains et ce s'ra ta faute. Pas celle de Lazar, pas celle d'Anton. La tienne. LA TIENNE ! » Touché, coulé. Il arrive plus à respirer. Son cœur ne parvient plus à pomper. Y a plus rien qui fonctionne et c'est à s'demander pourquoi il est encore debout. Peut-être qu'elle le retient avec la main autour de son visage. Peut-être qu'elle le retient avec celle enfoncée au plus profond d'sa cage thoracique. Il sait pas. Il sait plus. Tout s'écroule alors que les mots résonnent dans sa tête encore et encore, se répercutant dans les moindres recoins de son esprit, comme un marteau-piqueur qui lui défonce la boîte crânienne. C'est comme si le temps venait de s'arrêter, comme si tout était en suspens – sa conscience, ses gestes, ses sens. Et quand ça reprend, c'est brutal. C'est Lim qui s'barre, qui lui file entre les doigts encore une fois. Il la regarde fuir en courant et il met un temps à se réveiller. Un temps de trop. Ça le prend aux tripes et c'est comme une montée d'adrénaline, comme un shoot de rage qui lui monte directement au cerveau. Il réfléchit plus. C'est l'instinct qui prend le dessus quand il part à ses trousses, quand il se met à courir derrière elle, les traits déformés par une fureur inhumaine. Il beugle et sûrement que ça devait être des mots, sûrement qu'il voulait lui crier de revenir, mais quand ça sort y a aucune syllabe cohérente qui se forme. Comme si sa colère déformait tout, ne laissant qu'une masse informe de sons gutturaux, animaux, brutaux. Elle fonce jusqu'aux escaliers et il la voit trébucher alors qu'il gagne du terrain, alors qu'il arrive droit sur elle. Il monte les marches quatre à quatre, alors que Lim est couchée, incapable de se relever. Elle lui fait face et quand il la regarde, c'est pas lui. C'est pas Bran. C'est plus que la rage qui dévaste tout sur son passage. « J'AURAIS PRÉFÉRÉ FAIRE LA PUTE POUR ANTON QUE D'TE SUBIR TOI ! » Les mots se fraient un chemin jusqu'à ses tympans, jusqu'à ses neurones. Il aurait mieux valu que ça n'soit pas le cas. Il aurait mieux valu qu'il ne les comprenne pas. Parce que c'est une nouvelle lacération dans son myocarde, une nouvelle lame enfoncée entre ses vertèbres. Toute once de contrôle qu'il aurait pu espérer avoir a complètement disparu. C'est ingérable. Ça l'fait vibrer de la tête aux pieds, quand il attrape soudainement les chevilles de Lim. Ça lui fait tourner la tête, quand il se met à la tirer en redescendant les escaliers trop vite, trop fort, l'embarquant dans son sillage. Elle se cogne contre les marches et il tire encore, jusqu'à atteindre la dernière marche, jusqu'à ce qu'elle s'écrase sur le carrelage. Et il continue de la tirer par terre, ses mains devenues des étaux autour de ses membres graciles, une poigne dont elle ne pourra pas se défaire. Ignorant ses éventuels cris ou plaintes – il les entend même pas. Il est plus là. Il la traîne jusqu'à ce qu'ils soient un peu éloignés des escaliers, jusqu'à ce qu'il ait plus de marge de manœuvre, plus de liberté dans ses mouvements. Il la relâche brutalement, ne prêtant pas attention à ses jambes qui s'effondrent au sol avec fracas. Le couperet tombe. Son pied se lève et s'abat dans le flanc de Lim, violemment. Une fois. Deux fois. Trois fois. Il la voit se rouler sur le côté, tenter de se protéger, et ça lui plaît pas. Il se baisse et l'attrape pour la forcer à se décrisper, pour avoir un accès à son abdomen avant de lui donner un nouveau coup de pied au creux de l'estomac. Il continue. Encore. Sans compter le nombre de coups qu'il fait pleuvoir, sans regarder s'il frappe son dos, ses bras, ses flancs ou ses genoux. Il s'en fout. Il envoie ses pieds là où il le peut, avec hargne, avec une haine qu'il ne lui réserve pourtant jamais. Une haine qu'elle a éveillé, en lui crachant à la gueule, en lui déversant tout son mépris, son amertume et sa rancune. Elle a visé juste. Elle l'a blessé, l'a foutu au tapis comme une bête à l'agonie. Il crève de s'dire qu'elle ne veut plus de lui. Qu'elle le hait. Au point qu'elle aurait préféré faire les trottoirs. Au point qu'elle aimerait sûrement mieux crever que continuer à le voir. Il supporte pas. Il peut pas. Il peut pas. Il peut pas.

Tout s'arrête, d'un coup. Sa carcasse tremble comme si elle était secouée par un séisme et il observe la forme à terre, ce amas d'os qu'il vient de malmener, de frapper, de marquer. Les hématomes viendront fleurir sur sa peau et c'est dégueulasse – c'est pas ces bouquets là qu'il devrait lui offrir, c'est pas comme ça qu'il pourra lui prouver son amour. Mais c'est tout ce dont il est capable. Et le souffle court, il finit par reprendre un peu ses esprits, juste assez pour respirer, juste assez pour avoir un train de pensée cohérent, même si la fureur continue de lui encrasser les veines. Il s'accroupit près de Lim, l'attrapant fermement une nouvelle fois pour la forcer à se déplier, saisissant son visage pour la forcer à se tourner vers lui. « C'est ça qu'tu veux ? » Sa voix est plus rauque que d'habitude, emplie d'la tempête qui a pris le contrôle sur lui. « Faire la pute ? Tu veux laisser des pervers venir t'la mettre ? Tu veux sucer plutôt que d'faire le ménage ? » C'est une déversée brûlante, qui crame tout sur son passage, qui lui fait mal à chaque mot prononcé. Il veut pas. Il peut pas dire ça. Il peut pas la salir comme ça – pourtant ce qu'il fait en la cognant, c'est peut-être bien pire. Ça lui fait mal, d'imaginer une seule seconde que Lim puisse faire le tapin comme les autres filles du gang. « Réponds, putain. Tu veux que j'te donne à Anton ? » Comme si elle n'était qu'un putain d'objet, comme si elle lui appartenait et qu'il avait le droit de la donner. Mais il pourrait pas. Il pourrait jamais, même si elle le lui demandait. C'est lui qui la gère et il laissera personne d'autre prendre sa place ; plutôt crever. Persuadé qu'il est mieux pour elle que les autres, qu'il sait mesurer ses coups et ses punitions, qu'il n'lui fera jamais autant mal que ses frères. Il voit pas, Bran. Il voit pas que c'est pire parce qu'il lui fait mal à l'intérieur, parce qu'un seul de ses coups en vaut cent d'un autre. Il comprend pas. Il croit qu'il fait au mieux, qu'il allège sa sentence, qu'il lui facilite la vie. Aveugle, stupide, enfermé dans des croyances erronées. « Tu crois vraiment que j'te laisserais crever ? J'te tuerai pas, Lim. » Et ça l'tue, qu'elle soit capable de penser qu'elle crèvera entre ses doigts. C'est pas ce qu'il veut. « J't'aime. Et que ça t'plaise ou non, t'es coincée avec moi. » Il l'aime, ouais. Il a jamais eu peur de lui dire. Mais là ça sonne pas comme une déclaration – ça fait mal à entendre. Parce qu'il dit ça alors qu'il vient de la tabasser, alors qu'il est en train de la regarder agoniser. Il dit ça alors qu'il l'assassine à petit feu sans le voir, sans jamais s'en rendre compte. Il veut pas la tuer. Il pourrait jamais. Pourtant c'est ce qu'il fait, à chaque jour qui passe, à chaque fois qu'il lui offre tout son amour, à chaque fois qu'il la fracasse ensuite. Oscillant entre les moments de bonheur, fugaces, et toute sa noirceur qui laisse des traces. « J'te laisse plus de liberté que les autres, et mes punitions sont moins sévères que celles d'Anton, ou de Lazar. J'vois pas c'qui t'faut de plus. » C'est vrai. Elle a un traitement de faveur, mais ça vaut rien, pas quand il lui piétine le cœur comme ça. Mais pour lui c'est normal. Pour lui, il peut rien faire de plus, parce qu'il lui donne déjà tout. Parce qu'il arrive pas à la voir autrement que comme une fille du gang. Pas une fille tout court. Pas un être humain à part entière. Une prisonnière : la leur. Parce qu'elle aussi, elle a été achetée, ramenée comme du bétail, traitée comme un produit à mettre en vente sur le marché noir. Il a beau l'aimer de tout son cœur, il a beau être capable de tuer ou crever pour elle, il peut pas s'en défaire. Il arrive pas encore à voir au-delà. Parce qu'on lui a imprimé dans la tête que les filles du gang, elles sont à eux. Pas à elles-mêmes. Rien qu'à eux. Et même Lim n'échappe pas à ce traitement. Alors il a l'impression de tout lui donner, parce qu'il peut pas faire mieux pour une marchandise. Une putain de marchandise, qui a pourtant réussi à voler son cœur. « J'comprends pas c'que tu veux, putain. J'comprends pas. » C'est lui, qui comprend rien. Prisonnier d'une vision étriquée – celle du gang. Celle qu'on lui a martelé dans le crâne comme de la propagande, alors qu'il était trop jeune. Tellement jeune qu'il a tout avalé. Que c'est devenu une banalité. C'est ça, sa normalité. Et il est trop enfermé dans cette spirale pour pouvoir voir le monde autrement, pour comprendre qu'il la tue et qu'il se tue avec elle. Il voit pas le bien et le mal dans les mêmes nuances que les autres ; il les voit que dans les nuances du gang. Pourpres, noires, dégueulasses. C'est tout ce qui existe. Tout ce qu'il connaît. Tout ce qu'il comprend. Incapable de réaliser qu'il se suicide lentement.
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Syndrome de Stockholm

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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Mar 3 Jan - 23:27

Je ne sais pas d'où me vient cet élan de courage pour lui crier tout ça. Sûrement que je perds les pédales, que je deviens folle. Je ne vois que ça. Parce qu'au fond de moi, j'ai l'impression d'être en train de signer mon arrêt de mort. De m'agenouiller devant lui et de lui tendre la hache qui viendra briser ma nuque. Et malgré tout, je ne parviens pas à regretter mon accès de rage. Il fallait que ça sorte. Il fallait que je lui dise tout ça, que je me libère de ce poids. Je voulais qu'il ai mal lui aussi. Qu'il sache à quel point tout ceci m'atteint et qu'il partage ma douleur. Et cette envie s'est montrée bien plus forte que tout le reste, même que mon instinct de survie. J'essaye de ne pas perdre le contrôle face à sa réaction. De ne pas me faire désarmée face à son manque de réactivité. Y a juste nos prunelles qui se brûlent les unes contre les autres, mais il ne dit rien. Je m'attendais à quelque chose d'horrible. Je m'attendais à ce qu'il m'empoigne, me jette au sol, qu'il se mette à beugler plus fort que moi. Je m'attendais à ne pas pouvoir aller au bout de mes attaques, je pensais qu'il allait me couper la parole, me couper le souffle en me refilant un coup bien placé. Mais non. Il est stoïque, muet. J'le sens traverser de mille et une émotions auxquelles il ne s'attendait pas. Et, d'une certaine façon, ça me provoque une grande satisfaction. Je me dis que j'ai réussi mon coup. Que j'ai su viser juste. Que même s'il est toujours debout devant moi, finalement, lui aussi il est tombé à genoux. Je l'ai fait plier, choir sous le poids de mes mots barbares. Et c'est une grande victoire. Malheureusement, elle reste bien trop éphémère. Parce que par un seul instant je ne suis suffisamment naïve pour croire que je vais pouvoir le libérer et qu'il ne va rien tenter. Pas se venger. Je sais que ça va être à mon tour de morfler, que les coups vont pleuvoir et que je vais littéralement me briser entre ses mains rudes. Alors, dès que ma main libère son visage, je n'attends pas une seule seconde. Je ne cherche pas à l'observer pour essaye de voir ce qui m'attends ; je le sais déjà. Je fais demi-tour et je m'élance aussitôt, dans un réflexe de fuite instinctif. Fuir l'ennemi, parce qu'il est beaucoup plus fort. Fuir l'ennemi avant de finir inerte entre ses crocs, la gorge en sang. Et dès que je l'entends se mettre à courir derrière moi, je me sens gazelle traquée par le lien affamé. Terrorisée. Je fonce dans les escaliers, en espérant pouvoir atteindre une pièce en haut avant lui et avoir ainsi le temps de la fermer à clé. De me protéger. Mais je tremble de la tête aux pieds, mes gestes sont maladroits, je panique complètement. Et dans ma précipitation je me foire. Et dès cet instant, je sais que c'est foutu. Que je viens de m'offrir à lui, à sa merci. Je me mets sur le dos et dans un élan désespéré, je hurle une dernière saloperie, comme pour essayer de sauver les apparences. De ne pas lui montrer à quel point il me fait peur à cet instant. A quel point mon corps me fait mal tellement il est crispé. Je voudrais tant que Woody rentre, maintenant. Pour l'interrompre avant que la danse macabre qui m'attend ne se lance. Ses mains emprisonnent mes chevilles. J'ai un haut le cœur.

Trop tard.

Il se met à me tirer rapidement dans les escaliers et mon squelette se heurte aux marches, il vibre et j'ai l'impression qu'il explose en mille morceaux. La douleur est vive, brutale. La peur m'envahit complètement et je tente de m'agripper aux planches en bois de la rampe d'escalier pour le freiner. Mes mains s'écorchent et plusieurs de mes ongles se cassent alors que j'essaye de les planter dedans. Je secoue les jambes dans tous les sens pour tenter de me libérer alors que j'échappe des cris aigües, complètement paniquée.

- Arrête, Bran ! ARRÊTE !

Je m'égosille, ma voix tremble, chevrotante, déformée par l'épouvante. Mais je ne suis rien face à sa force herculéenne et mes mains glissent, ne me protègent en rien de lui et de sa folie. En quelques secondes, je me retrouve au sol et ma tête vient violemment se cogner contre le carrelage me faisant échapper un râle de douleur. Je ferme les yeux et j'ai l'impression de sentir mon crâne vibrer, c'est insupportable. Un bourdonnement dans les oreilles, la vision trouble, mes dents serrées, tellement fort que j'ai l'impression que ma mâchoire va exploser. Mais cette souffrance est rapidement remplacée par une autre, alors que Bran vient abattre sur mon ventre son pied. Mon corps sursaute et aussitôt, ma trachée semble se fermer, l'air ne passe plus. Je pose mes mains sur ma gorge, les yeux écarquillés, la bouche ouverte alors que je tente de faire rentrer l'oxygène. Mais il continue. Un deuxième coup. Mon corps se replie machinalement, je ne respire toujours pas. La douleur se diffuse partout dans mes muscles, dans mes veines, dans mes chaires, jusqu'à la moindre petite cellule. Troisième coup. L'air revient brutalement, me brûle la gorge et les poumons tandis que je crache ma première gorgée de sang. Je me recroqueville, en position fœtale, pour me protéger tant bien que mal. Mes mains sur ma tête, pour parer à la tempête. Mais ça le fout en rogne, il s'arrête un instant et se baisse pour m'attraper, pour me forcer à me déplier. Je hurle, je me débats, je proteste. Mais ses mains sont trop fortes et je suis comme une gosse de 10 ans face à un adulte. Je me retrouve rapidement étendue à nouveau devant lui, du sang plein la bouche, le menton et le cou. Le carrelage sous ma peau nue est glacé mais je n'y fais même pas attention. Je ne vois que lui. Et comme toujours lors de ces moments, il me semble encore plus grand, plus fort, plus effrayant, plus imposant. Mon corps souffre mais ce n'est rien comparé aux ravages dans mon palpitant. Je retiens mes larmes, les empêche de couler, comme si ça allait sauver ma dignité. Parce que je suis suffisamment conne pour croire que j'en ai encore une. Je me fourvoie mais je n'ai pas le choix, il ne me reste que ça à quoi me raccrocher. Et puis, c'est la déferlante. Les coups pleuvent et ne s'arrêtent plus. C'est tout mon corps qui se fait mitrailler et je me tords de douleur sous sa fureur. Le sang gifle de ma bouche, de plus en plus abondamment. Et ses chaussures sur mon corps découvert accrochent et déchirent ma peau. Les marques apparaissent progressivement un peu partout, le sang perle doucement et vient tâcher le sol et mon épiderme. Je serre les dents, étouffe des gémissements. Jusqu'au coup de trop. Son pied qui s'écrase sur mon abdomen et là, le bruit retentit de partout dans ma carcasse. Un craquement sourd, ignoble. Suivit de mon hurlement strident, alors que la douleur se fait atroce et lancinante. Là, sous son courroux, une de mes côtes vient de se briser. Les larmes se mettent aussitôt à ruisseler, nombreuses et silencieuses, alors que je continue à échapper des râles abominables à cause du supplice que j'endure à cet instant. Je n'ose même plus respirer, car à chaque fois que ma poitrine se soulève et s'affaisse c'est un véritable calvaire. Je n'en peux plus. J'ai l'impression que tout mon corps va céder et je me sens au bord de l'évanouissement.

Et enfin, tout s'arrête. Subitement.

Je ne bouge plus. Recroquevillée au sol, tremblante, les yeux entrouverts, le visage et le corps tuméfiés, rougit par sa démence. Mon souffle est rauque, irrégulier et je tente de le faire le plus lent et le plus faible possible pour limiter la douleur dans ma cage thoracique. J'ai posé mes mains contre mon buste, comme pour essayer d'y apporter un peu de chaleur, un peu de douceur, suite à cette horreur. Je ne perçois plus rien autour de moi. Je ne sais pas si Bran est encore là ou pas. Ni s'il me parle. Je suis dans le brouillard de ma souffrance, agonisante. Le visage inondé par des larmes que je n'ai finalement pas pu retenir, honteuse. Je veux qu'il s'en aille. Je veux qu'il me foute la paix. Je ne veux plus qu'une chose : être seule. Rester là, sur ce carrelage, jusqu'à ce que la douleur s'en aille. Mais encore une fois, rien ne se passe comme je l'aimerais. Je sens ses mains qui se posent sur moi et je sursaute, craignant que l'enfer ne recommence. Il me force à me tourner, à lui faire face et j'échappe un gémissement plaintif, le visage tordu par mon affliction. Je n'arrive pas à le regarder dans les yeux, je n'en ai pas la force. Je lutte déjà pour garder les paupières un minimum soulevées, mais je ne peux pas faire mieux. Je grelotte entre ses doigts et n'émets plus aucune résistance lorsqu'il se saisit de mon visage. Cependant, je ne lui accorde que peu d'attention, car je suis toujours concentrée sur mon souffle, sur ma côte cassée qui me fait un mal de chien.

- C'est ça qu'tu veux ?

Je ravale un sanglot, épuisée. Je ne veux pas l'entendre. Je ne veux plus me battre. Je n'en peux plus, mon corps n'est plus qu'un amas de souffrances. A tel point que je n'arrive même plus à le détester. Sa présence ne fait que me rendre lasse et désabusée. J'abandonne le combat pour cette fois, il a gagné, comme toujours. Je suis destinée à perdre, encore et encore. Boucle infernale. Je déglutis, tousse un peu, l'hémoglobine s'écoule lentement le long de ma bouche, de ma mâchoire et vient s'égoutter sur mon soutien-gorge de la même couleur. Il est foutu, tâché, à moitié déchiré. Cadeau empoisonné.

- Faire la pute ? Tu veux laisser des pervers venir t'la mettre ? Tu veux sucer plutôt que d'faire le ménage ? Je ferme les yeux, dépitée. Il ne comprend rien. Il n'a jamais rien compris. Il n'est pas question de faire le ménage ou de faire la pute. Il est question de lui. Uniquement de lui. Tout tourne toujours autour de lui. Et il ne voit rien. - Réponds, putain. Tu veux que j'te donne à Anton ?

Je voudrais lui répondre, mais j'en suis incapable. Je voudrais lui dire que oui, que c'est ce que je veux, mais je n'en ai pas la force physique. Je rouvre péniblement les yeux, je tente de capter son regard sans vraiment y parvenir. Tout est flou autour de moi et la lumière m'agresse les rétines. Pourtant, il y a au fond de moi cette rage qui refuse de s'éteindre. Impossible à piétiner, jamais réduite au silence. Cette rage qui me permet d'être toujours debout aujourd'hui. Fidèle alliée. Ma bouche tremble et dans un geste lent, pourtant précis, je hoche la tête de bas en haut pour approuver. Oui silencieux. Juste pour le fâcher encore plus. Pour le blesser. Pour le punir. Pour me venger. Pour qu'il comprenne qu'il peut toujours me fracasser, me réduire au silence, briser tous mes os, me vider de mon sang, je ne plierais jamais. Jamais.

- Tu crois vraiment que j'te laisserais crever ? J'te tuerai pas, Lim. Pourtant, on s'en approche un peu plus à chaque fois. Et je dois avouer que parfois, j'ai vraiment peur d'y rester. - J't'aime. Et que ça t'plaise ou non, t'es coincée avec moi.

Ses mots sonnent comme une douce torture. Son je t'aime est recouvert de sang, dégueulasse, malgré sa sincérité. Et je voudrais lui dire que ça me plaît, ça me plaît d'être coincée avec lui. Parce que je l'aime aussi. Bien plus qu'il ne peut se l'imaginer. Mais que le problème, c'est que je ne veux pas être coincée avec le gang aussi. Le truc, c'est qu'il ne comprend pas. Il n'entend pas. Cette discussion on l'a déjà eu mille fois. On tourne en rond, chacun dans ses retranchements, pas prêt de bouger de là. Je soupire et le regrette aussitôt alors que la douleur dans ma poitrine se ravive et me rappelle que je ne peux même plus respirer sans en pâtir. Représentation concrète de ce qu'est ma vie. Je déglutis, tente de dégager le sang qui inonde ma bouche, je rassemble mes forces et ma voix s'élève, à peine audible, terriblement faible, les mots s'enchainent lentement.

- Et aux autres aussi.. tu leur dis que tu les aimes ?

Parce qu'au fond, c'est peut-être ça ma plus grande hantise. Pas ses poings, pas ses pieds, pas sa colère, non. Mais qu'il finisse par en aimer une autre. Qu'il se détourne de moi, qu'il se lasse, qu'il me délaisse. Et alors là, je n'aurais vraiment plus rien. Et cette pensée me foudroie le cœur, je lutte pour retenir de nouvelles larmes plus denses, chargées d'une tristesse et d'un désespoir immense.

- J'te laisse plus de liberté que les autres, et mes punitions sont moins sévères que celles d'Anton, ou de Lazar. J'vois pas c'qui t'faut de plus.

Et c'est toujours la même rengaine. Je ne réponds plus rien, parce que je suis lasse de lui répéter toujours les mêmes choses, sans que jamais ça ne trouve d'écho dans son esprit. J'ai l'impression de parler dans le vent à chaque fois, de parler à un mur, qui refuse de laisser passer mes paroles. Je me contente alors de trembler entre ses mains, dans un état lamentable. Et j'ai comme un goût de bile au fond de la gorge, comme si mes tripes voulaient se tirer de là. Je ferme la bouche tant bien que mal et me concentre pour chasser cette envie de vomir. Ma lèvre fendue me fait grimacer mais je passe outre.

- J'comprends pas c'que tu veux, putain. J'comprends pas.

C'est bien ça le souci. Doucement, je mouve ma main droite et trouve la force de venir la poser sur sa joue, malgré la douleur qui me tiraille de tous les côtés. Ma main, glacée, le frôle et je peine à venir la coller véritablement contre sa peau. Parce que je tremble trop, parce que je n'ai plus aucune force. A part celle de mon esprit qui survit comme elle peut au milieu de tout ce bazar. J'essaye au mieux de fixer mon regard dans le sien et d'une voix toujours à semi-éteinte, chargée de glaires de sang, je lui réponds.

- J'veux que tu m'emmènes. J'veux qu'on s'en aille, tous les deux.

Loin du gang, de la misère, de nos malheurs, de sa violence. Juste nous deux, le cœur amoureux, à la conquête du monde. C'est tout ce que je veux. Juste lui et moi. Pour de vrai. Je veux pouvoir lui dire, un jour, que moi aussi je l'aime. Parce qu'au final, ces mots n'ont jamais franchit mes lèvres et ça me tue. Je feins de le repousser sans cesse, je reste de marbre face à ses déclarations, à chaque fois. Alors qu'à l'intérieur je me consume, je brûle toute entière pour lui, dévorée par un amour insatiable. Et je voudrais tellement qu'il le sache. Mais tant que la situation sera celle-ci, je ne dirais rien. Par fierté, sûrement. Je ne sais même plus.

- J'ai froid.

Mon bras ne tiens plus et s'effondre au sol, tout mon corps se tend brusquement et je me sens défaillir. J'ai horriblement froid. Je suis complètement frigorifiée. J'ai mal partout, la tête en vrac, le cœur en lambeaux et pourtant, tout ce que je veux à cet instant, c'est qu'il me serre contre lui. Tant pis pour la souffrance, je veux juste trouver la chaleur de ses bras et y crever.
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MessageSujet: Re: lost on you. (bralim)   Jeu 5 Jan - 21:49

« Arrête, Bran ! ARRÊTE ! » Ça résonne comme un écho mais c'est loin, c'est tellement loin, ça grésille quelque part entre le bourdonnement dans ses oreilles et le sang qui bat à ses tempes. Il entend mais il écoute pas, il reconnaît même pas la voix de Lim, il la perçoit à peine se débattre sauvagement entre ses doigts. Il est plus là Bran – c'est plus lui aux commandes. C'est juste le monstre qui gronde à l'intérieur, celui qui se nourrit de la violence depuis des années, tellement d'années qu'il a tendance à l'oublier. Il s'y est habitué à ce truc, à la gangrène qui lui pourrit les veines. Ça fait partie de lui et il s'en rend même plus compte, parce qu'il a appris à vivre avec, parce que le plus souvent ça reste tapi dans l'ombre. Ça n'sort que rarement. Que lorsque le gang le demande ; ceux qui l'ont apprivoisée la bête, ceux qui l'ont vue grandir jusqu'à pouvoir s'en servir. C'est sous contrôle et Bran n'y porte plus la moindre attention. Ça reste là, ça fait pas n'importe quoi. Mais aujourd'hui il maîtrise rien, il se fait bouffer et il n'reste de lui qu'un monstre aux babines retroussées, à la force décuplée et à la rage incontrôlable. Il a rien vu venir et maintenant c'est trop tard. Maintenant y a le corps de Lim qui dévale les escaliers, qui se cogne contre les marches et qui se plie sous sa poigne. Y a le corps de Lim comme une poupée de chiffon, qui se déchire et qui se froisse, qu'il traîne comme si elle ne pesait rien. Qu'il fait dégringoler jusqu'au carrelage, sans même la regarder, comme si elle était plus là non plus, comme si elle existait même plus. C'est pas Bran, c'est pas Lim. C'est qu'un monstre et sa proie, un connard enragé qui mériterait que les rôles soient inversés. Les coups s'mettent à pleuvoir et c'est pire que jamais, parce que cette fois il arrive pas à se contrôler. Il calcule pas, il compte pas, il se retient pas. Ça tombe encore et encore, son pied qui heurte la peau fragile, qui la malmène, qui la traumatise, qui la saigne. Il a jamais été aussi chaotique avec Lim. Il a jamais cogné autant, jamais aussi fort, jamais avec une hargne aussi dégueulasse. Parce que d'habitude il s'adapte à la hauteur de son affront, il décide de la punition en fonction de ce qu'elle a fait. Mais pas là. C'est pas pour la piscine qu'elle paie, c'est pas pour son refus de travailler ni pour la bouffe qu'elle a subtilisé. C'est pour ses mots. C'est pour toutes les certitudes qu'elle a ébranlées, qui sont soudain fragilisées. C'est pour les plaies qu'elle a distribuées sans le toucher, sans avoir à faire quoi que ce soit d'autre qu'ouvrir la bouche et tout balancer. Il l'a jamais frappée pour ça – jamais pour des raisons aussi personnelles, qui le concernent lui plus qu'elle ne concernent le gang. C'est la première fois et c'est l'bordel, c'est l'anarchie la plus totale. Il est paumé dans un schéma archaïque, n'écoutant que ses instincts les plus bas, réduit à l'état d'animal sans cœur et sans cervelle. Pourtant ça bat à l'intérieur ; y a son palpitant qui vrille, qui se serre, qui se tord et qui fait mal à en crever. Y a ses pensées qui s'emmêlent jusqu'à ne former qu'un amas informe, incohérent, qu'il ne comprend même plus. Il entend juste les mots de Lim en boucle, les questions qu'elle l'a forcé à se poser alors qu'il fait tout pour n'jamais y penser, pour ne jamais connaître la culpabilité. Il fait ce qu'il doit, il a pas le choix. Pas vrai ? Non, non c'est pas vrai. Y a une part de lui, bien enfouie, qui sait qu'il a tort. Qui sait que ce qu'il fait est mal, qu'il n'en a pas le droit, qu'elle mérite pas ça. Y a une part de lui, celle qu'il écoute pas, celle qu'il a endormie, qui lui dit qu'il l'aime trop pour ça, et que même le gang n'en a pas le droit. Mais c'est trop loin – c'est comme Lim. C'est paumé dans les méandres de toutes ses certitudes, c'est noyé sous tout ce qu'il sait, tout ce qu'il a intégré. Le gang le gang le gang ; le gang dans sa vie, le gang dans ses veines, le gang dans son cœur. Le gang qui lui a tout donné alors qu'il n'a fait que lui enlever, encore et encore, son père sa mère et lui-même, son enfance et sa naïveté abusées, devenues instrumentalisées. Son cœur trop grand devenu trop noir, trou noir, bon qu'à tout avaler, tout déchiqueter, tout assassiner. Son cœur une terre en friche, terrain hostile parce qu'on lui a collé des crocs trop acérés et fallait pas putain, qui donne une arme à un gosse mal éduqué ? Qui donne le droit de tuer à un type instable, dont les fondations ne sont que mensonges ? Qui transperce un cœur innocent jusqu'à ce qu'il ne soit imbibé que de sang ? Le gang. Toujours le gang. Le gang c'est sa vie mais c'est sa mort aussi, le gang c'est tout ce qu'il a, le gang ça le perdra et Lim avec lui.

Le calme revient. Il tremble en rythme avec la carcasse étalée au sol, celle qu'il vient de briser, celle qu'il aime pourtant à en crever. Y a leurs respirations qui fendent l'air et celle de Bran est irrégulière, saccadée, saturée par les vestiges de sa violence. Celle de Lim siffle comme une balle et ça fait mal à entendre, on dirait une bête à l'agonie. Il s'accroupit pour la forcer à se tourner, pour pouvoir enfin la regarder. Elle a les joues encrassées par les larmes, les yeux rougis et le teint sali. Le carnage se lit sur ses traits et Bran tangue un peu, parce qu'il prend à peine conscience de ce qu'il a fait. Il parle et elle répond pas, elle est presque éteinte et il est plus déstabilisé qu'il veut l'admettre. Il s'demande même si elle comprend tout ce qu'il lui raconte, jusqu'à ce qu'elle se mette enfin en mouvement. Un hochement de tête, lent mais ferme. Un oui. Oui, elle veut qu'il la donne à Anton. Ça le crame et c'est comme si son cœur entrait en combustion instantanée, alors qu'il la relâche brutalement. Il lève les yeux vers le plafond puis les repose sur elle, avant de les tourner vers l'escalier, puis sur elle à nouveau, puis sur la porte, puis sur elle, le meuble, elle, le sol, elle, ses mains, elle. Elle. Elle. « Recommence pas, putain. Arrête de vouloir jouer à la plus forte avec moi. » C'est une mise en garde et pourtant il veut pas, parce que ça fait partie des raisons pour lesquelles il l'aime – elle ploie pas. Elle ploie jamais, peu importe combien le monde peut la briser, combien lui peut la fracasser. Elle garde toujours la tête haute et y a une flamme dans ses yeux, même si elle vacille parfois, même si elle a le goût de cendre aujourd'hui. « T'es avec moi. Tu resteras avec moi. » Et si elle veut pas, il fait quoi ? Il en sait rien. La question s'est jamais posée, parce qu'elle a toujours accepté que ce soit lui qui s'occupe d'elle. Il sait pas si elle est sérieuse ou si elle cherche juste à le défier une énième fois, et putain il espère que c'est la seconde option. Ça il peut gérer, ça il a l'habitude. Mais si elle veut plus de lui ? Il préfère pas y penser – il a trop peur de recommencer à vriller. Parce qu'il l'aime. Il l'aime et il en a jamais douté, pas même quand il imprime la trace de ses doigts sur elle, pas même quand il se transforme en monstre de colère. Il l'aime. Il est persuadé qu'il l'aimera jusqu'à son dernier souffle. « Et aux autres aussi.. tu leur dis que tu les aimes ? » Sa voix est faible mais elle lui parvient et ça le fige, alors qu'il plante ses yeux dans les siens. Il fronce les sourcils en devinant la peine dans son regard, celle qu'elle continue de retenir malgré tout. Et il comprend pas. Il comprend pas de quoi elle parle. Des filles avec lesquelles il couche ? Comment peut-elle poser la question ? Ça le dépasse – c'est tellement clair et limpide pour lui qu'il voit pas pourquoi ça l'est pas pour elle. « Mais de quoi tu parles ? Y a que toi qu'j'aime et tu l'sais, arrête de dire des conneries. » Il a l'impression qu'elle joue avec lui, qu'elle fait ça pour le tester ou il ne sait trop quoi. Il voit pas qu'il lui donne trop de raisons d'en douter, en offrant son corps à d'autres filles, en la cognant, en la laissant prisonnière de cet enfer. Son amour pour elle est tellement sans faille à ses propres yeux, qu'il voit pas comment elle pourrait en douter ne serait-ce qu'une seconde. Lui il en doute pas, il en a jamais douté. Mais il s'met pas à sa place. Alors il comprend pas ; il comprend rien à rien. Il sait pas ce qu'elle veut, même si elle essaie de lui dire encore et encore, ça veut pas rentrer. Ça veut pas traverser le mur formé par ses convictions, même si elle commence sérieusement à tout ébranler. Elle finit par lever une main pour la poser sur sa joue et il voit bien qu'elle a du mal, alors il l'accompagne de la sienne pour l'aider dans son mouvement, pour la tenir en place contre son propre visage. Mais ça lui arrache un frisson, parce qu'elle est gelée, parce qu'il sent combien elle est faible. « J'veux que tu m'emmènes. J'veux qu'on s'en aille, tous les deux. » Y a un truc qui se brise. Dans la voix de Lim, dans les yeux de Bran, quelque part au creux de sa cage thoracique. Il se tend d'la tête aux pieds, la dévisageant sans savoir comment lui répondre. Il essaie d'imaginer, pendant une seconde. Juste lui et elle sans les contraintes, sans avoir à se cacher, sans avoir à répondre à qui que ce soit. Lui et elle et les bons moments, sans les larmes, les cris, le sang. Ne plus avoir à lever la main sur elle. Ne plus avoir à la punir quand elle tente de leur désobéir. Lui et elle sans le gang. Lui sans le gang. Il a quoi, sans le gang ? Il a rien. Rien du tout. Même elle, elle vient du gang – sans ça, ils se seraient jamais rencontrés. Lui et elle, lui et le gang. Il peut pas choisir, il a besoin des deux. Lui, elle, le gang. Le gang entre elle et lui. Le gang qui les fait sombrer dans l'agonie. « J'peux pas. » Il peut pas lâcher tout ce qu'il connaît, tout ce qui l'a forgé. S'il quitte ça il n'a rien et il n'est rien. Il est rien sans eux. Il est rien Bran, il vaut que dalle et il le sait, il ne se définit que par le gang, qui est une part de lui. Ou plutôt, il se voit comme une part du gang, comme un rouage dans la matrice. Rien de plus, rien de moins. Il n'est rien d'autre que ça – il en est persuadé. Il la voit pas comme un être humain à part entière, juste comme une prisonnière. Mais au final, il se voit un peu de la même façon, juste du meilleur côté de la barrière. « T'as pas l'droit de m'demander ça. » Il retire la main de Lim de son visage, la ramenant vers elle avant de la lâcher, coupant tout contact physique. « J'partirai pas Lim, j'partirai jamais. Et toi non plus tu peux pas. » Il peut pas putain il peut pas, il a trop peur d'en crever, il a trop peur de s'effondrer. Il a besoin d'eux, de même qu'il a besoin d'elle. Pourquoi il peut pas tout avoir, tout garder ? Pourquoi ça peut pas être simple ? Pourquoi il a fallu qu'il tombe amoureux d'une fille du gang ? Parfois, il aimerait qu'elle soit qu'une fille normale, une fille de l'extérieur, une fille qu'il a pas besoin de garder dans une cage. Une fille qu'il pourrait aimer sans que ça fasse mal, sans qu'ils finissent tous les deux par en saigner. Mais faut croire que c'est trop demander.

Lentement, il se relève, la surplombant à nouveau de toute sa hauteur. « J'ai froid. » De là où il est, il peut observer toute l'étendue des dégâts. Il peut voir la façon dont sa peau a déjà commencé à se foncer par endroit, la pâleur de son teint, la mollesse de ses membres. Il s'attarde sur chaque parcelle et devine une côte brisée – la force de l'habitude, la force de causer ça trop souvent, de l'avoir ressenti trop de fois aussi. Il voit son visage, où les larmes ont séché, où le sang a perlé. Sa lèvre explosée, sa pommette abîmée, son regard fatigué. Il voit ce qu'il a fait et pour la première fois depuis longtemps, ça lui fait peur. Vraiment peur. Parce qu'il s'est rendu compte de rien, parce qu'il a même pas senti qu'il était allé aussi loin. Parce qu'il se demande combien de coups elle aurait encore pu supporter avant que ça ne soit trop, avant qu'elle ne s'éteigne pour de bon. Il a peur de ce dont il a été capable, peur de recommencer, peur de perdre le contrôle comme il vient de le faire. Il a pas l'habitude, pas comme ça, pas dans des cas comme là. Elle méritait pas tout ça. Elle méritait pas de finir dans cet état et ça le tue, parce qu'il se rassure toujours en imaginant que ses punitions sont justes. Pas aujourd'hui. Il peut même pas se cacher derrière le gang, derrière Lazar, derrière la rébellion de Lim. Il a rien pour se justifier, rien pour se trouver des excuses merdiques, rien pour se dire qu'il a fait ce qu'il fallait. C'est mal. C'est juste mal, il le sent jusqu'au plus profond de ses os et ça lui fout la gerbe. Il fixe le corps de Lim et il est plus déstabilisé que jamais, incapable de bouger, ou même de parler. Il fixe son œuvre et il a soudain envie de lui dire combien il est désolé, de revenir en arrière et de n'pas aller aussi fort, aussi loin. Pour la première fois, il arrive même pas à croiser ses yeux. Il se met à l'éviter soigneusement, se raclant la gorge pour reprendre contenance, pour n'pas montrer combien il s'en veut. Pas tout de suite. Il le fera plus tard, quand toute la colère sera passée, quand les plaies auront commencé à cicatriser. C'est trop tôt. « Bouge pas. » Comme si elle était en mesure de le faire, comme si elle pouvait se permettre d'aller où que ce soit. Il l'enjambe et retourne vers la cuisine, là où il a abandonné les vêtements de Lim un peu plus tôt. Il observe le carnage qu'il a fait, et prend le temps de ramasser les objets qui trônent au sol. Y a des débris de verre mais tant pis pour ça, ils resteront là. Il prend les affaires de Lim et retourne vers elle, s'agenouillant à ses côtés. « On va éviter que Woody puisse te voir comme ça. » Qu'elle se pointe chez les clients avec des bleus c'est une chose, ça arrive tellement souvent que c'est devenu une banalité. Mais qu'il rentre pour la trouver après un cassage de gueule en règle, c'est moins conseillé. D'autant plus qu'avec son état, elle pourra plus rien faire pour aujourd'hui. Alors il se cale près de ses jambes, et lentement, il l'aide à enfiler son pantalon, le remontant jusqu'à ses cuisses avant de la soulever légèrement pour le monter jusqu'en haut. Il essaie d'être aussi doux que possible dans ses gestes, contrastant avec tous les coups qu'il vient pourtant de lui donner. Il boutonne son jean avant de se pencher au-dessus d'elle pour passer les bras derrière son dos, afin de l'aider à s'asseoir. Il examine rapidement son abdomen, sans trop s'y attarder. « On dirait qu't'as une côte cassée. On mettra d'la glace dessus. » Doucement, il lui enfile le col de son t-shirt, puis l'aide à y passer les bras, avant de le déplier pour qu'elle soit totalement couverte. Il retourne à ses pieds pour lui enfiler ses chaussures rapidement, avant de revenir passer une main dans son dos, l'autre sous ses genoux. Il se redresse en la prenant avec lui, la portant comme une princesse – quelle ironie – en la calant contre son torse. « J'te ramène chez moi pour ce soir, tu retourneras bosser demain. » Ça vaut rien mais c'est un peu sa façon de commencer à se faire pardonner, de lui montrer que c'est fini, c'est passé, il est calmé. Mais c'est trop tard, le mal est déjà fait et y a rien qui pourra l'effacer, y a trop de larmes et de sang versé. Il pensait pas Bran, il imaginait pas qu'ça pouvait causer autant de mal d'aimer quelqu'un. Mal à elle, mal à lui. C'est dégueulasse et c'est moche et c'est trop noir, c'est qu'un carnage qu'il sème encore et encore, à croire qu'il continuera jusqu'à ce qu'ils en crèvent tous les deux. S'il y croyait, sûrement qu'il demanderait pardon à Dieu.

(RP TERMINÉ)
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